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Culture et patrimoine des nomades par Pr. Mohamed Mahdi



Culture et patrimoine des nomades

Les Bni Guil du Maroc Oriental 

Pr. Mohamed Mahdi  - Ed. Dar Assalam – Rabat. 2018 



Extraits de l’introduction

Cet ouvrage est une contribution à la connaissance de la culture et du patrimoine des nomades du Maroc Oriental.

Les nomades de l’Oriental font partie d’un univers de pasteurs qui ont essaimé dans diverses régions du monde. Mais ils sont particulièrement plus proches des nomades du Sahara du Sud du Maroc et des Baydanes de la Mauritanie dont ils partagent de nombreux traits culturels que Feu P. Bonte a nommé ‘’ culture de la Bâdiya’’ traduisant les valeurs attachées à l’élevage et au nomadisme.

Au Maroc, le nombre des nomades va en se rétrécissant. Mais comme leurs homologues partout ailleurs, les nomades du Maroc vivent actuellement dans un monde globalisé, sont aux prises avec la modernité et subissent l’influence de la culture mondiale. Mais les nomades tiennent encore bon, perpétuant sous des modalités diverses et variables un mode de production pastoral, un genre de vie nomade et la culture qui leur est associée. Ils maintiennent ainsi des formes sans cesse renouvelées d’un nomadisme fort éloigné de tout modèle qui le substantialise.

L’ouvrage traite des processus de changement et de résistance de cette culture des nomades aux prises avec un monde en constante transformation. Il en restitue les traits saillants et postule que les formes persistantes de cette culture sont dues aux efforts déployés par les nomades pour s’adapter à ce monde. L’ouvrage, focalisé davantage sur les nomades de la confédération des Bni Guil, prolonge nos travaux sur le processus de changement des sociétés pastorales du Haut et Moyen Atlas et dernièrement du Sahara.

Comme dans toute société, la culture des Bni Guil repose sur des fondements matériels et d’autres immatériels d’ordre cognitif et symbolique ; sur des éléments matériels et tangibles et sur d’autres immatériels et non tangibles.

Les fondements matériels de la société des Bni Guil sont représentés par l’élevage pastoral de moutons, de chèvres, de dromadaires, les produits dérivés de cet élevage - la laine, les poils, la viande, le lait, le beurre -, leur transformation, à travers l’art culinaire et l’artisanat, en habitat, la tente, et en divers mets et produits alimentaires conservables, en mobilier, en articles d’habillement et ustensiles de cuisine... C’est la culture matérielle des nomades.

Les fondements cognitifs et symboliques sont représentés, d’une part, par tous les savoirs et savoir-faire consubstantiels au mode de vie dans la steppe et à ses contraintes, comme les techniques d’élevage, les connaissances de la faune et de la flore, du climat et de la météorologie, la médecine et la pharmacopée traditionnelles. Et, d’autre part, par les normes qui régissent la vie sociale et les rapports sociaux, les traditions orales, les coutumes, la langue, les activités rituelles et artistiques comme la musique et la danse et les arts de la table. C’est la culture immatérielle des nomades.

Les aspects de la culture du nomadisme des Bni Guil, dont nous dressons l’inventaire, sont ceux qui font encore partie de la vie ordinaire ou exceptionnelle des hommes et des femmes, ceux qu’on a pu observer et sur lesquels nous avons longtemps enquêtés, la production pastorale et la société, ou auxquels nous avons participé, la vie sous la tente, les réceptions d’hospitalité, ou bien ceux que nos interlocuteurs nous ont relatés, les rites et les cérémonies, et patiemment expliqués, l’architecture de la tente, ou enfin ceux qu’ils ont reproduits devant nous et pour notre plaisir, des recettes et plats cuisinés à l’ancienne. En un mot, ce sont les manifestations du nomadisme encore vivantes dans la pratique, les actes ou la mémoire des pasteurs dont il sera question ici et non de l’essence improbable d’un nomadisme fictionnel.

Les manifestations que nous avions pu recueillir montrent l’extrême richesse de la culture du nomadisme de l’Oriental, sa capacité à s’adapter et à s’inventer pour faire face aux changements. Ce qui nous convainc du caractère sommaire de cet inventaire. Cette culture est l’œuvre combinée des femmes et des hommes nomades, un héritage transmis de génération en génération qui devient un objet patrimonial, le ‘’patrimoine des nomades’’. Mais comment définir ce ‘’patrimoine des nomades’’ sans encourir le risque du réductionnisme et tout en évitant les stéréotypes et l’essentialisme ? Comment envisager sa patrimonialisation dans une démarche connectée aux réalités du pastoralisme nomade ? Ce sont là, certes, des questions incidentes par rapport à l’objet de cet ouvrage mais qui ne peuvent être esquivées ...

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