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L’INTÉGRISME RELIGIEUX JUIF : UNE MENACE CONTRE LA PAIX AU MOYEN-ORIENT - Pr. Aziz Chahir



« Peu importe ce que disent les nations du monde, le moment est venu pour nous les Israéliens d’exprimer notre droit biblique à la terre » a déclaré, dimanche 31 décembre 2017, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, à plus de 1 000 membres du comité central du Likoud. Après une longue soirée de débat, le Knesset a voté, le 1er janvier 2018, une loi pour imposer de nouveaux obstacles à tout accord fondé sur le principe de la « terre contre la paix » impliquant al-Quds (Jérusalem). À la dernière minute, les députés ultra-orthodoxes sont même parvenus à contrer une mesure qui aurait facilité la mise sur pied de plusieurs quartiers palestiniens [1].

Dans le sillage de la décision du Président américain, Donald Trump, de déplacer son ambassade à al-Quds (Jérusalem), de nombreuses actions politiques ont été menées au cours de l’année passée en vue de la rejudaïsation des Territoires palestiniens. On en veut ici pour preuve l’appel explicite du parti de Netanyahou (Likoud), pour la première fois, à l’annexion urgente des colonies juives en Cisjordanie.  Ou encore l’annonce pour le moins surprenante des juristes hébreux exhortant le gouvernement à étendre l’application du droit israélien sur les Territoires occupés. Tout cela pour dire qu’il existe bel et bien une stratégie réfléchie de la part d’Israël visant à endiguer le processus de paix avec les Palestiniens. Surtout dans un contexte politique régional en pleine mutation caractérisé notamment par la montée des radicalismes et des populismes de tous bords politiques. 

Le 6 décembre 2017, faut-il bien le rappeler, le président Donald Trump annonce le déplacement de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv-Jaffa à al-Quds (Jérusalem). Par cette initiative, il reconnaît, du moins implicitement, que la Terre sainte (Holly Land) est la capitale historique d’Israël. De prime à bord, on serait tenté de voir dans ce choix un revirement de la politique étrangère américaine dans la région du Moyen-Orient. Mais à y voir de plus près, il n’en est rien de tout cela. En fait, le président américain n’a fait qu’appliquer une décision prise par le Congrès américain qui remonte à 1995. Bien plus, la décision américaine de déclarer al-Quds (Jérusalem) capitale d’Israël trouve ses racines dans l’activisme du lobby juif- américain engagé depuis le milieu du siècle dernier. Car c’est bel et bien aux États-Unis qu’Israël semble avoir trouvé refuge après la Seconde Guerre mondiale. Et c’est justement là-bas où les intégristes religieux juifs ont décidé de mobiliser une communauté de fidèles voués à l’édification de l’« Eretz Israël ». Parmi ces fervents partisans du peuple élu, on trouve la fameuse communauté des haredim que l’on désigne souvent par le terme « juifs ultra-orthodoxes ». 

D’ailleurs, la communauté juive ne s’est jamais cachée d’avoir des liens privilégiés avec les décideurs américains au sein de la Maison-Blanche [2]. De même, le président Donald Trump s’est toujours montré proche des haredim. Ce dernier considère ainsi les juifs ultra-orthodoxes comme les défenseurs attitrés de Jérusalem (al-Quds) comme étant la capitale éternelle d’Israël. Pour l’anecdote, à titre illustratif, Donald Trump n’a pas hésité tout récemment à retweeter l’éloge publié par un compte Twitter pro-israélien, dirigé par un journaliste juif ultra-orthodoxe. Le compte, nommé « Israel & USA Forever », a posté une photo de Trump flanqué de deux drapeaux américains et de la statue de la Liberté, faisant le V de la victoire, avec la légende « Président Trump, merci de combattre pour nous » [3]. C’est dire toute l’influence exercée par les intégristes religieux juifs sur la politique étrangère américaine qui tend d’ailleurs souvent à favoriser Israël au détriment des Palestiniens. Sinon comment expliquer le geste hautement politique de deux cent cinquante rabbins, dont le grand rabbin sépharade d’Israël Yitzhak Yosef, qui ont adressé une lettre au président Donald Trump lui remerciant pour sa décision de déplacer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem (al-Quds). Dans cette lettre solennelle, à caractère messianique, on peut lire notamment ceci : « Monsieur le président, vous accomplissez des prophéties ». [4]

L’intégrisme religieux juif se manifeste à travers un radicalisme anti-laïque incarné par des formations d’extrême droite dites « ultra-orthodoxes » ou bien « haredim » [5].  Les hommes haredi sont reconnaissables à leurs costumes et chapeaux noirs, à leur chemise blanche et à leurs papillotes. Leurs journées sont uniquement consacrées à l’étude de la Torah. Les femmes, elles, portent la jupe longue, le foulard sur la tête et les bras impérativement couverts. Elles sont souvent exclues de l’espace public, contraintes de travailler pour nourrir une famille qui doit être la plus nombreuse possible. Les haredi vivent en marge de la société. Pas de lycée, pas d’université, pas de service militaire pourtant obligatoire en Israël. C’est un monde à part, renfermé sur lui-même, qui rejette les valeurs de la modernité, notamment les principes de l’État de droit, de la démocratie et de la laïcité [6]. Pis, les juifs ultra-orthodoxes contribuent au blocage du processus de paix dans la mesure où ils s’opposent à toute solution qui évoquerait le partage des territoires et reconnaîtrait une solution à deux États.   

L’orthodoxie juive et le rêve du « Grand Israël »

Conscients de la force de la religion dans la mobilisation politique, les extrémistes religieux ne se contentent pas d’influencer la politique intérieure et le système de valeurs de la société israélienne. Les haredim vont plus loin lorsqu’ils s’activent massivement afin d’orienter la politique étrangère de l’État hébreu, à commencer par le processus de paix. Il s’agit là d’une question existentielle majeure qui traverse profondément l’imaginaire collectif juif, et ce, avant même la création d’Israël.

En effet, les juifs ultra-orthodoxes savent pertinemment que leur force réside dans leur interprétation rigoriste des prescriptions talmudiques. Grâce à un discours messianique, ils appellent les juifs à dominer l’intégralité des territoires, quitte à chasser violemment les Palestiniens de leurs terres. Ce qui explique justement le fait que la question des colonies juives soit au cœur des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne. D’ailleurs, les haredim, par exemple, ne se sont jamais cachés pour manifester leur souhait de voir le processus de paix s’estomper sous les coups de boutoir des religieux. Ainsi, ces derniers n’hésitent pas à faire valoir leur autorité spirituelle pour peser sur les choix politiques. C’est le cas précisément des rabbins orthodoxes voués à la suprématie du peuple juif, à l’instar du célèbre Ovadia Yossef (1920-2013), le plus influent rabbin d’Israël et le fondateur du parti Shass (Juifs séfarades) en 1984. 

Depuis la Guerre de Six jours en juin 1967, les juifs ultra-orthodoxes appellent sans cesse à l’arrêt des négociations qui pourraient remettre en question l’idée selon laquelle la Terre sainte est exclusivement juive. De même, les haredim croient fermement à l’idée de la rédemption qui conduirait à la libération des Territoires appartenant aux Arabes palestiniens. C’est d’ailleurs pour cette raison-là que les prescriptions talmudiques appellent du coup les Juifs à se conformer à la volonté divine. Selon eux, celle-ci juge le compromis avec les non-juifs comme un acte d’abandon (ou de trahison) de la Terre sacrée.

Sur un plan politique, les mouvances juives ultra-orthodoxes constituent une force incontournable dans les processus de formation des gouvernements israéliens. Même si elles sont seulement deux formations ultra-orthodoxes à participer au jeu politique institutionnel (législatif et exécutif) : le Shas (ou « Gardiens séfarades de la Torah ») et le Yahadut Hatorah (ou « Judaïsme de la Torah unifiée ») [7]

Sur un plan idéologique, force est de constater que toutes les formations ultra-orthodoxes sans exception défendent l’idée du « Grand Israël » (l’Iretz Israël). Deux exemples illustrent parfaitement l’intégrisme des ultra-orthodoxes : le premier est la déclaration du rabbin Zvi yahouda Kook (1891-1982) affirmant au journal le Monde en 1974 que : « la terre sainte nous appartient dans son intégralité ». Le deuxième exemple est la déclaration du grand rabbin orthodoxe Shilomo Goren (1879-1989) lorsqu’il confie à ses disciples ceci : « toute concession territoriale aux Palestiniens est contraire à la loi religieuse (Halakha) ». Sans compter la décision en 1990 de quinze grands rabbins ultra-orthodoxes qui avaient appelé ouvertement les soldats juifs à la désobéissance, au cas où le gouvernement israélien ordonne à l’armée (IDF) d’évacuer les colons juifs des territoires palestiniens [8]. 

Vers la fin du mythe d’un « État palestinien indépendant » ?

En refusant toute forme de compromis avec les Palestiniens, les juifs ultra-orthodoxes entravent les démarches politiques visant à relancer les négociations de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne. D’un point de vue diplomatique, le processus de paix renvoie en principe à l’engagement des protagonistes à trouver une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien [9]. Mais la réalité laisse apparaître une situation politique tellement antagonique que l’idée même de « processus de paix » perd de tout son sens. À tel point que les médias israéliens, à titre d’exemple, n’hésitent plus à remplacer, sur un ton ironique, l’expression « processus de paix » par son équivalent hébreu « processus de paix international ». Tout cela ne fait qu’inciter les haredim à continuer à s’opposer à toute initiative de conciliation susceptible à terme d’amener Israël à reconnaître une solution à deux États. 

À cet égard, il faut noter que depuis 1967 le processus de paix a toujours été marqué par la présence active des rabbins (jamais déclarée au grand public) aux rounds des négociations israélo-palestiniennes. La participation systématique d’un rabbin charismatique et influent est considérée à la fois comme un « devoir religieux » et une carte de pression face aux Palestiniens. Ainsi, la présence des religieux juifs rappelle constamment aux négociateurs la « souveraineté divine » du peuple juif sur la Terre sainte dans le cadre de ce que les haredim appellent le « Grand Israël ». 

Les juifs extrémistes vont se faire remarquer ainsi en dénonçant résolument la signature des accords d’Oslo en 1993, notamment dans les médias et parmi les haredi au sein des associations et des écoles religieuses juives (yeshivot). Le 4 novembre 1995, l’intégrisme juif revient au-devant de la scène après la mort tragique du Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné par un juif ultra-orthodoxe, Ygal Amir. Les intégristes religieux avaient jugé compromettant les accords de paix d’Oslo qui constituent, selon eux, une menace pour l’existence du peuple juif. L’arrêt de la colonisation des Territoires palestiniens, par exemple, représenterait pour ainsi dire la fin de l’État hébreu et la disparition à terme du peuple élu [10]. 

En 2014, la communauté haredim va réussir une percée diplomatique sans précédent grâce à la diaspora juive. Les juifs ultra-orthodoxes installés aux États-Unis, relayés par les haredim d’Israël, ont réussi ainsi à convaincre une majorité du Congrès américain à défendre la souveraineté des Juifs sur les colonies israéliennes. À cet effet, un projet de loi a été même présenté au Congrès des États-Unis que dirigeait à l’époque la secrétaire d’État des États-Unis. L’objectif d’une telle initiative était d’encourager les colons israéliens de la bande de Gaza, ainsi que ceux de la Cisjordanie, à améliorer la qualité de vie des habitants de ces régions en y accentuant la souveraineté d’Israël. 

Concrètement, l’extrémisme juif s’illustre à travers des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens, des Arabes israéliens, des lieux de cultes musulmans ou chrétiens, et parfois même contre des soldats israéliens. Ces individus sont souvent regroupés sous le nom Tag Mehir (le prix à payer). Un mouvement intégriste issu du démantèlement des colonies juives dans la bande de Gaza. Parmi les extrémistes, on compte aussi l’organisation raciste juive, Lehava, qui a été derrière l’incendie d’une école judéo-arabe début 2015. L’intégrisme religieux juif touche même le domaine du sport avec le mouvement de supporters dit de « La Familia » qui sévit dans les stades où ses membres n’hésitent pas à scander « Mort aux Arabes » [11]

Les dangers du radicalisme religieux juif pour la paix et la démocratie  

Au terme de cette analyse, on pourrait affirmer que les juifs ultra-orthodoxes contribuent à bloquer le processus de paix israélo-palestinien. À notre sens, une des causes principales de cette impasse réside dans la prolifération de l’idéologie intégriste fondée sur l’idée de l’« Eretz Israël ». Par ailleurs, il faudra reconnaître que les gouvernements israéliens trouvent en quelque sorte leur compte en s’accommandant de l’intégrisme religieux. On en veut ici pour preuve le fait que ces derniers soient plutôt favorables à la colonisation des Terres palestiniennes et qu’ils n’hésitent pas à cet effet à fermer souvent les yeux sur l’intolérance, le racisme et la violence de l’extrême droite. 

Actuellement, l’une des menaces majeures qui pèsent sur Israël est incontestablement la montée en puissance de l’orthodoxie ultra-radicale [12]. C’est pourquoi au lieu de céder aux calculs électoralistes et aux alliances d’intérêts, l’action gouvernementale se doit avant toute chose de contrer l’intégrisme religieux juif. À cela, il faudra ajouter l’importance de la mobilisation de la société civile israélienne susceptible de générer des changements soit à travers les urnes, soit par la participation active des citoyens aux manifestations anti-intégristes. Cela pourrait constituer une voie de sortie de crise à même de créer un sursaut démocratique susceptible d’estomper les conquêtes territoriales des colons juifs. Ce faisant, le processus de paix pourrait sortir du statu quo à la seule condition que les religieux cessent de s’immiscer dans les affaires politiques. 

La montée des radicalismes religieux fragilise indéniablement les forces démocratiques en Israël et partout ailleurs. À la longue, cela risque d’attiser les tensions qui pourraient éclater au sein du pays entre les forces démocratiques et les partisans de l’orthodoxie juive. Malgré la tendance majoritairement démocratique de la société israélienne, celle-ci semble divisée en deux grands blocs : un bloc libéral et laïque qui représente les deux tiers de la population et qui s’oppose au statut actuel de la religion et des religieux dans le pays (mariage civil, autorisation des transports publics, les jours fériés, ouverture des centres commerciaux le shabbat, etc.) et un bloc conservateur et religieux représentant un tiers de la population qui est pour le maintien de la situation actuelle [13]. 

En cédant, d’une manière ou d’une autre, au discours messianique sur l’élection et la suprématie du peuple juif dans l’Ancien Testament, Israël semble s’apprêter à un jeu dangereux qui fait vraisemblablement le lit à l’intégrisme religieux. Le danger d’un tel arrangement entre politiciens et rabbins orthodoxes risque de porter préjudice au credo démocratique et au processus de paix dans toute la région du Moyen-Orient. 

C’est dire tous les risques encourus par Israël à laisser le champ libre aux juifs ultra-orthodoxes qui cherchent inlassablement à maintenir leur emprise idéologique sur la société israélienne. La menace à terme face à cette situation est sans doute la radicalisation religieuse et politique tous azimuts. Ce qui pourrait engendrer des vagues de violence susceptibles de déstabiliser une région terriblement fragilisée par les conflits armés et les guerres civiles. Un contexte d’incertitude qui ne saurait garantir les conditions de pacification susceptibles de favoriser la coexistence des Hommes, des cultures et des religions./. 

Références

[1] David Halbfinger, Emboldened Israeli Right Presses Moves to Doom 2-State Solution, New York Times, le 2 janvier 2018. 
[2] Adam Mintz (ed.), The Relationship of Orthodox Jews with Believing Jews of Other Religious Ideologies and Non-Believing Jews, Yeshiva University Press, New York, 2010. 
[3] Le compte tweeter est codirigé par Yanki Farber, un journaliste juif ultra-orthodoxe actif sur le site Behadrei HaHaredim. Ci-après le lien du compte tweeter « Israël & USA Forever tweet » : pic.twitter.com/dBvwKDdesD
[4] Lettre publiée sur le site d’information « le journal juif.info » le 7/12/2017. 
[5] Selon une étude de Ukles Associates for the American Jewish Committee (2008), les haredim comptent environ 900.000, soit près de 10 % de la population globale du pays. Et leur nombre devrait même tripler d’ici l’an 2050. Aux États-Unis, les juifs ultra-orthodoxes représentent 11% de la diaspora juive.
[6] Adam Mintz (ed.), The Relationship of Orthodox Jews with Believing Jews of Other Religious Ideologies and Non-Believing Jews, Yeshiva University Press, New York, 2010. 
[7] Mikaïl Barah, « L'intégrisme juif et la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés », op.cit… 
[8] Adam Mintz (ed.), The Relationship of Orthodox Jews…op.cit…   
[9] Parmi les initiatives de paix, on peut citer deux : les Accords de Camp David signés entre Israël et l'Égypte en 1978, et les Accords d'Oslo signés entre Israël et l'OLP en 1993.    
[10] Dans le judaïsme, le concept d’élection est la croyance selon laquelle les enfants d’Israël sont le peuple élu, choisi pour contracter une alliance avec Dieu. Cette idée, énoncée la première fois dans la Torah, est reprise et élaborée dans les Livres ultérieurs de la Bible hébraïque, et particulièrement dans la littérature rabbinique.
[11] Mikaïl Barah, « L'intégrisme juif et la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés », op.cit... 
[12] Il s’agit là, à notre avis, d’une menace réelle que mettent en relief les différents affrontements entre les troupes de Tsahal et les colons opposés au plan de désengagement de Gaza notamment. 
[13] Abitbol Michel, « Démocratie et religion en Israël », Cités, 2002/4 (n° 12), p. 15-32. 

                       Par Aziz Chahir enseignant-chercheur en sciences politiques (Rabat)


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