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la Question palestinienne : CHAPITRE PRELIMINAIRE Par Pr. Abdelmoughit B. TREDANO

CHAPITRE PRELIMINAIRE



Par Pr. Abdelmoughit B. TREDANO 

TEXTES ET CONTEXTE 

L’utilité d’un écrit ? Pourquoi écrire un tel ouvrage ? Un de plus !
Un nième livre sur la Palestine ?
Pourquoi le faire surtout que tout ou presque a été écrit sur la question palestinienne.
Ecrire alors que des ouvrages qui font autorité peuvent décourager tout prétendant téméraire.
Et pourtant, le contexte actuel et les péripéties du "printemps arabe" , de la guerre civile en Syrie  et la duplicité occidentale et arabo-musulmane quant à la création de Daech plaident dans le sens de prendre acte  et de dénoncer tous ceux qui continuent à ignorer, pour des intérêts purement  matériels et parfois cyniques - tout en mettant en jeu la paix mondiale -  l’histoire , le sort et  le vécu quotidien de tout un peuple .
D’abord, il y a tout simplement une raison liée à la conjoncture et à certaines dates. Ensuite, la situation du monde arabe est telle, que se réfugier dans un silence penaud est condamnable.
En effet, cet écrit est proposé à la publication à l’occasion de trois dates essentielles de cette année 2017.
Il s’agit de la commémoration de 100 ans (2 novembre 1917) de la déclaration d’Arthur James Balfour, de 70 ans après le partage de la Palestine (29 novembre 1947) et de 50 ans de la Naksa (6 juin 1967)
Le monde arabe est totalement mal en point malgré son pétrole – ou à cause de son pétrole - et son emplacement géopolitique, qu’il n’est pas acceptable de ne pas faire le bilan de 70 ans d’errements, désastres et de trahisons. 
Il s’agit par cet écrit d’exprimer un cri de dénonciation du monde occidental et du monde arabe complice voire ayant noué des liens d’intelligence avec l’ennemi israélien. En effet, les rapports actuels de certains pays qui ont conclu des accords de paix (Egypte et Jordanie) ou commencent à approfondir les actes de normalisation tels que l’Arabie Saoudite, Bahreïn, EAU et le Qatar à la faveur du printemps arabe, de la guerre civile en Syrie et du nouveau clivage installé dans la région entre sunnites et chiites, constituent un défi existentiel du monde arabe et une menace réelle quant à l’effacement de la question palestinienne des agendas internationaux.  En effet, l’ennemi n’est plus le même et le but a changé ; Iran remplace Israël et la libération de la Palestine et la ville sainte devient le dernier des soucis des pays pétroliers.
La permanence et la centralité de la question palestinienne par rapport à d’autres peuples (Kurde et arménien entre autres) malgré les défaites (Nakba, Naksa et le cataclysme de Daech) et l’insignifiance civilisationnelle actuelle du monde arabe, a vécu et continue de s’imposer  grâce aux liens d’Islamité et d’arabité dont bénéficie la question palestinienne
Le nouveau rapport de forces entre un bloc dit favorable à la résistance ( Iran, Syrie, l’Irak et le Hizbollah avec le soutien des Russes) et le groupe des pétroliers ,Israël, USA et la Turquie donne encore un espoir pour le maintien de la cause palestinienne comme question prioritaire dans la région moyen- orientale ou du moins un problème à ne pas évacuer facilement.

D’ABORD L’EVOLUTION DES IDEES 

Quelles sont les raisons de la nécessite de l’évolution des idées par rapport à ce conflit ?
Parce que les défis à la solution du conflit israélo-palestinien sont de plus en plus forts et quasi insurmontables.
Vieux de 70 ans, on est en droit de se poser la question de savoir le pourquoi de l’aveuglement de la communauté internationale, notamment occidentale, quant à la nécessité d’une paix durable.
L’explication est simple et ce malgré l’enchevêtrement des intérêts ; jeux d’influence et des démissions dans le monde arabe.
 Il s’agit en premier lieu de l’arrogance israélienne et ce refus quasi maladif de toute volonté de paix, confortée en cela par le soutien et la complicité américaine et européenne. 
 Avec le temps aidant, le problème initialement simple parait comme de plus en plus comme   complexe et insoluble.

Pourquoi ?

A l’exception des accords d’Oslo (1993) et des négociations de Camp David (2000), les gouvernants israéliens ont toujours fait montre d’un refus total et systématique de toute solution au conflit.
Il est vrai que les attentats commis par Hamas durant le début de la décennie 90 n’étaient pour faciliter les choses.
Mais les Palestiniens avaient-ils d’autres choix ?
Par ailleurs, il tombe sous le sens que le refus de toute option de paix de la part des religieux, des politiques et depuis quelques temps de toute la société israélienne, constituait et constitue un blocage quasi indépassable. Les religieux : « La torah interdit de renoncer ne serait-ce qu’un pouce de la terre d’Israël. Que la main qui signera des accords de concession soit coupée ! [1]"
Ce n’est pas la seule déclaration de ce genre ; elle constitue l’échantillon de la pensée profonde et une matrice des religieux, de la droite politique et de plus en plus d’une grande majorité de la société israélienne. 
Les politiques : les 2 hommes politiques   en l’occurrence d’ Yitzhak Rabin et Ehud Barak qui étaient à un moment de leur parcours politiques   plus enclins à conclure la paix avec les Palestiniens tout simplement parce que leurs mandats avaient correspondu à deux processus de paix (les accords d’Oslo et ceux de Camp David 1993 et 2000), ne se distinguaient pas sensiblement du reste des dirigeants Israéliens dans la mesure où ils avaient les mêmes "lignes rouges" [2]  
La société : avec la droitisation de la société –la multiplication des partis religieux et des mouvements extrémistes -« la paix maintenant », est devenue un mouvement quasi -mort.

Qui est responsable de ces échecs ?

Au-delà des intérêts de la région (64 % des réserves mondiales du pétrole) carrefour important pour le commerce mondial et le poids de l’histoire, la responsabilité des protagonistes n’est pas à écarter notamment celle de la partie israélienne.
Pour une fois, à notre connaissance un officiel américain, en l’occurrence RoberT Mallet, assistant spécial de Bill. Clinton pour les affaires israélo-arabes reconnait le travail d’obstruction commis par E.Barak lors des négociations de Camp David(2000)[3].
Pire encore, les responsables de communication de ce dernier ont préparé à l’avance un plan de dénonciation de la responsabilité de Y. Arafat ; ce qui a expliqué une campagne de dénigrement systématique et de mise à l’écart du leader palestinien orchestrée après l’échec de ces négociations.[4] Ce qui a fait le lit à l’arrivée d’Ariel Sharon notamment après sa fameuse visite dans l’esplanade d’Al Aqsa (29 octobre 2000) et l’Intifada II qui s’ensuivit
Un conflit de 70 ans qui risque de perdurer, le sort des peuples de la région et la paix mondiale sont en jeux parce que les puissances (Etats et sociétés multinationales) ne font aucun effort pour séparer leurs intérêts de la nécessaire stabilité de la région.

Que faire ?

Le combat des idées et la détermination des responsabilités :

La responsabilité et la duplicité occidentales

Dans un livre «monument », "la grande guerre pour la civilisation ", le journaliste anglais Robert Fisk appelle les choses par leurs noms et montre textes et comportements à l’appui comment l’Occident a contribué à chambouler et tout récemment - avec Daech et la complicité des pays pétroliers et de la Turquie – à détruire cette région.
En effet, on peut lire sur page 4 de la couverture ce qui suit :
« …Si ces années furent celles d’une « grande guerre pour la civilisation », c’est en raison du rôle persistant que les puissances occidentales - la France et le royaume- Uni dans la première partie du XXe siècle, puis les Etats- Unis –n’ont jamais cessé de jouer dans une région qu’elles considèrent comme leur zone d’influence.
Dans ce livre magistral, Robert Fisk raconte et documente notamment le soutien cynique apporté par les régimes occidentaux aux brutales dictatures de la région, et témoigne, année après année, de la montée concomitante de l’amertume et de la haine de millions de musulmans à l’égard de l’Occident[5].
Dans un phrase ramassée mais combien significative, Frank Barat, le coordonnateur du Tribunal de Russel sur la Palestine   souligne que : « la question palestinienne est représentative de ce qui ne tourne pas rond dans le monde. Le rôle des Etats occidentaux, la connivence des grandes sociétés et l’accord tacite des diverses institutions en font un cas particulier. »[6].
Face à cet aveuglement et à la démission des acteurs et décideurs internationaux, il est urgent d’agir.

Le renouvellement des idées

Au-delà des actions et des initiatives de TOUTES les forces éprises de paix à l’instar du BDS[7], il y a un travail souvent négligé qui mérite d’être conduit ; c’est celui du renouvellement de ce qu’Ilan Pappé appelle une sorte de dictionnaire terminologique et la définition ou la redéfinition de certains concepts ou de perspectives de solution devenus obsolètes.
Ce travail est d’autant plus nécessaire voire impératif, que le Holdup médiatique occidental ne laisse aucune liberté de pensée quant à la bonne perception de la question palestinienne et ses possibilités et opportunités de dépassement.
Le professeur Ilan Pappé [8] a commis un chapitre lumineux et dense sur la question des concepts et de la terminologie par rapport au conflit israélo-palestinien.
Nous relevons deux catégories d’apport : la première porte sur les paradoxes qui contribuent à fausser la réalité du conflit et celui qu’il appelle les trois clefs d’entrée de ce nouveau dictionnaire.

Les trois paradoxes [9] :

Ce qui étonnent dans ces paradoxes c’est qu’il s’agit d’aspects tellement évidents et par conséquent ne devraient pas poser de problèmes pour les dépasser et pourtant ils continuent à résister à l’évidence.
*      le premier paradoxe
Il «… réside dans le fossé qui sépare, d’une part, l’évolution marquée de l’opinion publique mondiale sur la question palestinienne et, d’autre part, l’appui indéfectible des élites politiques et économiques occidentales à l’Etat Hébreux  (et, par conséquent l’absence de portée de changement sur le terrain même »[10].
 Comme on verra plus loin, le développement relatif aux trois clefs de ce nouveau dictionnaire pourrait contribuer à réduire le fossé entre la détérioration de l’image d’Israël et l’absence d’efficacité sur le terrain en matière de changement des conditions de vie des Palestiniens.
*      le deuxieme paradoxe 
Même à l’occasion d’agressions meurtrières répétées sur Gaza (2008_2009, 2012, et 2014), le peuple palestinien reçoit une solidarité sans faille de l’opinion mondiale et Israël est sévèrement critiqué mais sans pour autant aller sur critique l’idéologie qui sous-tend la politique israélienne à savoir le sionisme[11]. Car critiquer le sionisme, vous êtes rapidement qualifié d’antisémite !
*      LE TROISIEME PARADOXE 
" …le problème palestinien se résume depuis le début à un cas patent de colonialisme et de dépossession, mais on le traite comme une affaire complexe aux multiples facettes, difficile à comprendre et encore plus difficile à résoudre"[12]
La propagande sioniste et les différents lobbies avec le soutien et la complicité occidentales, rend le travail d’explication titanesque et la compréhension aisée du conflit quasi –impossible.

POUR UNE NOUVELLE TERMINOLOGIE QUANT AUX CONCEPTS 

"La description du sionisme comme une forme de colonialisme ; l’analyse d’Israël en tant que régime d’apartheid et la reconnaissance de l’enracinement du concept de nettoyage ethnique dans la société juive israélienne sont à la base de trois entrées déterminantes de notre dictionnaire, lesquelles donnent forme à notre vison de l’avenir : décolonisation, changement de régime et solution à un Etat " [13].
Telle est la feuille de route que doivent suivre tous les partisans de la cause palestinienne et les intellectuels et universitaires en premier. Il ressort de cet extrait, qu’en plus d’un travail d’éclairage à conduire sur les concepts, il est important de soutenir et d’expliquer que la solution des deux Etats est devenue obsolète et seule la formule à un Etat est peut répondre à la situation présente.  
Un travail d’explication et d’éclaircissement face à la propagande israélienne et occidentale s’impose plus que jamais ; en effet, les intellectuels ont un rôle d’éclaireur et d’alerteur primordial à jouer. Dans ce même cadre, il faudrait appeler à un dépassement du paradigme du 11 septembre.
Les auteurs du concept du 11 septembre[14], J. Derrida et J. Habermas au lieu de chercher comment mettre fin aux soubassements idéologiques de la stratégie antiterroriste initiée par G. W .Bush depuis 2002 et effacer ses conséquences désastreuses dans le monde et au Moyen-Orient en particulier, ils se sont englués dans la "déconstruction" de la notion du terrorisme sans même chercher à en établir les véritables causes !

PALESTINE ET LE CHAOS DU MOYEN–ORIENT

Les effets « pervers » du « printemps arabe islamique » ou la nouvelle géopolitique du monde arabe [15]
Le « printemps arabe » ne cesse de produire ses effets sur cet espace géoculturel ; la politique immédiate se mêle à la géopolitique du long terme, la question de la paix et de la guerre se pose avec une acuité toute particulière où l’islamisme se confond avec le terrorisme et où l’extrémisme rivalise avec la barbarie. La stabilité voire la survie de certain pays arabes, dans leur intégrité territoriale, est enjeu. Une sorte de dépeçage à la manière des Accords Sykes-Picot avec complicité arabe, certainement mise en jeu…
La situation actuelle du monde arabo-musulman en est l’illustration la plus édifiante.
Les faits ayant marqué surtout l’année 2013 et le début de 2014 traduisent une accélération de l’histoire sans précédent….
Le changement remarqué dans les rapports de force, notamment dans la guerre en Syrie, entre le pouvoir du président Hafez Al Assad et son opposition hétéroclite produit des effets « inattendus »..
Au moment où personne ne l’attendait, un accord est intervenu entre l’Iran et les pays 5+ 1 sur la question nucléaire le 23 nov. 2013 ; Israël s’y oppose avec fermeté et l’Arabie saoudite se rebiffe (refus du poste de démembre au CS…et son engament continu à soutenir l’opposition syrienne en ciblant les parties bénéficiaires entre autres…)..
La rivalité entre Russes et Américains avec un air du déjà vu où le parfum de la guerre froide n’est pas à démontrer ; la situation en Ukraine, en Syrie et la question nucléaire iranienne, entre autres conflits, structure désormais, avec les paramètres anciens tels le pétrole et la sécurité d’Israël, les rapports entre la région du Moyen –Orient et le reste du monde…
Le clivage chiite et sunnite n’est pas pour faciliter la compréhension des évolutions possibles, avec comme toile de fond, l’émergence de la puissance iranienne.
La multiplication des groupuscules terroristes, à la faveur du conflit syrien, transforme la région et au-delà en une poudrière qui retournera comme un boomerang aux apprentis pétroliers qui ont déjà oublié les effets pervers de la fin de la guerre en Afghanistan en 1988
Les jeux d’influences entre Saoudiens et Qataris prennent en otage toute la région ; trois pays pétroliers, l’Arabie Saoudite, Emirats arabes-Unis et le Bahreïn ont retiré leur ambassadeur du Qatar : une histoire de rivalité de « puissance » ou au moins d’influence qui provoque un véritable cataclysme dans le monde arabo-musulman, dont la région du Moyen-Orient en est l’épicentre.
Au même temps, jamais dans l’histoire de cette région on n’a vu la question palestinienne disparaître des agendas des pays arabes et de la communauté internationale d’une manière quasi-définitive; «les négociations» actuelles entre Israéliens et Palestiniens (autorité palestinienne ou ce qui en reste..), ne font que diversion[16]
Le sommet arabe du Koweit de mars 2014[17] n’a pas changé fondamentalement la donne du moins sur cette question dans la mesure où Américains et Israéliens cherchent à profiter du Chaos subséquent au printemps arabe pour faire passer un projet de liquidation de ce dossier.

UNE NOUVELLE GEOPOLITIQUE DU MONDE ARABE : DEPEÇAGE ET INGERENCES ETRANGERES

 Force est de constater que le monde arabe est éclaté et moribond. Plusieurs causes y contribuent quand le printemps arabe vint aggraver une situation déjà inquiétante. Parmi les causes internes seraient la faillite des élites à proposer un projet de société et non un projet de pouvoir. Quant aux causes externes, il serait judicieux de citer tout d’abord la politique d’endiguement que pratique l’Occident vis-à-vis du monde arabo-musulman. La grande guerre pour la civilisation, le livre du journaliste Robert Fisk, retrace les interventions des puissances occidentales dans la région et leur soutien envers les dictatures arabes. Ensuite, il faudrait citer la présence du pétrole dans la région et la nécessité de maintenir la sécurité d’Israël. Tels sont les principaux paramètres qui structurer les rapports de cette région et le monde occidental.
La grande conquête occidentale a connu quatre étapes.Si la rivalité Est/Ouest a obligé l’Occident à partager sa domination durant les années 1947 et 1989, la donne changea après la chute du mur de Berlin en 1989. Apparaît alors un printemps arabe présenta le coup de grâce de ce monde, monde unipolaire que les États-Unis dominent sans partage. Le déclin américain débuta à partir des années 2000 et le printemps arabe donna le coup de grâce à ce monde.

QUELQUES SIGNES D’ESPOIR PERSISTENT MALGRE TOUT

Les « révolutions arabes » sont des mouvements de jeunes aux slogans modernistes louant liberté et dignité mais récupérés en fin de parcours par les Islamistes. Et au-delà du factuel direct, qu’est l’immolation de M. Bouazizi, les causes structurelles et politiques ont rendu le soulèvement un peu partout dans le monde arabe possible. Ceci dit les processus de transition seront longs et difficiles.
L’effondrement du monde arabe est principalement dû à deux paramètres qui sont le pétrole et la sécurité d’Israël. L’Arabie saoudite et le Qatar, munis de l’arme pétrolière, conduisent aujourd’hui une sorte de croisade contre le « croissant » chiite. Sans oublier de mentionner que les différents projets des élites gouvernantes, qu’ils soient nationalistes, panarabes, socialisants voire même marxiste comme le cas du Yémen du sud, ont échoué.
Revenons maintenant à notre intitulé, au point de départ : « Printemps arabe contre les peuples arabes » ? Ou la transition « impossible ». Voulons-nous faire iconoclastes ou original ? Nullement. Cette appréciation est fondée sur de deux faits objectifs et majeurs. Les deux paramètres déjà cités, dont la question pétrolière et la question de la sécurité d’Israël, et ensuite la question palestinienne comme toile de fond.

PREMIER PARAMETRE : LE PETROLE

L’accord Quincy, conclu en 1945 entre le président américain Franklin D. Roosevelt et le Roi Abdelaziz Al –Saoud[18], s’articulait autour du pétrole. Il a structuré, plus au moins, au niveau mondial la question de sa production, de la fixation de ses prix et la sécurité de son approvisionnement pendant plus de trois décennies. En contrepartie, ledit accord visait c’est d’assurer la sécurité de l’Arabie Saoudite.
Une autre préoccupation taraudait l’esprit des Américains et surtout des Européens est celle d’assurer la sécurité d’Israël depuis les années 1947-48.
Ces deux paramètres ont charpenté les rapports entre le Moyen -Orient et le monde occidental industrialisé avec la question palestinienne comme question lancinante.
Nous restons convaincus que le Pétrole, entre autre raisons, déclencha les deux guerres contre l’Irak de Saddam Hussein (1991 et de 2003) et il n’est peut-être pas inutile de rappeler quelques chiffres qui confortent cette assertion.
Le Moyen-Orient recèle, en effet, 64% des réserves mondiales et plus préoccupant encore est que « …dans vingt ans, s’il n’y a pas de découvertes majeures, il n’y aurait plus de pétrole en Amérique du Nord, ni en Europe, presque plus en Afrique, ni même une Russie. L’OCDE, comme les NOPEP (Pays exportateurs non- membres de l’OPEP) seraient à sec »[19]. Alors que le Moyen-Orient continuera encore à produire pendant trente (30) ans supplémentaires.
L’OPEP contrôle aujourd’hui 40% de la production dans le monde, dont 60% des exportations et 75% des réserves. Les Etats Unis consomment 25% de la production mondiale et importent 50% de leurs besoins. Plus inquiétant encore, au rythme de leur production et consommation actuelles, ils épuiseraient leurs réserves dans dix ans. Le taux de dépendance pétrolière des Etats-Unis croit d’une manière substantielle. Alors qu’il était de l’ordre de 35% en 1973, il est actuellement à 54.3% et est prévu d’atteindre les 67% en l’an 2020. Vis-à-vis du Moyen-Orient, ils en importent environ 23.8% et le seul bémol reste l’exploitation du schiste.
La Chine, quant à elle, consomme 5% de la production mondiale et dans 15 à 20 ans elle en consommera 20% à 25 soit l’équivalent de la consommation américaine actuelle. De même, le pétrole constitue 40% de la consommation mondiale d’énergie et occupe une place prépondérante dans les échanges internationaux.
Certains analystes considèrent que le sol mésopotamien en Irak pourrait receler en pétrole une quantité équivalente à celle de l’Arabie saoudite, c›est-à-dire environ 230 à 240 milliards barils. Il a pu ainsi susciter convoitises et appétits.

DEUXIEME PARAMETRE : LA SECURITE D’ISRAËL

Le deuxième paramètre que nous voudrions aborder se penche sur la sécurité d’Israël et l’affaiblissement et le containment en permanence des pays arabo-musulmans. Aucun d’eux n’a le droit d’accéder à la puissance pour ainsi garder une mainmise sur le pétrole et assurer la sécurité d’Israël.
Cette domination est d’hier et d’aujourd’hui. Elle est d’hier remontant à l’Iran de Mossadegh, à l’Egypte de Nasser, à l’Irak de Saddam (1980/91/ 2003) et au Pakistan et sa bombe durant les années 80/90. Elle est d’aujourd’hui puisque depuis 8 ans l’Iran et ses prétentions nucléaires sont contenus. L’accord du 24 novembre 2013[20] entre ce dernier et les 5+1 marque un important changement dans l’attitude des deux protagonistes mais reste, malgré tout, ambiguë ; l’attitude hostile d’Israël en est la parfaite illustration…

LA DOMINATION D’HIER ET D’AUJOURD’HUI            

La domination occidentale est totale durant la période 1945 /1989 et pour cet effet nous voudrions rappeler l’ouvrage magistral de R Fisk[21]. Les Etats-Unis deviennent prédominants durant la décennie 90. Les conflits en Somalie, en Irak et en Yougoslavie sont là pour en témoigner. Mais comme pour tout empire il vint un moment où « le déclin » se profile à l’horizon et le « déclin américain » débuta à partir de 2000.
Les moyens de cette domination sont multiples. A mentionner tout d’abord l’accord de Quincy de 1945 et les pactes militaires comme celui de Bagdad[22], l’agression tripartite contre l’Egypte en 1956 a aussi servi à dominer l’Orient et la France, tête pensante de cette agression, s’y est engagée à aider Israël dans la maitrise de la technologie.
Cette domination a voulu affaiblir le monde arabe. Elle a ; par la même occasion, rendu permanente la centralité de la question palestinienne. Elle s’est nourri de la Nakba, de la Naksa et des 13 conflits régionaux dont le dernier est celui mené contre la Syrie. Certes, l’explication n’est pas justification mais il serait judicieux de faire le parallèle avec l’Irak. Après la destruction des deux symboles du pôle civilisationnel arabo –musulman, le musée de Bagdad en 2003[23] et le Liban en 2006, aujourd’hui la destruction vise la Syrie…
D’autres moyens furent utilisés pour dominer le monde arabe. Ils résident dans le soutien aux régimes autoritaires et la guerre d’Afghanistan menée contre les soviétiques. Cette dernière contribua à l’émergence de l’Islam politique[24], qui, conjugués à d’autres facteurs, a empêché toute velléité d’indépendance politique et compliqué toute politique de développement et puis et surtout ensanglanté l’ensemble de ces pays.

LES ANNEES 2000 : QUELQUES SIGNES DE DECLIN

Pourtant les années 2000 montrèrent quelques signes du déclin américain. Emmanuel Todd, dans son essai « L’après empire » publié en 2002[25], parle déjà de la décomposition de l’empire américain, de son incapacité à se régénérer, de son déclin irréversible et de l’émergence d’autres puissances qui viendront contester sa puissance. Une puissance épuisée par ses guerres contre l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003 et à qui on ose désormais dire non. En effet, en 2003, la Grande Assemblée Nationale turque décida de rejeter l’utilisation de son territoire par les troupes américaines en route pour l’Irak. Ce refus fut perçu comme la prétention turque de devenir «un acteur régional et global » et l’expression d’une « posture indépendante au Moyen Orient».
En 2006 et contre toutes attentes, Hamas gagna les élections législatives. L’Europe décida alors de couper toute aide pour les territoires palestiniens et Israël continu de détenir et de libérer des députés de Hamas. Il faudra rappeler que ce dernier a démocratiquement gagné les élections mais ne cessa d’être critiqué par un Occident qui prône le respect de la démocratie.
Dans la même année le Hezbullah, qui se déclare contre toute solution américaine pour la question palestinienne, gagna la guerre contre Israël.
Cependant la reconnaissance de l’Etat de Palestine en novembre 2012 en tant qu’Etat observateur non- membre n’est qu’une illusion et le printemps arabe se transforma d’un « automne vert » à un avenir incertain. L’espoir qu’il inspira fut détruit par l’instabilité qu’il engendra, par les interventions étrangères et par des élections qui accordèrent une bonne majorité à l’islam politique.
Certes la décantation peut se faire dans une ou deux générations, comme l’Europe d’hier qui mena ses guerres de religion et de puissance, n’empêche que le risque d’une islamisation ou retraditionnalisation forcée et généralisée de la société persiste.
Ces anciens paramètres et le printemps arabe conjugués donnent un Maghreb et un Moyen-Orient déstabilisés.
Le Maghreb est paralysé par le Sahara et l’existence de majorités politiques et les modalités de gouvernance qui, le moins qu’on puisse dire, ne peuvent encourager la modernité. Les relations entre l’Algérie et le Maroc sont bloqués par le Sahara depuis 36 ans. La Tunisie ne présente pas d’enjeux géopolitiques suffisamment importants pour qu’elle ait effet d’entraînement[26] sur la région et la Libye pourrait connaître une islamisation forcée et une dislocation tant redoutée, et ce malgré l’absence de victoire électorale islamiste. Quant au Moyen-Orient, il est plombé par l’enlisement de la question palestinienne et déstabilisé par les « révolutions arabes »[27]. L’objectif ultime de la déstabilisation de la région reste l’Iran et sa prétention nucléaire et le « péril vert » n’est pas à exclure. Il est fort probable que certaines puissances cherchent à construire une complicité avec les régimes islamistes comme pendant la période où elles se complaisaient avec les régimes autoritaires.
L’Egypte, par exemple, est plombée par les incertitudes politiques quand la complicité du Conseil supérieur de l’armée pourrait ne faire de la révolution qu’un printemps, quand l’obscurantisme pourrait envelopper l’ensemble du peuple égyptien et quand le poids de la démographie pourrait limiter les ambitions. Il serait aussi important de mentionner que l’accord sur le partage des eaux du Nil et le barrage de L’Ethiopie pèsent comme une épée de Damoclès sur le devenir de la ressource en eau du pays.
Sachant surtout qu’en 1979, le président égyptien Anouar el-Sadate déclarait que « Le seul mobile qui pourrait conduire l’Égypte à entrer de nouveau en guerre est l’eau»[28] et en 1988, Boutros Boutros-Ghali, alors ministre égyptien des affaires étrangères, prédisait que « la prochaine guerre au Moyen- Orient serait à propos des eaux du Nil et non à propos de politiques[29]».
La Syrie mérite une attention toute particulière. Elle reste la périphérie qu’il faut sauter pour arriver au centre. Lors de la première visite D’Henry Kissinger en 1973 en Syrie, ce dernier aurait dit à Hafez Al Assad déclara qu’ « Il ne peut y avoir de guerre dans le Moyen-Orient sans l›Egypte…Mais il ne peut y avoir de paix dans le Moyen-Orient sans la Syrie »1. Il faudra faire sauter la périphérie pour arriver au centre, L’Iran, dans une toile de fond de guerre entre Chiite et Sunnites qui ciblerait la Syrie, le Hizbullah, le Hamas, et enfin l’Iran.
L’Arabie Saoudite et le Qatar n’hésitent pas à soutenir l’opposition syrienne ; les combattants de Masrata –se sont dépêchés dès les 3 premiers mois !? -et les Djihadistes de tous les horizons du monde arabo-musulman y compris les tchéchènes rejoignent les camps de la résistance syrienne et les différents sommets des pays « dits amis » de la Syrie sont les moyens utilisés, entre autres, pour entretenir la mobilisation contre la Syrie.
L’Irak, quant à lui, fut ramené de l’Etat le plus développé du monde arabe à l’ère préindustriel –suivant les propos d’un responsable onusien en visite au lendemain de la fin de la guerre de 1991 contre Saddam- et ses velléités de puissance ont laissé place à une entité sous tutelle iranienne, en voie de dislocation et ingouvernable vivant une instabilité permanente et marqué par des attentats quotidiens dépassant tout entendement..
Les pays du Golfe sont également, dans une certaine mesure, sous tutelle. H. Clinton leurs proposa un bouclier antimissile contre l’Iran en Avril 2012 et la question palestinienne reléguée aux oubliettes
Le Soudan est livré à un régime folklorique et exotique responsable de la division et de l’affaiblissement et le dépeçage du plus grand Etat arabe et du grenier arabe.
L’enjeu du pétrole au sud, la sécession de cette région du pays dans laquelle la présence israélienne reste inquiétante bouleversent la stabilité du pays.
La Turquie, depuis la prise d’une posture critiquant contre Israël à Davos en janvier 2009 et depuis l’affaire de la flottille humanitaire en mai 2010, la question kurde a été relancée pendant quelques mois. Cependant son intervention en Syrie peut la « dédouaner » auprès des Américains.
Malgré cela, les chances de contre- révolutions irréversibles sont moins importantes qu’on le pense, car les peuples dans le monde arabe disposent d’atouts non négligeables. Le syndrome de la peur a pratiquement disparu et l’idée du fatalisme des pays arabes destinés à des régimes despotiques est révolue.
L’image de l’Arabe aux yeux de l’autre a fondamentalement changé dans des pays dominés par une jeunesse diplômée et désœuvrée et où le rôle de l’image et de la communication jouent un rôle est très important dans la prise de conscience de ces peuples.
Certes les situations socio-économiques sont peu enviables mais rien ne sera plus comme avant car  l’histoire de l’humanité nous apprend que les révolutions n’ont jamais connu d’évolution linéaire et ne se font pas faites en une année ou deux ; il s’agit de processus complexes soumis à des paramètres internes –rapports de force entre plusieurs forces antagoniques- et externes -ingérences- qui demanderaient du temps long pour se décanter.
Les reflux sont possibles mais le processus de mutation de l’ensemble des pays arabes est quasi irréversible dans le sens de l’instauration au sein de ces sociétés de la dignité ,de la liberté et la reprise de la parole par les citoyens cantonnés, durant des décennies, par les 1différents pouvoirs dans la marginalité, la misère et la non-participation à la chose politique.

DE L’ACTUALITE DE LA QUESTION PALESTINIENNE  

A la suite du printemps arabe, et dans son sillage, la guerre civile en Syrie et l’éruption de Daech dans la région est ses conséquences apocalyptiques, la question palestinienne a été carrément écartée des agendas internationaux et ce malgré quelques succès diplomatiques[30].
Le chaos que connaissent le Moyen- Orient et le monde arabe en général, la duplicité occidentale par rapport à ce conflit et la division des Palestiniens ne pouvaient que rendre la tâche le moins qu’on puisse dire très compliquée.

DE DAECH AU KURDISTAN IRAKIEN : DE SYKES-PICOT I A SYKES-PICOT II 

Les éléments d’information et d’analyse du développement qui va suivre expliqueraient l’intitulé de ce paragraphe.  
Dans le même esprit de conquête et du maintien du joug occidental sur la région moyen orientale, idée soutenue par le journaliste Rober Fisk , Daech [31] a été créé  pour cette finalité.
Autrement dit de Sykes-Picot I à Sykes-Picot II : une opération de dépeçage toujours sur la table et mise en application chaque fois que les conditions favorables sont réunies. On peut soutenir que l’idée n’est pas nouvelle   mais la mise en œuvre est relativement récente
La première guerre   contre Saddam de 1991[32] et la mise en place de deux zones d’interdiction aérienne au Nord (marquée par l’autonomie du Kurdistan irakien déjà) et au Sud Chiite ! .Le clivage et la partition de l’Irak sont en perspective ou au moins les prémisses   déjà installées.
Le plan de désagrégation   de la région concoctée par ֞ l’Historien ֞ Bernard Lewis dès 1976-80[33]  et l’idée du Grand Moyen-Orient (2005-2006) du secrétaire d’Etat américain Condelesa Rice [34] , entre autres, balisaient le terrain ; l’épisode de Daech en est l’illustration la plus parfaite.
Durant cette abominable tragédie aux accents meurtriers et destructeurs   , on a assisté aux faits suivants :
En Syrie : les "chambres" de coordination militaires arabo- américano- israélo- turque[35] étaient installées dans les zones frontalières
La création de zones sécurisées aux confins des    frontières avec la Jordanie, Turquie et Israël constituaient une phase, durant les années 2012 / 2013, parmi d’autres, pour démembrer les territoires syriens et irakiens
Le changement des rapports de force entre les forces gouvernementales syriennes et les différents groupes armés depuis 2014 et surtout depuis le début de l’intervention russe en septembre 2015, a rendu cet objectif totalement dépassé
La même attitude a été observée en Irak.
D’abord les Américains ont commencé par dire que l’élimination de Daech   demanderait 50 ans, puis 30 ans et enfin uniquement 10 ans !
 Puis les mêmes Américains ont mis du temps à fournir l’armement –surtout plus performants- à l’armée irakienne, accord convenu dans le cadre de contrats de vente militaire.
Et enfin, et le moindre, toujours les mêmes Américains insistaient pour que l’armée Irakienne n’autorise pas l’implication des groupes de Hachd Chaabi ; entité d’inspiration religieuse dont l’efficacité s’est révélée admirablement redoutable.
Au lieu de 50 ans, de 30 ans ou de 10 ans, les armées irakiennes, toutes forces confondues, ont mis moins d’un an pour réduire le territoire occupé par Dach depuis la chute de Mossoul en mai juin 2014.
Face à l’échec du projet initial c’est-à-dire le dépeçage des deux pays et les victoires remportées par les armées irakienne et syrienne, avec l’appui des Iraniens, des libanais du Hezbollah et des Russes, on met en branle la division par le biais du référendum au Kurdistan irakien. Comme par hasard, Israël solennellement et certains pays du Golf soutient quant à eux en sous-main cette opération.
Dans ce contexte, difficile pour les Palestiniens mais malgré tout favorable au groupement de pays anti-occidental peut laisser penser que l’espoir pour une meilleure évolution de la cause palestinienne n’est pas à écarter. Surtout que la division entre les deux principales branches de la résistance palestinienne, Al Fath et Hamas ont retrouvé le chemin du dialogue avec le retour de Gaza au giron des autorités nationales palestinienne.
Mais on n’ est pas à une surprise prêt ;l’exfiltration par les Américains  des dirigeants et combattants de Daech, mêlé à des civiles[36] notamment en Syrie pour un recyclage éventuel, les différents actes d’obstruction commis par les militaires américains pour retarder le processus de reconquête territoriale  des deux armées irakienne et syrienne , l’amertume ressentie par certains pays du Golfe  notamment l’Arabie Saoudite appellent à plus de prudence.
Le retour à une stabilité relative du Moyen-Orient   n’est pas pour demain et la solution de la question palestinienne risque de devenir une Arlésienne.
L’épisode de Daech est en voie d’être terminé ; Américains, Israélien et Saoudiens sont en train de préparer la liquation de la cause palestinienne à travers un processus de dépeçage et de démembrement de la région.
Le référendum organisé le 25 septembre 2017, en autres, constitue le prélude à un éventuel chambardement.


[1] Charles Enderlin, « Paix et guerres. Les secrets des négociations israélo-arabe », Paris, Stock, 1997 , p.257.
[2] "  ..Aucun retrait sur les lignes du cessez- le- feu d’avant la guerre des six jours ; Jérusalem doit rester l’indivisible capitale d’Israël ; pas d’armée étrangère entre la Méditerranée et le Jourdain, fleuve marquant la frontière de sécurité d’Israël ; pas d’afflux massifs de Palestiniens en Israël afin de maintenir la nature de l’Etat ; maintien de la plus part des colonies." Il s’agit d’un extrait d’un document produit par un négociateur palestinien Hussein Agha.  Sur le contexte de ces négociations voir Charles Enderlin, «Le rêve brisé … » ; Fayard, 2002, p.28.
[3] Charles Enderlin, «Le rêve brisé » ; Fayard, 2002, Op.cit.p.261-267.
[4] Charles Enderlin, Op.cit.p.261-262
[5]Robert Fisk, « La grande guerre pour la civilisation. L’Occident à la conquête du Moyen Orient », La Découverte, 2007,956 pages.
[6]  Op.cit.p.21-26
[7] Boycott, Désinvestissement et Sanctions relatifs aux produits venant des colonies israéliennes.
[8] Voir Noam Chomsky et Ilan Pappé « Palestine », Tarik Edtions, pp.16 -49. Le professeur Ilan Pappé fait partie de cette école de nouveaux historiens israéliens qui jouent un rôle non-négligeable dans une nouvelle compréhension du conflit. 
[9] Op.cit., pp.18-22. 
[10] Op. cit.,p. 19
[11] Op.cit.p.20.
[12] Op.cit. pp.20-21
[13] Op .p.37 .Pour plus de développement sur cet aspect, voir les pages 22-37.
[14] Jacques Derrida et Jurgen Haberma parlent du «"concept du 11 septembre». Galilée, 2004,244 pages.
[15] Ce texte a été  écrit en 3 temps : elle a constitué l’essentiel d’un communication à Tunis(…), reprise et développée pour constituer la conférence inaugurale de l’université du printemps» Mohammed V-Souissi (2013) et actualisée aujourd’hui justement pour cette publication portant sur les effets pervers de l’instabilité, subséquent au printemps arabe, dans cette partie du monde et la difficulté à connaitre l’installation d’un système pluraliste.  
[16] Le 11 mars 2014, dans un moment de tension dans la région, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a été jusqu’à condamner les tirs de roquettes effectués par le Jihad Islamique à partir de Gaza mettant, par là même occasion, sur le même pieds d’égalité occupants et occupés !! Quelques jours après, en raison de la pression des Etats sur lui pour reprendre les « négociations » avec les Israéliens ; il a eu cette réponse courageuse : « ce n’est pas à 79 ans que je vais terminer ma vie par une trahison ».
[17] Sur les résultats de ce sommet quant aux autres points à l’ordre du jour, voir notre chronologie des faits internationaux : de 1945/2014, http://cress-revuesciencespo.um5s.ac.ma.
[18] L’accord du Quincy –du nom du croiseur américain à bord duquel ledit accord a été signé le 14 février 1945- prévoyait l’octroi de concession pétrolières aux Etats Unis contre des royalties pour les Saoudiens .Sa durée portait sur 60 ans. Il semble qu’il a été renouvelé pour une même période en 2005 par le président George W. Bush.
[19] Philippe CHALMIN, Géopolitique des ressources naturelles : prospective 2020, RAMSES, 2000, pp. 91-102, p. 95.
[20] Sur le contenu de <cet accord et ces enjeux voir Thierry Coville « L’accord sur le nucléaire iranien : changement tactique ou évolution stratégique du pouvoir iranien ? »In Affaires- stratégiques. info. IRIS.
[21] Robert Fisk
[22] Ce dernier, appelé également « Traité d’Organisation du Moyen-Orient », est un traité de défense commune cherchant à unir la zone du Moyen-Orient de la Turquie au Pakistan, dans le but de contenir l’influence de l’Union soviétique.
[23] Le jour du 9 avril, marqué par la chute de Bagdad, on a pu observer que les Américains n’ont rien fait pour sécuriser le musé de Bagdad et l’ont laissé se faire piller mais se sont évertués à protéger le ministère du pétrole irakien !!??
[24] Parmi les facteurs ayant contribué à l’émergence et au développement de l’islam politique - qui est aujourd’hui une des causes de la dérive du printemps arabe-, on peut citer, entre autres, l’idéologie wahhabite et surtout depuis que l’Arabie saoudite s’est dotée d’une puissance financière par le biais de la rente pétrolière, le rôle des frères musulmans d’Egypte, la défaite de l’Union soviétique en Afghanistan et ses conséquences sur le monde arabo- musulman ( le rôle destructeur des « Afghans » après leur retour dans leurs pays respectifs), l’échec de tous les projets politiques-communiste et socialisant, nationaliste, panarabe…- des élites arabes.
[25] Emanuel Todd.
[26] Malgré la récente évolution positive de la Tunisie, traduite par l’adoption d’une constitution avant- gardiste, l’instabilité de son environnement immédiat et du monde arabe en général ; pourrait limiter la « contagion » de son exemple.
[27] Mathieu Guidère, Le choc des révolutions arabes, édition autrement, 2011, 210 pages. Le choc arabe.
[28] « La guerre de l’eau n’aura pas lieu », interview du géographe américain Aaron Wolf, in Courrier de l’UNESCO, octobre 2001, p.19.
[29] Mireille Duteil « Egypte : la guerre de l’eau aura-t-elle lieu ? », le monde antigone, 18 mai 2010
[30] IL s’agit surtout d’admission, sous des statuts différents, de l’Etat Palestine dans un certain nombre d’organisations internationales, en particulier l’ONU, voir Tamer Sarsour, l’évolution de l’entité palestinienne au sein de l’ONU .Les acquis et les défis, Thèse sous ma direction, 338 pages.
[31] A . Benmessoud Trédano, « Daech, le barbare et le civilisé », collection Confluences, Rabat, 2016, 118 pages
[32] La guerre (1980-1988) entre Saddam et l’Iran de Khomeiny, encouragée par l’Occident et les pays arabes pétroliers, constitue un premier dans l’épuisement des Etats forts de la région qui présenteraient une menace contre Israël.
[33] Mohamed Daoud « L’historien Bernard Lewis le « Printemps Arabe » et les nouveaux assassins. »Mondialisation.ca, 2014
http://www.mucif.org/fs/Root/cy4pkPRINTEMPS_ARABES_ET_LES_NOUVEAUX_ASSASSINS.pdf
[34] Mahdi Nazemroava « Le projet d’un « Nouveau Moyen-Orient » Plans de refonte du Moyen-Orient Mondialisation .CA, 25 avril 2016.
[35] La Turquie a commencé à changer de position sans changer fondamentalement d’axe ; l’essentiel c’est de préserver ses intérêts .Son rapprochement avec la Russie, l’Iran et l’organisation de manœuvre militaire avec l’Irak montre si besoin est le pragmatisme pour ne pas dire l’opportunisme d’Ankara. 
[36] Fabrice Balanche  , Syrie : six mois pour libérer Raqqa de l'État islamique    (publié le 10/02/2017 à 12:01)
http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/02/10/31002-20170210ARTFIG00126-syrie-six-mois-pour-liberer-raqqa-de-l-etat-islamique.php

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