DE LA LOI DE LA PUISSANCE A LA PUISSANCE DE LA LOI Pr. A. B. Tredano



DE LA LOI DE LA PUISSANCE A LA PUISSANCE DE LA LOI

Pr. Abdelmoughit Benmessaoud Tredano

Pr. de science politique et de géopolitique

Y a-il encore un intérêt à écrire sur les agressions américaines dans le monde ?
Alors que l’on sait que
« Les Etats-Unis ont été en guerre 93% du temps de leur existence depuis leur création en 1776 c’est à dire 222 des 239 années de leur existence »
Extrait d’un article écrit, il plus de 20 ans (22 décembre 1998), à la suite de l’agression américaine en 1998 contre l’Irak Intitulé :

UNE FABLE COUSUE DE FIL BLANC

Pourquoi s’emploie-t- on encore une fois à écrire sur cette énième intervention américaine contre l’Irak ? Ecrire pour démonter exactement quoi ?
Que le droit, dans cette affaire, depuis le 2 août 1990 n’a jamais été respecté. 
Que la morale n’a pas de place dans les rapports internationaux ? 
Que la loi de la puissance est la seule règle dans ce bas-monde ? 
Que l’Europe ne parvienne pas encore à s’autonomiser et avoir, par la communauté d’intérêts, une vision commune dans cette crise devenue au fil des épisodes une véritable tragédie-comédie.


Que les autres puissances telles que la Russie et la Chine gesticulent pour faire semblant ? 

Et pour donner l’impression de faire contrepoids à la domination américaine. Le poids des bombes l’a emporté sur celui des mots. Elles ne peuvent, en fin de compte, que constater leur impuissance face à la toute-puissance américaine.

Que le monde arabe ne compte pas malgré son pétrole ou à cause de son pétrole ?

Que l’ONU, malgré les velléités d’un Kofi Annan, qui a réussi in extremis, et à deux reprises, à faire éviter à la région la logique de la guerre, compte peu dans la gestion de ce conflit. D’aucuns peuvent dire que les choses ne sont pas aussi simples que cela et qu’elles ne sont ni blanches ni noires et que la question est plus complexe que cela. Que le sens de la nuance doit prévaloir, que la modération doit primer sur la propension aux épanchements. Soit.

Mais en observant la différence flagrante de traitement depuis août 1990, dans les deux affaires qui ensanglantent la région celle du Moyen-Orient et celle du Golfe, tout observateur impartial ne peut rester insensible à cette discrimination. Depuis lors, on a crié sur tous les tons que la légalité internationale serait le seul et unique moyen de régulation des conflits et qu’elle serait le seul référentiel dans les rapports internationaux.

Les dès sont pipés

Depuis la conférence de Madrid en 1991, on a proclamé haut et fort le principe de la terre en échange de la paix pour la question palestinienne… Sans faire l’historique des faits qui ont marqué les deux crises depuis le début de décennie, il en ressort que les principes proclamés ont reçu une application différenciée selon qu’il s’agissait des attitudes de Tel Aviv ou de Bagdad. Lenteur, duplicité et mansuétude dans un cas et diligence, zèle et promptitude dans l’autre.

Encore une fois pourquoi prend-on la peine d’écrire sur cette crise lorsque l’on sait que les dés sont pipés. Que les jeux sont réglés par un seul acteur, que les victimes sont les mêmes en l’occurrence la population irakienne. Justement, malgré l’impuissance de l’écriture face à la puissance des missiles, il est nécessaire de témoigner pour dénoncer une duplicité, une hypocrisie, une farce dont la seule victime est encore une fois le peuple irakien. Celui-ci se trouve pris en otage entre une dictature avec laquelle on se complaisait depuis des lustres, et on continue à se complaire, certes, faute d’alternatives, et une impuissance de la « communauté » internationale.

Au moment où on cherche à moraliser les rapports internationaux (l’épisode de Pinochet) en appelant les Etats au respect des droits humains, le principe des droits des peuples à disposer de leur existence et leur destinée, est bafoué par omission et inaction voulues et inavouées et indifférence coupable ou immixtion et intervention flagrantes et déroutantes. Au moment où la puissance de la loi est souhaitée et sollicitée, la loi de la puissance continue à sévir.

Jusqu’à quant ?
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