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CHEMA CAPITALISME/SOCIALISME - Pr Abdemoughit Benmessaoud Tredano


Du 19ème siècle à la fin des Trente Glorieuses L’Etat providence s’est affirmé pendant longtemps et puis la voie néolibérale s’est progressivement installée depuis les années quatre vingt
Document élaboré et écrit par Abdemoughit Benmessaoud Tredano* Septembre 2011
Présentation du schéma :
Depuis le 19ème siècle, le monde a connu trois grandes formes de production, d’organisation et de répartition des richesses. Au 19ème siècle, avec l’essor du monde développé et industriel, le système libéral était la règle marquée par la non-intervention de l’Etat. Avec la crise de 1929, pouvoirs publics et économistes se sont convaincus que le marché ne pouvait pas tout faire et la théorie keynésienne est née pour répondre à cette préoccupation. Après la deuxième guerre mondiale, l’Etat-providence, expérimenté avec succès dans les pays scandinaves, a donné la preuve que l’Etat régulateur est une nécessité. Avec la vague libérale des années 80, la sociale démocratie qui était présentée comme un modèle est de plus en plus décriée et présentée comme un système qui incite à la paresse, tue l’esprit d’initiative, bref, crée un système d’assistanat. C’est dans ce contexte historique précis des années 80-90 marqué par le tout libéral que certains leaders européens ont lancé l’idée de la 3ème voie, préconisée par Tony Blair en Grande-Bretagne, Jospin en France et Schreider en Allemagne ; le Blairisme en est une application pratique de la Grande Bretagne des années 90-2000, même si elle reste contestée et contestable par de nombreux hommes politiques et d’experts économiques
I- Notions :
Capitalisme : Système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de production ainsi que par l’accumulation du capital.
Libéralisme : Doctrine qui affirme le caractère fondamental de la liberté individuelle dans les domaines politique, économique et qui cherche à limiter l’action et l’influence de l’Etat.
Socialisme : Système économique caractérisé par la propriété collective des moyens de production ; doctrine pensée et élaborées essentiellement par Karl Marx et Friedrich Engels, elle est sortie des entrailles du capitalisme du 19ème siècle, marquée essentiellement par la liberté d’entreprendre et l’exploitation effrénée de la classe ouvrière. Le développement de l’idée socialiste s’est fait aussi grâce à l’essor important du mouvement social et syndical de ce siècle. Sur le plan politique, c’est un concept appliqué à des doctrines ayant pour objectif la transformation de la société, réclamant plus de justice, d’égalité, de fraternité, et de responsabilité. Ces doctrines sont nombreuses et ont varié dans le temps et dans l’espace.
Théorie Keynésienne : Elle désigne les politiques anti-crises de relance par la demande. En effet, pour Keynes, un Etat ne peut pas connaître naturellement le plein-emploi dans la mesure où l’insuffisance de la demande entraîne nécessairement le chômage.
Etat gendarme : Conception libérale de l’Etat, chargé des seules fonctions régaliennes : défense nationale, maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure, construction et entretien de certaines infrastructures non rentables.
Etat providence : Etat qui a une fonction de régulation économique et une fonction de justice sociale. L’Etat doit ainsi réglementer les activités économiques et y prendre part, ainsi que de développer un système de protection sociale fondé sur l’assurance et sur l’assistance.
Etat Nation : Type d’Etat dont la grande majorité de la population appartient à une même nation. L’Etat nation est apparu en France et aux Etats-Unis à la fin du XVIIIème siècle.
Programme d’ajustement structurel : Programme proposé par les deux institutions financière internationales (FMI et BIRD) dont l’essentiel consistait en une libéralisation de l’économie au niveau interne et au niveau externe de toutes les économies des pays du tiers-monde, notamment les plus endettés entre elles ; la privatisation, la réduction des importations, l’encouragement des exportations, le démantèlement progressif des droits de douane, la réduction des budgets dits non productifs (éducation, santé, et habitat…!) Bref, il recommandait aux pays du tiers-monde quasiment un non-développement. Ce n’est qu’après la publication du premier rapport du PNUD en 1991 (élaboré par le Pakistanais Mahboub El Haq) que ces deux institutions se sont aperçues de l’aberration de leur proposition ; ainsi, ils se sont reconvertis à la nécessité de mettre l’homme au centre du développement.
Mondialisation : Processus par lequel la production et les échanges tendent à s’affranchir des contraintes imposées par les frontières nationales et qui conduit à une intégration économique des marchés nationaux.
II -Auteurs et doctrines:
1) COURANT LIBERAL Les économistes du courant libéral considérant que les mécanismes du marché ne suffisent à eux-mêmes pour assurer l’équilibre entre l’offre et la demande. Ils considèrent donc que l’Etat ne doit pas intervenir, sauf pour assurer les fonctions régaliennes. Leur approche de l’économie repose sur la confiance dans le marché.
a) Classiques Adams Smith (1723-1790) • Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. David Ricardo (1772-1823) • Principes de l’économie politique et de l’impôt. (1817) Jean-Baptiste Say (1767-1832) • Traité d’économie politique
b) Néoclassiques Léon Walras (1834-1910) • Eléments d’économie politique appliquée (1898) Alfred Marshall (1842-1924) • Principes d’économie politique (1890) Gary Becker (né en 1930) • Le Capital humain (1964) Milton Friedman (1912-2006) • Inflation et systèmes monétaires (1969)
Concepts et mécanismes de référence
- L’analyse est micro-économique. Les individus y sont des « homo economicus » égoïstes, rationnels et maximisateurs, prenant leurs décisions à la suite d’un calcul coûts-avantages. - La situation de matché est la concurrence pure et parfaite – atomicité du matché, homogénéité du produit, fluidité, transparence et mobilité des facteurs de production – ce qui suppose la flexibilité, à la hausse comme à la baisse, des prix et la loi de l’offre et de la demande. - Les mécanismes du matché conduisent à un équilibre automatique entre l’offre et la demande (main invisible qui régit le marché, caractère autorégulateur du marché). La somme des intérêts privés mène donc à l’intérêt général. - Compte tenu du caractère autorégulateur du marché, l’Etat doit rester minimal (Etat gendarme), c’est-à-dire s’en tenir à ses fonctions régaliennes, et assurer la production des biens collectifs purs, monopoles naturels, ou présentant des externalités. La liberté d’entreprise est assurée, ainsi que la liberté des échanges (laisser faire, laisser passer) - La monnaie est considérée comme n’ayant aucune influence sur les variables de l’économie réelle (monnaie neutre ou monnaie voile)
c) COURANT KEYNESIEN Pour le courant keynésien, l’économie de marché est la moins mauvaise organisation possible de l’activité économique. Mais laisser faire le marché mène à un équilibre de sous-emploi, ce qui justifie l’intervention de l’Etat pour lutter contre le chômage. J.M. Keynes (1883-1946) Traité sur la monnaie (1930) Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) ; N. Kaldor (1908-1986) J.-P. Fitoussi, économiste français contemporain ; il analyse la situation actuelle avec les concepts keynésiens. Le nouvel âge des inégalités (1996) La démocratie et le marché (2004) Concepts et mécanismes : - L’analyse ici est de nature macro-économique. - Les mécanismes « naturels » du marché mènent à un équilibre de sous-emploi du fait de l’insuffisance de la demande effective. - L’intervention de l’Etat (politiques monétaire et budgétaire de relance) est donc nécessaire pour soutenir cette demande. - La monnaie est active (elle a une influence sur les variables de l’économie réelle)
2) COURANT MARXISTE Le mode de production capitaliste repose sur la propriété privée des moyens de production. On distingue deux classes sociales : les capitalistes (propriétaires des moyens de production) et les prolétaires (qui louent leur force de travail). Les premiers s’approprient le sur-travail des seconds (plus-value). Il y a donc exploitation de l’homme par l’homme. Celle-ci disparaîtra avec la suppression de la propriété privée des moyens de production. Karl Marx (1818-1883) Manifeste du parti communiste (1848) Salaires, prix et profit (1865) Le capital (1867) F. Engels (1820-1895) Co-auteur du Manifeste du parti communiste (1848) A. Emmanuel (1911-2001) L’échange inégal (1969) Concepts et Mécanismes - théorie de la valeur-travail : la valeur des biens dépend de ma quantité de travail nécessaire pour les produire. - La valeur créée est supérieure à la valeur reçue au titre du salaire par le travailleur : la différence est appelée plus value ; elle est appropriée par les propriétaires des moyens de production. Elle est transformée en profit au moment de la vente des produits.
III- REPERES • Le 19ème siècle a connu l’expansion industrielle d’une Europe conquérante. Le libéralisme était le pilier fondamental du système économique ; laisser faire, laisser aller, laisser passer était la devise des chantres d’un système capitaliste non régulé. Les écrits de Karl Marx et Engels et le développement du mouvement syndical a constitué les premiers jalons de la remise en cause d’un libéralisme refusant toute intervention de l’Etat ; l’Etat gendarme qui se réduisait aux fonctions régaliennes (sécurité interne et externe) était l’expression concrète de ce système économique. • 1917 : l’apparition du premier Etat socialiste : la Russie devenue URSS ultérieurement a constitué le début d’une rivalité totale entre deux visions du monde, le socialisme préconisé par cette dernière et le capitalisme prôné par le monde occidental ; cette opposition s’est déroulée à tous les niveaux : politique, économique, militaire, stratégique, culturelle, voire sportif… • 1929 : la crise économique que le capitalisme a connue à travers le monde a montré la nécessité de l’intervention de l’Etat. Le marché ne pouvait pas tout faire ; la théorie keynésienne (New Deal) a constitué les premiers pas d’une intervention étatique de plus en plus affirmée. C’est le développement et le renforcement de l’idée de l’Etat providence. Le modèle scandinave qui s’est surtout développé après la deuxième guerre mondiale a constitué une réussite dans ce domaine. • 1948-75 : Les Trente Glorieuses, (formule utilisée pour la première fois par l’économiste Jean Fourastié) : état de prospérité et de développement du monde occidental, était l’une des expressions de cette réussite. Avec le premier choc pétrolier en 1973, la crise endémique, le chômage de masse ont constitué les signes avant coureurs d’une crise structurelle permanente du capitalisme. • Deuxième choc pétrolier en 1979, après la révolution des Ayatollah en Iran, on a assisté à une augmentation substantielle du prix du pétrole qui a renchéri le coût des produits et de la vie dans les économies développées et à hypothéquer les possibilités de développement dans les pays du Sud (hors pays pétroliers), surtout avec l’aggravation des termes de l’échange entre Nord et Sud. Parallèlement les pays pétroliers ont accumulé une rente pétrolière et des liquidités importantes. • 1980-90 : une vague libérale dite néo-libérale initiée par l’arrivée de Thatcher comme premier ministre en Grande-Bretagne (1979) et Ronald Reagan comme président des Etats-Unis en 1980 (il y a eu deux mandats de Reagan et un mandat de George Bush père : une véritable politique de droite libérale s’abat sur l’Amérique et elle est traduite essentiellement par le démantèlement des secteurs sociaux et publics). • 1989-90-91 : période marquée par l’effondrement du mur de Berlin en 1989, de l’empire soviétique en 1990, et de l’URSS en 1991 ; lequel effondrement a permis à la mondialisation, qui était cantonnée dans la sphère capitaliste, de devenir « globale » ; Septembre -octobre 2008 ….; La crise financière internationale. Une année après la crise et le scandale des subprimes, le monde connaît une tourmente financière sans précédent depuis 1929. Crise financière, bancaire et puis économique préfigurant une grande dépression économique mondiale dont l’issue est encore inconnue. La crise de la dette souveraine des Etats, durant l’année 2011, a montré , si besoin est ,l’incohérence et les dysfonctionnements d’un systeme capitaliste non régulé Ce qui est sur c’est que le capitalisme ne peut plus fonctionner comme avant. Mais ce qu’on ne veut pas voir c’est que le monde a besoin d’une profonde réflexion devant conduire à la mise en place d’une autre façon de produire et de repartir les richesses au sein des nations, entre les nations et dans le monde. Résultat et enseignement: Une mondialisation sans régulation et un marché sans règles ont montré leurs limites.
• La partie II relative aux doctrines économique est puisée intégralement dans le manuel cité ci-après (Sciences Economiques et sociales, Terminale, Coll. Magnard, 2007), le reste a été rédigé par nos soins Sources : - Dictionnaire d’Economie et de sciences sociales, Coll. Hatier, Juin 2005 - Sciences Economiques et sociales, Terminale, Coll. Magnard, 2007 - Lexique des sciences sociales, Coll. Dalloz, 7ème édition, 2000.

Auteur : Pr Abdemoughit Benmessaoud Tredano
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