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Vient de Paraître : 

Gouvernement Benkirane :

Quel bilan et les élections législatives du 7 octobre 2016 :
quelles perspectives ?

Sous la direction scientifique : Pr Najib AKESBI



Le Maroc avait vécu son « printemps arabe » de manière singulière. Les jeunes, et moins jeunes, qui étaient descendus dans les rues à partir du 20 février 2011 n’avaient pas exigé la chute du régime. Ils avaient par contre levé des mots d’ordre et scandé des revendications mettant en cause les fondements mêmes du système politicoéconomique installé dans le pays par le roi Hassan II depuis les années 60 du XXème siècle. Le « Makhzen économique » en particulier, sous ses différents « figures », était ainsi vigoureusement dénoncé. Pêle-mêle : Majidi - El Hima, ONA-SNI, Lydec – Amendis - Redal, économie de rente, corruption, népotisme, impunité…
Non à la crise ! Non au chômage ! Non aux inégalités sociales ! En écho à ce flot de contestations et de dénonciations, les alternatives revendiquées allaient à l’essentiel, c’est-à-dire au politique : fin des conflits d’intérêt, droits humains économiques et sociaux, séparation des pouvoirs, reddition des comptes, monarchie parlementaire…
Face à un tel mouvement, on s’accorde généralement à reconnaître que la monarchie marocaine s’était distinguée par le fait qu’elle avait réagi positivement.
Dans son discours du 9 mars 2011, le Roi annonçait une réforme constitutionnelle instituant de réelles avancées démocratiques et un meilleur équilibre des pouvoirs, des élections anticipées et un nouveau gouvernement. Adoptée par un référendum au score digne d’une république bananière (97.6%), la nouvelle Constitution n’en marquait pas moins un progrès par rapport à la précédente, notamment au niveau de l’affirmation des principes des droits et des libertés publiques. 
Sur la question fondamentale de la nature du régime politique, on restait cependant loin du compte puisque le maintien d’une concentration démesurée des pouvoirs au niveau du monarque interdisait toute évolution d’un régime de « monarchie exécutive » vers celui d’une monarchie parlementaire.
Dans la foulée, des élections législatives furent organisées, et gagnées par le « Parti de la Justice et du Développement », parti conservateur à référentiel islamiste qui avait pourtant gardé ses distances à l’égard du « printemps arabe », et même sévèrement critiqué sa version marocaine à travers le Mouvement du 20 Février.
Conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution, le Roi devait nommer le Chef du Gouvernement dans ses rangs. Abdel-Ilah Benkirane, secrétaire général du PJD, sera donc nommé à ce poste et prendra ses fonctions en janvier 2012.
Parmi les « mythes fondateurs » de la Constitution de 2011, on avait pu vendre l’idée que celle-ci avait introduit dans notre système politique le principe liant la responsabilité à la reddition des comptes. Même si chacun avait compris que ce principe de «bonne gouvernance» ne concernait surtout pas la «monarchie» (qui pouvait rester plus « exécutive » que jamais), mais s’agissant du gouvernement du moins, on n’avait pas cessé de marteler que ce dernier devait tout de même rendre compte de son bilan, et que l’appréciation qu’en feraient les électeurs déterminerait son avenir politique.
Le gouvernement a donc exercé son mandat pendant près de 5 ans. Sans surprise. Conformément aux prescriptions de la Constitution, l’essentiel du pouvoir est resté concentré au niveau du Palais royal, alors que le gouvernement, selon les déclarations de son propre Chef, s’est contenté de «mettre en oeuvre les orientations royales» et d’administrer les affaires courantes...
Et puis est arrivée l’heure du bilan et de la reddition des comptes. Des évaluations ont été faites, des études ont été effectuées, des comparaisons ont permis de mettre face à face engagements et réalisations... Et nous sommes heureux à la Revue Marocaine des Sciences politiques et Sociales d’avoir fortement contribué à ce débat d’évaluation et d’échange autour d’une expérience qui n’est pas banale. Nous l’avons fait en organisant pas moins de trois rencontres académiques qui ont réuni des universitaires, des étudiants et des chercheurs, des membres du gouvernement, de hauts responsables d’institutions étatiques et de l’Administration1. Les deux premières étaient consacrées au « Bilan » alors que la dernière rencontre se proposait de soumettre au débat public les « premières analyses » des résultats des élections législatives du 7 octobre 2016, moins d’une semaine après leur tenue.
Ce sont des contributions et des débats qui ont enrichi ces rencontres qui alimentent les deux premières parties de ce numéro de la RMSPS. Le lecteur pourra constater que la première partie sur l’évaluation de l’expérience du gouvernement Benkirane a eu le souci de l’équilibre et de la diversité des points de vue, allant de celui du membre du gouvernement, naturellement flatteur, à celui d’universitaires à l’approche plus objective et au jugement critique2.
Dans la deuxième partie relative aux élections d’octobre 2016, nous avons tenu d’abord à livrer les informations et les données à même de soutenir analyses et débats. Des contributions intéressantes et fécondes sont ensuite proposées à la réflexion collective. On ne s’étonnera pas cependant de constater qu’elles sont largement focalisées sur le parti qui a gagné ces élections et surtout sur ses rapports avec « l’Etat profond »…
La troisième partie est éclectique, et sa richesse est dans sa diversité thématique et même linguistique : Médias et pouvoir, Valeur économique ajoutée et gouvernance actionnariale, Migration irrégulière et droits humains, Moroccan Faculty Perspectives on Learning Outcomes Assessment... 





1. « Gouvernement Benkirane : Quel bilan ? », Rabat, 21-22 avril 2016 ; « Gouvernement Benkirane  Quel bilan ? Acte II : Fiscalité, dette, déficit et retraites », Rabat, 23 juin 2016 ; « Elections législatives 2016 : Premières analyses », Rabat, 13 octobre 2016.
2. On peut cependant regretter que certains participants, notamment des membres du gouvernement, et en dépit de nombreux rappels, n’aient guère remis les textes de leurs communications, ce qui n’a pas permis de les inclure dans ce dossier.
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