JE VIS DANS UN PAYS OU... Pr. A. B. TREDANO



Tredano - ALBAYANE

JE VIS DANS UN PAYS OU....

Le souk Hay Hassani, le Conseil et Kafka !!

Humeur

Pr. Abdelmourhit Benmessaoud TREDANO

Professeur de science politique et Géopolitique

Université Mohamed V

1er Aout 2020

Cette humeur a été écrite le 20 janvier 2020 et je me suis abstenu de la publier considérant que le texte avait une connotation    trop pessimiste. La corona aidant, j’ai été conforté dans l’idée du report de sa publication.  

Aujourd’hui, avec trois faits presque concomitants, je me suis décidé à la poster.

L’obsession qui taraudait     mon esprit est toujours là ; que le changement au Maroc relève, peut-être, du domaine de l’impossible. Ou peut-être que ses voies restent encore impénétrables.

Le premier concerne l’épisode, marqué par une sorte de cacophonie et un dysfonctionnement certain, du conseil de la concurrence   et conclu par la constitution, sur initiative royale, d’une commission pour statuer sur les différents projets de décision [1] dudit conseil. Il   montre si besoin est que la question du monopole et des rentes n’est pas encore   prête pour être traitée par le droit.

Les intérêts des lobbies et des grands possédants sont presque intouchables. Il faut attendre Godot !!

Deuxième acte, il s’agit de conférence de presse commune, entre 3 dirigeants de 3 partis (Istiqlal, PAM et le PPS) Objet : présenter un mémorandum sur le déroulement des élections électorales prochaines. [2]  

Si entre deux partis (le PPS et l’ Istiqlal) il existe un certain nombre de liens, en raison de leur histoire respective, rien ne prédispose le 3ème (lePAM) à avoir une cohérence politique ou programmatique avec les deux partis dits du mouvement national.

Et Al Abath (l’absurde) continue [3] !!

Personnellement j’étais parmi ceux qui avait  soutenu l’idée d’un rapprochement du PPS avec le PJD au lendemain des élections législatives du 25 novembre 2011.

Aujourd’hui, je n’hésite pas à faire mon mea-culpa. Cette alliance contre-nature, malgré la pertinence de mon argumentaire d’alors, était une erreur ou peut-être le PJD n’a pas su ou voulu être à la hauteur de l’opportunité historique.  Ses dirigeants se sont révélés tout simplement comme des politiques prédateurs sans compétence aucune. C’était un énorme gâchis.

Enfin, l’acte le plus affligeant, et humainement triste et politiquement désespérant, est l’ensemble des scènes qui a marqué le Souk de Rahbat  Hay Hassani à Casablanca  à la veille d’Aid .

Un autre acte non moins grave est celui du vol du matériel, des draps   et tout ce qui est léger et transportable et ayant une valeur par les patients du centre hospitalier de Bensliman   après leur guérison.

La pauvreté et/ou la cupidité n’expliquent pas de tels comportements.  La disparition des valeurs et la déliquescence des rapports sociaux ont atteint un niveau tel que le minimum de cohésion sociale n’est pas là. Et ça dit long sur la solidité de l’entité Maroc.

Après la faillite de l’école, la débâcle sociale et le drame "alimentaire" et symbolique, apparemment il n’y a pas grand-chose encore à espérer.

Il est vrai qu’il ne faut pas le grossir mais il ne   faut pas non plus le sous-estimer.

S'il n'est pas opportun de procéder à une théorisation d'un fait social ponctuel isolé, lié aux circonstances locales du souk, il n'est pas interdit d'y voir un indice hautement symbolique et un symptôme révélateur d'un marasme régnant et d'une sinistrose prégnante.

Il est vrai aussi que les conséquences de plus de trois mois de confinement ne pouvaient que faire le lit de tels comportements.

Mais dire uniquement cela et s’abstenir d’aller plus loin, c’est faire montre d’une naïveté peu excusable et d’une absence de lucidité dans l’appréhension et la compréhension de l’évolution   des faits sociaux et politiques et leur nécessaire interaction. 

Cet acte, avec l’ensemble des manifestations de la crise du pays, est révélateur du marasme général qui y prévaut, lié à la faillite de l’école, du modèle du développement et la crise profonde du politique.

Il n’est pas moins vrai, qu’il s’agit là de trois actes épars qui n’ont aucun rapport direct entre eux.

Conjugués et réunis, inscrits dans le contexte de crise qui prévaut au Maroc au moins depuis 25 ans, ils peuvent être annonciateurs d’une situation peu maîtrisable.

Ces trois faits ne sont que des déclencheurs mais ne résument pas à eux seuls la réalité socio-économique et politique du pays.

Il n’est pas question de jouer aux cassandres, mais il n’y a qu’à observer les contestations et les mouvements de révolte qui ont marqué l’actualité internationale dans une quarantaine de pays, y compris dans les pays développés et démocratiques, à cause de l’injustice sociale et la veulerie et   la faillite du politique et des politiques.

 

 

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Je vis dans un pays où …

    Je vis dans un pays qui a toutes les apparences d'un Etat qui fonctionne, où la sécurité est plus moins "assurée", où les chantiers se généralisent, où le téléphone fonctionne, où le train, cahin-caha, te conduit à destination.

 Du moins pour le citoyen marocain qui se ment à lui-même ou le visiteur non-averti ou le touriste qui ne qui quitte pas son bus ou son hôtel….  La réalité est toute autre.

Le béton n'a jamais fait un développement et les oripeaux une civilisation !!

    D’aucuns peuvent être tentés de penser que les propos qui vont suivre expriment le sentiment d'un septuagénaire qui est gagné par la nostalgie, voire dépité et totalement déconnecté de la réalité du pays.

Peut-être !!

J’espère me tromper.


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Je vis dans un pays où …

     Dans ses deniers discours, à l’occasion de l’ouverture des sessions parlementaires et de la fête du trône, le Roi a mis le doigt sur les plaies que connait notre pays ; tantôt c’est la faillite de l’administration, de la justice et de l’école tantôt c’est la crise des partis politiques et du politique pour finir avec le constat cinglant relatif à la faillite du modèle (par euphémisme il a parlé d’un modèle "inapte" à répondre aux besoins des citoyens de ce pays).

Et pourtant rien de décisif n’a été fait pour arrêter la régression, la déliquescence et le chao menaçant.

Le constat amer sur le modèle a été fait en 2017. Plus de deux ans après, on vient à peine d’annoncer la   constitution de la commission.

Comme si la question du développement est une histoire de commission !!!

On a fait la même chose pour l’école ; il y a quelques années : la COSEF, les différentes réformes, des plans nombreux d’URGENCE et autres, ont été créés et conduits  et plus de 20 ans après, on est au point mort !

La crise maroco-marocaine :

Il y a presque    30 ans (Al Bayane 18 février 1992) j’ai écrit un papier sur la situation du pays, intitulé : la crise maroco-marocaine :

"   Seul l’argent compte. La corruption érigée presque en règle de droit. Et l’exclusion qui rampe et se popularise. Puis, la confiance est devenue denrée rare et l’abattement qui gagne les plus optimistes et les plus réfractaires à l’ordre régnant. Le savoir est l’apanage d’une élite. L’ignorance et l’obscurantisme sont le lot de la multitude. Enfin, le politique, discrédité et déliquescent, est impuissant devant l’immensité et la complexité de la tâche et de l’œuvre à accomplir. Tels sont les points saillants d’une crise qui persiste et s’approfondit. Au-delà des problèmes liés à l’adversité externe, la crise est aussi interne : maroco-marocaine     "   [4]



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Je vis dans un pays où…

     Je vis dans un pays où les trois émetteurs de valeurs, de normes de règles et de morale publique, à savoir la famille, l'école et l'espace public ne fonctionnent plus. On fonctionne avec des anti-valeurs !!!

Je vis dans un pays où les candidats au départ sont légion, où le mal de vivre est patent, où on respire mal et on espère peu !!

Pourquoi ?

    Je vis dans un pays où les indices socio-économiques dépassent dans la quasi-totalité la 100ème position, 64 ans après notre indépendance !! 

      Je suis dans un pays où le politique ne suscite ni intérêt ni confiance et ce depuis des lustres ; je suis dans un pays où la parole publique n'attire plus personne.,

     Je vis dans un pays où la liberté et la pensée sont cadenassées où sous tutelle d’une idéologie, d’une religion et d’une culture passéistes et régressives. Je vis dans un pays où la religiosité est devenue étouffante alors que le comportement des gens est tout le contraire de ce qu’ils prêchent, diffusent et répandent sans vergogne !!

Je vis dans un pays où la notion de détenus politiques n'a pas encore disparu du dictionnaire politique.

    Je vis dans un pays où certaines dispositions du droit pénal, relatives à certaines libertés, pèsent sur le citoyen marocain comme une épée de Damoclès   et qui fait de lui un coupable en instance (d’où des procès contre des cas « d’adultère", d’avortement mais à connotation, soubassements et calculs foncièrement politiques)   

Je vis dans un pays où

 

L’intelligentsia marocaine, baignée dans un climat délétère, et contre vents et marées, a pu résister pendant un temps, et comme tétanisé s'est finalement résignée à la réalité du monde et du pays. 

 

La démission/résignation de l'intellectuel est due, en partie, à la crise du politique, des valeurs et de la perte du sens.

 

La médiocratie ( Alain Deneault ) a élu domicile pour longtemps chez nous et elle n'est pas prête à décamper ... 

 

Je vis dans un pays où la bêtise commence à penser... Et où la communicabilité est presque inexistante. 

 


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Je vis dans un pays où…

     Je vis dans un pays ou la corruption gangrène toutes les sphères de la société et de l’Etat…

     En effet ; Je vis dans un pays qui est devenu une mauvaise référence en matière de corruption par un pays comme l’Ethiopie connu il y quelques années par sa misère et la famine qui étaient le lot de milliers d’Ethiopiens ; aujourd’hui, elle est considérée comme un pays qui réalise un miracle en matière de développement …

   Je suis dans un pays où son peuple est considéré comme le plus tricheur, le plus corrompu au monde. (Enquête britannique).

   Je suis dans un pays où les règles sont faites pour être violées et les vertus ne sont affichées que pour préserver les apparences et un certain statut social de beaucoup de fourbes, de tartufes et de sournois qui font de la formule "comme si." une règle de comportement quotidien.

Il est vrai que le Maroc n’est pas la Syrie (actuelle), ni le Pakistan ni la Colombie de Pablo Escobar (et la situation d’autres pays de l’Amérique latine et d’Afrique)

Quand est-ce qu’on cessera d’agiter l’épouvantail de la situation de guerre au Moyen-Orient pour continuer à éviter la réforme ?

D’autres argument avancés : les chantiers fleurissent un peu partout au Maroc.

Pourquoi donc continuer à se plaindre ?

Comme je l’ai déjà dit : Le béton n'a jamais fait un développement et les oripeaux une civilisation !!

 La question qui s’impose c’est celle de savoir qui va les gérer s’il n’y a pas de compétences venant d’un système éducatif performant. D’ailleurs, la baisse de la qualité des prestations est, depuis au moins 20 ans, palpable dans tous les secteurs y compris le privé qui est censé te ventre un produit avec les conditions de qualité qui lui sont consubstantielles.

Le Maroc voit son PIB augmenter régulièrement    depuis des années mais au profit de qui ?

En fait , la pauvreté ne fait qu’augmenter et s’élargir  [5].   

La détérioration, pour ne pas dire plus, de indices socio –économiques est la meilleure illustration de notre marasme général et notre sinistrose prégnante.

Tant que la richesse est monopolisée par les détenteurs du pouvoir, du savoir et de l’avoir, on ne peut parler de développement et de justice sociale. Un peu partout à travers le monde, y compris dans les pays développés et démocratiques, une minorité oligarchique détient tout, et tire profit seule de la richesse du pays !!

2. Je rêve d’un pays

  Je rêve d'un pays où le citoyen du "centre" et de la "marge" aient les mêmes droits ou du moins les mêmes conditions de départ pour aspirer à la même condition sociale et économique.

   Je rêve d'un pays, où les droits du citoyen soient respectés sans être obligé de faire intervenir un contact ou une connaissance pour leur réalisation.

    Je rêve d'un pays où l’administration et la justice fonctionnent normalement sans intervention ni corruption.

Je rêve d’un pays dont le passeport ait une certaine valeur au niveau international et où notre Etat aura les moyens necessaires d’imposer la réciprocité en matière de visa.

Plus facile à dire qu’à faire. C’est vrai. Lorsqu’on dépend de l’autre, la marge de manœuvre est trop limitée.

Doit-on continuer, pour une éternité, à se résigner face à des rapports de force humiliants qui font que notre dignité approche le degré zéro ?

   Je rêve d’un pays où l’école, réformée et performante, permettrait la promotion des laissés- pour- compte et contribuerait par-là à la réalisation de  la mobilité et de   la cohésion sociale. 

   Je rêve d’un pays où une bonne majorité de son élite, notamment celle qui est à la manette du pouvoir, soit animée par un patriotisme au lieu de chercher à   disposer d’une double nationalité !!

    Je rêve d’un pays où son élite, qui n’est pas encore rangée et ne s’est pas, non plus, arrangée, sorte de sa torpeur, de sa résignation et provoque, par tous les moyens, le déclic salvateur.

Je rêve d’un pays où   l’intellectuel s’évertue et assume à jouer son rôle ; dans l’histoire de toute société, les intellectuels ont été toujours des éclaireurs, des précurseurs et des aiguilleurs… c’est en partie grâce à leur production d’idées qu’une société progresse et avance.

  Je rêve d’un pays où la majorité de nos compétences et nos étudiants formés à l’étranger s’empressent à revenir au bercail au lieu de chercher tous les prétextes pour rester en exil.   

Des petits besoins d’une grande banalité mais combien essentiels à une vie sereine et heureuse. ?

JE NE PEUX ETRE HEUREUX QUE DANS MON PAYS.

Je suis convaincu que la quasi-totalité des Marocains le pense ; ceux qui ont fait ou font autrement c’est tout simplement parce les gouvernants de notre pays ne leur ont pas laissé le choix.

    Je rêve d’un pays où je peux m’étendre sur la pelouse d’un parc ou d’un jardin et de m’oublier sans avoir le sentiment et l’appréhension d’être agressé ou harcelé.

   Je rêve d’un pays où je peux siroter un thé et apprécier un café sans être dérangé par une multitude de mendiants de vendeurs de tout genre.

Je rêve d’un pays où, je n’aurais pas à fermer la vitre de ma voiture à chaque rond-point.

Je rêve d’un pays où la quiétude, la sérénité le bien-être ne soit plus un rêve mais une réalité   vivante. 

 Que faire ?

    Dans un article récent posté sur les  deux plateformes de notre revue [6] , on a proposé quelques  pistes pour dépasser cette situation d’impasse : 

1. « Il n’est de richesse que d’homme » : l’école.

Présenter la multiplication de chantiers comme la preuve du changement, c’est faire montre d’une naïveté ou d’une hypocrisie assassine.

Que peut-on faire des chantiers lorsqu’on n’a pas les hommes et les femmes formés pour bien gérer les entreprises nées de ces projets.

D’où la question de l’école. La bonne.

« Il n’est de richesse que d’homme » disait déjà au 16ème siècle Jean Bodin, philosophe et théoricien politique français.

Tout récemment (1979), c’était aussi le titre d’un ouvrage du prix Nobel de l’économie, l’Américain Theodore Schultz (1979).

Par rapport à cette urgence, pendant 30 ans, les pouvoirs publics ont tout fait pour détruire l’école !!

Arabisation au rabais, islamisation des programmes et des enseignements, marginalisation et humiliation de l’enseignant. Bref, avec comme toile de fond une absence manifeste d’une politique publique de l’école.

Le fondateur de Singapour, Lee Kuan Yew (mort en 2015) disait à propos du miracle de son pays : « ce n’est pas moi qui ai fait le miracle, je n’ai fait, en réalité, que rehausser le statut de l’instituteur. C’est ce dernier qui a fait le miracle ».

L’école, la bonne, en plus de l’apprentissage, permet la mobilité sociale, la convivialité, la cohésion sociale, la réduction de la violence, la possibilité du vécu ensemble, la paix sociale ... et enfin le bonheur et le bien- être. Cela n’est pas un rêve puisque ça existe ailleurs. Et c’est possible.

Toujours sur l’école et le savoir, le philosophe Michel Serres souligne leur importance dans toute politique de croissance et de développement : « Le savoir est par conséquent un échange extraordinaire : il croit à chaque fois –bien plus que l’argent. C’est pour cela que l’enseignement est de loin supérieur à l’économie. L’enseignement, c’est la pierre philosophale qui change tout en or, puisqu’à chaque échange, au lieu de parvenir à l’équilibre, on obtient de la croissance ».[7]

Face à la faillite de l’école publique, on propose des terrains de proximité ; histoire de d’occuper la galerie et de faire des espaces verts des garderies pour adultes !! 

Pour rétablir la confiance, réduire la violence dans la société, intéresser les investisseurs et provoquer le déclic, il faut donc tout investir dans la bonne école.

Ce n’est pas un slogan. C’est une urgence.

2. Société de confiance 

Dans un ouvrage très intéressant, l’ancien ministre de De Gaulle, Alain Peyrefitte donne une recette et pose la condition nécessaire au développement.

« Depuis Adam Smith et Karl Marx jusqu’à Max Weber et Fernand Braudel, on n’a cessé de s’interroger sur les causes de la « richesse des nations » ou de leur pauvreté. La plupart des penseurs ont privilégié les explications matérielles : capital, travail, ressources naturelles, climat. Et si les mentalités et les comportements constituaient le principal facteur du développement - ou du sous-développement ? ».[8]

En comparant les sociétés latines catholiques et les sociétés anglo-saxonnes majoritairement protestantes, une grande différence ressort : en plus de leur attitude toute particulière vis-à-vis de l’argent, de la finance et de la réussite, chez ces dernières, la confiance est une règle cardinale.

La justice et la pédagogie de l’exemple, des outils indispensables pour permettre à chacun de retrouver confiance.

3. Le politique, autrement

« Les rapports ayant marqué la politique, plus de 4 décennies durant, doivent être repensés et redéfinis. Ce qui a prévalu jusqu’à présent relève désormais de l’archéologie politique. Le monde a changé d’une manière abyssale. La société marocaine s’est aussi profondément métamorphosée. C’est commettre une grave erreur d’appréciation que de continuer à ignorer son temps ».[9]C’est ce que je disais il y a 30 ans dans le papier susmentionné .

La monarchie est un ciment nécessaire à la stabilité du pays, elle ne devrait pas, à cause de conflits entre les différents centres de pouvoir et les services, passer comme un obstacle au développement.

. Un triptyque vertueux

Les rapports entre le Centre et « les périphéries », entre le Maroc « utile » et le Maroc « inutile » doivent être repensés dans le sens de la prise en compte des besoins fondamentaux et la reconnaissance de la plénitude de la citoyenneté.

Il faut également une politique globale de développement (une réelle industrialisation en totale déconnexion avec les prescriptions de la BM – le mémorandum récent proposé en 2017 qui constitue une véritable insulte et une volonté de cantonner le Maroc comme pays prestataire de services – et du FMI) et une option radicale pour un système éducatif performant.

Enfin et non le moindre, l’affrontement entre les différents centres du pouvoir qui, en se neutralisant, paralysent le pays et empêche toute avancée doit prendre fin pour un meilleur agencement des appareils de l’État. 

Au temps du net, de l’image et de la communication, cela ne peut continuer indéfiniment. 

Entre ceux qui ne veulent rien changer et ceux qui veulent tout bousculer, le chemin de la réforme existe. Il faut tout simplement le vouloir.

     D’aucuns s’ingénient à nous inviter à se comparer à l’Afrique sub-saharien.

Quelle ambition ?

    Plus pernicieux, d’autres, par le biais de discours et signaux subliminaux, agitent la situation au Moyen-Orient. Et tout cela pour installer la résignation, nous convier à modérer nos revendications et s’aligner sur des minimas !!

       Entre la stabilité et la réforme, il ne faut pas choisir, mais les réaliser toutes les deux ; la tâche est immense, mais possible et réalisable, si la volonté politique existe.

Tout cela est plus facile à dire qu’à faire et pourtant, c’est ce qu’il faudrait faire si on veut éviter le chaos.

      Sauf si les gouvernants fondent leur espoir de stabilité sur la transition démographique !! En effet, dans un délai de 20 ans, la pression démographique serait réduite et la demande sociale non-contraignante !!

Si c’est vraiment leur calcul, c’est cynique. Mais rien d’étonnant de la part de ce monstre froid qu’est l’Etat (F. Nietzche) [10]. Et par là, on peut soutenir qu’ils donneraient, peut-être, raison à l’un des hommes politiques de la Révolution française Louis Antoine Léon de Saint-juste : "Tous les arts ont produit des merveilles : l’art de gouverner n’a produit que des monstres".

24 janvier 2020 (anniversaire de l’interdiction de L’UNEM, le 24 janvier 1973)

Notes

[1]  Sur les différents dysfonctionnements et les griefs faits au président  du conseil , et la composition de la commission  voir Mustapha Sehimi, "Conseil de la concurrence : dysfonctionnement ? oui mais"... https://www.facebook.com/Quidma/photos/a.342764979175732/1099701253482097

https://www.lebrief.ma/6990-entente-entre-les-petroliers-nouvelle-commission-denquete-constituee-par-le-roi?page=1

[2] Fahd Yata, " Le trio improbable" , https://lnt.ma/vie-politique-un-trio-improbable-mais/

[3] Sur la dimension d’Abath (absurdité), voir mon ouvrage "Politique, démocratie et Symbolique. Ou comment faire et défaire le politique au Maroc.   Ed. La croisée des chemins, avril 2017, 187 pages, pp. 91 -110 et tout particulièrement les pages 95-110.

[4] Voir le site de notre revue : www.sciencepo.ma (il s’agit d’un extrait d’un article qui a été publié le 18 février 1992; Al Bayane.)

[5]  Sur la question la question de la pauvreté au Maroc voir le N° de notre revue La pauvreté, "La pauvreté au Maroc", N° 11, Novembre/décembre 2018, Volume XVII

 [6]   Revue Marocaine des Sciences Politique et Sociales : site www.sciencepo.ma et page Facebook de la même revue.  

[7] Du bonheur aujourd’hui, Ed. Le Pommier, 2015, p. 45.

[8] Sur la quatrième de couverture de La société de Confiance, Essai sur les origines et la nature du développement d’Alain Peyrefitte, Éditions Odile Jacob.

[9] Voir le site de notre revue : www.sciencepo.ma (il s’agit d’un extrait d’un article qui a été publié le 18 février 1992 ; Al Bayane.).

 [10] Friedrich Nietzsche, "Ainsi parlait Zarathoustra" , Ed. Gallimard,1971.507 pages, p.66.

 

 

 

 

 


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