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La souveraineté alimentaire ou le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes Par Said ALAHYANE, Docteur en science politique, Université Cadi Ayyad.

Introduction :
La sécurité alimentaire[i] dans les pays en développement reste loin d’être atteinte malgré la multiplicité et la diversité des mesures et des programmes mis en place dans le cadre des politiques agricoles nationales. Ces pays, qui ne produisent qu’une partie des denrées alimentaires de grande consommation, sont toujours tributaires de l’étranger pour garantir l’approvisionnement des populations en aliments de base. Cet état de fait ne peut être appréhendé si l’on ne tient pas compte du caractère pluridimensionnel des défis majeurs auxquels est confrontée la question agro-alimentaire dans les pays du Sud. Des facteurs multiples et interdépendants sont en effet à l’origine du problème de la sécurité alimentaire dans les pays précités.
Tous les pays subissant le fardeau de la dépendance alimentaire doivent donc aller à la racine du mal et inventer des solutions réelles et effectives. A cet effet, la notion de souveraineté alimentaire pourrait être le pilier d’une politique publique globale de sécurité alimentaire dans la mesure où elle repose sur l’exigence de reconnaître à chaque population, à chaque Etat et à chaque groupe d’Etats le droit de se donner les moyens de produire pour eux-mêmes leur propre nourriture aux conditions qu’ils choisissent en toute autonomie, et ce à travers la formulation des politiques agricoles les mieux adaptées pour garantir la sécurité alimentaire. En tant que nouveau paradigme dans le domaine agro-alimentaire, la souveraineté alimentaire offre de de nouvelles perspectives pour réaliser la sécurité alimentaire dans tous les pays en développement ayant subi jusque-là les conséquences des politiques néo-libérales[ii].
Dans le présent papier on s’intéressera à définir la notion de souveraineté alimentaire, puis à examiner ses raisons d’être et enfin on s’attellera à démontrer son importance pour mettre en place une politique agricole de sécurité alimentaire.
I) Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ?
La notion de souveraineté alimentaire est apparue dans l’arène politique internationale avec la déclaration de La Vía Campesina[iii], en marge du sommet mondial de l’alimentation de 1996. En effet, «forts de son implantation à l’échelle internationale et en quête de légitimité et de reconnaissance, les représentants de Vía Campesina vont profiter de la vitrine offerte par la FAO au Sommet mondial de l’alimentation pour faire émerger la notion de souveraineté alimentaire dans le débat international[iv]». Depuis, elle a été reprise et précisée par un certain nombre d’organisations qui l’ont présentée comme principe alternatif au modèle néolibéral dominant dans les politiques agricoles et commerciales. Le concept de souveraineté alimentaire a ainsi donné une nouvelle dimension à la question agro-alimentaire dans la scène internationale.
L’un des textes de référence sur la souveraineté alimentaire prévoit que «se nourrir est un droit humain de base. Ce droit ne peut être assuré que dans un système où la souveraineté alimentaire est garantie. La souveraineté alimentaire est le droit de chaque pays de maintenir et développer sa propre capacité de produire son alimentation de base, en respectant la diversité des cultures et des produits. Nous avons le droit de produire notre propre alimentation sur notre propre territoire. La souveraineté alimentaire est une condition préalable d’une véritable sécurité alimentaire»[v].
Il ressort de l’extrait ci-dessus que la souveraineté alimentaire est le cadre censé garantir la sécurité alimentaire dans la mesure où il lui assure les conditions économiques et sociales propices. Elle constitue aussi une reconnaissance du droit qu’ont tous les pays à développer leurs capacités productives en vue de satisfaire les besoins alimentaires de leurs populations. On peut donc dire que la notion de souveraineté alimentaire se présente comme une nouvelle voie pour résoudre les problèmes alimentaires dans le monde loin des prescriptions dogmatiques de l’idéologie néo-libérale.
Autre travail important de définition de la souveraineté alimentaire a été accompli lors du Forum sur la souveraineté alimentaire, organisé à Rome en juin 2002. A l’issue de ce Forum, une définition plus élargie de la notion de souveraineté alimentaire a été conçue : «Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? La souveraineté alimentaire est le droit des populations, des communautés, et des pays à définir leur propre politique alimentaire, agricole, territoriale ainsi que de travail et de pêche, lesquelles doivent être écologiquement, socialement, économiquement et culturellement adaptées à chaque spécificité. La souveraineté alimentaire inclue un véritable droit à l’alimentation et à la production alimentaire, ce qui signifie que toutes les populations ont droit à une alimentation saine, culturellement et nutritionnellement appropriée, ainsi qu’à des ressources de production alimentaire et à la capacité d’assurer leur survie et celle de leur société.»[vi].
 A partir de cette définition, la souveraineté alimentaire inclut désormais les éléments suivants :
- Le droit des populations, des communautés et des pays de concevoir et d’élaborer, en toute autonomie, leurs politiques publiques agro-alimentaires conformément aux normes écologiques, sociales, économiques et culturelles.
- Le droit à une alimentation saine, nutritive et adéquate.
- Le droit aux ressources et aux moyens (techniques, institutionnels et financiers) nécessaires pour la production alimentaire.
Le concept de souveraineté alimentaire a été l’objet d’un nouvel approfondissement théorique dans le cadre du Forum mondial sur la souveraineté alimentaire de 2007, tenu à Sélingué (Mali). La déclaration finale[vii] adoptée au terme des travaux de ce forum a élargi la notion de souveraineté alimentaire en y intégrant de nouvelles dimensions d’ordre politique, stratégique et environnementale. L’accent est ainsi mis sur le droit des peuples à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles loin des exigences des marchés et des firmes internationales. Il est aussi stipulé que la souveraineté alimentaire ne peut être atteinte sans donner la priorité aux économies et aux marchés locaux et nationaux et sans valoriser l’agriculture vivrière, et cela va à l’encontre de la logique néo-libérale qui prône l’insertion totale dans l’économie mondiale ainsi que la promotion des cultures d’exportation. Par ailleurs, la souveraineté alimentaire a intégré dans sa définition une composante écologique relative à l’emploi des méthodes durables et respectueuses de l’environnement dans le processus de production alimentaire.
II) Pourquoi la souveraineté alimentaire ?
La souveraineté alimentaire se pose comme une solution de rechange aux politiques libérales qui ont sapé les agricultures des pays en développement et aggravé leur déficit alimentaire[viii]. Elle représente également un outil nécessaire qui éviterait à ces pays les menaces potentielles de l’utilisation de l’arme alimentaire en cas de crise internationale majeure ainsi que les répercussions de la volatilité des prix dans le marché alimentaire international. La souveraineté alimentaire constitue aussi une remise en cause des règles et des principes du système commercial international.
- L’échec des politiques libérales.
Au cours des années 80, les pays en développement ont été amenés à solliciter l’aide des institutions financières internationales (IFI) pour sortir de leurs difficultés financières. Or cela a frayé la voie à ces organismes porteurs de l’idéologie libérale pour s’ingérer dans les affaires internes desdits pays. Ces derniers ont été ainsi appelés à revoir radicalement les orientations de leurs politiques nationales dans le sens d’une valorisation du rôle du marché. L’Etat, dans les pays ayant fait appel aux IFI, devrait donc réduire significativement ses interventions dans la plupart des domaines sociaux et économiques, y compris l’agriculture.
Les recommandations des IFI ont généré des effets négatifs dans la quasi-totalité des pays du Sud. L’agriculture de ces pays a été orientée vers les cultures d’exportation qui, d’une part, entraînent la dégradation de l’environnement en raison de l’usage intensif des ressources naturelles (eau, terre, forêt…) et, d’autre part, concurrencent les cultures vivrières, source de produits alimentaires de base. Par ailleurs, le recul du rôle de l’Etat sous l’impulsion des IFI a fragilisé les petits agriculteurs et les producteurs ruraux qui sont désormais soumis à des conditions critiques de nature diverse (pauvreté, chômage, sécheresse, manque d’infrastructure…). Des conséquences lourdes ont été également enregistrées au niveau des économies des pays en développement. Le désengagement des Etats de plusieurs secteurs économiques et sociaux a mis l’agriculture dans une situation précaire, ce qui a affecté les performances économiques du fait des corrélations existantes entre le PIB agricole et le PIB global dans ces pays. Enfin de compte, la mondialisation promue par les IFI est bel et bien «inégale et injuste, car très différente selon les régions agricoles considérées. Elle est aussi un ordre agricole injuste entre des Etats en développement que l’on empêche de protéger leur agriculture et à qui l’on impose un commerce totalement dérégulé face aux deux superpuissances agricoles que sont les Etats-Unis et l’Union européenne. Celles-ci, en subventionnant massivement leurs agricultures, tirent vers le bas les cours mondiaux et engendrent à l’évidence des effets de distorsions sur le marché[ix]».
- La pénétration du grand capital dans la production agricole.
Poussé par le souci de maximiser ses profits, le système capitaliste a pénétré dans la production agricole en profitant d’une main-d’œuvre bon marché et d’un prix de la terre relativement modéré, notamment dans les pays en développement. Après l’Amérique du Sud, en particulier l’Argentine et le Brésil, et l’Europe de l’Est «les sociétés d’investissement s’intéressent maintenant au cône méridional de l’Afrique, où existent aussi de nombreuses terres cultivables fort bon marché. Alors que le prix          d’acquisition de terres au Brésil est de 1500 à 3000 dollars par hectare, il n’est que de 300 à 500 en Afrique[x]».
L’implication du capital dans l’agriculture se traduit par l’implantation des fonds d’investissement extrêmement colossaux dans nombre de pays. Les investisseurs capitalistes procèdent ainsi à la création de grandes unités de production ou au regroupement des petites et moyennes exploitations déjà existantes car ce sont les exploitations agricoles de grande taille qui peuvent naturellement maximiser la rentabilité des capitaux investis. De ce fait, «les entreprises capitalistes industrielles ou agricoles accaparent ainsi l’essentiel de la valeur ajoutée dégagée par le secteur primaire, ne laissant aux petits agriculteurs que la part du pauvre»[xi].
Dans le même ordre d’idées, «une  nouvelle  pratique  est  apparue  dans  le  grand  jeu  alimentaire et agricole mondial. L’ONG Grain a révélé que certains États acquéraient ou prévoyaient d’acheter des terres agricoles dans des pays tiers, souvent pauvres du Sud. Mais, cette fois, la logique n’est pas simplement Nord-Sud, mais fréquemment Sud-Sud, montrant l’inexistence d’un  tiers  monde  homogène[xii]». Autre forme du capitalisme agraire est donc le recours de certains pays considérés comme de gros importateurs de produits agricoles mais disposant  de ressources financières importantes à la production dans d’autres pays étrangers tels que le Kenya, le Soudan, l’Ethiopie, le Mali... Inquiétés sérieusement par la crise alimentaire de 2008, des pays comme la Chine, la Corée du Sud, le Japon, les pays producteurs de pétrole… concluent ainsi avec les pays en développement des contrats de location (ou d’achat) pour accéder à leurs grands espaces cultivables. Cela constitue en vérité une réelle limite à l’indépendance politique des pays du Sud d’autant plus que ces contrats prévoient que «en cas de conflit, (…) les différends éventuels seront portés devant un arbitre international, et non devant les tribunaux locaux normalement compétents[xiii]». Ce phénomène de location (ou d’achat) de terres, qui a pour objet de produire des biens alimentaires destinés à satisfaire les besoins des pays déficitaires, pénalise souvent les petits paysans. Ceux-ci ne sont jamais informés du contenu exact des contrats signés entre leurs gouvernements et les pays ayant loué les terres. Ils sont soit chassés sans indemnités soit laissés à leur sort face aux nouveaux occupants de terres.
- La production des agrocarburants.
La production des agrocarburants constitue une nouvelle menace à la sécurité alimentaire mondiale et plus particulièrement à celle des pays en développement. Il s’agit en effet des biocarburants produits à partir des produits agricoles. Dans un contexte international marqué par la hausse des prix du pétrole, de nombreux Etats ont été conduits à la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement en énergie. C’est ainsi que « environ 40 millions de litres de biocarburants sont produits dans le monde aujourd’hui, principalement aux Etats-Unis et au Brésil, où la moitié des champs de canne à sucre sont désormais dévolus à cet usage. Aux Etats-Unis, plus grand producteur et exportateur mondial de maïs, 25% du maïs cultivé, soit 80 millions de tonnes, sert désormais à la fabrication d’éthanol, dont la production a été multipliée par quatre depuis huit ans[xiv]». Les usages énergétiques de la production agricole ont commencé donc à prendre de l’ampleur favorisant de ce fait la restriction de la fonction alimentaire de l’agriculture. Les cultures vivrières qui assurent habituellement l’alimentation des populations sont désormais substituées au profit des cultures destinées à la production des agrocarburants.
Par ailleurs, le développement des cultures énergétiques a entrainé une augmentation de la demande foncière. Les terres consacrées auparavant à la production alimentaire ont été transformées ainsi en zone de production des matières premières pour les biocarburants. Les terres non cultivées (forêts, zones de parcours, savane…) sont également converties à des fins de production d’agro-carburant, ce qui a engendré des risques énormes et multiples tels que la déforestation, l’atteinte à la biodiversité, la restriction du pâturage[xv]… Cela a fait naître ainsi une réelle concurrence entre une production vivrière et alimentaire, déjà handicapée et en recul, et cette nouvelle agriculture à des fins énergétiques, qui est en croissance soutenue. En raison de son impact sur l’envolée des prix alimentaires de base, et partant sur la disponibilité et l’accessibilité de l’alimentation pour une large partie de la  population mondiale, la production des agrocarburants peut donc être considéré comme "un crime contre l’humanité"[xvi].
- L’usage politico-stratégique de la question alimentaire.
L’alimentation est devenue un levier d’influence mis à contribution pour préserver les intérêts des pays du Nord. Sur le plan politique, force est de constater que les aides alimentaires à destination du tiers-monde ont servi dans la plupart des cas à réconforter la place des donateurs dans les pays bénéficiaires. Ces derniers sont devenus ainsi largement tributaires des aides alimentaires pour couvrir les besoins de leurs populations en la matière. De ce fait, un rapport de dépendance se crée, mettant les Etats receveurs dans une situation fragile en termes politiques et stratégiques. Les pays en développement, les principaux bénéficiaires des aides alimentaires, vivent donc sous la menace d’une interruption de l’aide au cas où ils adoptent des positions hostiles au camp occidental. Dans ce sens, les Etats-Unis ont fait appel, à maintes fois, à la question alimentaire en tant qu’outil d’action au service d’une stratégie d’influence politique. Ainsi ils «…ont continué d’utiliser l’aide alimentaire afin de "punir" les transfuges, de "récompenser" les amis ou de "rallier" les opposants. Ils ont, par exemple, interrompu leurs livraisons de vivres vers le Chili socialiste de Salvador Allende, coupable d’avoir nationalisé les intérêts des multinationales américaines dans le pays en 1971, et ils ont tardé à répondre aux demandes de Banghladesh au moment de la famine de 1974, car Decca entretenait des relations commerciales avec Cuba. Lors de la famine éthiopienne de 1984, en revanche, l’administration Reagan s’est décidée à intervenir avec l’espoir que l’aide alimentaire américaine inciterait la junte marxiste de Mengistu à rallier le camp occidental, à l’instar du régime socialiste de Nimeiry au Soudan l’année précédente[xvii]».
Sur le plan économique, l’aide alimentaire a permis aux pays développés de gérer leurs stocks et de liquider leurs excédents agricoles tout en s’assurant la conquête de nouveaux marchés. Il s’agit donc d’un outil économique servant en premier lieu à trouver des débouchés commerciaux pour les produits alimentaires des grandes puissances agricoles (les EU, l’UE).
En effet, l’écoulement des denrées alimentaires quasi-gratuites dans les marchés des pays du Sud a entraîné des bouleversements significatifs dans les habitudes alimentaires des consommateurs. C’est ainsi que  se sont installés des modes de consommation privilégiant les produits issus de l’aide alimentaire au détriment des productions locales. En effet, l’aide alimentaire «si elle est surabondante et délivrée gratuitement ou à bas prix, peut dissuader les agriculteurs de produire dans le pays receveur, encourager la population à la passivité et la maintenir en état de dépendance[xviii]». Ce phénomène a conduit à une perte de l’autonomie alimentaire des pays récipendiaires ainsi qu’à la fragilisation des produits alimentaires propres à ses pays. L’aide alimentaire, qui aurait dû permettre aux Etats bénéficiaires de se passer de l’aide, a entravé en effet l’essor des secteurs agricoles des pays en développement et maintient leur besoin aux importations alimentaires.
- La volatilité des prix internationaux des produits alimentaires.
La volatilité excessive des prix sur les marchés des produits de base figure également parmi les graves menaces qui pèsent sur les pays en développement. Au-delà des retombées négatives qu’elle génère sur les finances publiques de ces pays[xix], car l’importation des biens alimentaires à des prix élevés nécessite la mobilisation des ressources financières supplémentaires[xx], cette volatilité des prix a une forte incidence sur le phénomène de pauvreté. Il s’est avéré par exemple que «en Amérique latine, ce sont 21 millions de personnes appartenant aux classes moyennes qui se sont retrouvés en situation de pauvreté du fait de la hausse des prix des produits alimentaires entre janvier 2006 et mars 2008… »[xxi]. De même, la situation des populations pauvres se dégrade davantage sous l’effet de l’augmentation des prix des produits alimentaires car «les pauvres (…..) consacrent une plus large part de leur revenu à l’achat de denrées alimentaires que les personnes appartenant à des catégories de revenus plus élevés »[xxii].
La flambée et la volatilité des prix des aliments ont engendré des conséquences majeures sur la sécurité alimentaire des pays du Sud vu l’augmentation excessive du nombre de personnes sous-alimentées qui en découle. En effet, la fragilité des mécanismes de stabilisation des prix conjuguée avec l’absence des mesures prises en prévision des chocs de prix font que toute hausse dans les prix des produits alimentaires s’accompagne par une aggravation des problèmes alimentaires dans ces pays. Les populations, surtout les plus vulnérables, se voient donc contraintes à réduire la quantité et/ou la qualité des vivres consommés ainsi qu’à limiter les dépenses non alimentaires  telles que l’éducation, la formation, les soins de santé…
- Les déséquilibres du système commercial international.
L’échec de la tentative de l’OMC pour lancer une nouvelle vague de libéralisation du commerce international constitue un autre facteur justifiant la pertinence et la consistance du paradigme de souveraineté alimentaire. Les divergences des points de vue des grandes puissances mondiales à propos du dossier agricole ont été à l’origine du blocage des négociations commerciales tenues dans le cadre du cycle de Doha. Lancé en novembre 2001, le cycle de Doha a eu pour objet la signature d’un nouvel accord sur la libéralisation des échanges d’ici fin 2005.
Néanmoins, le cycle de Doha constitue un échec du fait des désaccords insurmontables entre les pays membres de l’OMC au sujet de l’agriculture. Ces derniers se sont réunis dans le cadre d’une conférence ministérielle à Cancun (Mexique) en septembre 2003 en vue de faire le bilan des progrès accomplis dans les négociations et de prendre les décisions nécessaires, et ce dans la perspective de clôturer le cycle de Doha en 2005. Or les oppositions entre les pays développés et les pays en développement étaient vives, si bien que l’obtention d’un accord est devenue quasi-impossible. Dès l’ouverture des négociations, il s’est avéré qu’il y a eu une forte polarisation car les pays en développement ont pu se constituer en groupes de pression pour faire entendre leurs voix dans les discussions. Les pays du Sud ont ainsi mis en place deux alliances lors de la conférence de Cancun, à savoir le G20 (composé des pays émergents) et le G90 (regroupant pour moitié des PMA)[xxiii]. De l’autre côté, les américains et les européens se sont mis d’accord sur les questions agricoles pour faire valoir leurs points de vue vis-à-vis des pays en développement[xxiv]. Le début de la conférence a été donc marquée par une méfiance réciproque entre le Nord et le Sud, ce qui a empêché l’aboutissement des négociations commerciales. L’une des raisons pour lesquelles la conférence de Cancun s’est effondrée, c’est le désaccord majeur entre les membres de l’OMC à propos du dossier agricole. Pour les pays en développement, les principales questions qui devraient être tenues en compte consistent en ce qui suit :
-La limitation par les pays développés des soutiens directs à l’agriculture, notamment les aides directes aux producteurs.
-La réduction des droits de douane et des autres mesures qui font obstacle aux exportations agricoles des pays du tiers-monde vers les pays du Nord.
-L’interdiction des aides à l’exportation, utilisées principalement par l’UE.
Les pays développés n’ont pas voulu faire des concessions sérieuses et ils ont rejeté les revendications des pays du Sud en matière de l’agriculture. La conférence de Cancun s’est transformée ainsi en un affrontement Nord-Sud autour de la question agricole. Dans ces conditions «de nombreux pays en développement ont refusé de poursuivre les travaux, estimant que l’absence d’accord valait mieux qu’un mauvais accord»[xxv]. La conférence ministérielle de Cancun a pris donc fin dans l’échec.
Après Cancun, il n’y a eu pratiquement aucune avancée dans les négociations commerciales tenues sous l’égide de l’OMC. Les pays en développement continuent à réitérer leurs exigences qui consistent à faire de l’agriculture la clé de voûte du développement. En revanche, les pays du Nord se montrent intransigeants face aux revendications, aux  préoccupations et aux intérêts des pays du Sud. La persistance des divergences Nord-Sud sur le dossier agricole a conduit ainsi au blocage puis à l’échec de ces négociations. C’est ainsi que, en juillet 2006, le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, a décidé de suspendre sine die le cycle de Doha.
Enfin de compte, le système commercial international favorise fondamentalement les intérêts des pays du Nord en promouvant la globalisation qui «est un choix, un modèle de développement voulu universel, fondé sur l’abolition de toute régulation pour lui préférer le laisser-faire. Elle conduit  à l’aggravation des inégalités, à la domination des faibles par les forts. Erigée en mythe, elle est l’alpha et l’oméga de la pensée unique, la source de cette prétendue certitude que seul le marché, par ses allers et retours entre le producteur et le consommateur, est facteur de progrès matériel et, par là même, de bien-être social et que seule elle permettra à tout citoyen de la planète de s’approvisionner à meilleur compte sur des marchés ouverts[xxvi]».
III) Comment assurer la souveraineté alimentaire ?
Le développement de l’agriculture est une condition de la souveraineté alimentaire, qui passe par l’élaboration d’une politique agricole forte, efficace et adaptée à chaque pays. Les politiques agricoles doivent par ailleurs cesser d’être l’apanage des entreprises privées, des sociétés transnationales et des institutions internationales et devenir en revanche affaire de populations et donc de l’Etat. Il s’agit donc d’une reconnaissance de l’Etat, dont les marges de manœuvre ont été significativement réduites, en tant qu’acteur numéro 1 dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation. La valorisation du rôle de l’Etat peut lui permettre  d’assurer la mobilisation des ressources agricoles existantes et garantir l’approvisionnement alimentaire durable des populations. Cette politique agricole dont il est question ici doit promouvoir le développement agricole et partant assurer la souveraineté alimentaire des pays en développement, à travers les axes suivants :
- Promouvoir le développement rural.
Il faut rappeler que «sur le milliard de personnes souffrant de la faim, la majorité vit en milieu rural. Les ruraux pauvres (petits paysans, ouvriers agricoles sans terre…) sont particulièrement vulnérables à l’insécurité alimentaire. Ils souffrent des inégalités dans l’accès aux ressources financières et productives et aux marchés ainsi que du déséquilibre des échanges internationaux[xxvii]». Dès lors, le développement rural revêt une importance cruciale pour les pays en développement ayant pour objectif l’atteinte d’une souveraineté alimentaire. Il importe donc de rappeler que «le préalable politique essentiel du développement rural sous toutes ses formes consiste en une reconnaissance de la place et du rôle du monde rural dans l’équilibre et la cohésion de la société globale. Cette reconnaissance doit apparaître de façon visible dans les choix publics[xxviii]». Réduire la dépendance alimentaire de ces pays appelle ainsi une politique de développement rural intégrée et cohérente pour réduire les décalages entre le niveau de vie urbain et le niveau de vie rural et atténuer ainsi l’attraction exercée sur les populations par la ville. Une telle politique doit également impulser et favoriser le développement de l’agriculture vivrière en appuyant les producteurs ruraux par des moyens appropriés tels que les crédits, les subventions… De même, il importe de créer des activités industrielles et commerciales dans les zones rurales désavantagées pour que les populations trouvent à s’employer localement et pour freiner l’exode rural.
- Consacrer plus de ressources publiques à l’agriculture.
En effet, «la relance de l’agriculture implique des investissements dans les infrastructures rurales, l’irrigation, les installations de stockage, les services aux agriculteurs et les marchés agricoles[xxix]». L’un des moyens du développement de l’agriculture consiste donc en la mobilisation des moyens financiers indispensables. Les ressources publiques consacrées au secteur agricole doivent être ainsi augmentées et surtout orientées fondamentalement  vers l’agriculture vivrière. C’est un moyen de dynamiser la production agricole et de répondre aux besoins alimentaires des populations. Dans le même sens, la FAO souligne le rôle crucial des investissements dans l’agriculture pour faire face à la flambée des prix des denrées alimentaires et, d’une manière générale, à l’insécurité alimentaire : «il y a de vastes possibilités d’accroître substantiellement la production et la productivité agricoles dans les pays en développement. Si celles-ci n’ont pas augmenté, c’est parce que les ressources consacrées à l’agriculture ont diminué. Il faut accroître les investissements publics et privés dans l’agriculture des pays en développement. Il faut des investissements beaucoup plus importants, en particulier pour la gestion de l’eau, les routes rurales, les installations de commercialisation et de stockage, ainsi que pour la recherche et la vulgarisation,… [xxx]». Notant également que «le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont privilégié depuis 1986 l’ouverture des marchés mais aujourd’hui la Banque reconnaît que la croissance agricole et la réduction de la pauvreté passent par des investissements publics dans les infrastructures rurales comme l’irrigation, les routes, le transport en général, l’accès à l’énergie[xxxi]».
- Favoriser l’accès à la terre.
Aujourd’hui il est largement reconnu que «l’élimination de la faim et de la pauvreté, tout comme l’utilisation durable des ressources et des services rendus par l'environnement, dépendent dans une large mesure de la façon dont les personnes, les communautés et les autres acteurs accèdent aux terres (…). Les moyens de subsistance de la plupart d’entre eux, en particulier des ruraux pauvres, dépendent de leur aptitude à accéder de façon sûre et équitable à ces ressources et à en assurer la maîtrise. Ces ressources constituent une source d’alimentation et d’habitat, fondent les pratiques sociales, culturelles et religieuses et représentent un facteur essentiel de croissance économique[xxxii]». Toutefois, la croissance démographique, l’urbanisation croissante et le développement des activités industrielles exacerbent les besoins en terres et menacent ainsi les terres cultivables. De même, le renchérissement du coût  de l’énergie favorise la production des agrocarburants qui a des conséquences lourdes sur la sécurité alimentaire des pays en développement car elle soustrait une part importante de leurs terres arables de la production des biens alimentaires. De son côté, la flambée des prix des produits alimentaires a accentué l’entrée du capital financier international en agriculture par l’achat des terres et des grands domaines fonciers dans les pays en développement. Ce mouvement de privatisation des terres, qui a pour objet de tirer profit de la hausse des prix alimentaires, peut entraîner des effets catastrophiques pour ses pays.
Il s’avère donc que «c’est en ce sens que le principe de souveraineté alimentaire s’oppose aux pratiques des multinationales qui viennent accaparer des terres aux exploitants agricoles, pour mettre en place des monocultures peu durables et mettent en danger les droits fonciers des populations locales qui ne peuvent plus produire sur leurs propres terres. Or, le droit à la terre est étroitement lié au droit à l’alimentation. Sans terre on ne peut produire ses propres denrées alimentaires ou en tirer un revenu décent»[xxxiii]. L’ensemble de ces contraintes qui pèsent sur les terres agricoles appelle à une reconnaissance du problème foncier auquel il devient urgent d’apporter des solutions radicales. Certes, la réforme agraire est jusqu’à présent en marge des préoccupations de la plupart des pays en développement mais elle représente pourtant un préalable à tout développement  agricole. Etant donné que le foncier est un moyen de production indispensable, ces pays sont donc tenus de procéder à la distribution des terres au profit des paysans qui doivent garantir leur mise en exploitation la plus efficace et la plus adaptée avec les besoins alimentaires des populations.
- Faciliter l’accès à l’eau.
Il est peut-être inutile de rappeler que «le fait de disposer d’eau donne aux individus et aux communautés l’occasion de dynamiser leur production agricole, à la fois en quantité et en diversité, de satisfaire leurs propres besoins et de générer des revenus grâce aux surplus[xxxiv]». L’eau représente une ressource indispensable pour la vie des populations car elle est une condition incontournable du développement économique. De même, elle est un élément clé pour la question de sécurité alimentaire. Ainsi, l’eau contribue à garantir une offre alimentaire devant répondre aux demandes de consommation à travers l’accroissement des productions végétales, animales et halieutiques. D’autre part, les ressources en eau peuvent améliorer l’accès des populations aux produits alimentaires disponibles. En permettant aux ménages pauvres de produire davantage, l’eau peut favoriser ainsi la création d’emplois et l’amélioration des revenus et permettre par conséquent à ces ménages de disposer des moyens matériels pour se procurer l’alimentation. La question de l’eau, dans sa relation avec la sécurité alimentaire, est également une question de nutrition et de santé. En effet, l’utilisation d’une eau de qualité a un impact positif sur la santé des populations ainsi que sur la productivité du travail, et surtout du travail agricole. En revanche, l’insalubrité des ressources hydriques, en raison des insuffisances de l’assainissement, des défaillances des aménagements hydro-agricoles et de la mauvaise hygiène, contribue fortement à la malnutrition et engendre de nombreuses maladies.
On voit bien donc que les ressources en eau déterminent d’une manière décisive la sécurité alimentaire du fait des implications et des effets qu’elles génèrent sur la production agro-alimentaire, sur l’accès à l’alimentation et sur la nutrition et la santé. Dès lors, l’importance que revêt l’eau impose aux pays en développement, qui commence à éprouver des pénuries croissantes en la matière, la mise en place des politiques publiques permettant d’assurer l’accès aux ressources hydriques. Avancer vers la souveraineté alimentaire et partant créer les conditions de la réalisation d’une sécurité alimentaire exigent que la question de l’eau soit au cœur des préoccupations des Etats pour garantir son accessibilité à l’ensemble de la population, notamment la population agricole.
- Soutenir l’agriculture paysanne.
Les producteurs paysans dans les pays en développement sont généralement les plus affectés par les effets des politiques néo-libérales. La libéralisation du commerce internationale et les plans d’ajustement structurels ont ainsi constitué les deux facteurs ayant contribué à la fragilisation de la situation des petits paysans. Parce qu’ils sont «incapables de survivre dans un contexte de plus en plus compétitif, confinés aux sols les plus pauvres - sur les collines, sur les zones arides, ou là où l’érosion menace -, les petits paysans ont été poussés à la marge : incapables de se mobiliser et exclus des filières d’exportation, ils n’ont été jugés indignes d’attention ni en tant qu’acteur politique, ni en tant que secteur économique. Ils ont été oubliés des politiques parce qu’ils ont été considérés comme sans importance[xxxv]». Les conséquences de cette situation sont aujourd’hui connues : il s’agit de la marginalisation, de la croissance des inégalités et plus particulièrement de la ruine de la petite agriculture familiale. Ainsi, «on peut donc conclure à la nécessité de politiques agricoles inspirées par la théorie de la régulation plutôt que par la doctrine libérale. Une telle approche, nécessairement casuistique, doit prendre en compte à la fois les spécificités des pays et leur degré de développement, et les spécificités des produits[xxxvi]».
Il importe donc de privilégier la petite agriculture dans les politiques agricoles des pays en développement pour soutenir leur capacité à se nourrir eux-mêmes et mettre fin à leur dépendance alimentaire[xxxvii]. Le développement des agricultures familiales doit être donc un enjeu majeur car ces agricultures disposent de multiples atouts et présentent nombre d’avantages pour ces pays[xxxviii] :
- L’agriculture familiale favorise la création des emplois et par conséquent elle réduit l’exode rural.
- L’agriculture familiale contribue à la réduction de la pauvreté et donc des inégalités sociales.
- L’agriculture familiale favorise la préservation des ressources naturelles.
- L’agriculture familiale permet de promouvoir et de dynamiser le monde rural.
- L’agriculture familiale est capable d’assurer la sécurité alimentaire.
 - Développer la recherche agronomique :
La recherche agronomique est aujourd’hui plus que jamais un outil de développement agricole. Elle contribue en effet à l’augmentation de la production agricole, à l’amélioration des rendements ainsi qu’à l’évolution des pratiques agricoles. Dans ce sens, il est à rappeler que la recherche scientifique dans le domaine de l’agriculture a joué un rôle capital dans les succès réalisés par "la révolution verte"[xxxix]  en Asie au cours de la période 1960-90.
Les pays en développement, qui veulent s’assurer la souveraineté alimentaire, sont appelés ainsi à développer leurs systèmes nationaux de recherche agricole par la mise en place des moyens humains, techniques et financiers suffisants. De même, les investissements dans la recherche agricole dans ses pays doivent être hautement bénéfiques pour l’ensemble de la société par la résolution des problèmes alimentaires et de la pauvreté.
- Redonner de l’importance aux politiques de santé et d’éducation.
La plupart des pays en développement ont été amenés à réduire les dépenses publiques de santé sous l’impulsion des IFI. Cela a eu des conséquences sociales douloureuses pour les populations dont l’état sanitaire a sérieusement régressé. Or il n’en reste pas moins qu’un bon état physique et de santé est un facteur autant d’amélioration des performances agricoles que de progrès économiques. Dès lors, l’investissement dans le secteur  de santé doit s’imposer comme une priorité majeure pour les politiques publiques des pays en développement.
Il en est de même pour l’éducation. Le service public d’éducation représente un élément essentiel qui sous-tend le développement humain et le progrès des sociétés. Les pays qui veulent s’assurer un décollage économique ainsi qu’un développement agricole doivent donc redonner de l’importance au secteur éducatif et assumer pleinement une formation suffisante des populations.
- Créer des marchés agricoles régionaux.
Il faut dire que «malgré la spécificité de chaque pays, l’approche régionale, à l’instar de celle de la Communauté économique européenne, est la solution qui permet de disposer d’un périmètre d’action pertinent pour concevoir et mettre en œuvre les politiques agricoles et commerciales[xl]». La construction des marchés agricoles régionaux peut être ainsi un élément important du développement des agricultures des pays en développement et partant de leur souveraineté alimentaire. Dans un contexte international marqué par la mondialisation des économies et des échanges et par la hausse des prix alimentaires, l’intégration régionale apparaît comme l’une des vecteurs essentiels pour assurer l’essor des agricultures des pays en développement. Par ailleurs, l’existence d’importantes complémentarités entre ces pays impose une gestion commune et concertée qui ne peut se concevoir que dans le cadre d’une approche régionale de développement agricole.
La coopération régionale est également la seule voie permettant aux pays en développement de dépasser les divergences d’intérêts et d’avoir des réponses unifiées face aux multiples défis auxquels ils sont confrontés sur le plan agro-alimentaire.
Conclusion :
Pour conclure ces développements, on peut dire que «la souveraineté alimentaire peut être considérée comme une des composantes de la souveraineté politique. Elle fait référence au "droit des peuples à se nourrir eux-mêmes" et pose donc des problèmes d’ordre géopolitique[xli]». En effet, ni les importations ni l’aide alimentaires ne peuvent être encore invoquées comme des solutions sérieuses et durables au problème de l’insécurité alimentaire. De même, le désengagement de l’Etat ou le libre-échange sont à rejeter car l’expérience des dernières décennies a parfaitement démontré qu’ils ont plutôt fragilisé les pays en développement sur les plans politique, économique, social et alimentaire.
Dans l’analyse des politiques publiques il est intéressant de souligner que «…l’importance qu’une société accorde à un secteur, par exemple la santé (la gestion des hôpitaux, d’un service public universel, des politiques de vaccination, etc.), dépend de la façon dont les acteurs qui la compose perçoivent la santé en général, la maladie, le risque, la valeur de la vie et de la mort. L’importance de ce secteur d’intervention du politique en santé est aussi mise en perspective par rapport aux autres priorités de la société, entre autres la sécurité, la pauvreté et l’éducation[xlii]». Il en est de même de l’agriculture qui ne peut être un secteur stratégique dans une société donnée qu’à partir du moment où les acteurs qui la composent se représentent la sécurité alimentaire, le droit à l’alimentation, le développement rural, l’indépendance alimentaire… comme des objectifs stratégiques et prioritaires.
La souveraineté alimentaire, qui conçoit un nouveau modèle agro-alimentaire véhiculant un référentiel à contre-courant de l’idéologie libérale, s’impose donc comme le seul espoir de salut. Elle constitue une incitation très forte pour repenser l’action publique en matière de sécurité alimentaire. La souveraineté alimentaire doit être ainsi un cadre de référence pour l’élaboration d’une politique publique de sécurité alimentaire dans tous les pays ayant éprouvé les effets douloureux de la dépendance alimentaire.















Bibliographie
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B-Articles :
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C-Sites web :
-Marc-Antoine Pérouse De Montclos, «La face caché de l’aide internationale», Document disponible sur le lien suivant  :
-Vía Campesina, "Déclaration pour la souveraineté alimentaire", Déclaration au sommet mondial de l’alimentation de la FAO, Rome, 1996. Le texte intégral est disponible sur le lien suivant : http://www.nyeleni.org/spip.php?article52R
- "Souveraineté alimentaire: Un droit pour tous", Déclaration politique des ONG /OSC au Forum pour la souveraineté alimentaire. Rome, Juin 2002. Texte intégral est disponible sur le lien suivant : http://www.nyeleni.org/spip.php?article1
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[i] Pour rappel, la sécurité alimentaire repose sur quatre dimensions : 1-La disponibilité des produits alimentaires. 2-L’accessibilité des denrées alimentaires. 3- la qualité des aliments. 4-La stabilité (des disponibilités, des capacités d’accès et de la qualité des aliments).
[ii] Il est à rappeler dans ce sens que le néo-libéralisme est né en réaction aux problèmes économiques et sociaux entraînés par l’adoption du libéralisme dans les sociétés développées du 2Oème siècle. Les néo-libéraux croient en effet aux vertus d’un système économique qui repose sur la liberté individuelle, la libre recherche de l'intérêt individuel, l'appropriation privée, la compétition économique et le mécanisme des prix, tout en prônant la mise en place de certaines politiques d’intervention.
[iii] Vía Campesina est un mouvement international crée en 1993. Il coordonne l’activité de petits et moyens paysans, de producteurs ruraux, de sans terres, de femmes et de jeunes du monde rural, d’indigènes et de travailleurs agricoles à travers les quatre continents du monde. Son objectif principal est de faire face à la domination exercée par l’économie néo-libérale sur les secteurs agricole et alimentaire et de réaliser la souveraineté alimentaire des peuples. "Vía Campesina" est une appellation espagnole qui signifie littéralement "la voie paysanne".
[iv] Marie Hrabanski, «Souveraineté alimentaire. Mobilisations collectives agricoles et instrumentalisations multiples d'un concept transnational », In Revue Tiers Monde, 2011/3 (n°207), p.154.
[v] Vía Campesina, "Déclaration pour la souveraineté alimentaire", Déclaration au sommet mondial de l’alimentation de la FAO, Rome, 1996. Le texte intégral est disponible sur le lien suivant : http://www.nyeleni.org/spip.php?article52R
[vi] "Souveraineté alimentaire: Un droit pour tous", Déclaration politique des ONG /OSC au Forum pour la souveraineté alimentaire. Rome, Juin 2002. Texte intégral est disponible sur le lien suivant : http://www.nyeleni.org/spip.php?article1
[vii] La partie traitant la définition de la souveraineté alimentaire est très longue et ne peut donc être reprise ici. Le texte intégral de la déclaration est disponible sur le lien suivant : http://nyeleni.org/IMG/pdf/declarationfinalmars.pdf
[viii] Il importe d’attirer l’attention, en rapport avec le déficit alimentaire des pays en développement, sur un paradoxe cruel. En effet, « … la France importait du blé de ses trois colonies du Maghreb. Dans les années 1934 – 1939, l’Afrique du  Nord,  c’est-à-dire  essentiellement  l’Algérie,  lui  fournissait même 490 000 tonnes des 700 000 tonnes importées en moyenne chaque  année.  En  1938,  l’Algérie,  alors  département  français, produisait 950 000 tonnes de blé, la Tunisie 380 000 tonnes et le Maroc 630 000 tonnes». Voir, Sébastien Abis et Pierre Blanc, «Agriculture et géopolitique au XXIe siècle : rivalités, stratégies, pouvoirs», in Agriculture et alimentation, Des champs géopolitiques de confrontation au xxi siècle, Cahier Demeter, 2012, pp.37-39.
[ix] Stéphane Dubois, Le défi alimentaire, Etude géopolitique et géoéconomique des agricultures mondiales, Presses Universitaires de France, 2010, p.294.
[x] André Neveu, Agriculture mondiale : un désastre annoncé, Editions Autrement, Paris, 2012, p.51-52.
[xi]  Ibid. p.47.
[xii] Benhammou Farid, «Nourrir l'humanité : une géopolitique de l'alimentation et de l'environnement». In Ecologie et politique, N°38, 2009/1, p.27.
[xiii]   André Neveu, Agriculture mondiale : un désastre annoncé, op.cit. p.57.
[xiv] Frédéric Mouchon, Allons-nous mourir de faim ?, comprendre la crise alimentaire mondiale, Calmann-Lévy, Paris, 2008, p.108.
[xv] Bénédicte Hermelin et Damien Lagandré, «Les agrocarburants: menaces ou opportunités pour les agricultures familiales ?», in Ecologie et politique, 2009/1, N°38, p.71.
[xvi] L’expression est celle de Jean Ziegler, l’ex-rapporteur des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation. Cité par Frédéric Mouchon, Allons-nous mourir de faim ?, comprendre la crise alimentaire mondiale, op.cit. p.105.
[xvii] Marc-Antoine Pérouse De Montclos, «La face caché de l’aide internationale», Document disponible sur le lien suivant  : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/Revue_des_revues_200_1002D0.pdf, p.2. (Consulté le 01/02/2015).
[xviii] Laurence Roudart, «L’alimentation dans le monde et les politiques publiques de lutte contre la faim», in Mondes en développement, N°117, 2002/1, p.19.
[xix] Toute hausse des prix alimentaires mondiaux a des effets négatifs sur les finances publiques des pays du Sud compte tenu des mécanismes existants de subvention alimentaire. Ainsi, «Au Maroc, le budget de la caisse de compensation, en charge des subventions des produits de première  nécessité,  devient  une  charge  de  plus  en  plus  lourde  pour  les  finances  de  l’Etat. Cependant l’augmentation de ce budget n’est pas nouvelle : alors qu’il était de 3 milliards de Dirham en 2002, il atteint 20 milliards en 2008. Cette caisse de compensation alloue 60% des aides pour la subvention du gaz et des produits pétroliers et 30% pour les produits alimentaires (farine  de  blé  tendre,  sucre,  huile  de  tournesol).  La  filière  nationale  de  blé  tendre  capte  2,4 milliards de Dirham = en 2008, soit 0,33% du PIB (contre 2 milliards en 2007)». Voir, Sylvaine Lemeilleur, François Lerin, Michel  Petit, «Volatilité  des  prix  internationaux  agricoles  et alimentaires  et libéralisation  en  Afrique  du  Nord», In :  Abis  S.  (coord.), Blanc  P.  (coord.),  Lerin  F. (coord.), Mezouaghi M. (coord.), Perspectives des politiques agricoles en Afrique du Nord. Paris : CIHEAM, (Options Méditerranéennes : Série B. Etudes et Recherches; n. 64), 2009, p. 35.
[xx] On doit rappeler ici que «la  majorité  des  pays  arabes  figure  en  effet  parmi  les grands importateurs de produits alimentaires. Le total des achats agricoles des États arabes de la Méditerranée (Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie et Tunisie) est passé de 11 milliards  de dollars en 1990 à 36 milliards de dollars en 2010, soit une augmentation  de  230  %  en  vingt  ans,  alors  que  la  croissance démographique n’a été (que) de 30 % sur la période». Voir, Sébastien Abis et Pierre Blanc, «Agriculture et géopolitique au XXIe siècle : rivalités, stratégies, pouvoirs», op.cit. p.30.
[xxi] Volatilité des prix et sécurité alimentaire, Rapport du Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition, Comité de la sécurité alimentaire mondiale, Rome, 2011, p.58.
[xxii] Ibid.
[xxiii] Edgar Pisani et Vincent Chatellier, «La faim dans le monde, le commerce et les politiques agricoles», op.cit. p.18.
[xxiv] Zaki Laïdi, «Après Cancun : l’OMC en danger ?», in  Critique internationale, 2003/4, no 21, p.36.
[xxv] Joseph E. Stiglitz et Andrew Charlton, Pour un commerce plus juste, Comment le commerce peut promouvoir le développement, Traduit de l’anglais par Paula Chemla, Librairie Arthème Fayard, 2007, p.102.
[xxvi] François Guillaume, Vaincre la faim, pour en finir avec l’inacceptable, Eyrolles, 2009, p.58.
[xxvii] Commission européenne, Sécurité alimentaire: comprendre et relever le défi de la pauvreté, Octobre 2009, p.9.
[xxviii] Mostafa Jari, La question de la sécurité alimentaire dans le monde arabe, Thèse de doctorat en sciences politiques, Université Montesquieu Bordeaux IV, Juillet 1996, p.126.
[xxix]  Commission européenne, Sécurité alimentaire: comprendre et relever le défi de la pauvreté, op.cit. p.19.
[xxx] FAO, La situation des marchés des produits agricoles : Flambée des prix et crise alimentaire, expériences et enseignements, Rome, 2009, p.49.
[xxxi] Gilles Fumey, Géopolitique de l’alimentation, Sciences Humaines Editions, 2012, pp. 69-70.
[xxxii] Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), Cadre stratégique mondial pour la sécurité alimentaire et la nutrition, Deuxième version - Octobre 2013, p.32.
[xxxiii] Agathe Décarsin, «La souveraineté alimentaire ou le droit des peuples à décider de leurs politiques agricoles», IdeAs [En ligne], 3/Hiver 2012, mis en ligne le 10 décembre 2012. Article disponible sur le lien suivant :                http://ideas.revues.org/538, p.3. (Consulté le 05 décembre 2014).
[xxxiv] FAO, L’eau, l’agriculture et l’alimentation, 2004, Rome, p.32.
[xxxv] Olivier De Schutter, «La crise alimentaire et l’économie politique de la faim», In Arnaud Zacharie (sous dir) Refonder les politiques de développement, les relations Nord-Sud dans un monde multipolaire, Au Bord de l'Eau/La Muette, 2010, p. 95.
[xxxvi] Bruno Vindel, «La "crise agricole" et les organisations internationales», in Edgar Pisani (sous dir), Une politique mondiale pour Nourrir le monde, Springer-Verlag France, 2007, p.31.
[xxxvii] Pour promouvoir et renforcer l’agriculture familiale le comité de la sécurité alimentaire mondiale, organisme intergouvernemental chargé d’examiner et de suivre les politiques relatives à la sécurité alimentaire,  recommande aux Etats de : « - Faire en sorte que les politiques, les investissements et les services publics en faveur de l’agriculture s’attachent en priorité à favoriser, à soutenir et à compléter les investissements des petits exploitants, en faisant une place spéciale aux femmes productrices de denrées alimentaires qui se heurtent à des difficultés particulières et nécessitent des politiques et un soutien spécifiques;
  - Faire en sorte que les politiques agricoles et les investissements publics accordent la priorité à la production vivrière, à l’amélioration de la nutrition (des populations les plus vulnérables en particulier), ainsi qu’au renforcement de la capacité d’adaptation des systèmes alimentaires locaux et traditionnels et de la diversité biologique. L’accent doit être mis sur le renforcement de la production vivrière durable des petits exploitants, la réduction des pertes après récolte, l’augmentation de la valeur ajoutée après récolte et l’accès des agriculteurs aux marchés alimentaires locaux, nationaux et régionaux, y compris en ce qui concerne le transport, le stockage et le traitement des produits;
  - Faire en sorte que les politiques et les investissements publics jouent un rôle de catalyseur dans la formation de partenariats entre les investisseurs agricoles, notamment de partenariats entre les secteurs public et privé, entre le secteur des coopératives agricoles et le secteur privé et au sein du secteur privé, de manière que ces  partenariats servent et préservent les intérêts des petits exploitants;
  = - Promouvoir et mettre en œuvre des politiques de nature à faciliter l'accès des petits exploitants au crédit, aux ressources, aux services techniques et de vulgarisation, à l'assurance et aux marchés;
  - Prêter l’attention voulue aux nouveaux risques inhérents aux marchés et à l’environnement qui menacent les petits exploitants, et mettre au point des services et des politiques d'investissement de nature à limiter ces risques et à renforcer l’aptitude des petits exploitants – hommes et femmes – à les gérer (par exemple, en leur donnant accès à des instruments financiers et à des systèmes de gestion des risques (systèmes novateurs d’assurance-récolte, de gestion des risques météorologiques, de garantie des prix et de crédit);
 - Faire participer activement les organisations représentant les petits exploitants et les travailleurs agricoles des deux sexes à la formulation, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques d’investissement agricole ainsi qu’à l’élaboration de programmes d’investissement dans l’agriculture et les chaînes de valeur agroalimentaires». Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), Cadre stratégique mondial pour la sécurité alimentaire et la nutrition, op.cit. pp. 19-20.
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=722290267821234&set=ecnf.100001208010732&type=3&theater[xxxviii] Mohammed Raki, «La crise mondiale alimentaire de 2008: une opportunité pour l’agriculture familiale», In La revue marocaine des sciences politiques et sociales, N° 2 Printemps-Eté 2011, pp.238-241.
[xxxix] C’est une politique de développement agricole, surtout en Asie, qui a eu pour objet de renforcer la sécurité alimentaire grâce à l’évolution scientifique et technique. L’usage des composantes de cette révolution (variétés à haut rendements, les engrais et les pesticides) s’est traduit par une forte progression des rendements et de la productivité agricole.
[xl] Gaymard Hervé, «L'agriculture au cœur de l'avenir de l'Afrique», in Politique étrangère, 2009/2, Eté, p.275.
[xli] Jean-Paul Charvet, L’alimentation dans le monde, Mieux nourrir la planète, Petite encyclopédie Larousse, 2009, p.96.
[xlii] Emile Richard Frève, «Le rôle des idées dans la formulation des politiques publiques», In Stéphane Paquin, Luc Bernier et Guy Lachapelle (sous dir), L’analyse des politiques publiques, Les presses de l’université de Montréal, 2010, p.128.

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