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2018




AIDES AU LOGEMENT SOCIAL

SI ON CHANGEAIT DE PARADIGME

     
           

Introduction :

Le secteur de l’habitat a connu ces dernières années une dynamique particulière, grâce à l’apparition d’une nouvelle génération de promoteurs immobiliers et aux avantages fiscaux, fonciers et urbanistiques que les pouvoirs lui ont accordés.
Cette démarche a permis, d’accroitre d’une manière sensible la production, essentiellement de logements sociaux, d’affirmer le poids des logements de type appartement en habitat collectif dans le parc logement urbain ; elle a aussi boosté (et surtout dans les statistiques des) les permis de construire accordés ces dernières années répondant ainsi aux besoins sans cesse croissants des nouveaux ménages particulièrement en milieu urbain.
Elle n’a toutefois, pas permis de résorber le déficit existant qui se compose des ménages résidant dans les bidonvilles, dans l’habitat menaçant ruine et dans l’habitat vétuste diffus ainsi que des ménages en cohabitation, qui bénéficie de programmes publics spécifiques (VSB, HMR…).
Elle n’a pas permis non plus d’endiguer le phénomène d’habitat dit clandestin et sous-équipé qui se développe toujours en périphérie des grandes villes, contre lequel la nécessité d’interventions publiques ferme et contenue de restructuration et de mise à niveau urbaine devient plus qu’impérative.
À une année de la fin du délai de validité des avantages accordés au secteur du logement social, il parait nécessaire de faire le point sur l’efficience du système en vigueur jusqu’à présent et d’engager une réflexion sur le futur du secteur immobilier et les mesures qu’il y a lieu d’envisager pour poursuivre la dynamique créée et dépasser les contraintes rencontrées.

1. Éléments de diagnostic du système actuel

Le système actuel des aides publiques au logement au Maroc est basé d’une part sur une uniformisation des produits et des aides et d’autre part sur une programmation centralisée au niveau national sans tenir compte des spécificités des territoires, ce qui limite son efficience et le rend moins perceptible par les populations concernées.

1.1. Uniformisation des produits :

Les seuls produits aidés en dehors des lots de résorption pour les habitants des bidonvilles sont les logements sociaux à 140 ou 250 k mdhs.
Cette démarche laisse très peu de choix de produits et engendre un traitement uniforme des opérations situées pourtant dans des sites et des territoires différents ainsi qu’un quasi-monopole des promoteurs signataires des conventions avec l’État et auxquels les ménages recourent pour acquérir un logement social et bénéficier des avantages accordés par ce dernier.
Les logements produits dans ce cadre, malgré la croissance ces dernières années de leur nombre, sont loin de constituer le seul type de logement social ou abordable.  Ils se situent bien derrière les maisons marocaines dans le parc logement global, même si la part des logements en appartement est de plus en plus importante au niveau des autorisations accordées, confirmant l’évolution constatée, surtout dans les grandes villes.
Positionnement des types d’habitats dans le parc logement et au niveau des autorisations (fig1)

 Source : HCP

L’auto-construction demeure le quasi-unique mode opératoire des maisons marocaines auquel ont recours les ménages pour accéder à un logement décent dans les moyennes et petites villes. Elle permet à ces ménages urbains, un choix libre et volontaire du type de logement qu’ils souhaitent acquérir, une plus grande flexibilité en termes de situation des projets et une meilleure adaptation de la conception, des délais de construction et des modalités de financement qui leur conviennent.
L’auto-construction est par ailleurs un grand consommateur de matériaux de construction, emploie beaucoup de petites et moyennes entreprises et crée beaucoup d’opportunité de travail pour une main-d’œuvre peu qualifiée.

1.2. Uniformisation des aides :

Les aides actuelles qui sont accordées aussi bien pour les logements de FVIT que les logements sociaux à 250 kmad, comportent, dans le cadre des conventions avec l’état, essentiellement des exonérations fiscales de tous les impôts locaux et nationaux (droit d’autorisation, frais de 1ere établissement, IS, TVA, droit d’enregistrement et de CF …).
Ce traitement uniforme semble équitable, mais ne l’est pas réellement. En effet si l’octroi des aides aux logements de faible VIT est soumis à la condition que les ménages bénéficiaires aient des revenus plafonnés à 2 SMIG, aucune limitation de revenus n’est fixée pour les logements à 250 K dhs, ouvrant la voie à des ménages qui sont moins dans le besoin pour ce type de logement et à des affectations, des logements acquis, à des usages autres que la résidence principale.
Quant à la restitution de la TVA, son montant est plus important dans le cas des logements sociaux à 250 kmad (20% du prix de vente) qu’aux logements sociaux de FVIT (TVA sur travaux) (fig. 2)
Ces exemples, qui ne sont pas exhaustifs, montrent un déséquilibre en termes de ciblage des aides publiques qui devraient être orientées davantage vers les ménages à revenus limités. Ces aides doivent leur permettre d’accéder à un logement décent et d’améliorer à terme leurs conditions d’habiter et doivent concernées les produits qui sont le plus en adéquation avec les capacités contributives des ménages concernés et avec les territoires où le besoin est le plus pressent.

1.3. Uniformisation des modes d’appropriation :

Le système actuel favorise presque exclusivement l’accession à la propriété au détriment du logement locatif, qui peut et doit constituer une phase transitoire dans la mobilité résidentielle et urbaine. (Fig. 3)
Les rares mesures fiscales instituées en faveur du logement locatif et la promulgation du texte régissant les rapports entre bailleurs et locataires n’ont que peu modifié la tendance haussière de l’accession à la propriété, tendance qui risque de s’accentuer dans le futur si aucune réforme n’est engagée dans ce cadre.

2. LA RÉFORME PROPOSÉE :

Afin de dépasser les contraintes rencontrées par le système en cours et remédier aux critiques, souvent justifiées, qui lui sont adressées, aussi bien par certaines administrations et organismes publics (MEF, MI, CESE, cour des comptes …) que par les professionnels (FNPI, FNBTP, AMCI, ONA…) ainsi que par les familles à la recherche d’un logement digne et abordable, il est proposé de revoir l’ensemble des paramètres régissant ledit système et de changer de paradigme.

2.1. Objectifs de la réforme

Cette proposition part du constat de la situation actuelle caractérisée par :
  • Une surproduction et sa concentration dans les grandes métropoles urbaines ainsi que leurs impacts sur le cout du foncier et sur l’étalement urbain.
  • Une adaptation de fait, de la promotion immobilière aux conditions de commercialisation aussi bien en termes de prix que de superficie et de prestations des logements proposés.
Elle se base par ailleurs sur le principe que les moyens et outils de production sont importants et disponibles et que « la crise » est essentiellement le fait d’une :
  • Demande urbaine sans cesse croissante, mais dont les capacités contributives sont limitées,
  • Répartition géographique concernant la quasi-totalité des villes de l’armature urbaine
  • Aspiration restant majoritairement attachée à la propriété du sol et à l’auto-construction.
C’est pourquoi, il est proposé d’orienter les aides exclusivement au profit des ménages afin d’accroitre la demande, la rendre solvable et de réguler le marché immobilier par une meilleure concurrence entre les opérateurs agissant dans le secteur. Les objectifs sont de :
  • Créer une émulation entre les promoteurs immobiliers pour optimiser les couts et améliorer la qualité urbaine et architecturale ;
  • Garantir une demande plus importante, diversifiée et solvable ;
  • Répartir équitablement l’aide selon le revenu des ménages,
  • Instituer une équité entre les territoires
  • Assurer un libre choix des ménages, en termes de produits et de mode de production.

2.2. Les principes de base 

La proposition est basée sur les principes suivants :

  • Accorder une aide personnalisée à tout acquéreur de logement nouveau, aussi bien auprès d’un promoteur immobilier, d’un constructeur individuel, qu’à ceux ayant recours à l’auto-construction.
  • L’aide serait modelée en fonction du revenu et serait inversement proportionnelle à son montant.
  • L’aide serait accordée aux ménages modestes, aux couches moyennes inférieures et intermédiaires, en ciblant exclusivement les primo-accédants, 
  • L’aide ne tient pas compte du type de produit ni de sa VIT, libre à l’acquéreur d’opter pour un appartement, un logement individuel ou pour l’auto-construction, et d’assurer avec ses ressources propres ou à travers un crédit bancaire, le financement du prix du logement choisi.
  • L’aide serait accordée via les notaires sur production de contrat de cession entre promoteur et acquéreur et par le biais des banques conventionnées avec l’état, en fonction de l’état d’avancement de l’auto-construction, contrôlé par les services locaux du département de l’habitat ;
  • Un prêt à taux évolutif (PTE) en fonction de l’évolution des revenus serait mis en place, en partenariat avec les banques, pour accompagner les ménages les plus modestes.

2.3. La population cible

La détermination de la population cible fait référence aux données issues de l’enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages de 2014, publiée par le HCP en 2016 , qui procède à la répartition des ménages en milieu urbain comme suit :
§  Classe modeste: 25% des ménages (pauvres, vulnérables et relativement vulnérable);
§  Classe moyenne: 63% des ménages (CM inférieure, CM intermédiaire, CM supérieure)
§  Classe aisée: près de 12% des ménages (fig 4).
L’enquête du HCP, montre par ailleurs que la dépense moyenne des ménages en milieu urbain est de 7273 dhs /mois et que 59% des ménages urbains ont une dépense inférieure à cette moyenne.
Pour sa part l’enquête nationale sur la demande effectuée par le ministère de l’habitat en 2015, fait ressortir les données ci-après (fig 5):
La combinaison entre l’ensemble de ces données, permet d’arrêter la consistance du programme d’aide au logement abordable qui pourra, en conséquence, viser une population de près de 38 000 ménages par an dont le revenu mensuel est égal ou inférieur à 3 SMIG.

2.4. Montant des aides

Ø  Aides personnalisées : Les aides proposées sont, dans un souci d’équité, inversement proportionnelles aux revenus, et ce afin de cibler davantage les ménages les plus modestes qui ont le plus besoin d’améliorer leurs conditions d’habiter et d’un soutien de l’état pour y arriver. Leurs montants varient entre 50 000 dhs, pour des revenus égal ou inférieur au SMIG et à 35 000 dhs pour les revenus égal ou inférieur à 3 SMIG. (Fig. 6)

Le cout global de la subvention publique annuelle serait de 1585 mdhs, soit une subvention moyenne 4192 dhs/ménage.  À titre de comparaison, la dépense fiscale (2010/17) pour le LS (250 et 140 k), s’élève à 2425 mdhs/an soit 65344 dhs/ logements. (Fig. 7)

2.5. Mesures d’accompagnement

Ø  Prêts à taux évolutif : Les expériences précédentes ont montré que l’aide directe est insuffisante pour permettre aux couches sociales les plus vulnérables (revenus égal ou inférieur SMIG) d’accéder à un logement décent et que leurs revenus ne leur permettent pas de faire face aux mensualités de remboursement des crédits bancaires, engendrant des impayés et des situations sociales tendues.
Afin d’alléger le poids des traites à mensuelles et de les adapter à l’évolution des revenus, les prêts seraient, pour une durée de 20 ans, à :
·         Taux zéro les 5 premières années,
·         50% du taux en cours les 5 années suivantes
·         75% les 5 années d’après et
·         Taux en cours les 5 dernières années 
Ø  Dotation budgétaire : afin de maitriser la dépense et éviter tout dérapage budgétaire, une dotation budgétaire sera allouée annuellement à cette subvention, et son octroi tiendrait compte de l’ordre d’arrivée des demandes et de leur faisabilité à hauteur du montant alloué. Les demandes répondant aux critères d’éligibilité et non satisfaites seront reportées en priorité, sur l’exercice suivant. 

Conclusion :

La nouvelle démarche proposée nous semble, socialement plus équitable et plus efficiente, économiquement moins budgétivore et plus équilibrée et politiquement plus porteuse, plus proche et plus perceptible par les populations ciblées. Elle est par ailleurs, en partie usitée par la « fondation Mohamed VI des œuvres sociales pour le personnel de l’éducation nationale », qui laisse à ses adhérents, le choix du type de logement désiré, le mode opératoire de sa réalisation, sa situation géographique et sa VIT, et leur accorde des crédits subventionnés selon des tranches conventionnées avec les banques et garanties par FOGALEF.


Présentation du nouveau numéro 
de la Revue Marocaine des Sciences Politiques et Sociales


Mots de bienvenue
  •  Pr. Azzedine Ghoufrane : doyen de la FSJES- Souissi
  • Dr. Jochen Lobah,  Délégué Régional Maroc/Mauritanie. de la Fondation Hanns Seidel
  • Pr. Abdelmoughit Benmessaoud Tredano : directeur de la Revue Marocaine des Sciences Politiques et Sociales
  • Pr. Omar Hniche : Président du Centre Interdisciplinaire de Recherche en Performance et Compétitivité

 le Jeudi 06 décembre 2018 à 16h30 
à la présidence de l'université Mohammed V 
à madinat al Irfane - Rabat


لقاء تكريمي 



اعترافا و تقديرا لمسارهم المهني المتميز ولعطائهم الجامعي الهام 

تنظم شعبة القانون العام ،صباح يوم الخميس 29 نونبر 2018، لقاءا تكريميا
انطلاقا من الساعة التاسعة والنصف ،


على شرف
 الأستاذة:
- دة.مصدق ،
والاساتذة :
- د. بندورو 
- د. كراكي 
- د.اطريدنو ،
- د. بلحاج ، د.زنان.


بمقر
كلية الحقوق السويسي
جامعة محمد الخامس - الرباط


 اللاتركيز يوسّع صلاحيات الولاة ويعيد إنتاج مركزية جديدة


 د.عبد الحفيظ أدمينو

أستاذ القانون الإداري

 جامعة محمد الخامس بالرباط


التزاما مع الاختيارات المعبر عنها من خلال الدستور التي تمحورت على تدعيم خيار اللاتمركز الإداري قصد مواكبة الدينامية الجديدة التي تعرفها اللامركزية الترابية، فإن إعادة النظر في بعض محددات هذا اللاتمركز وكذا تنظيم المصالح اللاممركزة للقطاعات الوزارية تبدو ضرورية للتنزيل الكامل والفعال لورش الجهوية المتقدمة في بلادنا.
لقد عرفت سياسة اللاتمركز تحولات مهمة تناسبت مع التطورات الاقتصادية والاجتماعية والسياسية والديمغرافية التي ميزت بلادنا منذ الاستقلال. وشكل التقسيم الإداري في مرحلة ما بعد الاستقلال وسيلة مهمة لترسيخ وحدة الدولة وانسجام مكوناتها. إذ تم إحداث العديد من الوحدات الإدارية اللاممركزة من خلال التقسيم الإداري الذي تم القيام به في دجنبر 1959، والذي تلته عدة مراجعات حاولت دائما التكيف مع التحولات التي عرفها المجتمع المغربي وحاجة السكان إلى الخدمات الحيوية والضرورية. ويبقى أهمها التقطيع الإداري الذي تم اعتماده سنة 2003 الذي رفع عدد الولايات من 12 إلى 17 ولاية لكي يتناسب التقسيم الإداري مع التقسيم الجهوي الذي عرفه المغرب سنة 1997 والذي قسم المغرب إلى 16 جهة.
أما على صعيد البنيات الإدارية التابعة للوزارات أو ما يعرف بالمصالح الخارجية للوزارات، فقد أكدت معظم المناظرات الوطنية حول الجماعات المحلية في توصياتها على ضرورة اعتماد منظور للاتركيز وربطه بمسار اللامركزية وشكلت العمالات والاقاليم مجالا لعدم التركيز عبر استقطاب الإدارات الحكومية سواء كانت تتصل بالمجال الاقتصادي أو الاجتماعي أو العمراني أو السياسي، وإن كانت بعض الوزارات لا تتوفر على تمثيليات مجالية.
وحدد هذا التوجه مرسوم 20 أكتوبر 1993، الذي أناط بهذه المصالح الخارجية مهام تنفيذ السياسة الحكومية وجميع القرارات والتوجهات الصادرة عن السلطات المركزية المختصة. كما نص على إحداث لجنة دائمة اللاتركيز الاداري تتولى:
ـ إعداد جرد لجميع أعمال الإدارة التي يمكن تفويض الإمضاء فيها؛
ـ التوفيق بين عمليات نقل الاختصاصات إلى المصالح الخارجية ونقل الوسائل اللازمة لتنفيذها؛
ـ التوفيق بين الشروط المتعلقة بمستوى التأهيل والدرجة المطلوبين لتعيين رؤساء المصالح الخارجية.
وأنيطت باللجنة التقنية للعمالة أو الإقليم مهمة دراسة جميع التدابير المتعلقة باللاتركيز الإداري، ولا سيما منها إحداث المصالح الخارجية اللازمة لتلبية حاجات المنضمين لدى العمالة أو الإقليم أو الجماعة واقتراحها على اللجنة الدائمة.
إن هذه المقتضيات المؤسسة لبنيات اللاتركيز الإداري سيتضح بعض مظاهر محدوديتها، خاصة مع تعزيز خيار الجهوية سنة 1997، وهو ما سيؤدي إلى اعتماد مرسوم جديد يتعلق بتحديد قواعد تنظيم القطاعات الوزارية واللاتركيز الإداري في دجنبر2005، الذي حدد الهياكل المكونة للوزارات على المستوى المحلي، في مديريات جهوية ومديريات إقليمية ومصالح/ والذي تتكلف بتنفيذ المقررات والتوجيهات الصادرة عن السلطات المركزية، مع مراعاة الاختصاصات الموكولة للعامل.
ولضمان حسن سير المصالح اللاممركزة، يتعين على رؤساء القطاعات الوزارية تفويض الإمضاء ومسؤولية اتخاذ القرارات الإدارية الفردية إلى رؤساء المصالح اللاممركزة على صعيد الجهة والعمالات والأقاليم باستثناء تلك التي لا يمكن تفويضها.
ولتجسيد هذا المبتغى، ألزم المرسوم رؤساء القطاعات الوزارية ببعث تصاميم مديرية اللاتركيز الإداري إلى لجنة الهياكل الإدارية واللاتمركز الإداري تتضمن:
ـ الاختصاصات المزمع نقلها إلى المصالح اللاممركزة برسم السنة التي تم فيها إعداد التصميم والتي سيتم نقلها لفائدتها خلال السنوات الموالية؛
ـ عدد الموظفين المزمع إعادة انتشارهم لفائدة المصالح اللاممركزة؛
ـ الوسائل المادية المخولة للمصالح اللاممركزة وتلك المزمع وضعها رهن إشارتها؛
ـ القرارات الإدارية الفردية المزمع الاحتفاظ بها من طرف الإدارات المركزية، وأيضا الإمكانات المتوفرة لدى القطاع المعين والإجراءات الضرورية والمدى الزمني لإنجاز هذا التصميم.
لقد شكل المرسوم تحولا مهما في رؤية الحكومة لسياسة اللاتركيز الإداري التي يجب أن تنضوي في شكل مخططات مديرية؛ غير أن الانتقال إلى دينامية ترابية جديدة، كما كرسها الفصل الأول من الدستور من خلال نصه على "أن التنظيم الترابي للمملكة تنظيم لا مركزي يقوم على الجهوية المتقدمة"، جعل الإطار القانوني للاتمركز الإداري لا يواكب الرغبة في دعم اختصاصات المنتخبين على المستوى الترابي.
لقد نقلت القوانين التنظيمية للجماعات الترابية اختصاصات مهمة إلى هذه الجماعات وخاصة إلى الجهة، التي أسندت إليها مهام النهوض بالتنمية المندمجة والمستدامة، بتنظيمها وتنسيقها وتتبعها ولا سيما فيما يتعلق بتحسين جاذبية المجال الترابي للجهة وتقوية تنافسيته الاقتصادية واتخاذ التدابير المشجعة للمقاولة والعمل على تسيير وتوطين الأنشطة المنتجة للثروة والشغل وغيرها.
ولتحقيق هذه الغايات، تمارس الجهة اختصاصات ذاتية، ومشتركة مع الدولة ومنقولة إليها من هذه الأخيرة.
وتماشيا مع توجيهات الخطب الملكية الموجهة إلى الحكومة، قامت هذه الأخيرة بإعداد مشروع مرسوم (تحت رقم 2.17.618) بمثابة ميثاق وطني للاتركيز الإداري تم التداول بشأنه في المجلس الحكومي الذي انعقد بتاريخ 25 أكتوبر 2018 والذي أضاف فاعلا جديدا للمساهمين في صناعة القرار العمومي على المستوى الترابي والمتمثل في الجماعات الترابية.
وحافظ هذا المشروع على البنية الأساسية للمرسوم السابق، باستثناء استحضار المستجدات المرتبط باختصاصات الجماعات الترابية وكذا تركيز تنسيق مهام البنيات الإدارية اللاممركزة في يد الولاة والعمال.
فعلى الرغم من أن هذا النص تضمن إحداث آليات لضمان الحكامة وكذا تقييم سياسة اللاتركيز، فإن الملاحظة الأولية التي يمكن إثارتها هنا تتجلى في تعزيز وتوسيع صلاحيات الولاة في صناعة القرار العمومي الترابي، وكذا تعدد البنيات الإدارية المستحدثة والتي تشتغل تحت إشرافهم، أي الولاة، بشكل قد يؤدي إلى إنتاج مركزية جديدة ولكن من نوع جهوي.
انطلاقا من هذه الملاحظة، يطرح التساؤل حول طبيعة العرض التدبيري الذي يقدمه هذا المرسوم من أجل ضمان فعالية تنفيذ البرامج والسياسات العمومية على المستوى الترابي، وحول مكانة الجماعات الترابية في ظل الهندسة الإدارية التي تم وضعها وتعزيزها عبر هذا المرسوم؛ بل إن الإشكالية الكبرى التي تثار في ارتباط بهذا النص تتعلق بالضمانات الكفيلة بعدم إعادة إنتاج مركزية من نوع جديد، مما قد يجعل التفكير في تجاوزها ورشا مفتوحا يتطلب إصلاح الإصلاح.




Le MAROC EN CRISE : POUR EN SORTIR

L’école, la société de confiance et la réforme du politique


  Pr. Abdelmoughit B. TREDANO


L’art de gouverner est plus difficile que l’art de la politique. Tant qu’on n’a pas de responsabilité, on peut multiplier les discours et théoriser. Mais à l’heure de gouverner, il faut le faire en fonction de l’argent disponible, des possibilités concrètes".

Luis Ignacio Da Silva dit Lula (ancien président brésilien)

Sous toutes les formes de gouvernement, un Etat peut prospérer s’il est bien administré. On a vu des nations s’enrichir sous des monarchies absolues, on en a vu se ruiner sous des conseils populaires"  

Jean-Baptiste Say, économiste français (1767-1832)

Entre la realpolitik et l’audace, entre la nécessité de changer la nature d’un régime et   l’impatience résultant de l’absence d’évolution au bénéfice de la multitude, le choix n’est pas facile.

« La politique est l’art du possible », disait l’homme politique français Léon GAMBETTA (1838-1882); à ceux qui s’apprêtaient à le taxer d’opportuniste, Cambetta répondit : « Vous allez peut-être m’accuser d’opportunisme ! Je sais que le mot est odieux. Pourtant je pousse encore l’audace jusqu’à affirmer que ce barbarisme cache une vraie politique. »[1]

Au-delà de l’histoire, de ses références et ses modèles, que peut-on dire de la situation qui prévaut actuellement au Maroc ; il y a 26 ans, j’avais écrit une chronique intitulée : la crise maroco-marocaine [2]. Rien n’a changé depuis, sauf l’intensité et la généralisation des problèmes.

Un court extrait de cette chronique donne le ton : « Seul l’argent compte. La corruption érigée presque en règle de droit. Et l’exclusion qui rampe et se popularise. Puis, la confiance est devenue denrée rare et l’abattement qui gagne les plus optimistes et les plus réfractaires à l’ordre règnent. Le savoir est l’apanage d’une élite. L’ignorance et l’obscurantisme sont le lot de la multitude. Enfin, le politique, discrédité et déliquescent, est impuissant devant l’immensité et la complexité de la tâche et de l’œuvre à accomplir. Tels sont les points saillants d’une crise qui persiste et s’approfondit. Au-delà des problèmes liés à l’adversité externe, la crise est aussi interne : Maroco-Marocaine ».

A-t-on besoin de pérorer encore sur l’état des lieux de notre pays ?

Partout, dans les espaces, en long et en large, on n’arrête pas d’en dresser un tableau sombre.

Pour faire court, quelques mots pour la peindre: absence de confiance, abattement, résignation. Beaucoup de monde dans l’antichambre du départ !

Pire encore, on a l’impression que rien ne se passe au Maroc. Sa situation ressemble à un électrocardiogramme quasi plat ; la crise cardiaque dont parlait le défunt roi Hassan II ne tardera pas intervenir dans un corps déjà en pleine décomposition.

Que faire ? Fameuse question de Lénine !

Vaste programme comme disait l’homme du 18 juin 1940, le Général de Gaulle.

Les erreurs à éviter et les sources d’inspiration

Il n’y a qu’à ; il faut que ! …

Plus facile à dire qu’à faire.

Présenter la situation au Moyen-Orient comme l’épouvantail dissuasif, c’est condamner un peuple, un pays à l’immobilisme suicidaire et lui enlever toute volonté et velléité d’ambition.

"Les grandes nations le sont parce qu’elles l’ont voulu" (Charles de Gaulle)

La Corée du Sud était au même niveau que l’Afrique en 1960 ; actuellement elle se classe 11ème des pays les plus riches ; elle aspirait il y a quelque temps à réaliser le "747" : 7% de croissance (difficile à réaliser aujourd’hui depuis la crise de 2008)   $40000 par tête, 7ème rang mondial !!

1. « Il n’est de richesse que d’homme » : l’école.

Présenter la multiplication de chantiers comme la preuve du changement, c’est faire montre d’une naïveté ou d’une hypocrisie assassine.

Que peut-on faire des chantiers lorsqu’on pas les hommes et les femmes formés pour bien gérer les entreprises nées de ces projets.

D’où la question de l’école. La bonne.

« Il n’est de richesse que d’homme » disait déjà au 16ème siècle Jean Bodin, philosophe et théoricien politique français.

Tout récemment (1979), c’était aussi le titre d’un ouvrage du prix Nobel de l’économie, l’Américain Theodore Schultz.

Par rapport à cette urgence, pendant 30 ans, les pouvoirs publics ont tout fait pour détruire l’école !!

Arabisation au rabais, islamisation des programmes et des enseignements, marginalisation et humiliation de l’enseignant. Bref, avec comme toile de fond une absence manifeste d’une politique publique de l’école.

Le fondateur de Singapour, Lee Kuan Yew (mort en 2015) disait à propos du miracle de son pays : « ce n’est pas moi qui ai fait le miracle, je n’ai fait, en réalité, que rehausser le statut de l’instituteur. C’est ce dernier qui a fait le miracle ».

L’école, la bonne, en plus de l’apprentissage, permet la mobilité sociale, la convivialité, la cohésion sociale, la réduction de la violence, la possibilité du vécu ensemble, la paix sociale ... et enfin le bonheur et le bien- être. Cela n’est pas un rêve puisque ça existe ailleurs. Et c’est possible.

Toujours sur de l’école et le savoir, le philosophe Miche Serres souligne leur importance dans toute politique de croissance et de développement : « Le savoir est par conséquent un échange extraordinaire : il croit à chaque fois –bien plus que l’argent. C’est pour cela que l’enseignement est de loin supérieur à l’économie. L’enseignement, c’est la pierre philosophale qui change tout en or, puisqu’à chaque échange, au lieu de parvenir à l’équilibre, on obtient de la croissance ».[3]

Pour rétablir la confiance, réduire la violence dans la société, intéresser les investisseurs et provoquer le déclic, il faut donc tout investir dans la bonne école.

Ce n’est pas un slogan. C’est une urgence.

2. Société de confiance 

Dans un ouvrage très intéressant, l’ancien ministre de De Gaulle, Alain Peyrefitte donne une recette et pose la condition nécessaire au développement.

« Depuis Adam Smith et Karl Marx jusqu’à Max Weber et Fernand Braudel, on n’a cessé de s’interroger sur les causes de la « richesse des nations » ou de leur pauvreté. La plupart des penseurs ont privilégié les explications matérielles : capital, travail, ressources naturelles, climat. Et si les mentalités et les comportements constituaient le principal facteur du développement - ou du sous-développement ? »[4]

En comparant les sociétés latines catholiques et les sociétés protestantes majoritairement protestantes, une grande différence ressort : en plus de leur attitude toute particulière vis-à-vis de l’argent, de la finance et de la réussite, chez ces dernières, la confiance est une règle cardinale.

La justice et la pédagogie de l’exemple, des outils indispensables pour permettre à chacun de retrouver confiance.

3. Le politique, autrement…

« Les rapports ayant marqué la politique, plus de 4 décennies durant, doivent être repensés et redéfinis. Ce qui a prévalu jusqu’à présent relève désormais de l’archéologie politique. Le monde a changé d’une manière abyssale. La société marocaine s’est aussi profondément métamorphosée. C’est commettre une grave erreur d’appréciation que de continuer à ignorer son temps ».[5]

La monarchie est un ciment nécessaire à la stabilité du pays, elle ne devrait pas, à cause de conflits entre les différents centres de pouvoir et les services, passer comme un obstacle au développement.

4. Un triptyque vertueux

Les rapports entre le Centre et « les périphéries », entre le Maroc « utile » et le Maroc « inutile » doivent être repensés dans le sens de la prise en compte des besoins fondamentaux et la reconnaissance de la plénitude de la citoyenneté.

Il faut également une politique globale de développement (une réelle industrialisation en totale déconnexion avec les prescriptions de la BM – le mémorandum récent qui constitue une véritable insulte et une volonté de cantonner le Maroc comme pays prestataire de services – et du FMI) et une option radicale pour un système éducatif performant.

Enfin et non le moindre, l’affrontement entre les différents centres du pouvoir qui en se neutralisant paralyse le pays et empêche toute avancée doit prendre fin pour un meilleur agencement des appareils de l’État. 

Au temps du net, de l’image et de la communication, cela ne peut continuer indéfiniment. 

Entre ceux qui ne veulent rien changer et ceux qui veulent tout bousculer, le chemin de la réforme existe. Il faut tout simplement le vouloir.

Entre la stabilité et la réforme, il ne faut pas choisir, mais les réaliser toutes les deux ; la tâche est immense, mais possible et réalisable, si la volonté politique existe.

Tout cela est plus facile à dire qu’à faire et pourtant, c’est ce qu’il faudrait faire si on veut éviter le chaos.



[2] Voir le site de notre revue : www.sciencepo.ma (il s’agit d’un extrait d’un article qui a été publié le 18 février 1992; Al Bayane.)
[3] Du bonheur aujourd’hui, Ed. Le Pommier, 2015.,p. 45.
[4] Sur la quatrième de couverture de La société de Confiance, Essai sur les origines et la nature du développement de Alain Peyrefitte, Éditions Odile Jacob
[5] Extrait de ma chronique datant de 1992

Cress Revue

{picture#http://store4.up-00.com/2017-07/149982714684611.jpg} Revue marocaine des sciences politiques et sociales, Dossier "Economie politique du Maroc", volume XIV, Hors série. Les auteurs du volume n'ont pas hésité ... {facebook#http://facebook.com} {twitter#http://twitter.com} {google#http://google.com} {pinterest#http://pinterest.com} {youtube#http://youtube.com} {instagram#http://instagram.com}

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