octobre 2018




SAMIR AMIN

L’intellectuel organique de l’émancipation


« Nous ne sommes rien sur cette terre si nous ne sommes d’abord les esclaves d’une cause, de la cause des peuples, la cause de la justice et de la liberté…»Frantz Fanon.

Tout comme Frantz Fanon, Samir Amin fut « l’esclave d’une cause », celle de la libération des opprimés et des damnés du joug de l’oppression et de la domination impérialiste. Tout comme Fanon, Samir Amin sacrifia sa vie au service de cette cause sacrée et pérenne. Au-delà de son engagement continu, dès les années 1960, en faveur des peuples du Tiers-monde, prolongé dans les années 1990-2000 par sa participation inébranlable à l’Alter mondialisme, Samir Amin fut un théoricien de premier plan qui vient de s’éteindre le 12 août à Paris à l’âge de 87 ans.

On ne peut évoquer la figure du Professeur Samir Amin sans relever la délicatesse de sa pensée, sa finesse intellectuelle et, en définitive, aussi et surtout, son engagement pour l’émancipation des peuples opprimés. La profondeur et la solidité de ses arguments pour expliquer et défendre des questions souvent controversées ne peuvent que forcer le respect.

A côté d’un groupe d’économistes hétérodoxes, comme Aziz Belal, Arghiri Emmanuel, Pierre Jalée, Pierre Salama, André Gunther Franck, Raul Prebish, Celso Furtado, ils portent un regard radicalement nouveau sur les conditions de vie en Amérique du Sud et en Afrique imposées par l’impérialisme et influencés par le structuralisme avec le souci de renouveler les analyses marxistes. Ils remettent en cause le pillage des matières premières des colonies et anciennes colonies par les puissances capitalistes occidentales et leur spécialisation primaire qui en découle, d’autant plus dommageable lors des périodes de détérioration des termes de l’échange qui fut la première réfutation de la théorie des avantages relatifs de Ricardo servant depuis deux siècles à justifier le libre-échange.

Samir Amin, beaucoup plus finement que ses collègues marxistes, reprit le problème développé en 1969 par Emmanuel Arghiri dans un livre monument « L’échange inégal » pour l’intégrer dans une théorie plus générale de l’accumulation à l’échelle mondiale débouchant sur ce qu’il appela le « développement inégal ». La conséquence théorique et politique est le refus de la notion de retard de développement pour montrer que les pays dits sous-développés sont dominés du fait du mécanisme de l’échange inégal et que, loin de faire partie d’un troisième monde, ils sont intégrés de force au capitalisme mondial structuré autour d’un centre et d’une périphérie. Autrement dit, ce qui était à l’œuvre dans ce qu’on n’appelait pas encore la mondialisation, mais qui résultait déjà de la circulation des capitaux à la recherche d’une main-d’œuvre peu chère, c’était le « développement du sous-développement ».

Le présent hommage rendu par la Revue Marocaine des Sciences Politiques et Sociales et le CIRPEC au Pr Samir Amin entend rapporter, à travers le panel des intervenants, la quintessence des apports et réflexions qui se dégagent de sa pensée.

A la faveur de ces interventions, un éclairage sera fait sur les étapes essentielles de son itinéraire intellectuel et de son combat politique et ce en dressant unpanorama des débats théoriques et combat politiques auxquels le Professeur Samir Amin a pris part au cours du demi-siècle écoulé.

Les intervenants exposeront les fondements de sa critique de l’orthodoxie régnante, qui ont amené Samir Amin à forger des concepts visant à décrire la réalité qui se cache derrière le discours dominant dont la fonction principale est de faire l’apologie du capitalisme et du système impérialiste.

Grâce à cet hommage, un éclairage sera apporté sur sa vie personnelle et son itinéraire intellectuel et les combats politiques du Professeur ainsi que ses expériences dans l’élaboration de politiques économiques en Egypte, au Mali et dans plusieurs autres pays.

Les intervenants auront l’occasion aussi de mettre en exergue ses contributions au combat des mouvements sociaux, avec notamment sa participation à la création du Forum Social Mondial (FSM) ; ils s’évertueront aussi à montrer l’importance de ses activités pour la lutte contre le capitalisme et ce grâce à son combat inlassable pour déconstruire les concepts destinés à masquer la vraie nature du capitalisme historique, à savoir la poursuite effrénée de l’accumulation par la dépossession des pays et peuples dominés.

Cette table ronde sur le Professeur Samir Amin est destinée à une audience très large : étudiants, chercheurs, enseignants, leaders politiques et simples citoyens soucieux d’apprendre davantage sur le phénomène de la mondialisation et son impact sur les pays dits « sous-développés ».

L’hommage à Samir Amin, toujours au cœur des interrogations présentes, est une autre manière de ressusciter le débat autour du combat de sa vie : la critique du centrisme et un plaidoyer en faveur d’un monde multipolaire et d’un ordre économique international plus juste prenant en compte les contraintes écologiques et les limites de la planète.

Paul Valery écrivait déjà dans les années 30 : « le temps du monde fini commence ».



Culture et patrimoine des nomades


Les Bni Guil du Maroc Oriental 


Pr. Mohamed Mahdi  - Ed. Dar Assalam – Rabat. 2018 


Extraits de l’introduction

Cet ouvrage est une contribution à la connaissance de la culture et du patrimoine des nomades du Maroc Oriental.

Les nomades de l’Oriental font partie d’un univers de pasteurs qui ont essaimé dans diverses régions du monde. Mais ils sont particulièrement plus proches des nomades du Sahara du Sud du Maroc et des Baydanes de la Mauritanie dont ils partagent de nombreux traits culturels que Feu P. Bonte a nommé ‘’ culture de la Bâdiya’’ traduisant les valeurs attachées à l’élevage et au nomadisme.

Au Maroc, le nombre des nomades va en se rétrécissant. Mais comme leurs homologues partout ailleurs, les nomades du Maroc vivent actuellement dans un monde globalisé, sont aux prises avec la modernité et subissent l’influence de la culture mondiale. Mais les nomades tiennent encore bon, perpétuant sous des modalités diverses et variables un mode de production pastoral, un genre de vie nomade et la culture qui leur est associée. Ils maintiennent ainsi des formes sans cesse renouvelées d’un nomadisme fort éloigné de tout modèle qui le substantialise.

L’ouvrage traite des processus de changement et de résistance de cette culture des nomades aux prises avec un monde en constante transformation. Il en restitue les traits saillants et postule que les formes persistantes de cette culture sont dues aux efforts déployés par les nomades pour s’adapter à ce monde. L’ouvrage, focalisé davantage sur les nomades de la confédération des Bni Guil, prolonge nos travaux sur le processus de changement des sociétés pastorales du Haut et Moyen Atlas et dernièrement du Sahara.

Comme dans toute société, la culture des Bni Guil repose sur des fondements matériels et d’autres immatériels d’ordre cognitif et symbolique ; sur des éléments matériels et tangibles et sur d’autres immatériels et non tangibles.

Les fondements matériels de la société des Bni Guil sont représentés par l’élevage pastoral de moutons, de chèvres, de dromadaires, les produits dérivés de cet élevage - la laine, les poils, la viande, le lait, le beurre -, leur transformation, à travers l’art culinaire et l’artisanat, en habitat, la tente, et en divers mets et produits alimentaires conservables, en mobilier, en articles d’habillement et ustensiles de cuisine... C’est la culture matérielle des nomades.

Les fondements cognitifs et symboliques sont représentés, d’une part, par tous les savoirs et savoir-faire consubstantiels au mode de vie dans la steppe et à ses contraintes, comme les techniques d’élevage, les connaissances de la faune et de la flore, du climat et de la météorologie, la médecine et la pharmacopée traditionnelles. Et, d’autre part, par les normes qui régissent la vie sociale et les rapports sociaux, les traditions orales, les coutumes, la langue, les activités rituelles et artistiques comme la musique et la danse et les arts de la table. C’est la culture immatérielle des nomades.

Les aspects de la culture du nomadisme des Bni Guil, dont nous dressons l’inventaire, sont ceux qui font encore partie de la vie ordinaire ou exceptionnelle des hommes et des femmes, ceux qu’on a pu observer et sur lesquels nous avons longtemps enquêtés, la production pastorale et la société, ou auxquels nous avons participé, la vie sous la tente, les réceptions d’hospitalité, ou bien ceux que nos interlocuteurs nous ont relatés, les rites et les cérémonies, et patiemment expliqués, l’architecture de la tente, ou enfin ceux qu’ils ont reproduits devant nous et pour notre plaisir, des recettes et plats cuisinés à l’ancienne. En un mot, ce sont les manifestations du nomadisme encore vivantes dans la pratique, les actes ou la mémoire des pasteurs dont il sera question ici et non de l’essence improbable d’un nomadisme fictionnel.

Les manifestations que nous avions pu recueillir montrent l’extrême richesse de la culture du nomadisme de l’Oriental, sa capacité à s’adapter et à s’inventer pour faire face aux changements. Ce qui nous convainc du caractère sommaire de cet inventaire. Cette culture est l’œuvre combinée des femmes et des hommes nomades, un héritage transmis de génération en génération qui devient un objet patrimonial, le ‘’patrimoine des nomades’’. Mais comment définir ce ‘’patrimoine des nomades’’ sans encourir le risque du réductionnisme et tout en évitant les stéréotypes et l’essentialisme ? Comment envisager sa patrimonialisation dans une démarche connectée aux réalités du pastoralisme nomade ? Ce sont là, certes, des questions incidentes par rapport à l’objet de cet ouvrage mais qui ne peuvent être esquivées ...



LA CRISE MAROCO-MAROCAINE

 Pr. Abdelmoughit B. TREDANO


Des vertus qui reculent pour ne pas dire qu'elles ont presque disparu.


Seul l'argent compte. La corruption érigée presque en règle de droit. Et l'exclusion qui rampe et se popularise. Puis, la confiance est devenue denrée rare et l'abattement qui gagne les plus optimistes et les plus réfractaires à l'ordre règnent. Le savoir est l'apanage d'une élite. L'ignorance et l'obscurantisme sont le lot de la multitude. Enfin, le politique, discrédité et déliquescent, est impuissant devant l'immensité et la complexité de la tâche et de l'oeuvre à accomplir. Tels sont les points saillants d'une crise qui persiste et s'approfondit. Au-delà des problèmes liés à l’adversité externe, la crise est aussi interne: Maroco-Marocaine.

À l'instar de la situation de la majorité des États du Tiers Monde, celle du Maroc relèverait-elle désormais, si ce n'est depuis quelque temps déjà , de l'ingérable?

Que faire devant la dégénérescence d'une telle situation?

C'est d'une rupture au niveau de la culture politique et des choix qu'il est question. C'est aussi de l'abandon de la politique d'accoutumance et des doses homéopathiques qu'il s'agit. Les défis externes n’autorisent plus les demi-mesures, les interventions par à-coups et encore moins un laisser-aller insouciant et dangereux.

Par ailleurs, continuer à ignorer le voisinage immédiat et lointain, c'est courir le risque d'une aventure aux conséquences incertaines. Se complaire dans un immobilisme ahurissant sous prétexte que le Maroc dispose d'atouts appréciables devant lui éviter l'itinéraire et le syndrome algérien, c'est faire preuve d'ignorance de la mobilité du fait social, de la rapidité de sa mutation... tout peut naître et paître dans le pâturage et sur le terreau de la misère.

Une culture politique nouvelle et des options novatrices et mobilisatrices s'imposent plus que jamais. Elles deviennent urgentes et impératives car s'il est facile de changer l'homme, il n'est pas du tout aisé d'agir sur des mentalités, des habitudes et des comportements, qui se sont déjà solidement installés est incrustés.

Les rapports ayant marqué la politique, trois décennies durant, doivent être repensés et redéfinis. Ce qui a prévalu jusqu'à présent relève désormais de l'archéologie politique. Le monde a changé d'une manière abyssale. La société marocaine s'est aussi profondément métamorphosée. C'est commettre une grave erreur d'appréciation que de continuer à ignorer son temps.

Le travail qui nous attend tous c'est celui d'une profonde refonte et de reconstruction.... l'immensité de l’œuvre pourrait faire fi des clivages politiques. Le Maroc a besoin de tous ses fils. Au-delà du politique, il y a besoin d'un choix salvateur et identitaire.

Bref l'urgence est là. Il ne suffit plus de le dire mais aussi et surtout de le reconnaître. Et d'agir en conséquence. Partant, il faut adopter les réformes de divers ordres pour répondre aux multiples défis. La transition ne sera pas facile, les déchirements sont prévisibles. Mais le salut est à ce prix.


*( extrait d'un article que j'ai écrit il y a 26 ans )
* Ce papier a été publié le 18 Février 1992; Al Bayane.

  





الفلسطينيون ونقط التفتيش: السجن الكبير

إبراهيم موداني
طالب باحث بسلك الدكتوراه


تقديم:
منذ احتلال إسرائيل للأراضي الفلسطينية، يعيش الفلسطينيون داخل سجن كبير، نتيجة السياسة الإسرائيلية الرامية إلى حجز وتضييق الخناق على الساكنة.
فبالإضافة إلى جدار الفصل العنصري، والذي مزق أوصال العديد من المدن والبلدات ، أنشأ المحتل مجموعة من الحواجز ونقاط التفتيش تعيق بشكل كبير حرية الفلسطينيين في التنقل داخل أراضيهم ، والتي تضمنها المواثيق والأعراف الدولية في السلم والحرب.
لكن تأبى إسرائيل إلا أن تمارس عنجهيتها المعهودة في حق شعب أعزل ، فما هي صور هاته المعاناة ؟ وماهي المواثيق الدولية الضامنة لحق التنقل ؟ وكيف تخرقها إسرائيل أمام صمت المجموعة الدولية ؟

الفلسطينيون ونقاط التفتيش معاناة يومية و إهانات مستمرة
كلما مرت السنين إلا وتأزمت أوضاع الفلسطينيين، فإسرائيل لم تحتل الأراضي فقط، بل صادرت الحقوق والحريات كذلك، ليعيش الفلسطينيون محتجزين فوق أراضيهم.
تختزل صور هذا الاحتجاز،  في نقط التفتيش و المعابر التي وضعتها سلطات الاحتلال حيث جعلت من الانتقال من منطقة إلى أخرى والذي ينبغي أن يستغرق بضعة دقائق في العادة يطول لساعات.
 كما يمكن أن تبقى مغلقة بمجرد أن يشعر حارسها بالملل أو حتى بدون سبب، ليبقى الفلسطينيون محتجزين في منطقة ما حتى إشعار آخر.
وتستخدم الحواجز العسكرية الداخلية كمعابر حدودية لتعزل مجموعة من المناطق، أو كمصائد لاعتقال مواطنين فلسطينيين تدعي أنهم مطلوبون لها.
وعادة ما يقوم أفرادها المتمركزون على تلك الحواجز بممارسة سياسة التنكيل والاعتداء على المدنيين، وخلال سنة 2017 وبحسب تقرير المركز الفلسطيني لحقوق الانسان، اعتقلت قوات الاحتلال ما لا يقل عن 680 شخصاً ، من بينهم 58 طفلاً و 6 نساء على تلك الحواجز.
لا تختلف الصورة والمعاملة التي يتلقاها الفلسطينيون في تحركاتهم داخل فلسطين، عن تلك التي يلقونها أثناء رغبتهم في التنقل والسفر خارج الأراضي الفلسطينية، فبالاضافة إلى الحصار المضروب على قطاع غزة وإغلاق معبر رفح الحدودي مع مصر.
وفي سياق متصل تمعن سلطات الاحتلال العاملة على جسر الكرامة (أللنبي) الحدودي مع الأردن في إذلال الفلسطينيين من مواطني الضفة خلال محاولتهم اجتياز معبر الكرامة الحدودي، الواقع تحت سيطرة الاحتلال في الاتجاهين، حيث تعمد إلى حرمانهم من حقهم في السفر والتنقل، ضاربة بعرض الحائط كل المواثيق والاتفاقيات الدولية التي تنظم الحقوق والحريات.
وعادة ما ترافق حالات الحرمان مع إخضاع السلطات الإسرائيلية المواطنين الفلسطينيين المحرومين من السفر لممارسات تحط من كرامتهم الإنسانية، تتمثل في التفتيش الدقيق والمهين، والتحقيق على أيدي ضباط المخابرات، إلى جانب إجبارهم على الانتظار لساعات طويلة.
كما أن تلك القوات تقوم بين الفينة والأخرى بإغلاق هذا المعبر لساعات طويلة دون إبداء الأسباب، مما يضطر مئات المسافرين بما فيهم النساء والشيوخ والأطفال والمرضى للمكوث داخل الحافلات خاصة في فصل الصيف قائظ الحرارة.[1]
 ولا تستثني هذه النقط التفتيشية والمعابر الطواقم الطبية وسيارات الاسعاف رغم المهمة النبيلة التي تؤديها، إذ تعمد في جل الأوقات إلى منعها من المرور حتى في الحالات المستعجلة ، بدعوى نهاية صلاحية التصريح أو تلفه، فلا تكثرت سلطات الاحتلال ولا تقيم اعتباراً  لخطورة المماطلة التي تطال صحة المريض وتهدد حياته.
فقد تمنع المرضى من حقهم في التنقل والحركة والوصول على المستشفيات، ومن حقهم في تلقي العلاج المناسب في الوقت المناسب، وتؤكد الاحصائيات أن إجراءات التلكؤ والتباطؤ في الرد على طلبات التنقل تؤدي إلى مالا تُحمد عقباه، حيث تسببت في وفاة 10مرضى في مستشفيات الضفة أو داخل الخط الخضر، نظراً لتردي حالاتهم وإعاقة وصولهم للمشافي في الوقت المناسب.
أكثر من ذلك تعمد قوات الاحتلال إلى ابتزاز المرضى ومساومتهم بين مرورهم وحصولهم على العلاج الذي قد ينقذ حياتهم وبين المعلومات التي يحتاجونها، ويعرضون عليهم التعاون معهم أو العمل معهم كمخبرين، وفي حالة رفضهم قد يتم اعتقالهم، وسجلت 34 حالة اعتقال لمرضى رفضوا التعاون مع المحتل.
ووفق إحصائية لمنظمة الصحة العالمية، فقد بلغ عدد النساء الحوامل اللآتي وضعن أطفالهن بنقاط التفتيش بين سنتي 2000 و 2006 69 امرأة، وذلك في ظروف أقل مايقال عنها أنها لاإنسانية، مما يعرض حياة الأم والمولود للخطر، فمن الحالات السابقة توفي 35 مولود.
في سنة 2002 توفيت طفلتين تبلغان من العمر 5و 7 سنوات، إثر منع جنود الاحتلال نقلهما عبر حاجز حوارة بالرغم من ان الطفلتين اُصيبتا جراء سقوط حائط المنزل عليهما.
كما توفيت سيدة مسنة تبلغ من العمر 74 عاماً، تعاني من مرض القلب جراء احتجازها تحت أشعة الشمس الحارقة لما يزيد عن ساعة و نصف، لتلفظ أنفاسها الأخيرة بإحدى الطرق الالتفافية.[2]
كما يعاني الطلبة الفلسطينيين من حرمان قوات الاحتلال الإسرائيلي من حقهم في حرية التنقل والحركة وعدم تمكنهم من حقهم في التعليم، نظرا للتماطل في الرد على طلبات السفر لغرض الدراسة ومنع الطلبة من التنقل إلى الجامعات داخل الأراضي الفلسطينية، مما يفرض على الطلبة تأجيل الدراسة لعام كامل، حيث فقد 301 طالب وطالبة فرصهم في الدراسة بالخارج بينما حرم آخرون من ولوج الجامعات بالضفة الغربية خصوصا أهل غزة المضروب عليهم الحصار منذ سنين.[3]
ولم يسلم التجار ولا العمال من المعاملة السيئة عند نقط التفتيش، حيث يتعرضون للسب والقذف والضرب أحيانا كثيرة، ومن أمثلة على ذلك يقول العامل خالد موسى على حاجز قلنديا : " أي قانون في العالم يسمح بأن يغادر أحدهم بيته في الثالثة صباحاً للوصول إلى عمله في الثامنة ؟ نحن نقف هنا مثل الحيوانات وسط الشتائم والضرب أحيانا والحجز".
 كما يضيف عيسى العيسوي وهو أحد العمال : " إن سماع الكلمات النابية والشتائم والإهانات ليست فقط ما يعانيه العمال على الحواجز، فهناك الضرب أيضا، ويضيف من يعترض يكون نصيبه الاعتقال أو الحجز أو تمزيق تصريح العمل، ونحن نتحمل ونصبر لأجل لقمة خبز أولادنا."[4]
لم تقف انتهاكات الجيش الإسرائيلي على الحواجز عند هذا الحد، ففي أواخر 2013، قتل الجنود محاضراً بجامعة خضوري في رام الله، وشاباً آخر على حاجز الكونتينر شمال شرق القدس.
لا يمكن اختزال مشكلة الحواجز ونقط التفتيش على أنها انتهاك لحرية الحركة والتنقل فحسب، بل تعد من أسوء مظاهر انتهاك حقوق الانسان على المستوى العالمي، إذ ترتبط  بممارسات وانتهاكات حاطة من كرامة الانسان، مما يجعل من هذه الحواجز والنقط رحلة عذاب يخوضها المواطن الفلسطيني يومياً، رغم أن كل المواثيق الدولية تنص على ضمان حق كل إنسان .

حق التنقل في المواثيق الدولية
حرصت كل المواثيق الدولية لحقوق الإنسان، والعهد الدولي للحقوق المدنية والسياسية، على حماية حق الأشخاص في التنقل داخل الدولة أو السفر خارجها والعودة إليها.
وتشترك المادة 13 من الإعلان العالمي لحقوق الإنسان لسنة 1948 والمادة 12 من العهد الدولي للحقوق المدنية والسياسية في النص على حق كل فرد في حرية التنقل وفي اختيار محل اقامته داخل حدود الدولة.
كما يحق له مغادرة أي بلد، بما في ذلك بلده،وفي العودة إلى بلده[5].
كما جاء في الفقرة الثالثة من العهد الدولي الخاص بالحقوق المدنية والسياسية، أنه لايجوز تقييد الحقوق المكررة أعلاه بأية قيود غير تلك التي ينص عليها القانون، وتكون ضرورية لحماية الأمن القومي أو النظام العام أو الصحة العامة أو الآداب العامة أو حقوق الآخرين وحرياتهم، وتكون متمشية مع الحقوق الآخرى المعترف بها في هذا العهد.
هذا في زمن السلم أما في وقت الحرب فحظر القانون الدولي الإنساني في بعض مواده، وخاصة اتفاقية جنيف الرابعة المادة 33 على قوات الاحتلال الحربي، القيام بمعاقبة الأشخاص المحميين على جرائم لم يرتكبوها، كما تحظر على تلك القوات اتخاذ تدابير اقتصاص من الأشخاص المحميين وممتلكاتهم.
تخالف بذلك إسرائيل كافة معايير القانون الدولي والقانون الدولي الإنساني والاتفاقية الدولية لمناهضة كل أشكال التمييز العنصري، هذا بالإضافة لاتفاقية لاهاي 1907 واتفاقية جنيف الرابعة لعام 1949 بشأن المدنيين وقت الحرب.

إسرائيل كيان فوق القانون
تعد الحواجز الاسرائيلية واحدة من أسوأ مظاهر انتهاكات حقوق الانسان، حيث ترتبط في العديد من جوانبها بممارسات تؤثر فعليا على حياة الأفراد وكرامتهم، والتي حفظتها المواثيق والعهود الدولية.
ففي ظل التشريع العسكري، لا يحق للإسرائليين اليهود الدخول إلى بعض البلدات والمدن الفلسطينية المحددة إلا بإذن من السلطات الاسرائلية، وفيما عدا ذلك، يستطيع الإسرائليون اليهود التجول بحرية دون قيد على امتداد الأراضي الفلسطينية المحتلة عبر طرقات خُصصت لهم حصراً.
ولكن بالمقابل، يجري إخضاع السكان الفلسطينيين لإجراءات جماعية كاسحة وقاهرة، تحد من حقهم في حرية التحرك بما في ذلك الحواجز المادية المرئية، والمعوقات الإدارية غير المرئية، مما ينعكس سلباً على أوضاع الفلسطينيين الصحية والمعيشية، وكذا نشاطاتهم التعليمية والاجتماعية والثقافية[6].
يعيش الفلسطينيون فوق أراضيهم ، كابوساً و معاناة يومية في التنقل من مدينة إلى أخرى، بل حتى في نفس المدينة والمنطقة.
وذلك كله بسبب الحصار والتضييق الذي يمارسه جنود الاحتلال بإقامة مجموعة من الحواجز الثابتة والمؤقتة والمعلقة، بالإضافة إلى الجدار الفاصل والذي قطع أوصال العديد من الأسر الفلسطينية وحرم آخرين من أراضيهم الزراعية.
كل هذه القيود تعكس توجه حكومة الاحتلال الذي تبنته على مر السنين، والذي يقضي بأن حرية الحركة والتنقل ليست حقاً مضموناً وراسخاً، بل هو امتياز يحق لإسرائيل منحه أو منعه وفقاً لما ترتأيه.
وإذا كان الاسرائيليون يتباكون كلما تذكروا معسكرات أوشفيتز، وما عانوه من انتهاكات واضطهاد على يد النازيين، فعليهم أن يخجلوا اليوم مما يمارسونه في حق الفلسطينيين، كما لو أننا أمام أوشفيتز جديدة مع فارق أن الضحية سابقاً أصبح اليوم جلاد.
فبعد أن كان الإسرائيليون هم الضحايا، أصبحوا اليوم جلادين فوق القانون، في مرئ و مسمع من العالم.

حقوق الفلسطينيين تخاذل عربي وصمت دولي
 صدر في 15 مارس 2017 تقرير اللجنة الاجتماعية والاقتصادية لغرب آسيا التابعة للأمم المتحدة " الإسكوا " مؤكداً أنه ثبت على أساس تحقيق علمي أدلة لاشك فيها، أن دولة الاحتلال الإسرائيلي مذنبة بجريمة الأبارتايد، كما كان في جنوب إفريقيا.
و بخصوص الجدار قال المقرر الخاص السابق للأمم المتحدة للأراضي الفلسطينية جون دوغارد "الجدار الذي تبنيه اسرائيل، والذي يقع في معظمه في الأراضي المحتلة، من الواضح انه غير قانوني". وضمن كلمته حول الجدار معلقا: "وجدت محكمة العدل الدولية في رأيها الاستشاري حول بناء الجدار أن الجدار يناقض القانون الدولي، ويتوجب على اسرائيل التوقف عن بنائه[7].
لكن رغم صدور العديد من القرارات والتوصيات تحث إسرائيل على احترام حقوق الفلسطينيين، إلا أنها تأبى أن تمتثل لها كما هو الحال دائما فإما أن تجد في مواجهتها فيتو أمريكي ، وحتى إن كتب للقرار المرور والتصويت عليه، فإسرائيل مختصة في خرق كل القوانين والأعراف الدولية.
فقد سبق وأن منعت مقرر الأمم المتحدة الخاص بأوضاع حقوق الإنسان في الأراضي الفلسطينية من الوصول إلى فلسطين سنة 2017، منعت المقررالسابق للأمم المتحدة الخاص للأرضي الفلسطينية  السيد "مكارم وبسونو" منذ العام 2008، و الذي استقال من منصبه بسبب عدم قدرته للوصول إلى الأرض الفلسطينية المحتلة كما منعت لجان تحقيق مشكلة من قبل الأمم المتحدة.
على المستوى الإقليمي لم تتوان جامعة الدول العربية فيما مضى من اتخاذ الإجراءات اللازمة وبذل الجهود الكفيلة للحصول على اعتراف المجتمع الدولي بالحقوق الفلسطينية، لكنها لم تقوى يوماً على مجابهة إسرائيل وحليفتها أمريكا، حيث أن مواقفها تبق هزيلة في ظل الهوان والفرقة التي يعاني منها الجسم العربي .
 كما لم تستطع المؤسسسات الدولية والإقليمية،  فرض مواقفها على إسرائيل وحثها للامتثال للقانون الدولي واحترام المواثيق والشرعية الدولية، ومع اتمام اسرائيل  بناء الجدار الفاصل رغم قرار محكمة العدل الدولية ورغم كل الأصوات الداعية إلى منح الفلسطينيين حقوقهم  مؤشر على عدم احترام اسرائيل لالتزاماتها وفقا للقانون الدولي، كما ويؤشر أيضا عن عجز المجتمع الدولي وعدم وجود ارادة سياسية لممارسة ضغوط على اسرائيل للوفاء بواجباتها القانونية.
إلا أنه اليوم استطاعت العديد من منظمات المجتمع المدني ، بفضل التطور التكنولوجي إيصال ما يقع في فلسطين صوت وصورة، و تكشف للعالم  معاناة الفلسطينيين اليومية داخل أراضيهم، وأظهرت للعالم فظاعة ما تفعله إسرائيل بهم ، لتعلو بذلك العديد من الأصوات الداعية إلى مقاطعة كل ماهو إسرائيلي فتتكبد بذلك خسائر كبيرة ولتكشف للعالم حقيقة هذا الكيان الغاصب . 



[1]  المركز الفلسطيني لحقوق الإنسان، التقرير السنوي لسنة 2017، على الرابط:  http://pchrgaza.org/ar/wp-content/uploads/2018/04/annual-arabic-2017.pdf
[2]  نفس المرجع، ص 64.
[3]  مركزالميزان لحقوق الإنسان، واقع الحق في حرية التنقل والحركة في قطاع غزة، فلسطين، 2016، ص: 4
[4]  فاطمة عيتاني – محمد داود، معاناة الفلسطينيين من الحواجز الإسرائيلية في الضفة الغربية، مجلة أولست إنساناً، مركز الزيتونة للدراسات والاستشارات، بيروت،لبنان، الطبعة الأولى 2015، ص 60.
[5]  المادة 13 من الإعلان العالمي لحقوق الإنسان ، على الرابط : www.un.org/ar/universal-declaration-humain-rights/index.html - و المادة 12 من العهد الدولي الخاص بالحقوق المدنية والسياسية ، على الرابط: www.unicef.org>crc>ccpr-arabic  
[6]  مؤسسة باحث للدراسات، احتلال، استعمار، فصل عنصري، بيروت، لبنان، الطبعة الأولى،2010، ص 400.
[7]  في الذكرى السنوية الرابعة للرأي الاستشاري لمحكمة العدل الدولية بخصوص الجدار ، منظمة الحق للدفاع عن حقوق الفلسطينيين، على الرابط: http://www.alhaq.org/arabic/index.php?option=com_content&view=article&id=511:2011-11-21-11-51-32&catid=82:2012-05-09-07-27-45&Itemid=197




في رحيل المفكر العربي الكبير سمير أمين -
سيرة فكرية لمثقف عضوي ظل في خدمة المضطهَدين ..

  

د.أحمد زوبدي
باحث في الإقتصاد السياسي

ودعنا يوم 12 غشت لهذه السنة المفكر العربي الكبير الدكتور سمير أمين عن سن ناهز 87 عاما. رحيل هذا العالم الاقتصادي العالمثالثي والأممي من العيار الكبير يعتبر خسارة كبرى لكل التقدميين ولكل أحرار العالم وبالخصوص شعوب دول الجنوب التي ناضل الراحل من أجل حريتها وتقدمها.
يعتبر سمير أمين من المفكرين القلائل الذين بقوا صامدين أمام بؤس السياسة والفكر. لقد فطن اقتصادي الجنوب ببراعة فائقة إلى سخرية ومكر التاريخ وتنبأ باكرا بمستقبل المشاريع المجتمعية التحررية الكبرى التي رأت النور في القرن العشرين سواء تعلق الأمر بالتجارب الاشتراكية بمختلف مشاربها أو مجتمع دولة الرفاه في الغرب أو مشاريع التنمية والتحرر التي قادتها حركات التحرر الوطني في دول الجنوب، تنبأ أمين بالصعوبات التي وقفت في وجه هذه المشاريع، مما جعلها لم تحقق أهدافها لأن البنيات التي على أساسها قامت هذه المشاريع المجتمعية لم تكن في مستوى بناء قيم العدالة والحرية والتحرر
ينتمي سمير أمين إلى مدرسة التبعية والتخلف والإمبريالية، وهو واحد من أكبر روادها إلى جانب بول سويزي Paul Sweezy  و بول بارون   Paul Baran  و أندري غوندر فرانك André  Gunder Frank  و جوفاني أريغي Giovanni Arrighi  و إيمانويل فالارشتاين Immanuel Wallerstein وآخرين.أُطلِق على أعمال هؤلاء الماركسيين المتنورين الضخمة بأعمال إيركول  Travaux d'Hercule) ) لأنها كانت تنافس بل تفوق و تتفوق على أعمال الليبراليين وبالأخص المتشددين منهم الذين مهدوا للنيوليبرالية التي تزحف في اتجاه الأوردوليبرالية حيث يتم القضاء على الدولة والمؤسسات الموازية لها وتسود الأوليغارشيات.
انتقد سمير أمين بشدة مفهوم التنمية الرأسمالية في دول الجنوب، الذي كان يروج له في الأوساط الأكاديمية بخطاباتها المبتذلة وفي المؤسسات المالية والبنكية والتجارية الدولية المهيمنة وعلى رأسها مؤسسات بروتن وودز، في أطروحته للدكتوراه في 1957 في جامعة السوربون تحت إشراف عالمين متنورين شهيرين في الاقتصاد هما فرانسوا بيرو François Perroux و موريس بيي  Maurice   Byé  وهو لا يتجاوز سن الخامسة والعشرين. بعد 13سنة، أي في 1970 ، نشر سمير أمين هذه الأطروحة التي طورها إلى نظرية أي "نظرية المركز والأطراف" (Théorie du centre et des périphéries)  في كتابه الرئيسي " التراكم على الصعيد العالمي" (590 صفحة من الحجم الكبير) والتي فسر من خلالها أن التنمية والتخلف وجهان لعملة واحدة وبالتالي فاللحاق بالنسبة لدول المحيط، على خلاف إيديولوجيي الرأسمالية وعلى رأسهم الإقتصادي الشهير روستوف Rostow ، غير ممكن لأن طبيعة الرأسمالية  توسعية و استقطابية، وهو ما ينتج عنه تبادل وتطور غير متكافئان بين المركز والأطراف ( راجع كتابي سمير أمين" التبادل غير المتكافىء وقانون القيمة" ،1973  و " التطور غير المتكافىء"،1973 ). استفحل وضع دول الجنوب مع تكريس الإمبريالية العالمية هيمنتها عبر احتكارات القلة المعولمة وأصبحت هذه الدول فريسة حروب مدمرة في كل الاتجاهات من أجل مبدأ التراكم المقدس أي كما يقول كارل ماركس: " راكموا، راكموا، فتم القانون والأنبياء "( راجع سمير أمين" الفيروس الليبرالي"، 2003).
يرى سمير أمين أن اللحاق ( rattrapage) بالنسبة لدول الهامش في ظل الرأسمالية القائمة بالفعل، كما يزعم ذلك منظرو الليبرالية المعطوبة، ينبني على نموذج تنموي مبتورو وأن البديل هو فك ارتباط هذه الدول مع دول المركز الإمبريالي (راجع " فك الارتباط " لسمير أمين، 1986). فك الارتباط لا يعني العزلة،  كما تعتقد القراءات المشوهة لكتابات سمير أمين، بل توظيف العوامل الخارجية المتحكمة في التنمية المبتورة والتي ترعاها الإمبريالية لصالح تنمية ممركزة على الذات. في ما يخص الدول الصاعدة المعروفة بالبريكس(BRICS) ، يرى سمير أمين أنه على الرغم من أن هذه الدول قد حققت معدلات نمو مرتفعة ودائمة مكنتها من التصنيع إلا أنها لم تتمكن من القضاء على أحزمة الفقر والتهميش لأنها عجزت عن فك الارتباط مع الاستقطاب والتوسع اللذين تفرضهما الدول الإمبريالية. صنف أمين هذه الدول، قبل أن يظهر مفهوم الصعود، على أنها أنصاف أطراف ( semi-périphéries ) وبالتالي فهي لن تمشي أبعد مما وصلت إليه اليوم. أما الصين, يعتقد سمير أمين, فإنها تمكنت من فك الارتباط في مرحلة بناء الإشتراكية كسيرورة ثورية، واليوم، هذا البلد الذي وظف تكتيكيا مفهوم السوق، في ظل اشتراكية السوق وليس رأسمالية السوق الاجتماعية، هذا المفهوم المزيف، قد أفلح ( أي الصين) في تحقيق الكثير من المكاسب الإستراتيجية كقوة عظمى عالميا. يبقى الآن، لمواجهة الثالوث ( الولايات المتحدة الأمريكية، الاتحاد الأوربي، اليابان) تكثيف الجهود بين هذه الدول ( أي البريكس ) ودول أخرى من الأطراف.
بعد هذه الرحلة الفكرية الحاسمة في مسيرة سمير أمين المعرفية، التي ركز فيها على سيطرة الاقتصاد في ظل الرأسمالية القائمة بالفعل (مقارنة مع أنماط الإنتاج الخراجية السابقة على الرأسمالية التي سيطر فيها القانون والسياسة) أي سيطرة "قانون القيمة المعولم" (وهو عنوان مؤلف سمير أمين، 2011)، دخل حسن رياض ( وهو الاسم المستعار لسمير أمين، الذي يرافق الكثير من كتاباته منها "مصر الناصرية"،1964) مرحلة جديدة ربط فيها بين التأليف والبحث والممارسة وتكثيف الاحتكاك بالواقع أكثر والعمل على تغيير الأوضاع من خلال تعبئة الحركات الاجتماعية والشباب والتنسيق مع مختلف فئات المثقفين والفنانين والمناضلين المستقلين وليست الأحزاب والنقابات التي شاخت وانتهت ( راجع سمير أمين "الاضطراب الكبير : الحركات الإجتماعية في الاقتصاد-العالم"، مؤلف جماعي مع أندري غوندر فرانك وجوفاني أريغي و إيمانويل فالارشتاين، 1991). من هذه الزاوية، يكون سمير أمين قد بدأ بما انتهى به كارل ماركس وانتهى بما بدأ به صاحب " البيان الشيوعي "  و "رأس المال "  أي أن ماركس انتهى بالاقتصاد وبدأ بالسياسة في حين أن صاحب "التراكم على الصعيد العالمي" و "نقد التمركز الأوربي"، 1988 ، قد بدأ بالاقتصاد وأنهى مسيرته الفكرية بالسياسة على أنه عند الرجلين لم يكن الاقتصاد والسياسة في صورتيهما الخالصتين بل ربط الإثنين عضويا كونهما يتفاعلان ويتأثران ببعضهما البعض في حركة جدلية مع عوامل أخرى لا تقل أهمية بل لها نفس الوزن في تغيير الأوضاع، يتعلق الأمر هنا بالأيديولوجية والقانون والثقافة ( راجع سمير أمين " نحو نظرية للثقافة"، 1994).مع الإشارة هنا أن سمير أمين قد انتقد بشكل مستفيض حركات الإسلام السياسي والحركات الدينية بشكل عام واعتبرها شكلا من أشكال التمركز الأوربي لكن في صيغة تمركز معكوس (انظر أمين "الحداثة، الدين، الديموقراطية"،2007، و" في نقد الخطاب العربي الراهن"، 2015).
لم يكن سمير أمين ذلك المثقف الذي يعيش في برجه العاجي في عزلة عما يجري حوله مكتفيا بنقش الأفكار والمفاهيم على دفاتره من أجل التسلية لكن كان ذلك المثقف العضوي المستقل وليس الحزبي الذي يقوم باختبار النظريات التي ينحثها من خلال قراءة ذكية للواقع عبر إعداد النماذج والبرامج الاقتصادية القابلة للتطبيق التي تتكلف بإعدادها فرق بحث متعددة الاختصاصات مكونة من أفضل الخبراء في شتى المجالات وعلماء الاقتصاد السياسي و علماء السياسة وعلماء الإجتماع المدافعين عن قضايا الشعوب المستغَلة والذين يشتغلون في أرقى المعاهد والمنتديات (راجع أدناه)، التي كان يشرف عليها اقتصادي العالم الثالث، الراحل سمير أمين.هذه الأعمال البحثية التي تقرأ الواقع بما فيها لغة الأرقام كانت تسعف، هذا الإقتصادي الكبير الذي اختار معالجة القضايا الكبرى، لمتابعة جدلية النظرية والممارسة : فبعد حصول سمير أمين على شهادة الدكتوراه ودبلوم عالي في الإحصاء والرياضيات الإقتصادية (وهو المتخرج بتفوق من الأقسام التحضيرية في الرياضيات العليا من الليسي الرفيع المستوى، ليسي هنري لوكران بباريس) فضلا عن حصوله على دبلوم معهد الدراسات السياسية لباريس والتبريز في الإقتصاد، التحق بالمؤسسة الاقتصادية بمصر العربية في 1957 كخبير ومعد برامج اقتصادية و تنموية، كما عمل مستشارا لدى العديد من الحكومات الإشتراكية بدول إفريقية. في 1970، أصبح سمير أمين مديرا لمعهد التنمية الاقتصادية والتخطيط IDEP))، التابع لمنظمة الأمم المتحدة، بداكار بالسنغال  حتى سنة 1980. تخلى أمين عن إدارة هذا المعهد وأنشأ منتدى العالم الثالثFTM)) بنفس المدينة ( أي داكار)، الذي اشتغل به بشكل مكثف مع ثلة من الخبراء والعلماء وبقي رئيسا له حتى رحيله، فضلا عن مساهمته بشكل بارز في عدة مؤسسات دولية و جهوية كمجلس تنمية بحوث العلوم الإجتماعية في إفريقيا المعروف بالكودسريا (CODESRIA) . لم يكتف سمير أمين بهذه الإسهامات الكبيرة بل كان يشارك باستمرار وبكثافة في جمعيات ومنتديات دولية و جهوية أخرى كالمنتدى العالمي للبدائل الذي كان من مؤسسيه وكان يرأسه والمنتدى الإجتماعي العالمي (هذا المنتدى الذي انتهى مع كامل الأسف بسبب اختراقه من طرف اللصوص ) الذي كان من مؤسسيه كذلك، التي تسعى إلى تعبئة الشعوب ومنها على وجه الخصوص شعوب دول الجنوب وتوعيتها على أنها مدعوة لتكون جبهة أممية مناهضة للأنظمة المستبدة والدول الإمبريالية، هذه الأخيرة التي توظف على المستوى الاقتصادي احتكارات القلة المعولمة التي تؤمن أربعة أخماس من ثروة المعمور لصالح الإمبريالية الجماعية التي تقودها الولايات المتحدة الأمريكية.
بموازاة هذه المشاريع الفكرية الضخمة والشاقة في نفس الوقت، انكب سمير أمين على العمل في مشروع بحثي معقد للغاية والذي تتفاداه المدارس الأكاديمية الليبرالية والمدارس التي تصنف نفسها يسارا. يتعلق الأمر بإعادة النقاش من جديد في جدلية الثقافي والسياسي لتطوير منهج المادية التاريخية مؤكدا في هذا الباب أن المعضلة الكبيرة في الحضارة الإنسانية الراهنة هي هيمنة الثقافة الرأسمالية التي أدت إلى إخضاع كل شيء إلى قانون القيمة المعولم أي عالم البضاعة من خلال تسليع كل مجالات حياة البشر ولو أدى ذلك إلى إبادة الشعوب لضمان استمرار التراكم الرأسمالي وتركيز الثروة في يد مجموعات قليلة من سكان العالم على حساب الأغلبية الساحقة. للخروج من هذا المأزق، يدعو سمير أمين إلى العمل على إخضاع السياسة للثقافة عوض إخضاعها للاقتصاد أي إحلال هيمنة الثقافة محل هيمنة الإقتصاد. مما يستدعي، يقول أمين، ضرورة اضمحلال قانون القيمة على المدى البعيد في أفق الانتقال إلى الإشتراكية، وهي طوباوية اليوم، يقول سمير أمين، التي تصبح غدا واقعية (راجع سمير أمين " نقد روح العصر"، 1997 و" الأممية الخامسة" ، 2006 و "ثورة أكتوبر المجيدة"،2017). لكن تحويل الطوباوية إلى واقعية يجب أن يرافقه، يقول صاحب نظرية "المركز والأطراف" العمل على مناهضة كل أشكال الظلم والاستغلال والانتهازية والانحراف بدءا بمناهضة الرأسمالية الأوليغارشية التي تحولت إلى بربرية دون حدود ومناهضة الأنظمة الاستبدادية.
سمير أمين، مدرسة فكرية في الاقتصاد السياسي أي دراسة الإقتصاد في كل تجلياته في ظل الرأسمالية القائمة بالفعل أي نمط إنتاج روح العصر. قام سمير أمين، كما فعل كارل ماركس، بقراءة الواقع من خلال تفكيك الاقتصاد الذي تلتقي عنده كل الأنشطة الاجتماعية الأخرى ( السياسة، القانون، الإيديولوجية، الدين، الثقافة، إلخ). للأسف الشديد، تعتقد الكثير من القراءات السطحية للماركسية أن قراءة الواقع من هذه الزاوية هي قراءة اقتصادوية  (lecture  économiciste)  أي إخضاع كل مناحي الحياة البشرية للاقتصاد. هذا موضوع قد أسال الكثير من المداد وقتها. دراسة الاقتصاد السياسي، كما يراه سمير أمين، يخضع لمنهج المادية التاريخية، يكون الاقتصاد في ظل الرأسمالية القائمة بالفعل، وليس في ظل أي نظام اجتماعي آخر، مرآة لمعرفة الأنشطة الأخرى للمجتمع (السياسة، القانون، الثقافة، إلخ) أي كيف تمارس هذه الجوانب من خلال الإقتصاد في مجال دفاع الأشخاص والجماعات عن مصالحها. ساهم سمير أمين بهذه المشاريع الفكرية والسياسية الكبيرة لأجل العدالة والحرية والتحرر. أكيد أنها مشاريع المستقبل التي حققت الكثير من المكاسب، لكن يلزم على الأحرار صيانة هذه المشاريع المجتمعية وتطويرها في أفق أن يسود المجتمع المنشود.
سمير أمين لعب دور المثقف الرسولي من أجل فهم الواقع والعمل على تغييره، كما عبر عن ذلك كارل ماركس. وقد نجح هذا المفكر الأممي الكبير ببراعة فائقة في هذه المهمة الشاقة والصعبة في النظرية والممارسة.

)نشر هذا المقال بجريدة المساء ليومي  18 و19 غشت 2018).



LA QUESTION PALESTINIENNE : LE PLUS " GRAND CASSE " DU SIECLE


Pr. Abdelmoughit B. TREDANO
Professeur de science politique et de géopolitique
Université Mohamed V. Rabat.


Le « contrat du siècle » exécuté par étapes
L’objectif des Occidentaux et de certains pays arabes (ceux du Golfe+ la Turquie) liquider définitivement la question palestinienne.
Moyens : tous les moyens y compris l’installation du chaos.
Ce chaos a été recherché voire planifié depuis les années 80 ( Bernard Lewis) et les années 2000 avec la Secrétaire d'Etat américain Condoleezza Rice (le Grand Moyen-Orient) ; l’idée de provoquer des guerres entre les pays arabes, de préférence avec coloration ethnique, a été pensée justement pour créer ce chambardement ethnique, religieux et territorial au Moyen-Orient.
Le printemps arabe a été suscité en partie pour en arriver là ; la guerre civile en Syrie et l’émergence de Daech ont présenté des outils précieux pour ce plan machiavélique.
Aujourd’hui, depuis l’arrivée de Trump à la présidence américaine, ce plan est mis en œuvre et décliné, entre autres, en 5 actes :
Reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël par les Américains, transfert de leur l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, la mise en place du nouvel axe Tel-Aviv avec composante arabe du golfe…, l’adoption de la loi sur le caractère juif de l’entité sioniste, la suppression des crédits américains à l’UNRWA , voilà quelques ingrédients de ce plan .
Le tout a comme objectifs : d’en finir avec la solution à 2 Etats et l’idée du retour des réfugiés et donc d’en finir une fois pour toute avec la question palestinienne.
Avant d’en arriver là, il a fallu plus d’un siècle d’agression occidentale contre les peuples du Moyen-Orient (Robert Fisk, La grande guerre pour la civilisation).
Et un siècle de propagande médiatique, culturelle et historique.
En effet, l’histoire a été sollicitée pour couvrir la plus grande arnaque de l’histoire du XXème siècle.
La seule difficulté pour ce plan c’est la résistance du bloc Iran, Syrie, Irak et Hesbollah avec le parrainage des Russes.
Pour en finir avec une certaine histoire
Pour justifier l’occupation de la Palestine et l’annexion de la ville Al Qods les Israéliens recourent souvent à l’Histoire. Ils étaient là il y a 3000 ans, clament-ils sur tous les tons et sous tous les cieux terrestres et célestes.
Ils n’ont fait que revenir sur leur terre promise !!
Que peut-on dire face à un argument qui parait imparable ? !!
Justifier une revendication territoriale sur la base religieuse est fortement contestable.

Pourquoi ?
Pour une raison de droit liée à la décolonisation et même à l’histoire !! Du moins la plus récente.
Dans un éditorial récent, intitulé ֞Dieu est-il diplomate ?(8 décembre 2017) répondant à un propos de l’ambassadrice israélienne en France,le directeur de Libération Laurent Joffrin vient de de leur rappeler qu’on ne peut fonder la diplomatie et la politique sur la bible ou toute autre texte sacré.
Bien plus, il a été jusqu’à lui contester les prétentions historiques sur l’existence du temple, chose que beaucoup d’historiens et d’archéologues israéliens contestaient déjà depuis quelque temps.
Ce n’est pas un antisémite encore moins un antisioniste qui le dit, mais un journaliste français aguerri et rangé !!
Si chaque entité étatique ou peuple fonde ses prétentions territoriales sur des convictions religieuses et/ou de l’histoire ancienne, beaucoup d’empires revendiqueraient tous les territoires qu’ils avaient au nom de la religion ou de la force..
Le Romain le premier, le perse et puis celui que le monde arabo-musulman a réussi, en peu de temps, à conquérir sur les trois continents.
Les tous derniers, ceux de deux puissances européennes au 19ème siècle, le français et le britannique où le soleil ne se couchait pas.
Notre propos n’est pas de se placer sur ce registre qui reste très compliqué et controversé.
En tous cas, ce qui est sûr c’est que la décolonisation et le processus d’indépendance et de libération des peuples a été fondé sur le droit et non pas sur de prétentions d’ordre biblique.
Même le premier des premiers ministres israéliens, Ben Gourion , a fondé sa déclaration d’indépendance sur le droit, même si la dimension religieuse ne manquait pas[1]. .
Ce n’est pas une résolution (très contesté à plus d’un titre : voir infra) qui avait proposait le partage (191 du 29 nov. 1947) ?
Ce n’est pas une résolution 273 du 11 mai 1949 de l’Assemblée générale (très contestée : pression américaine – déjà- sur des Etats latino pour qu’ils votent en faveur du texte) qui a permis l’admission d’Israël ?
La situation de la Palestine doit donc être traitée selon les dispositions du mandat et de la charte de l’ONU qui avait remplacé le système de mandat par celui de la Tutelle ; les deux textes et toute la littérature de l’ONU en cette matière prévoient l’indépendance à la population qui occupait le territoire objet de la domination coloniale.
Il se trouve, que les Palestinienes constituaient 90 % de la population dudit territoire au début XX ème siècle. Et qu’ils étaient encore majoritaires au début de la création d’Israël 1947/48.
Et si le Royaume Uni avait d’opéré le changement relatif à ce territoire qu’exigeait la charte onusienne et organisé la consultation que lui imposaient les textes, la Palestine serait restée palestinienne et peut être il n’aurait pas eu de conflit israélo- palestinien !
Voilà pour l’histoire et la religion quant aux prétentions territoriales israéliennes.
Qu’a fait la communauté internationale depuis le début de la tragédie palestinienne à la suite des accords de Seys-Picot et la déclaration Balfour (1916 /1917)
Les impairs et péchés de la communauté internationale
La question palestinienne a au moins 70 ans en tant que conflit dominant au Moyen-Orient ; il s’agit avec le Cachemire (objet de tensions entre Indiens et Pakistanais) un des plus vieux conflits au monde.
On est en droit de se poser une légitime question sur cette longévité.
Pourquoi la communauté internationale n’a pas cherché ou du moins réussi depuis le plan du partage (29 novembre 1947) à imposer une solution durable et juste dans cette région du monde. Et pourtant, dans le cas d’espèce, la nature de conflit est limpide (un cas de colonisation), le droit depuis la résolution 181 de l’ONU est favorable aux palestiniennes.
Et alors pourquoi un tel enlisement ?
La richesse de la région (64 % des réserves mondiales de pétrole) et son importance géopolitique (carrefour de navigation) ont fait que les puissances occidentales dont les besoins en hydrocarbures sont énormes, ont plutôt cherché par TOUS les moyens (installations de bases militaires, pactes régionaux, coups d’état, intervention directes) à dominer le Moyen-Orient.
Ce qui explique, en partie, la permanence de ce conflit.
La question qui se pose, a-t-on le droit, sous prétexte d’intérêts purement et bassement matériels et de considérations cyniques, de priver un peuple de sa terre et de son droit à l’existence.
Il est vrai que dans les rapports internationaux, il n’y a pas de place aux sentiments.
Le secrétaire d’Etat John Foster Dulles, aurait dit dans les années 50 :
« Que l’Amérique n’a pas d’amis permanents, ni d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts permanents ».
Et pourtant a-t-on l’ obligation de ne pas revendiquer un minimum d’éthique et plus précisément de se mobiliser pour créer une sorte de conscience universelle autour des questions justes et les imposer dans l’ordre international et ce malgré les rapports de force géopolitiques mondiaux qui sont défavorables aux luttes de libération nationale du moins pour le cas palestinien [ 2].
C’est cette injustice commise à l’encontre de ce peuple depuis un siècle qu’il s’agit de dénoncer. Elle s’est traduite, entre autres, par la commission d’au moins 7 impairs politiques et juridiques inqualifiables.
1. Premier impair
Le 2 Novembre 1917, le ministre des affaires étrangères britanniques, Arthur James Balfour a fait une déclaration promettant un foyer national juif [2] en Palestine.
Au nom de quoi le Royaume –Uni fait une telle promesse ?
Il n’était ni puissance occupante (occupation devenue réelle en décembre 1917 et pas encore une puissance mandataire (il l’est devenu en 1922).
C’est là où réside le péché originel de la question palestinienne. C’est à partir de cette missive envoyée à Lord Lionel Walter Rothschild que le drame palestinien a commencé.
Depuis, un siècle durant, la communauté internationale occidentale a conduit une politique agressive contre les peuples arabes de la région et le palestinien en particulier. Le journaliste britannique Robert Fisk, un fin connaisseur de la région et dont la crédibilité est incontestée et incontestable, a parlé de guerre de civilisation [3].
2. Deuxième impair : le mandat, une usurpation historique
Au lendemain du premier conflit mondial, et suite au dépeçage de l’empire ottoman, le Moyen-Orient a été confié aux deux puissances dominantes de l’époque en l’occurrence le Royaume-Uni et la France. La Palestine historique a été remise au Royaume-Uni, dans le cadre du mandat créé par la SDN [4].
Pour faire court, ce système consiste à ce que la puissance mandataire administre le territoire dans la perspective de permettre à la population locale d’apprendre à s’autogouverner et accéder à l’indépendance une fois le niveau requis était atteint !
Cette accession devait avoir lieu à la suite d’un référendum ; c’était l’esprit du mandat. Surtout que le territoire de la Palestine faisait partie de la catégorie A autrement dit un territoire très évolué qui avait vocation à l’indépendance.
Le déni de justice réside dans le fait que les rédacteurs du mandat ont introduit un extrait de la déclaration de Balfour qui prévoyait la création d’un foyer national juif !
Comment peut –on à la fois prévoir un foyer national juif et prendre en considération les vœux de la population autochtone qui était majoritairement palestinienne jusqu’à ‘à la création de L’Etat d’Israël en 1948 ?
3. Troisième impair
Les années 30, l’Historien Arold Toynbee a estimé que l’encouragement du Royaume-Uni de l’émigration juive était une des principales causes du drame palestinien.
Voici ce qu’on peut lire dans un document, d’ailleurs fort intéressant de l’ONU sur la question palestinienne, le point de vue de l’Historien :
« Toynbee qui, avant d’atteindre la célébrité comme historien, s’était occupé directement du mandat sur la Palestine au Foreign Office britannique »
« Tout au long de ces 30 années, la Grande-Bretagne (a admis) en Palestine, année après année, un quota d’immigrants juifs qui variait en fonction des pressions exercées par les Arabes et les juifs respectivement. Ces immigrants n’auraient pu entrer s’ils n’avaient pas été protégés par des barbelés britanniques. Si la Palestine était restée sous la domination Turque ou si elle était devenue un État arabe indépendant en 1918, les immigrants juifs n’auraient jamais été admis en Palestine en nombre suffisant pour leur permettre de submerger les Arabes palestiniens dans leur propre pays. Si l’Etat d’Israël existe aujourd’hui, si aujourd’hui 1.500.000 Arabes palestiniens sont des réfugiés, c’est parce que pendant 30 ans, la puissance militaire britannique a imposé aux Arabes palestiniens l’immigration juive jusqu’à ce que les immigrants soient suffisamment nombreux et bien armés pour se défendre eux-mêmes avec leurs propres blindés et leurs propres aviations. La tragédie palestinienne n’est pas seulement une tragédie locale. C’est une tragédie qui concerne le monde entier parce que c’est une injustice qui menace la paix du monde. » [5]
4 4ème et 5ème : Le quatrième et cinquième impair : Droit du peuple palestinien à disposer de lui-même, la déclaration de Balfour et le mandat britannique.

L’ONU créé un Etat, ce qui est jusqu’à présent une première au monde, et la puissance mandataire ne transforme pas le mandat en Tutelle [6] comme le prévoit la charte onusienne :
« Au sujet de la question fondamentale de l’autodétermination l’UNSCOP fit observer:
En ce qui concerne le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, s’il a été internationalement reconnu à la fin de la première guerre mondiale, et s’il a été admis en ce qui concerne les autres territoires arabes à l’époque de la création des mandats « A », il ne s’appliquait pas à la Palestine car on avait sans doute l’intention de permettre la création d’un foyer national juif dans ce pays. En fait, il est permis de dire que le foyer national juif et le mandat conçu spécialement pour la Palestine vont à l’encontre de ce principe. »[7]
De 1917 à 1947 la population palestinienne a été condamnée à trois reprises : la déclaration de Balfour ne devait pas être faite parce que non-fondée, un mandat de la SDN détourné de sa finalité et une puissance mandataire qui refuse de transformer le mandat en tutelle et contribue avec l’ONU à la création de l’Etat d’Israël.
6. Le sixième impair : Le peuple palestinien est réduit à des réfugiés
Après avoir contribué à la création d’un Etat en l’occurrence Israël, refusé toute action à l’encontre de l’ Etat mandataire à savoir la Grande-Bretagne qui n’a pas voulu ou pu respecter la charte de l’organisation mondiale qui exigeait la transformation du statut de la Palestine de mandat à Tutelle, l’ONU réduit le peuple palestinien à des réfugiés dans les termes de la résolution 242 du 22 novembre 1967.
Il n’est pas inutile de rappeler les dispositions les plus importantes de ladite résolution :
1.    Affirme que l'accomplissement des principes de la Charte exige l'instauration d'une paix juste et durable au Proche-Orient qui devrait comprendre l'application des deux principes suivants :
a.    Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ;
b.    Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces ou d'actes de violence ;
2.    Affirme d'autre part la nécessité
a.    De garantir la liberté de navigation sur les voies d'eau internationales de la région ;
b.    De réaliser un juste règlement du problème des réfugiés ;
c.    De garantir l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique de chaque État de la région, par des mesures comprenant la création de zones démilitarisées ;
d.    Ce n’est pas seulement ce déni de justice qui est commis, mais en plus on relève que la version française et anglaise de la résolution ajoute la confusion à la confusion et permet à Israël de refuser de se retirer des territoires ; ainsi « Israël réclame ainsi des négociations directes avec les pays arabes et refuse de se replier sur les frontières d’avant la guerre des Six Jours.
e.    Pour justifier son action, le gouvernement s’appuie sur la version anglaise du texte de la résolution (le texte a été rédigé en anglais et en français, les deux langues officielles de l’ONU en 1967) qui parle d’un retrait israélien « de territoires occupés » (« from territories occupied in the recent conflict »), ne précisant donc aucunement de quels territoires il s’agit (« from ‘the’ territories » aurait précisé l’origine des territoires), reniant ainsi la version française qui est nettement plus contraignante et qui parle « des territoires occupés lors du récent conflit ».[8]
Non seulement l’ONU n’apporte aucune contribution déterminante, en dehors de l’ensemble de la littérature et des résolutions relatives à la question palestinienne, quant à une véritable solution, elle complique les possibilités de paix en adoptant une telle résolution.
7. Le septième impair : Une guerre de civilisation
Comme on l’a déjà signalé, l’Occident a conduit une guerre de civilisation [9] contre le monde arabe, ce n’est pas un slogan c’est une réalité objective depuis les accords de Sykes–Picot et surtout depuis 1945.
Durant la première étape c’était les puissances européennes notamment française et anglaise et après le deuxième conflit mondial les Américains ont pris le relai.
On ne fera pas l’histoire de ce conflit [10], mais on signalera les quelques faits de l’allié d’Israël le plus important à savoir la puissance américaine.
On citera quelques exemples de faits commis et d’attitudes adoptées par les autorités américaines.
Les 2 résolutions de 1975 et 1991 : la résolution la plus courte [11]
Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale de l’ONU adopta la résolution 3379[12], assimilant le sionisme à une forme de racisme.
Il semble que la mission permanente américaine auprès de l’ONU a fait de son abrogation un objectif prioritaire dans la mesure où pour ce faire elle a toujours procédé au dépôt systématique de projets de résolution successifs devant l’instance onusienne.
Elle a pu le faire en 1991 par le biais de la résolution 4686 ; il s’agit "de l’une des résolutions la plus courte de l’histoire de l’ONU " [13] ; elle a été libellée en ces termes "L’assemblée générale décide de révoquer les dispositions contenues dans sa résolution 3379 du 10 novembre 1975."
Le contexte de la fin de la guerre froide, le début de processus de solution au Moyen-Orient (la conférence de Madrid, la victoire sur le président irakien Saddam Hussein et les perspectives du nouvel ordre international ont facilité, dans une certaine mesure, l’adoption de telle résolution.
Les déclarations des dirigeants américains, souvent excessives voire démesurées et agressives à l’encontre du monde arabe et de la question palestinienne ne se comptent pas ; on peut en citer quelques-unes :
* A une question relative à la mort de 500 000 enfants irakiens à la suite de l’embargo contre l’Irak décidé depuis 1991, Madeleine Albright avait affirmé que « ça valait la peine.» !![15]
*Le secrétaire d’Etat à la défense, Donald Henry Rumsfeld dans une réunion avec ses collaborateurs avait parlé « de territoires prétendument occupés » [16] en désignant les territoires palestiniens.
Le très «controversé" [17] ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a considéré que les « colonies font partie d’Israël » [18] !!
Les présidents américains ne sortent pas du lot ; malgré son discours du Caire (1909) le président Obama ne fait pas exception ; sa promesse faite devant l’Assemblée générale de l’ONU en 2010 [19] de la création d’un Etat palestinien dans un délai d’un an. .En effet, un an après, cette promesse s’est vite évaporée dans son discours fait dans la même enceinte [20]
Les plans de partage concocté par " l’historien" Bernard Lewis et la secrétaire d’Etat américain Condoleezza Rice s’inscrivent dans la même stratégie d’endiguement de toute velléité de révolte et d’émancipation des peuples arabes et palestinien.
Enfin, et non la moindre, la décision du président américain Trump sur Jérusalem
En effet, il s’agit d’une demande lancinante du congrès américain visant à soutenir le transfert de la Capitale d’Israël de Tel-Aviv à Jérusalem et ce depuis 1995[14].
Tremp « se trompe » d’époque
La permanence du soutien américain à Israël vient d’être rappelé à ceux qui doutent en encore ou s’apprêtent à pactiser avec Tel Aviv !!
Le président américain Trump, dans une déclaration, vient de décider que Jérusalem est la capitale d’Israël et qu’il compte transférer son ambassade dans la ville sainte.
Pourquoi la décision du président américain intervient aujourd’hui ;
Quelles en sont les raisons ?
Les raisons sont nombreuses mais on peut en citer quelques-unes,sans revenir à la longue histoire de ce conflit depuis 1917, on pourrait se contenter de celles liées à l’actualité récente :
Ø Depuis le printemps arabe, la question palestinienne a presque disparu des agendas internationaux
Ø Le monde arabe est dans un état plus que piteux et désastreux ; il ne peut rien dans la mesure où une partie a montré sa prédisposition à la traitrise .L’Arabie Saoudite, Qatar et EAU… en tête et d’autres.
Ø Les victoires des Iraniens, Irakiens, Syriens et Hezbollah avec le soutien des Russes contre le groupe occidental, les pays du golfe et la Turquie ne sont pas étrangères à telle décision ; elle revêt à la fois un aspect de diversion (fragilité interne du président ) et de détermination et ce pour essayer de peser sur les acteurs victorieux dans la région ; Daech a été créé pour détruire la région. L’objectif n’est pas totalement atteint. Sykes-Picot II n’est pas encore, du moins pour le moment, pour demain.
• Le soutien occidental à l’entité israélienne (et aux Juifs avant) n’est pas nouveau ; depuis 1917 c’était la constante. Le journaliste anglais Robert Fisk,, un grand connaisseur de la région, parlait de guerre de civilisation.
La reconnaissance américaine n’est pas seulement formelle (n’est pas un changement d’adresse) mais revêt un aspect quasi civilisationnel sans être religieux. L’Occident, ou du moins certains milieux belliqueux voire criminels, veut en faire un conflit religieux.
Cette stratégie de containtment occidental, américano-israélien s’assignait comme objectif d’éliminer toute velléité de libération et d’émancipation des peuples de la région.
D’aucuns diraient la théorie du complot que clament les Arabes chaque fois qu’ils sont défaits ; la géopolitique régionale et la réalité objective anciennes et actuelles l’emportent sur les dénégations hypocrites du monde occidental.
L’épisode de Daech en est la dernière illustration et la position de Trump sur Jérusalem ne trompe personne.
L’ONU, Trump et Jérusalem : les déboires d’un président
Le 18 décembre 2017, au sein du Conseil de Sécurité 14 Etats , y compris les plus proches alliés des USA à savoir la France et le Royaume Uni, ont condamné la décision du président américain ; grâce à leur véto la résolution n’a pas été adoptée.
Quelques jours plus tard, au sein de l’Assemblée générale de l’ONU le désaveu a été sans nuance : 128 pays ont voté la résolution, 35 se sont abstenus et à peine 9 ont voté contre ; on y relève quelques iles et des petites Etats en plus d’Israël et des Etats Unis. La plus grande puissance au monde est désavouée par la majorité de la communauté internationale et ce malgré les menaces proférés, sans vergognes, par la représentante américaine à l’ONU contre tous ceux qui voteraient pour la résolution condamnant la position américaine.
Stratégie antiterroriste adoptée depuis 2001 par G. Bush Junior la guerre contre l’Irak en 2003.. , islam assimilé à l’islamisme voire au terrorisme, Tout est fait pour détruire le monde arabo-musulman, protéger Israël et liquider la question palestinienne.
Pour les occidentaux : des vérités à savoir et surtout à ne pas évacuer
A l’aune de la situation au Moyen-Orient,
Les musulmans ne doivent pas être assimilés allégrement à des terroristes ou l’islam au terrorisme.
La quasi-totalité des musulmans vivant en Occident pratiquent normalement leur culte.
Les terroristes n’ont rien avoir avec l’Islam.
La majorité des terroristes vient de la délinquance et ignore tout de l'islam.
Les conditions socio-économiques de cette minorité ne peuvent pas, à elles seules, expliquer leur comportement innommable.
La situation au Moyen-Orient (le sort réservé au peuple palestinien depuis au moins 70 ans) peut expliquer ou du moins être utilisé par la propagand djihadistes comme prétexte et support de mobilisation.
Et en dépit de tout, la géopolitique moyen-orientale ne doit pas être évacuée (pétrole et sécurité d'Israël…).
Le dérapage de cette minorité peut aussi s'expliquer par l'absence de la mutation de l'islam.
Rappelons que l'Europe a eu ses guerres de religion il y à peine 2 siècles et demi.
Rappeler et expliquer n'est pas justifier.
Le monde musulman vit deux temporalités ; il faudrait qu'il ajuste l’Islam rêvé et idéalisé aux exigences du temps moderne.
Les puissances occidentales, les pays pétroliers (l’Arabie et le Qatar) et les frères musulmans d'Égypte, du Qatar et de la Turquie créateurs et sponsors de Daech doivent rendre des comptes à la communauté internationale et s'expliquer devant l'histoire.
Marrakech le 4 septembre 2018
*Ce papier a été présenté lors de notre symposium international sur la Palestine , organisé le 1,2 et 3 novembre 2017 ; il a été actualisé en 2 temps à l’aune des récentes péripéties du Moyen-Orient .
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[1] Extrait de la proclamation d’indépendance d’Israël faite le 15 mai 1948 « Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies adopta une résolution prévoyant la création d'un Etat juif indépendant dans le pays d'Israël et invita les habitants du pays à prendre les mesures nécessaires pour appliquer ce plan. La reconnaissance par les Nations unies du droit du peuple juif à établir son Etat indépendant ne saurait être révoquée ».
[2] Rappelons que depuis 1945, année de création de l’ONU , plus de 120 entités coloniales ont accédé à l’indépendance et exercé le droit des peuple à disposer d’eux- même mainte fois proclamé et appliqué par l’Organisation mondiale. Sauf pour les Palestiniens ! 
[2] Voir le texte en annexe.
[3]-Robert Fisk, « La grande guerre pour la civilisation. L’Occident à la conquête du Moyen Orient », La découverte, 2007, 956 pages.
[4] Voir quelques extraits du mandat en annexe.
[5] Nations Unies – La Question Palestinienne, 1979, p.33.
[6] Sur le système de Tutelle institué par l’ONU voir infra le développement sur la décolonisation.
[7]Nations Unies – La Question Palestinienne, 1979, p.19
[8]Les Clefs du Moyen-Orient
[10] Voir supra et aussi la chronologie en annexe[11] http://www.akadem.org/…/--3-resolution-de-l-ONU-assimilant-…
[12] https://www.egaliteetreconciliation.fr/1991-l-ONU-revoque-l…;
[13] http://www.akadem.org/…/--3-resolution-de-l-ONU-assimilant-…
[14] http://www.lepoint.fr/…/transfert-de-l-ambassade-americaine…
[15] https://www.youtube.com/watch?v=UMMADsYEuqk
[16] Eric Laurent " Les Guerres des Bush " , op. Cit., p. 135
[17] http://www.lapresse.ca/…/01-5098109-le-nouvel-ambassadeur-a…
[18] http://www.lemonde.fr/…/l-ambassadeur-americain-estime-que-…
[19] "Le conflit entre Israéliens et Arabes est aussi vieux que cette institution, a-t-il rappelé. Et nous pouvons revenir l'an prochain, comme nous le faisons depuis soixante ans, et faire de longs discours." …. "Quand nous reviendrons l'an prochain, nous aurons un accord qui nous amènera à accueillir un nouveau membre des Nations unies : l'Etat souverain de Palestine vivant en paix avec Israël",
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/…/barack-obama-espere-une-palestine-a…
[20] http://tempsreel.nouvelobs.com/…/palestine-les-contradictio…

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