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MOYEN ORIENT :AL NAKSA, PLUS DE 50 ANS APRES Par Pr. Abdelmoughit Benmessaoud Tredano



MOYEN ORIENT :AL NAKSA, PLUS DE 50 ANS APRES
OCCIDENT/ ORIENT : UNE GUERRE DE CIVILISATION

Abdelmoughit Benmessaoud Tredano
Professeur de science politique et de géopolitique. Université Mohamed V. Rabat.


Comme je l’ai déjà souligné dans mes différents écrits sur la Palestine [1], l’Occident a conduit une véritable guerre de civilisation [2] contre le monde arabe. Ce n’est nullement un slogan, c’est une réalité objective depuis les accords de Sykes-Picot (1916) et surtout depuis 1945.
En effet, durant la première étape, c’était les puissances européennes notamment française et anglaise et après le deuxième conflit mondial les Américains ont pris le relais.
On ne fera pas l’histoire de ce conflit [3], mais on signalera quelques faits émanant du plus important allié d’Israël à savoir la puissance américaine.
Ce rôle n’a jamais a été aussi fort que depuis l’arrivée de Trump aux affaires ; l’épisode de la reconnaissance par l’Oncle Sam en novembre 2017 de Jérusalem comme capitale d’Israël et son transfert le 14 mai 2018 ont été les actes à la fois les provocateurs et les plus dramatiques de l’Histoire récente de la Palestine.
La réaction des Palestiniens ne s’est fait pas attendre ; la mobilisation des Palestiniens sans précédent à Gaza est à la hauteur du défi .Mais le prix est très élevé. A ce jour plus de 100 morts et de milliers de blessés dont la majorité resterait handicapés à vie [4]. 
Et tout cela dans une indifférence occidentale officielle et une complicité arabe et musulmane aussi affligeantes que condamnables !!

Dans ce papier, on se contentera de citer les faits les plus significatifs commis par la puissance américaine notamment depuis la Guerre contre l’Irak de Saddam en 1991.
LES DEUX RÉSOLUTIONS DE 1975 ET 1991 : LA RÉSOLUTION LA PLUS COURTE
Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale de l’ONU adopta la résolution 3379 [5], assimilant le sionisme à une forme de racisme.
Depuis , il semble que la mission permanente américaine auprès de l’ONU a fait de son abrogation un objectif prioritaire, dans la mesure où elle a systématiquement procédé au dépôt de projets de résolution devant l’instance onusienne.
Elle a pu le faire en 1991 par le biais de la résolution 4686 ; il s’agit "de l’une des résolutions les plus courtes de l’histoire de l’ONU" [6] Elle a été libellée en ces termes « L’assemblée générale décide de révoquer les dispositions contenues dans sa résolution 3379 du 10 novembre 1975 ».
Le contexte de la fin de la guerre froide, le début de processus de solution au Moyen-Orient (la conférence de Madrid, la victoire sur le président irakien Saddam Hussein) et les perspectives du nouvel ordre international ont facilité, dans une certaine mesure, l’adoption d’une telle résolution.
Parallèlement , des déclarations et des actes des dirigeants américains, souvent excessifs voire démesurés et agressifs à l’encontre du monde arabe et de la question palestinienne ne se comptent plus ; on peut en citer quelques-uns :
* À une question relative à la mort de 500 000 enfants irakiens à la suite de l’embargo contre l’Irak décidé depuis 1991, Madeleine Albright avait affirmé : « ça valait la peine » !! [7].
*Le secrétaire d’État à la défense, Donald Henry Rumsfeld dans une réunion avec ses collaborateurs avait parlé « de territoires prétendument occupés » [8] en désignant les territoires palestiniens.
Le très "controversé" [9] ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a considéré que les « colonies font partie d’Israël » [10] !!
Les présidents américains ne sortent pas du lot ; malgré son discours du Caire (2009), le président Obama ne fait pas exception avec sa promesse faite devant l’Assemblée générale de l’ONU en 2010 [19] de la création d’un Etat palestinien dans un délai d’un an. En effet, un an après, cette promesse s’est vite évaporée dans son discours fait dans la même enceinte. [11]
Les plans de partage concoctés par " l’historien" Bernard Lewis et la secrétaire d’État américain Condoleezza Rice s’inscrivent dans la même stratégie d’endiguement de toute velléité de révolte et d’émancipation des peuples arabes et palestiniens.
Enfin, et non la moindre, la décision du président américain Trump sur Jérusalem vient de confirmer l'alignement total des Etats Unis sur Israël . En effet, il s’agit d’une demande lancinante du Congrès américain visant à soutenir le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, et ce depuis 1995 [12].

TRUMP « SE TROMPE » D'EPOQUE

La permanence du soutien américain à Israël vient d’être rappelée à ceux qui en doutent encore ou s’apprêtent à pactiser avec Tel-Aviv !!
Le président américain Trump, dans une déclaration le 6 décembre 2017, a reconnu que Jérusalem est la capitale d’Israël et qu’il compte transférer son ambassade dans la ville sainte.
Pourquoi la décision du président américain intervient aujourd’hui ; Quelles en sont les raisons ?
Les raisons sont nombreuses, mais on peut en citer quelques-unes .
Sans revenir à la longue histoire de ce conflit depuis 1917, on pourrait se contenter de celles liées à l’actualité récente :
 Depuis le printemps arabe, la question palestinienne a presque disparu des agendas internationaux
 Le monde arabe est dans un état plus que piteux et désastreux ; il ne peut rien dans la mesure où une partie a montré sa prédisposition à la traîtrise. L’Arabie Saoudite, Qatar et EAU… en tête et d’autres.
 Les victoires des Iraniens, Irakiens, Syriens et du Hezbollah avec le soutien des Russes contre le groupe occidental, les pays du Golfe et la Turquie ne sont pas étrangères à une telle décision ; elle revêt à la fois un aspect de diversion (fragilité interne du président) et de détermination, et ce pour essayer de peser sur les acteurs victorieux dans la région ; Daech a été créé pour détruire la région. L’objectif n’est pas totalement atteint. Sykes-Picot II n’est pas encore, du moins pour le moment, pour demain.
La reconnaissance américaine n’est pas seulement formelle (n’est pas un simple changement d’adresse), mais revêt un aspect quasi-civilisationnel sans être religieux. L’Occident, ou du moins certains milieux belliqueux, voire criminels, veut en faire un conflit religieux et ce pour couvrir ses appétits, ses ambitions et ses manœuvres.
Cette stratégie de containment occidental, américano-israélien s’assignait comme objectif d’éliminer toute velléité de libération et d’émancipation des peuples de la région.
D’aucuns parleraient de la théorie du complot que clament les Arabes chaque fois qu’ils sont défaits ; la géopolitique régionale et la réalité objective ancienne et actuelle l’emportent sur les dénégations hypocrites du monde occidental.
L’épisode de Daech en est la dernière illustration et la position de Trump sur Jérusalem ne trompe personne.

L’ONU, TRUMP ET JÉRUSALEM : LES DÉBOIRES D’UN PRÉSIDENT
Le 18 décembre 2017, au sein du Conseil de Sécurité, quatorze États y compris les plus proches alliés des États-Unis à savoir la France et le Royaume-Uni ont condamné la décision du président américain ; mais grâce au véto américain, la résolution n’a pas été adoptée.
Quelques jours plus tard, au sein de l’Assemblée générale de l’ONU le désaveu a été sans nuance : 128 pays ont voté une résolution condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël, 35 se sont abstenus et à peine 9 ont voté contre ; on y relève quelques îles et des petits États en plus d’Israël et des États-Unis. La plus grande puissance au monde est désavouée par la majorité de la communauté internationale et ce, malgré les menaces proférées, sans vergogne, par la représentante américaine à l’ONU contre tous ceux qui voteraient pour cette résolution. 
Pour résumer, une stratégie antiterroriste adoptée depuis 2001 par G. Bush Junior, la guerre contre l’Irak en 2003, Islam assimilé à l’islamisme voire au terrorisme … tout est fait pour détruire le monde arabo-musulman, protéger Israël et liquider la question palestinienne.

POUR LES OCCIDENTAUX : DES VERITES A SAVOIR ET SURTOUT A NE PAS EVACUER
À l’aune de la situation actuelle au Moyen-Orient et de ce conflit centenaire, il est plus qu’impératif que certaines vérités et faits soient rappelés :
 Les musulmans ne doivent pas être assimilés allègrement à des terroristes ou l’islam au terrorisme ;
 La quasi-totalité des musulmans vivant en Occident pratique normalement leur culte ;
 Les terroristes n’ont rien avoir avec l’Islam ;
 La majorité des terroristes viennent des milieux de la délinquance et ignorent tout de l’islam :
 Les conditions socio-économiques de cette minorité ne peuvent pas, à elles seules, expliquer leur comportement innommable.
 La situation au Moyen-Orient (le sort réservé au peuple palestinien depuis au moins 70 ans) peut expliquer ou du moins être utilisée par la propagande "djihadiste" comme prétexte et support de mobilisation. Ce qui complique la situation de la cause palestinienne. Il n’en demeure pas moins, que la permanence de ce conflit a contribué largement à créer un ressentiment très fort des peuples du monde arabo-musulman à l’encontre de l’Occident.
 Et en dépit de tout, la géopolitique moyen-orientale ne doit donc pas être évacuée (pétrole et sécurité d’Israël…).
Le dérapage de cette minorité peut aussi s’expliquer par l’absence de la mutation de l’islam.
 Rappelons que l’Europe a eu ses guerres de religion il y a à peine 2 siècles et demi.
 Le monde musulman vit deux temporalités ; il faudrait qu’il ajuste l’Islam rêvé et idéalisé aux exigences du temps moderne.
 Rappeler et expliquer n’est pas justifier.
Les puissances occidentales, les pays pétroliers (l’Arabie et le Qatar et les EAU,) et les frères musulmans d’Égypte, du Qatar et de la Turquie créateurs et "sponsor" de Daech doivent rendre des comptes à la communauté internationale et s’expliquer devant l’histoire.
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Notes
[1] La Palestine : De l’usurpation d’une terre …… ..A la mort lente d’une cause, Collection Confluences, novembre 2017,221 pages.
[2] Robert Fisk, « La Grande Guerre pour la civilisation. L’Occident à la conquête du Moyen-Orient », La découverte, 2007, 956 pages.
[3]Voir les actes du symposium international organisé le 2 , 3 et le 4 novembre 2017 voir aussi la chronologie mise en annexe de cet ouvrage .
[4]. Les Israéliens utilisent des balles "spéciales" dont la première caractéristique est de faire le maximum de dégâts. Ajouter à cela ; la volonté des snipers israéliens de viser les endroits les plus sensibles du corps de leurs victimes !!

[5] http://www.akadem.org/…/--3-résolution-de-l-ONU-assimilant-…. pdf

[8] Eric Laurent "Les Guerres des Bush", op.cit., p. 135
[11] « Le conflit entre Israéliens et Arabes est aussi vieux que cette institution, a-t-il rappelé. Et nous pouvons revenir l’an prochain, comme nous le faisons depuis soixante ans, et faire de longs discours […] Quand nous reviendrons l’an prochain, nous aurons un accord qui nous amènera à accueillir un nouveau membre des Nations unies : l’État souverain de Palestine vivant en paix avec Israël »,En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/…/barack-obama-espere-une-palestine-a…http://tempsreel.nouvelobs.com/…/palestine-les-contradictio….
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