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Interview accordée au journal Assabah, 28-29 Janvier 2017 - Abdelouwahed Eljai-Abdelkader Berrada

* السؤال الأول
*أضحى هامش تقلب سعر صرف الدرهم اليوم أوسع مما كان عليه في السابق. ما هي السيناريوهات المتوقعة في المستقبل لقيمة العملة الوطنية.
السؤال الثاني
*هل يمكن الرهان على إصلاح نظام الصرف لتحسين التنافسية، في ظل اختلال الميزان التجاري، وثقل الواردات التي تستنزف العملة الصعبة؟

السؤال الثالث
*ما هي في نظرك الشروط الاقتصادية والمالية التي يجب أن تواكب إصلاح نظام الصرف المرن لضمان نجاحه، علما أن الجميع يقر اليوم بفشل النموذج التنموي؟

السؤال الرابع

*هل يمكن الاطمئنان لوضعية الاحتياطي من العملة الصعبة لضمان تدخل البنك لضمان عدم تجاوز تقلي سعر الصرف 2.5 في المائة صعودا أو نزولا عنة المستوى المحدد؟  

السؤال الخامس

*يرى البعض أن السياحة وعائدات المهاجرين لا يمكن التعويل عليها لجلب العملة الصعبة، إذا لم يطور المغرب صادراته، وتعزيز إنتاجه الصناعى. كيف تنظرون إلى خطاب الاطمئنان الذي ينهجه وزير المالية؟

السؤال السادس
*يطالب البعض بمراجعة اتفاقيات التبادل الحر، بسبب ضعف مساهمتها في تسويق المنتوجات المغربية، مقابل غزو للمنتجات الأجنبية. هل يكفي نهج تعدد الشراكات والأسواق، والرهان على إفريقيا لمعالجة اختلالات التجارة الخارجية؟

Question 1
 La flexibilisation telle qu’elle a été conçue sera progressive. Dans un premier temps, la cotation du dirham s’effectuera selon la même formule qui était en vigueur, basée sur des éléments fixes et un élément variable. Les premiers sont les cours de référence du dollar et de l’euro, d’une part, et les taux de pondérations de ces deux monnaies, d’autre part. Ces éléments sont fixés par le ministre des finances en fonction de choix politiques et stratégiques. L’élément variable consiste en la parité Euro/dollar quotidiennement établie sur le marché des changes international. Le calcul du cours du dollar est effectué chaque jour par les services de Bank Al-Maghrib pour obtenir la parité dollar / dirham, et indirectement les cours du dirham contre toutes les autres monnaies convertibles. Les cours publiés sont des cours moyens sur lesquels les banques peuvent négocier avec leurs clients des cours vente et des cours achat en appliquant une marge de plus ou moins 2,5%. Si par exemple le cours moyen du dollar est de 10 DH, les banques pourront vendre le dollar au maximum à 10,25 DH et pour l’achat elles ne peuvent proposer que 9,25 DH au minimum. Cela ne veut absolument pas dire que, pour les jours suivants, le dollar restera dans cette fourchette, comme on veut bien le faire croire. Et ils y arrivent malheureusement même auprès de personnes averties. Car, si le dollar s’apprécie sur le marché international, le cours moyen du dollar sur le marché des changes marocain s’appréciera en conséquence et rien n’empêchera le dollar d’atteindre des fluctuations au-delà de 2,5%. Et la banque centrale n’y pourra rien, de la même façon qu’elle n’y pouvait rien avant la flexibilisation. La différence est que, aujourd’hui, les banques peuvent gagner plus qu’avant surtout avec les clients dont le pouvoir de négociation est faible, comme les PME et les start-up. Volontairement ou involontairement, les responsables ne font pas la différence entre marge de fluctuation et marge de négociation et entretiennent la confusion. Ce système est d’ailleurs déjà en vigueur pour le change manuel dont la marge de négociation atteint +/- 5%. D’autre part, les responsables ne publient pas les cours de référence qui servent au calcul des cours moyens. Seules les pondérations sont portées à la connaissance du public. Cette opacité pourrait être légitimement interprétée comme un pouvoir discrétionnaire qu’ils s’arrogent pour manipuler les cours de change. 
S’agissant de l’évolution future, il est acté que la marge sera élargie progressivement jusqu’à la suppression complète des bornes, débouchant sur la libéralisation complète du taux de change. Le délai pourrait être plus ou moins long en fonction de l’évolution des fondamentaux de l’économie nationale et de la conjoncture internationale. Il pourrait se situer entre 10 et 15 ans selon le gouverneur de la banque centrale et par référence à certaines expériences internationales.
Question 2
La compétitivité d’une économie dépend de plusieurs facteurs dont la productivité des facteurs, la gouvernance, les partenariats commerciaux, la technologie utilisée, etc. Le taux de change intervient pour améliorer la compétitivité-prix si la monnaie nationale se déprécie plus que celles des concurrents. Puisque les responsables avancent cet argument, on est fondé de penser que leur intention ou, pour le moins leur souhait, serait de tendre vers la dépréciation du dirham. Sauf que cette éventualité n’est pas automatiquement synonyme d’amélioration des exportations dans la mesure où les autres conditions ne seraient pas remplies, notamment la qualité, les délais et l’élasticité prix.
Par ailleurs, la dépréciation n’est pas nécessairement bénéfique à tout le monde. Si certains exportateurs peuvent espérer améliorer leurs ventes à l’étranger, les importateurs nets seraient désavantagés, puisque leurs coûts augmenteraient. De même, les consommateurs verront leur pouvoir d’achat diminuer en raison de l’effet mécanique sur les prix. Enfin, la dette extérieure exprimée en dirhams sera majorée automatiquement ainsi que les intérêts à payer. Bref, la balance coûts – avantages reste à déterminer en faisant bien attention aux élasticités des produits échangés.
Question 3
Les conditions préalables à réunir avant de mettre en place le processus de flexibilisation sont nombreuses et variées. Dans le cas de l’économie marocaine, ces conditions ne sont pas satisfaites ou, plus exactement, elles ne sont pas remplies de manière durable.
En dehors de la stabilité des prix, qui est acquise depuis près de 20 ans à un niveau moyen du taux d’inflation annuel de 1,5 à 2%, les autres indicateurs sont instables et fragiles. Le déficit commercial est inquiétant avec un taux de couverture de l’ordre de 50%. Le compte courant est structurellement déficitaire. Se situant aujourd’hui autour de 3 à 4% du PIB, il atteignait il y a quelques années 8 à 9%. Le déficit budgétaire, calculé selon une méthode plus correcte comme le suggère la Cour des comptes, serait largement supérieur à la norme admise de 3% du PIB. Il avait même atteint plus de 7% avant la décompensation des produits énergétiques. Les réserves de change, qui se situent actuellement entre 5 et 6 mois d’importations de biens et services, sont loin d’être suffisantes pour faire face à d’éventuelles tensions sur la balance des paiements ou pour soutenir un taux de change optimal sur le marché des changes. Le système bancaire, censé être le relais incontournable pour la réussite de la politique de taux de change, a donné la preuve en mai-juin 2017 d’un comportement jugé incorrect par le gouverneur de Bank Al-Maghrib. Ce dernier avait d’ailleurs promis des sanctions sévères à l’encontre des banques responsables de fautes graves. Depuis lors, les menaces du gouverneur n’ont pas abouti à des sanctions pour la simple raison qu’aucune faute n’a été prouvée, mais elles ont servi peut-être à les mettre au pas pour l’avenir. Et les premiers jours de l’application de la réforme ont montré que le cours de change n’a subi aucune tension.  Ce qui a fait dire aux responsables, de manière précipitée, que la réforme a réussi et que le taux du dirham est bien aligné sur les fondamentaux.
Question 4
Le stock des avoirs en devises (réserve de change) de BAM couvre actuellement cinq mois d’importations contre 6 à 7 mois quelque temps auparavant. Officiellement, ce niveau est jugé confortable puisqu’il se situe au-dessus du seuil standard ou minimum (trois mois d’importations). En réalité, il ne suffit pas à inspirer confiance. L’octroi sans cesse renouvelé par le FMI à l’Etat marocain d’une ligne de précaution et de liquidité (LPL) prouve son insuffisance en cas d’attaques spéculatives, de hausse brutale des cours de produits de base importés (pétrole raffiné, blé tendre, etc.) ou de baisse sensible des exportations de biens et services (phosphates et produits dérivées, agrumes, tomates, tourisme). Ce «geste» conditionné du FMI signifie en clair que l’économie marocaine est confrontée à des risques potentiels de déstabilisation financière. Il vient, faut-il le souligner, en réponse à des tares institutionnelles persistantes (2012-2018). L’épuisement du «don» de cinq milliards de dollars accordé au Maroc, non sans contrepartie, par les pays du CCG entre 2013 et 2017 n’est pas fait pour arranger les choses. La tournée du ministre de l’économie et des finances dans les pays du CCG peu de temps avant le lancement de l’opération de flexibilisation du cours du dirham visait vraisemblablement à s’assurer de leur soutien en cas de difficultés…
Question 5
L’apport en devises du Tourisme et des transferts des RME est en fait nettement moins élevé, ce qui sème le doute quant à l’efficacité des choix publics et à la fiabilité des données chiffrées émanant de l’Office des changes et des banques. Les statistiques officielles masquent les importantes rentrées de devises générées par des activités illégales que des réseaux mafieux parviennent à blanchir via ces deux canaux principalement. Cela dit, l’échec cuisant des fameuses visions 2010 puis 2020 explique pour une large part la crise aigue que traverse le secteur du tourisme. Les ministres ingénieurs qui se sont succédé à la tête de ce département s’y sont mal pris en faisant aveuglément confiance à des multinationales du conseil et des fonds d’investissement «pilleurs». Quant à l’essoufflement, voire la baisse des transferts d’avoirs en devises des RME, il faut surtout y voir le résultat des politiques d’immigration restrictive des pays développés et de l’instabilité de plusieurs pays de la région Mena.  
Question 6
La renégociation sur une base plus équitable (win-win) des accords de libre-échange avec notamment l’Union-Européenne, les USA et la Turquie est une nécessité impérieuse. D’ailleurs, plus le Maroc tarde à s’engager résolument dans cette voie, plus il risque de perdre ses moyens. Les effets positifs escomptés de ces accords sur l’économie marocaine se sont révélés limités, voire négatifs dans certains secteurs. Le taux de couverture des importations par les exportations reste structurellement déficitaire et la satisfaction de besoins essentiels est tributaire des importations. Les facilitations et avantages douaniers ou autres prévus au profit du Maroc tendent à fondre comme neige au soleil suite à la conclusion par ses principaux partenaires d’accords de libre-échange avec d’autres pays ou ensembles économiques. Cela étant, le gel du projet du Grand Maghreb est une partie du problème et sa relance une partie de la solution.  

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