SAHARA/ PALESTINE : ENTRE REALPOLITIK... Pr. A.B.TREDANO








SAHARA/ PALESTINE : ENTRE REALPOLITIK, INTERETS NATIONAUX ET UNE NOUVELLE GEOPLITIQUE REGIONALE ET INTERNATIONALE ?

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Pr. Abdeloumoughit Benmessaoud TREDANO

Professeur de science politique et de géopolitique

Université Mohamed V. Rabat

La décision du Maroc de normaliser ses relations avec l’entité israélienne va surement provoquer des remous dans les milieux politiques et diplomatiques …

Au-delà des considérants et les arguties diplomatiques et juridiques avancés dans le communiqué du cabinet royal du 10 décembre 2020[1] , il s’agit d’une normalisation en bonne et due forme.

D’aucuns diront que le texte apporte beaucoup de limites à cette normalisation.

Le communiqué commence par préciser que le Maroc s’appliquera à :

·         Faciliter les vols aériens directs venant   d’Israël  vers le Maroc   des juifs d’origine marocaine.

·        Continuer les contacts officiels bilatéraux et des relations diplomatiques dans les meilleurs délais.

·         Développer des relations sur le plan économique et technologique ; et pour ce faire, il importe de rouvrir les bureaux de liaisons établis entre les deux pays dans les années 90[2] .

Bureau de liaison à la place d’une ambassade ?

Il est vrai, qu’on va s’évertuer à atténuer la portée de la décision en optant, effectivement pour le rétablissement desdits bureaux de liaison.

Alors pourquoi s’indigner quand   cette normalisation se réduit à un minima !!  

 En fait il y a   ce que dit le texte mais aussi ce qu'il ne dit pas. Il y a aussi le contexte.

Il y a, également et surtout la nouvelle configuration géopolitique au Moyen-Orient et dans le monde.

Sans cette lecture globale, on ne fera qu’une interprétation littéraliste de la décision.

Quel est l’intérêt du Maroc dans cette normalisation ?

Et pourquoi maintenant ?

Au-delà des prises de positions militantes, enclines à condamner -sans   essayer de comprendre et d’analyser, NOTRE PAYS N’A AUCUN INTERET dans cette démarche pétrie de dangers.

Dans la logique même de la position marocaine, on va essayer de montrer que le Maroc n’a rien à gagner dans cette galère.

Le choix des pays du Golfe, contesté et contestable,    n’est  pas un exemple à suivre ; ces pays-là ont tout vu faux[3].

"Taza avant Gaza" ?

1. Un argument massue et qui revient souvent est la question saharienne : la reconnaissance de la marocanité du Sahara par la première puissance mondiale   est de première importance. Le Maroc était donc tenté de franchir le pas ; en effet, notre pays était courtisé depuis plus de deux ans ; le gendre du président D. Trump et son Haut conseiller Jared Kushner s’est fortement déployé pour cette tâche lors de ses trois visites   au Maroc.

L’argument de la question saharienne était-il pertinent ?

Constitue-t-il la vraie raison de la décision marocaine ?

 Rien n’est moins sûr.

D’abord, le dossier saharien est en béton et à la limite on peut bien se passer du soutien déterminant des puissances qui pour une raison d’intérêts évidents ont toujours évité de s’aligner sur l’un ou l’autre des deux protagonistes.

Et en dépit de cette duplicité diplomatique des grandes puissances, on a tenu contre vent et marées.

C’est un dossier solide sur le plan historique, juridique et diplomatique.

Dans le cadre de cinq ouvrages[4] j’ai essayé de montrer la solidité de la cause marocaine, textes juridiques à l’appui et la pratique de l’ONU en matière de décolonisation comme référence, et ce sans chauvinisme ni nationalisme débridés.

Le Maroc, en plus, et surtout dispose d’un atout considérable, en l’occurrence le soutien quasi-unanime du peuple marocain et ce malgré les sacrifices consentis depuis 45 ans.

Donc, on ne peut soutenir, que la question saharienne était la seule préoccupation des décideurs marocains.

En effet, les arguments du communiqué et des déclarations du ministre marocain des affaires étrangères, faites pour justifier la décision (vols aériens directs pour les Juifs marocains, le  Maroc a toujours eu des relations avec l’entité israélienne et parallèlement le Maroc continuera à soutenir la cause palestinienne..) sont loin d’être convaincants.

Il tombe sous le sens que lorsque les gouvernants prennent une décision de cette envergure, il faut toujours un argumentaire pour la soutenir diplomatiquement et aux yeux de l’opinion publique externe et interne. 

Cet argumentaire est-il suffisant et satisfaisant pour juger de la pertinence d’une telle décision.  L’histoire le dira.

 

Mais, peut-on penser un seul instant qu’avec les gouvernants israéliens, situation qui perdure depuis l’arrivée du Likoud en 1978, qui massacrent, qui exproprient, qui torturent des prisonniers en grève de la faim, qui malmènent et humilient les Palestiniens aux checkpoints, qu’on peut instaurer une  juste et durable ?

C’est croire au père noël

Il n’y a plus rien qui reste aux Palestiniennes ; les colons ont pratiquement tout occupé depuis 1993. Abbas "règne" sur des confettis de territoires.

Le Sahara n’est pas la Palestine 

2. Autre argument qui plaide contre cette position c’est que ce " troc " conduit implicitement à assimiler l’affaire saharienne à l’occupation de la Palestine par le sionisme !!

Et il s’agit là, sans conteste, d’un cadeau empoisonné. 

Je me rappelle avoir répondu à un argument utilisé par feu Abdellatif Filali - soit en tant que ministre ou premier ministre - ; en effet, lors des discussions sur les préparatifs relatifs à l’organisation du référendum au Sahara, les Algériens demandaient le retrait de l’armée et l’administration marocaines. Le responsable marocain leur répondait naïvement que le référendum en Algérie a été bien organisé avec la présence de la puissance coloniale !

Les esprits mal intentionnés ont vite fait la comparaison !!

L’Amérique, en déclin, est un mauvais allié

3. Cette décision de Trump est prise pendant le temps mort de son mandat ; sa fragilité n’est nullement contestable.

Elle l’est d’autant plus, que les successeurs du président finissant, peuvent à tout moment l’abroger. Le président Trump l’a bien fait quant à l’accord nucléaire avec l’Iran (5 + un), de 2015. Et tout le monde n’a rien trouvé à dire. L’Europe n’a même pas pu exécuter la partie des obligations qui lui reviennent, et ce malgré son refus de s’aligner totalement sur l’Amérique !!

Ainsi, l’épée de Damoclès pèsera constamment sur les décisions souveraines du Maroc. Comme l’absence de soutien clair des grandes puissances a été constamment monnayée pour tirer avantage de cette situation ambigüe ; on se rappelle que, suite à l’adoption du plan Baker II, les Etats-Unis avaient arraché, durant l’année 2002/03, 6 à 7 concessions du Maroc (Radio Sawa , la visite du e ministre des Affaires étrangères Sylvain Shalom, le Maroc rajouté sur la liste de la coalition internationale contre Saddam etc..).

On peut nous rétorquer que les Républicains disposent de la majorité au sénat, et toute abrogation besoin du vote du congrès.

On peut rétorquer aussi qu’on voit mal un président américain mettre fin à une décision favorable à Israël 

Au-delà de cette argutie juridique et de cette préoccupation d'opportunité, le Maroc n'est pas à l'abri d'une surprise comme la puissance impériale a l'habitude de réserver à ses alliés / vassaux...

 

A quel prix ? 

La justice internationale est sacrifiée sur l'autel de la realpolitik !! 

Et de se trouver dans un camp en perte de vitesse, notamment au Moyen-Orient. 

On peut se tromper, mais le jeu en va-t-il la chandelle ?

Par ailleurs, l’Amérique est un mauvais allié ; à travers l’histoire, ils ont toujours soit abandonné leur alliés/vassaux (les Vietnamiens du Sud en avril 1975, Iran du Shah en 1979, ou tout récemment les Kurdes du Nord de la Syrie) soit au "mieux" ils les ont malmenés (Trump avec les Rois du Golfe).

Le secrétaire d’Etat américain  John Foster Dulles aurait dit   "que  les Etats-Unis n’ont pas d’amis  permanents, d’ennemis permanents mais uniquement des intérêts  permanents [5]

Ça peut paraitre péremptoire mais fonder une politique extérieure ou attendre un soutien sincère et conséquent des Américains c’est miser sur un cheval perdant !

C’est une erreur stratégique.

Pourquoi ? 

Les Etats-Unis l’Amérique, pour des raisons diverses –leur déclin selon Emanuel Todd 2002[6], sont en retrait de la région du Moyen-Orient et Israël ne dispose plus de la même supériorité technologique et militaire face à un bloc d’Etats et de mouvements de résistance dirigés par l’Iran et qui a le vent en poupe et ce malgré les sanctions et diverses pressions américaines. 

 Un nouveau rapport de forces et une nouvelle configuration au Moyen-Orient

En effet, à la faveur du faux printemps arabe, de la guerre civile en Syrie, et grâce à l’implication déterminante de l’Iran, du Hezbollah, de la résistance de l’Etat syrien, et à l’intervention russe à partir de septembre 2015, la stratégie, occidentale s’est ensablée dans la région du Moyen-Orient.

Si le bloc iranien n’a pas encore totalement gagné, la partie occidentale avec la complicité des pays du Golfe et de la Turquie n’ont pas, en revanche, réussi à imposer leur plan de domination.

Deux questions essentielles sont, désormais, posées :

 L’existence même d’Israël et le départ des Américains de la région du Moyen- Orient.

Certains diront que c’est un fantasme et qu’on est en train de prendre des vessies pour des lanternes !!

C’est possible.

N’empêche que la géopolitique régionale connait de profondes mutations.

Davantage au niveau mondial. 

Et le Maroc dans tout ça ?   

Le Maroc qui a fait le choix du vaccin chinois, a-t-il   intérêt à continuer à   s’accrocher au wagon américain ?   

SAHARA/ PALESTINE : ENTRE REALPOLITIK, INTERETS NATIONAUX ET UNE NOUVELLE GEOPLITIQUE REGIONALE ET INTERNATIONALE ?

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 II – Difficultés et impasse israéliennes et déclin américain ?

Pourquoi le Maroc a-t-il procédé à une telle reconnaissance dans un contexte géopolitique mouvant et pas du tout favorable à une autonomie   par rapport au   maintien de son arrimage au bloc occidental ?

Il semble outre la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara, dans le deal, qu’il y a   une promesse de vente de quatre drones sophistiqués et d’un investissement de quatre milliards de $ !!

Le Maroc devait il conclure un tel deal ?

Avec la nouvelle configuration de la géopolitique moyen-orientale et mondiale en cours, je dirais que le Maroc aurait dû rejeter, sans hésitation aucune, cette proposition "alléchante" surtout qu’elle sous-tend un renoncement aux principes de justice internationale et des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 Peut-on prétendre avoir une certaine crédibilité en posant de telles hypothèses ?

A première vue non.

Israël domine encore la région et les Etats-Unis sont loin de connaitre le sort qu’on leur prédit.

 Israël : début de la fin et le scenario de l’apocalypse ?

Au Moyen-Orient, le rapport de forces commence à changer depuis au moins une quinzaine d’années (la guerre du Liban de juillet /août 2006) en faveur du bloc dirigé par l’Iran et ce malgré la déliquescence du monde arabe ou plutôt grâce à cette clarification géopolitique. 

Comme je l’ai déjà dit, si le bloc iranien n’a pas encore totalement gagné, la partie occidentale avec la complicité des pays du Golfe et de la Turquie n’ont pas, en revanche, réussi à imposer leur plan de domination

 Quelques signes précurseurs d’une certaine fin ?

En 2000, Israël quitte le Sud du Liban, après 18 ans d’occupation, avec armes et bagages, et surtout sans réussir à obtenir un accord avec Hezbollah !!

En 2006, Israël ne parvient pas à écraser le parti libanais pendant 33 jours de bombardement aveugle avec des dégâts considérables, marqué par un silence assourdissant de ce qu’on appelle abusivement la communauté internationale ; un mouvement de résistance qui n’est pas vaincu peut-être considéré comme victorieux dans cette guerre !

Depuis un rapport de force entre les belligérants s’est installé et Israël n’a pas osé s’aventurer dans une nouvelle guerre coûteuse et risquée.

Imaginez que chaque fois que les israéliens tuent un combattant de Hezbollah même en Syrie et même par erreur, l’armée israélienne disparait sur une bande 10 à 15 Km de la frontière libanaise en attendant la riposte de ce dernier !

 Ce rapport de force intervenu suite au printemps arabe, à la guerre civile en Syrie, au renforcement des mouvements de résistance libanais et palestiniens et de la confirmation de la puissance iranienne.

 Imaginez que malgré trois guerres meurtrières (20O8/09, 2012 et 2014) Israël n’a pas réussi à "en finir" avec les mouvements islamistes (Hamas et Jihad Islamique) à Gaza. 

 Est-ce suffisant pour se permettre de soutenir qu’Israël vit le début de la fin ?

La droite extrémiste et l’Etat profond israéliens rêvent, au moins depuis quinze ans, de mettre au pas le régime théocratique de Téhéran et de provoquer une guerre contre cette puissance émergente sans succès.

 Face à cette impasse militaire, les gouvernants israéliens, avec le soutien américain, s’emploient à se donner les moyens de dominer le monde arabe et limiter la capacité de nuisance du front de résistance par le soft power, conjugués avec des pressions comme les sanctions et l’embargo.

 En effet, l’insuccès de la stratégie occidentale[7] traduite par la guerre américaine en Irak en 2003 , l’impasse d’Israël en 2006, le chaos provoqué par le printemps arabe et la guerre civile en Syrie  dont le but était le dépeçage  du Moyen-Orient et l’installation de guerres permanentes  à base  ethnique et religieuse , conduisent les stratèges israéliens , américains et européens à pénétrer ce monde considéré comme compliqué (De Gaule )  par l’économique , le politique, le culturel voire le psychologique.

 D’où la nouvelle politique du soft power de plus en plus généralisée adoptée par le bloc otanien (avec la Turquie) et pétrolier.

L’objectif étant d’isoler l’Iran avec ses alliés en constituant une sorte de "Sainte Alliance».

La politique de normalisation s’inscrit dans ce cadre précis ; on va investir plutôt on va désinvestir et par le culturel et l’échange et on va banaliser le fait israélien.

 Un processus ancien !

Ce processus a commencé au lendemain des accords d’Oslo de 1993 entre Israéliens et Palestiniens, suivis par les conférences sur le Moyen-Orient et le Maghreb (Casablanca : 30 octobre 1994/ 1 novembre 1994 et Amman : 28-31 octobre 1995)[8], une diplomatie discrète entre Israël et certains pays arabes avec la création de comités de liaison - une sorte d’antenne consulaire-  entre ce dernier d’une part et   la Tunisie, le Maroc et la Jordanie d’autre part. 

 

Ce processus de paix a été interrompu par une série d’attentats suicides perpétrés par Hamas en Israël entre 1993 et 1995, la mort Yitzhak Rabin (4 novembre 1995), l’échec des négociations de paix entre Arafat et Ehud Barak sous le patronage de Bill Clinton en 2000 et le déclenchement de l’Intifada II suite à la visite provocatrice d’Ariel Sharon de l’esplanade d’Al Aqsa en septembre de la même année.

 Il importe aussi de rappeler que les dirigeants palestiniens, inscrits dans la dynamique des accords d’Oslo, ont poussé de nombreux Etats en Asie, en Afrique et en Amérique latine qui n’avaient pas de relations diplomatiques ou qui les avaient coupées, à les nouer ou les rétablir.

 L’expérience égyptienne (1979) et jordanienne (1994) a montré, si besoin est, les limites de cette politique.  Les officiels peuvent normaliser, mais les peuples résistent malgré les dictatures. 

 Au-delà du politique, de l’économique et du culturel, la présence des Israéliens au Golfe a aussi et surtout comme finalité de leur permettre d’encercler l’Iran et de contenir son expansion.

L’impasse militaire israélienne   explique en partie cette projection vers le Golfe et éventuellement au Maghreb.

 Mais d’où vient l’idée du début de la fin d’Israël et de fin apocalyptique alors que ce dernier, grâce à Trump , ne cesse de" ramasser" les victoires diplomatiques voire stratégiques au Moyen-Orient ?

En effet le président sortant a tout donné à l’entité israélienne, alors que Netanyahou n’a pas attendu longtemps pour féliciter le nouveau président sachant que la contestation des résultats était encore chaude.

Voilà le type de comportement auquel un pays "normalisateur", sans autonomie au niveau de la décision politique, peut s’attendre !!

 L’apocalypse, c’est pour quand ?

Je me permets de poser une question à tout chacun avant de donner quelques éléments de réponse ?

En effet, pourquoi ladite communauté internationale ne s’est jamais permise de lever le petit doigt, 70 ans durant, pour condamner l’occupation permanente, les massacres répétés, les humiliations diverses et variées que subit le peuple palestinien ?

Presque Jamais !! Ou dans un langage feutré, insipide, incolore et inodore.

Jamais une résolution du conseil de sécurité de l’ONU n’a été adoptée pour condamner Israël et surtout, dans le cas où ce dernier lui arrive de le faire, d’adopter les mesures concrètes pour sa mise en œuvre.  

 

Les destructions de maisons, les emprisonnements systématiques mêmes des enfants, le traitement inhumain des prisonniers palestiniens   n’ont jamais secoué la conscience universelle.

Enivré par la victoire

Ce déni de justice incompréhensible, cette arrogance insupportable et cette surdité constante   ont-ils une explication ?

La victoire facile de 1967 est un élément d’explication.

Le rôle incommensurable du   lobby juif dans le monde a empêché, des décennies durant, les peuples de voir une réalité qui choque. 

La faillite des élites dans le monde arabe (nationaliste, panarabe, communiste), a conforté l’entité israélienne dans son statut de puissance dominante.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Comment peut-on oser parler du début de la fin de cette entité alors que le monde arabe est dans un piteux état ?

Les guerres civiles, l’absence de réveil des peuples et le sentiment d’abattement et de résignation qui les domine, l’impasse politique qui y prévaut et l’absence d’horizons vers l’émancipation ne peuvent inciter à l’optimisme.

Et pourtant, l’espoir est permis !

Les faiblesses d’une entité usurpatrice ?

·        D’abord il s’agit d’un pays qui exerce une occupation depuis 70 ans ; donc aucune légitimité sauf celle du plus fort ; 

·        C’est un pays qui ne bénéficie d’aucune cohésion eu égard à la mosaïque de sa population sur le plan ethnique et religieux ;

·           C’est un pays qui connait une impasse politique (quatre élections en moins de deux ans), situation marquée par un premier ministre qui s’accroche au pouvoir pour se soustraire de la justice !! 

·        Il s’agit d’une entité qui connait une impasse militaire depuis au moins une quinzaine d’années ;

·        C’est un pays qui se trouve dans une région où, malgré la déliquescence du monde arabe, il y a des forces de résistance autour de l’Iran qui   s’affirment de plus en plus ;

·        Enfin il s’agit d’un pays dont le parrain, en l’occurrence les Etats Unis, n’est pas dans une meilleure posture dans un monde en pleine mutation et dont la principale caractéristique est l’émergence de nouvelles puissances ; 

Face à ces faiblesses et ces impasses une politique de fuite en avant n’est pas exclue.

C’est par rapport à ce contexte que certains propos de personnalités, d’horizon divers, méritent d’être rappelés ; c’est ces propos-là qui m’ont mis la puce à l’oreille quant à la surdité de la communauté internationale face à au drame palestinien que nous vivons, depuis Al Nakba, tous les jours dans l’indifférence coupable quasi-totale. 

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III- La puissance nucléaire comme assurance vie  

Face à l’impasse politique et militaire, la normalisation avec certains pays arabes, notamment ceux du Golfe, passe pour un moyen de désencerclement.

Non pas que ces pays vont être d’un appui déterminant en cas de guerre générale dans la région, mais ils sont et ils seront, sans conteste, chargés de constituer une base proche et opérationnelle   contre l’Iran.

Leur action de normalisation avait comme finalité de créer un choc dans les pays arabes pour achever ce monde moribond.

Créer un état d’esprit voire une culture chez les peuples arabes imprégnés de résignation, de démission et de soumission.

Au final, on se résout à considérer qu’on ne peut rien contre Israël !!

Surtout avec un soutien occidental déterminant et indéfectible et une complicité des pays pétroliers dépassant de loin les desiderata et les attentes   de l’entité sioniste.

Et au cas où l’ensemble de cette action conduite par les Etats occidentaux, à leur tête les Etats-Unis, les pays du Golfe, la Turquie, avec comme tête de pont Israël, ne conduit pas au contrôle de la région, une option alternative est dans les starting blocks.

C’est celle d’une certaine utilisation de la puissance nucléaire et ce malgré les difficultés opérationnelles d’un tel usage.

Norman Dacey, Vincent Monteil et Cohen Jacob et la politique du pire

Rapidement, et comme d’habitude, on va nous sortir la théorie du complot et de la conspiration !!

Peut-on savoir comment l’Occident n’a pas trouvé le moyen, 70 ans durant, de faire pression sur Israël pour le pousser vers la voie de la paix   et ce malgré toutes les prédispositions exprimées à maintes reprises par les Arabes et les  Palestiniens[9]

 L’activiste et écrivain Cohen Jacob a une réponse :

Il affirme en effet que les missiles avec têtes nucléaires ne sont pas orientés vers l’Iran ou plutôt pas uniquement vers ce pays mais aussi vers l’Europe[10] !!

On peut considérer que ces propos ne sont pas crédibles et appellent une confirmation d’une autre source. Soit.

Au-delà de la recherche d’une autre source, l’arrogance et l’absence de toute volonté de paix la partie israélienne et l’aveuglement occidental, 70 ans durant, incitent tout un chacun à accorder une certaine crédibilité à une telle hypothèse ; de surcroit, les impasses politiques et militaires israéliennes et le début de la déliquescence de la puissance impériale américaine   sont de nature à la conforter.

  Un écrivain américain Norman Dacey, en 1972 déjà,  disait presque la même chose  , dans une lettre adressée au président Nixon où il critiquait la politique américaine trop pro-israélienne,  : « …les Israéliens n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs ,ils sont disposés à déclencher l’apocalypse qui nous détruira  tous »[11].

L’orientaliste Vincent Monteil, grand spécialiste de l'islam, qui fut militaire puis universitaire, tenait lui aussi un propos dans le même esprit ; en effet, dans le cadre d’une conférence , il rapportait le propos d’un d’une personne  du département américain la phrase suivante :  si la survie d’Israël venait d’être sérieusement menacée ,nous serions plongés dans une III guerre mondiale dans deux minutes…»[12] 

Un autre témoignage encore moins discutable, c’est celui du Général De Gaule qui parlait d’un peuple juif  comme « un peuple d’élite sur de lui-même et  dominateur»[13]

Le Likoud, la droite religieuse israélienne et la fuite en avant

 Cet engrenage de la politique du pire a commencé avec l’arrivée au pouvoir en 1978 du Likoud.

La droitisation de l’opinion publique israélienne depuis la mort de Rabin en novembre 1995, la division du mouvement palestinien qui se perpétue, la déliquescence du monde arabe et l’absence de puissances internationales neutres pouvant pousser dans le sens de la paix, tous ces facteurs conjugués, ont conforté Israël dans son arrogance et son refus de négocier.

Parallèlement, face   à l’émergence et au renforcement récents des mouvements libanais et palestiniens grâce au soutien iranien, avec de le complexe de Massada aidant, la perspective de paix est devenue une arlésienne !!

Ne voulant rien céder, Israël serait enclin à une fuite en avant.

Les hommes politiques israéliens, Netanyahou en tête, étaient déjà fortement tentés par une aventure militaire contre l’Iran s’ils n’y avaient pas, semble-t-il, l’opposition du président américain Barak Obama et des responsables militaires et des services secrets israéliens.

Cette option aventureuse voire apocalyptique n’est pas exclue surtout que l’Amérique se "retire" progressivement du Moyen-Orient et se refuse à s’engager dans de nouvelles guerres sauf si l’existence même d’Israël est en cause.

Cette option hasardeuse voire apocalyptique n’est pas à écarter aussi eu égard au supposé déclin de la puissance impériale.

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Déclin américain, entre réalité et fantasme ?

D’aucuns s’empresseraient à fustiger la fameuse logorrhée sur le soi-disant déclin de l’Amérique.

D’autres vont agiter les 21 000 milliards de $ du PIB américain ;

Comme certains peuvent soutenir qu’avec le GAFAM, l’Amérique continue à contrôler l’image, la communication et le net …

Avec le système ESPION (NSA), l’Etat profond américain dispose d’un outil d’écoute hallucinant !!

Avec un arsenal militaire impressionnant et des bases disséminées un peu partout à travers le monde, l’ONCLE Sam peut intervenir à tout moment avec une efficacité déconcertante du moins au début de l’opération !

Alors pourquoi donc soutenons-nous une telle hypothèse ?

D’abord c’est une règle de l’histoire. Il est vrai ça ne sera pas à la soviétique : rapide et brutale. Ça sera plutôt un processus long et compliqué qui sera marqué par des irruptions incontrôlées et incontrôlables à cause, en partie, du refus du déclin. 

Par ailleurs, Il n’est pas inintéressant de rappeler que trois écrivains émérites[14]avaient prédit la fin de l’URSS même si leurs explications et les modalités ne sont pas les mêmes.

Parmi ces trois, il y a Emanuel Todd qui récidive pour les Etats-Unis ;

Le supposé déclin américain n’est pas isolé, il s’inscrit dans un processus global qui concerne l’ensemble de l’Occident qui voit sa domination du monde se réduire ;   le philosophe et compagnon du Che Guevara, Régis Debray a commis un texte lumineux sur ledit déclin[15] ; tout en soulignant les atouts dont dispose cet Occident dominateur, il en décline les signaux et les indices précurseurs[16]

 Un autre auteur, dans un autre esprit, en traitant de la crise interne de l’Occident, parle de requiem de ce monde[17].

Les causes de ce déclin sont d’ordre structurel, comme il y a quelques indices de conjecture qui confortent cette idée.

 E.Todd, Régis Debray et la fin de quatre siècles de domination occidentale …

 

Quelques signes liés à la conjoncture notamment suite à leur implication dans deux conflits récents et particulièrement meurtriers et conduits presque au même temps   à savoir l’Afghanistan (octobre 2001) et l’Irak (mars / avril 2003)

Ces deux conflits ont constitué une sorte d’un deuxième Vietnam pour les Américains, notamment en Irak dans la mesure où en moins de trois ans ils ont plus de quatre mille morts et des centaines de blessé sans parler des conséquences psychologiques inhérentes à ce conflit.

Au fait, comment se présente cette perception du déclin de l’Amérique ; selon Emanuel Todd, et sur la base des écrits d’une littérature politique et géopolitique diversifiée.

La théorie du déclin de l’Amérique   [18]

Cette tension permanente qu’entretient l’Amérique dans le monde est le produit d’une angoisse, d’un sentiment de son inutilité … Cette thèse est magistralement développée par Emmanuel Todd[19].

Elle est fondée sur les écrits d’une pléiade d’auteurs et d’hommes politiques américains, il s’agit, entre autres, de Paul kennedy, Samuel Huntington, Zbigniew Brzezinski, Henri Kissinger et Robert Gilpin[20].

Tous, avec quelques nuances, partagent « la même vision mesurée d’une Amérique qui, loin d’être invincible, doit gérer l’inexorable réduction de sa puissance relative dans un monde de plus un plus peuplé et développé »[21].

Avec le changement du centre du monde en faveur de l’Eurasie (Z. Brzeziwski), la généralisation de la démocratie dans le monde (F. Fukuyama) et l’impossibilité d’une guerre entre les démocraties (Michael Doyle), E. Todd construit sa théorie sur l’inéluctabilité du déclin américain ; il commence par mettre en exergue l’idée générale de Brzezinski. Sa représentation d’une population et d’une économie mondiale concentrée en Eurasie, une Eurasie réunifiée par l’effondrement du communisme et oubliant les Etats-Unis, isolés dans leur nouveau monde, est quelque chose de fondamental, une intuition fulgurante de la véritable menace qui plane sur le système américain »[22].

Cette situation inquiète l’Amérique et surtout les stratégies de la nouvelle administration américaine. Cette angoisse est déclinée par E. Todd en ces termes : « Si la démocratie triomphe partout, nous aboutissons à ce paradoxe que les Etats-Unis deviennent, en tant que puissance militaire, inutiles au monde et vont devoir se résigner à n’être qu’une démocratie parmi les autres ». Et pour éviter cette échéance ou du moins la retarder le plus longtemps possible et comme elle ne peut s’affronter aux véritables acteurs stratégiques de l’ordre mondial de demain, l’Amérique s’essaie à une stratégie réduite à un « militarisme théâtral comprenant trois éléments essentiels … ».

« - Ne jamais résoudre définitivement un problème, pour justifier l’action militaire indéfinie de l’unique superpuissance » à l’échelle planétaire.

- Se fixer sur des micro puissances – Irak, Iran, Corée du Nord, Cuba, etc. La seule façon de rester politiquement au cœur du monde est d’« affronter » des acteurs mineurs, valorisant pour la puissance américaine, afin d’empêcher, ou du moins de retarder la prise de conscience des puissances majeures appelées à partager avec les Etats-Unis le contrôle de la planète : l’Europe, le Japon et la Russie à moyen terme, la Chine à plus long terme….

- Développer des armes nouvelles supposées mettre les Etats-Unis « loin devant », dans une course aux armements qui ne doit jamais cesser.

Cette stratégie fait certes de l’Amérique un obstacle nouveau et inattendu à la paix du monde, mais elle n’est pas d’une ampleur menaçante. La liste et la taille des pays cibles définit objectivement la puissance de l’Amérique, capable au plus d’affronter l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord ou Cuba. Il n’y a aucune raison de s’affoler et de dénoncer l’émergence d’un empire américain qui est en réalité en cours de décomposition, une décennie après l’empire soviétique.

Une telle représentation des rapports de force planétaires conduira naturellement à quelques propositions d’ordre stratégique, dont le but ne sera pas d’accroître les gains de telle ou telle nation, mais de gérer au mieux pour tout le déclin de l’Amérique.

Cette stratégie de tension permanente s’articule donc, dans les faits, autour de la lutte contre le terrorisme, la maîtrise politique des ressources mondiales et un développement effréné de l’armement américain et sa nécessaire modernisation et adaptation aux « menaces nouvelles ».

 Pour résumer sur cette question de déclin, au-delà des causes de faiblesse internes, il y a trois facteurs, au niveau externe qui expliquent l’inutilité de cette puissance qui est devenue plus prédatrice que productrice !!

1. L’émergence d’une puissance mondiale en l’occurrence la Chine, le retour de la Russie, la prépondérance de l’Asie et l’apparition de puissance régionales telles que la Turquie et l‘Iran et tout cela conjugué conduit à une sorte de régionalisation du monde[23].

2. La dépendance accrue des Etats-Unis du reste du monde

3. La multiplication des démocraties

En effet, « si la démocratie triomphe partout, nous aboutissons à ce paradoxe terminal que les Etat- Unis deviennent, entant que puissance militaire, inutiles au monde et vont devoir se résigner à n’être qu’une démocratie parmi les autres »[24]

Plus largement, Régis Debray, quant à lui parle d’un déclin de l’ensemble de l’Occident mais sans pour autant trancher, d’une manière définitive, sur l’inéluctabilité de ce déclin ; en effet, en rappelant les atouts dont dispose encore ledit Occident[25], l’Amérique en tête, ses faiblesses intrinsèques ne conduisent pas à sceller son sort.

Il n’empêche, avec une phrase sibylline résume bien l’état des rapports de force entre les puissances : « l’Amérique s’ausculte, l’Europe s’égare, la chine se retrouve »[26].

La Chine, Carter et Trump

A propos de la Chine, dans un échange entre l’ancien président américain, Jimmy Carter et l’actuel président Donald Trump, on relève la réflexion suivante ; en effet, ce dernier faisait part au président Carter   de son inquiétude par rapport à l’émergence de la Chine et sa menace pour l’Amérique.

Le président Jimmy Carter a eu cette réponse cinglante « …les Etats-Unis sont «la nation la plus belliqueuse de l'histoire du monde » et que par ailleurs «la Chine n'a jamais perdu un seul centime sur la guerre ». Voilà pourquoi, explique Jimmy Carter «la Chine nous devance aujourd’hui »[27] .

Un chiffre est largement édifiant par rapport à la nature guerrière de cet empire

Plus de 220 années de guerre !!

 « Les Etats-Unis ont été en guerre 93% du temps de leur vie  depuis leur création en 1776 ; c’est à dire 222 des 239 années de leur existence…» en tant qu’Etat[28].

L’humoriste et scénariste américain George Carlin résumait la politique impériale de son pays en ces termes :

"Nous sommes un peuple de la guerre. Nous aimons la guerre parce que nous sommes très bons à la faire. En fait, c’est la seule chose que nous savons faire dans ce putain de pays : faire la guerre, on a eu beaucoup de temps de pratique et aussi parce que c’est sûr que nous ne sommes plus capables de construire une machine à laver ou une voiture qui vaille un pet de lapin…"[29]

 Dans une autre occasion le même président Carter appelle à une coopération entre les Etats-Unis et la Chine, notamment pour le développement de l’Afrique[30].

 Quelques signes conjoncturels précurseurs du déclin ?

Les Etats- Unis ont connu, durant le mandat de Donald Trump    un véritable paradoxe ; autant le 45ème président des Etats-Unis   s’est employé à durcir sa diplomatie, y compris avec ses alliés, au même moment les signes de faiblesse n’ont pas cessé de se multiplier.

Le 18 décembre 2017, au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU 14 Etats, y compris les plus proches alliés des USA à savoir la France et le Royaume Uni, ont condamné la décision du président américain de changer le statut de Jérusalem ; grâce à leur véto la résolution n’a pas été adoptée[31].

Quelques jours plus tard, au sein de l’Assemblée générale de l’ONU, le désaveu a été sans nuances : 128 pays ont voté la résolution, 35 se sont abstenus et à peine 9 ont voté contre ; on y relève quelques îles et des petits Etats en plus d’Israël et des Etats Unis. La plus grande puissance au monde est désavouée par la majorité de la communauté internationale et ce malgré les menaces proférées, sans vergognes, par la représentante américaine à l’ONU contre tous ceux qui voteraient pour la résolution condamnant la position américaine.

Par ailleurs avec le leader de la Corée du Nord, le président américain a essayé d’arracher un gain diplomatique en lui imposant une dénucléarisation forcée sans succès.

Il a tout fait, vainement, pour terrasser la puissance iranienne, malgré les sanctions diverses, renouvelées et puissamment contraignantes.

Retrait américain progressif du Moyen-Orient ?

 

Les faiblesses des Etats-Unis remarquées ces derniers temps et leur retrait de la région qui s’ensuivit ne sont pas une vue d’esprit mais une réalité plus ou moins bien établie.

 Quelques faits confortent, si besoin, cette perception des choses 

En plus des faiblesses intrinsèques de l’Amérique et quelques signes montrant les limites de sa puissance, il n’est pas inutile de rappeler certains faits plus convaincants.

En juin 2019, l’Iran a abattu un drone américain très sophistiqué (appartient à la famille des Global Hawk,)[32]!

Le fait que les dirigeants iraniens décident de l’abattre traduit l’assurance qu’ils ont de leur puissance ; les Etats-Unis n’ont pas pu répliquer ; ils se sont rétractés à la dernière minute sous prétexte que leur action allait tuer des victimes civiles !! L’Oncle Sam qui s’est érigé en bon samaritain ! Alors que l’histoire américaine est chargée de massacres commis par eux : les bombardements anglo-américains sur le la ville de Dresde, ceux des Etats-Unis de nature nucléaires de Hiroshima et Nagasaki, ceux de l’Indochine ; ceux de l’Irak en février 1991, entre autres et la liste est longue …

L’assassinat de deux   dirigeants iranien et irakien en janvier 2020, le général Qassem Soleimani, un personnage charismatique   et  Abou Mehdi al-Mouhandis, le commandant du Hachd al-Chaabi, une coalition rassemblant des dizaines de milliers de paramilitaires pro-Iran en Irak, a poussé à une riposte iranienne  mesurée mais combien symbolique (Frapper la première puissance du monde ) ; elle s’est traduite par une frappe chirurgicale  des bases d'Aïn al-Assad et d'Erbil[33].

Le bombardement des installations pétrolières saoudiennes (l’Aramco), en plein cœur de l’Arabie par les Houtis censés être des alliés de l’Iran, l’arraisonnement d’un bateau britannique (certes après que les Britanniques ait fait pareil dans le détroit de Gibraltar), sont autant de signes du renforcement du statut de l’Iran et en parallèle, le début de l’effritement de la puissance américaine !! 

Il importe aussi de souligner que malgré l’importance du pétrole, de la région du   Moyen-Orient, de la sécurité d’Israël et la découverte récente de réserves importantes de gaz en Méditerranée Orientale, les nouveaux enjeux entre les puissances se déroulent désormais ailleurs ; c’est à dire au pacifique en raison de l’émergence et les ambitions de la Chine et les conflits éventuel qui pourrait les opposer.

 Autres signes de faiblesse des Américains, c’est que leurs bâtiments et leurs bases militaires sont à la portée des missiles iraniens.

Les Etats-Unis se retirent partiellement du Moyen-Orient, parce que le contrôle direct de la région commence à coûte cher !! Une "gestion déléguée" assurée par des alliés locaux tels que la Turquie et l’Arabie saoudite est une formule qui est déjà à l’œuvre !!

Bref, des indices de faiblesse américaine de plus en plus visibles, une impasse politique et militaires israéliennes et une émergence du bloc iranien préfigurent, sans conteste, une nouvelle configuration de la région du Moyen- Orient.

SAHARA/ PALESTINE : ENTRE REALPOLITIK, INTÉRÊTS NATIONAUX ET UNE NOUVELLE GÉOPOLITIQUE RÉGIONALE ET INTERNATIONALE ?

5/5

EN GUISE DE SYNTHESE ;

LE REVE DES PEUPLES : LA LIBERTE ET LA LIBERATION !

 En dehors des anathèmes excessifs, des condamnations outrancières et des positions idéologiques surannées, il faut chercher à comprendre la démarche marocaine.

Chercher à comprendre et expliquer n’est pas justifier la position d’aucun des protagonistes proches et lointains du conflit du Moyen-Orient.

Cette petite synthèse sera déclinée en quatre points :

Le lien supposé entre le Sahara et la Palestine ;

La responsabilité quant à la permanence du drame palestinien ;

En fin, que gagne le Maroc dans cette galère ? 

Le rêve des peuples : la liberté et la libération !

1-Sahara / Palestine

Dans ce dossier difficile et complexe, il n’est pas inutile de rappeler certaines nuances à observer :

Eviter la comparaison entre les deux questions ; l’inconvénient d’une telle démarche comparative conduit à assimiler le Maroc à un occupant !!

Eviter la hiérarchisation entre les deux : défendre avec tous les moyens la marocanité du Sahara sans pour autant abandonner la cause    palestinienne   qui reste foncièrement juste. C’est tout simplement une question de justice internationale qui doit théoriquement bénéficier de tous les soutiens.

Prétendre que le Maroc continuera à soutenir le combat palestinien c’est une illusion et une chimère.

  Le discours diplomatique des deux Etats est devenu une véritable manipulation et une grande imposture de la communauté internationale.  La réalité du terrain marquée par les implantations de colonies a tué tout espoir fondé sur l’idée de deux entités distinctes en vertu des résolutions de 1967.

Le Maroc a fait cette option parce que l’Algérie avec son entêtement dans le dossier saharien l’a obligé à faire un choix cornélien ! 

Et la question palestinienne dans l’imbroglio maghrébin ? Aucun. Il s’agirait plutôt d’une connexion artificielle !

L’affaire saharienne est solide ; elle n’a pas besoin du soutien sournois et bassement mercantile des Américains et qui ont toujours eu une position partiale en faveur de leur allié local israélien.

La reconnaissance américaine ne règle pas le problème ; les Etats-Unis ne sont pas seuls au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU. En plus, il s’agit d’une reconnaissance encombrante car il s’agit de renouer des relations diplomatiques avec une puissance occupante ;
Autre inconvénient à ne pas négliger, les Etats-Unis n’ont jamais été fidèles dans leur alliance.

En fin, faire preuve de myopie politique et géopolitique que d’ignorer les mutations qui s’opèrent présentement sous nos yeux au Moyen-Orient.

Plus grave encore, après le chaos provoqué dans cette région, le Maghreb en souffrira d’une manière ou d’une autre ; le Maroc risque de passer comme le cheval de Troie dans cette stratégie potentiellement macabre.   

Le Maroc d’abord ?

L’intérêt national avant, personne ne l’interdit

Mais pas au détriment d’une cause juste !!

Le Maroc va-t-il en tirer profit ?

L’expérience des deux pays arabes, en l’occurrence l’Egypte et la Jordanie qui sont directement concernés par le conflit, découvrent à leur dépend   que les monts et merveilles promis se sont transformés en châteaux en Espagne.  

Le conflit du Moyen-Orient a trop duré et le Maroc ne va pas aliéner son intérêt national pour une paix qui devient une arlésienne ! Soutient-on   au niveau des décideurs marocains !!

2-La responsabilité   de la permanence du drame palestinien

Elle est diverse, multiple et de natures différentes :  

1°Elle est franco-britannique : avec les accords Sykes-Picot du 16 mai 1916   qui ont conduit au partage du Moyen-Orient entre Paris et Londres ;

2°Elle est britannique, traduite notamment par la déclaration de Balfour du 2 novembre 1917 alors que l’occupation britannique de la Palestine n’est intervenue qu’en décembre de la même année.

Au nom de quoi la Grande-Bretagne se permet de promettre un foyer national juif en terre de Palestine, alors qu’elle ne possédait rien n’avait aucun droit sur ce territoire   !

3°Elle est occidentale et mondiale ; suite à un plan de partage injuste intervenu le 29 novembre 1947 ;

L’Occident en général et l’Europe en particulier responsables de la Shoah n’ont aucun droit de vouloir réparer un crime par un autre !!!  

4° On peut l’imputer aussi à la communauté internationale qui, 70 ans durant, s’est contentée d’adopter des résolutions sans suite. Et comme par hasard celle de 1947 a trouvé sa voie vers la mise en œuvre, traduite effectivement par la création d’Israël !!

5 ° Elle est surtout arabe, suite aux différentes trahisons commises et démissions remarquées    depuis le premier conflit mondial ;

6 ° L ’Arabie saoudite a une part de responsabilité, en faisant de la guerre contre Nasser une priorité en oubliant la cause première !

Qu’a-t- elle fait depuis 1979 pour préparer la riposte contre la   menace iranienne ?

Rien. Les élites saoudiennes en particulier et du golfe en général se sont contentées de fréquenter la Côte d’Azur et la Costa d’El Sol !! Si l'Arabie voulait se défendre contre la menace iranienne, elle aurait pu penser à scénario d'un ensemble, fondé sur une alliance entre le Golfe et le Maghreb plus l’Égypte.

En effet, le Maghreb pouvait constituer, avec l’implication et l’intégration de l’Egypte, ensemble fort sur le plan démographique, militaire, culturel, civilisationnel et   historique, un contrepoids dissuasif contre toutes les velléités expansionnistes des puissances régionales émergentes telles que l’Iran et la Turquie ;   

7 ° Encore une fois, la responsabilité de l’Arabie saoudite à mettre en exergue dans la mesure où elle a encouragé l’islam wahhabite radical et terroriste ;

8° L’Égypte d’El Sadate n’est pas en reste car c’est elle qui a initié la politique d’abandon, de trahison et conduisant à la division du monde arabe en guerre ;

9° La responsabilité est imputable également à la Turquie et au Qatar en propageant l’islam "frériste", radical et terroriste ; 

9°Les palestiniens ne sont pas exempts de toute responsabilité car une grande partie de la direction est corrompue ;

Toutes ces raisons, ces trahisons, ces démissions peuvent-elles nous faire oublier l’essentiel ?

Non !

La Palestine est une cause légitime et juste et ne doit souffrir d’aucune exception et encore moins d’un quelconque marchandage.     

3-Les gains du Maroc, les enjeux, la portée et le risque d’une "Sainte alliance" ?

La Maroc ne peut que tirer profit d’un tel rapprochement ? Soutient-on sous tous les cieux terrestres et célestes !!

Rien n’est moins sûr.

Comme on l’a déjà soutenu, l’expérience de la Jordanie et de l’Egypte est suffisamment édifiante pour ne pas fonder trop d’espoir sur une alliance visiblement empreinte de risques, d’aléas et d’infortunes !!

Il se   peut qu’une dynamique soit enclenchée parce que la Maroc dispose d’une position particulière et il possible aussi que les initiateurs d’une telle entreprise/normalisation veuillent donner un gage de bonne volonté.

Mais à quel prix ?

Par contre, il est fait état d’un rôle du Maroc dans une politique d’endiguement projetée par les USA à l’encontre d’une "intrusion" de la Chine par le Maghreb. Surtout que le Maroc dispose d’un réseau de contacts non négligeable et d’une présence bancaire, entrepreneuriale et commerciale conséquente.

Apparemment, il règne dans les hautes sphères de l’Etat l’idée que l’ancrage occidental du Maroc est bénéfique et que le passage par Tel-Aviv est incontournable.

 Ce choix stratégique est-il pertinent alors, comme on l’a déjà dit, l’Occident décline et l’Amérique patauge ?

Une chose est sûre, aucun développement n’a été accompli dans aucun pays au monde avec le soutien américain encore moins avec sa progéniture. 

L’histoire le dira.  

En fin, toute notre crainte est que cette normalisation soit un début d’une "Sainte-Alliance" entre les monarchies et Israël contre un ennemi commun en l’occurrence l’Iran et ses alliés dans la région du Moyen- Orient.

La victime potentielle serait la cause palestinienne, la ville d’Al Qods et l’avenir du monde arabe ; en effet, toutes les guerres risquent –c’est déjà le cas - de continuer à avoir comme théâtre d’opération les territoires de ce monde moribond. 

Alors peut-on déconnecter la démarche marocaine de la position des pays du Golfe qui ne jurent que d’une alliance solide avec Israël ?

Difficilement !

4-Libération et liberté /la libération des peuples

Maximilien Robespierre disait « …que les peuples n’aiment pas les missionnaires armés .. »

Quelque soient les combines, les alliances des uns avec les autres, le peuple palestinien retrouver sa liberté et son territoire.

Pour l’histoire : la ville sacrée Al Qods a été   prise par les croisés en 1099, elle a été reprise en 1187 par Salah Eddine Ayoubi. Autrement dit moins d’un siècle.

Aujourd’hui, les Israéliens   occupent la moitié d’Al Qods depuis 1948, la deuxième moitié l’a été en 1967. Un peu plus d’une cinquantaine d’année !!

L’espoir est encore permis surtout l’on sait qu’Israël vit présentement une situation existentielle.

En effet, le 26 décembre 2020 un général en retraite, après de nombreuses déclarations de responsable militaires et des services secrets   allant dans ce sens, qu’il y a 200 mille missiles des mouvements de résistance orienté vers Israël[34].

D’autres soutiennent que l’armée israélienne n’est pas prête pour une guerre totale !!

Et la politique de normalisation n’est pas venue par hasard ; elle a été justement initiée, en partie, à cause de cette impasse militaire.

Le rêve des peuples[35]

Le pasteur américain Martin Luther King avait un rêve : celui de la promotion des droits de la minorité et son intégration dans la société américaine ; en effet, depuis son assassinat en 1968 la communauté n’a cessé de progresser quant à l’acquisition de ses droits et à l’amélioration de sa situation socio-économique.

 Du fond de son bagne de Robben Island, dans une solitude ténébreuse, Nelson Mandela, arrêté et condamné à vie depuis 1962, rêvait d’une seule chose : la fin de l’apartheid et l’égalité des citoyens sud-africains sur la base de la règle : une personne, une voix. Personne ne pouvait imaginer que l’édifice ségrégationniste, surtout lorsque l’on sait qu’il bénéficiait d’un soutien décisif d’un certain nombre de pays occidentaux qui, en plus violaient impunément les différents embargos décrétés par l’ONU à l’encontre de Pretoria, allait s’effondrer et le plus ancien prisonnier allait devenir président de cette Afrique du sud nouvelle. Depuis 1994, grâce à cet homme, à sa perspicacité et sa sagesse, son pays vit une transition, certes difficile, mais combien prometteuse.

Entre rêve et réalité

A un autre niveau et dans un autre contexte, les vietnamiens avaient un rêve fou : la réunification de leur nation et de leur Etat ; cela ne pouvait être mené à terme que par une victoire sur la puissance américaine ; ce fut fait, certes par les armes et dans le sang en avril 1975. Non seulement les Vietnamiens se sont unifiés politiquement, mais l’entité nouvelle es devenue depuis quelque temps un des pays émergents ; elle réalise, en effet, depuis 1994 une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 8%.

Avant 1989, les Allemands ne pouvaient imaginer, un seul instant, qu’en quelques heures le mur de Berlin allait s’effondrer et leur nation s’unifier en peu de temps et ce en dépit d’une géopolitique hostile (notamment française). Depuis, l’Allemagne unifiée est devenue un pilier incontournable dans la construction européenne et un pays qui compte dans l’ordre des nations.

Personne ne pouvait imaginer que les rêves de ces peuples allaient se concrétiser avec une accélération et une promptitude imprévisible et déroulante. Et si ces peuples ont pu le faire c’est parce qu’ils l’ont voulu. Le général De Gaule disait : « Les Grands pays le sont, parce qu’ils l’ont voulu ».

Le peuple palestinien endure depuis 70 ans, et il n’a pas baissé les bras !!

Et ce malgré toute la politique israélienne d’humiliation, de répression, de massacre de liquidation et l’absence d’une volonté ferme de la communauté internationale d’imposer une paix juste, il est encore là, debout !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Notes

·         [1]Pour le texte intégral du communiqué, voir le lien suivant : https://www.hespress.com/orbites/492101.html

·         [2] Ils ont été créés en septembre 1994 dans le sillage des accords d’Oslo et supprimé en octobre 2002, suite à l’Intifada II.

·         [3] Voir notre article sur le processus de normalisation des pays du Golfe avec Israël ; ISREAL - EAU/TRAITE DE PAIX ? Abou Dhabi, Manama, Riad…… et peut être Qatar et le Soudan…La fin d’un monde ? Le monde arabe ! http://www.sciencepo.ma/2020/09/isreal-eau-bahrein-traite-de-paix-pr-b.html .

·         [4] Lesdits ouvrages portent sur la décolonisation, la question des frontières, les mouvement d libération nationale et les conflits entre Etats :  L’Organisation des Nations Unies  et les mouvements de libertion en Afrique , these de 3ème cycle , Grenoble , 1979,389 p.,Intangibilités des frontières coloniales et espace étatique en Afrique, préface de Mohamed Bennani et postface d’Amadou Mahtar M’bow, Paris, L.G.D.J, 1989,225p.,Le Sahara marocain : une décolonisation pas comme les autres, Rabat, Collection Confluentes, 1991, 186 p.,La question saharienne : du référendum à la troisième voie, Ed. Confluences, Rabat, 2002, 240 p.La question saharienne, Histoire d’une décolonisation pas comme les autres : Repères historiques décolonisation, autonomie (avril 2009, Ed. Afrique Orient.).

·         [5] En fait elle est empruntée au Lord Palmerston (1848).

·         [6]Emmanuel TODD, "Après l’empire : Essai sur la décomposition du système américain", Ed.Gallimard, 2002,237p.

·         [7] Le journaliste anglais Robert fisk, un grand connaisseur de la région du Moyen- Orient, parle de guerre de civilisation.

·         [8]Abdelmoughit Benmessaoud  Tredano , "De  Casablanca à Aman , L’économique au service de la paix"  , Annuaire de la Méditerranée , 1996 , pp 23 -28

·         [9] Le discours historique du 13 novembre 1974 de Yasser à Arafat à l’ONU avec son rameau d’olivier, Le plan du Roi Fahd adopté à Fès en septembre 1982 ; la proclamation de l’Etat palestinien au CNP d’Alger le 15 novembre 1988 ; la déclaration de Yasser Arafat à Paris relative à la caducité de la Chartre palestinienne en mai 1989 et enfin    le plan de paix arabe de Beyrouth en mars 2002.

·         [10] https://www.youtube.com/watch?v=ZrypVSVljbA .Voir la minute 2:32 de la vidéo.

·         [11]Lettre publiée par le New York Times, le 6 juin 1972.

·         [12] Cité par Youssef Al Khatib, Agenda palestinien, 1974, Il n’y a pas de numérotation de pages. Voir le jour du 12 novembre 1974 (conférence à Alger tenue le 6 mai 1971.).

·         [13] https://youtu.be/E0L2qA98_ro

·         [14] André Amalrik, L’Union soviétique survivra-t-elle en 1984 ? Fayard, (1970), 118 pages ; Emmanuel Todd, La chute finale. Essai sur la décomposition de la sphère soviétique, Rober Laffont, 1976, 371 p. ; Carrère D’Encausse, Hélène, L’Empire éclaté : la révolte des nations en URSS, Paris, Flammarion, 1978, 318 p.

·         [15]Régis Debray 

·         [16] Les pages correspondantes.

·         [17] Pascal Boniface, Requiem pour le monde occidental : Relever le défi Trump , Eyrolles;  2019 ,145 p.

·         [18] Cet extrait est reproduit de mon ouvrage sur l’Irak publié en 2003. Il garde toute son actualité et sa pertinence ; L’ONU-Etats-Unis -Irak : de la mère des batailles à la guerre des faucons, Ed. Confluences, Rabat, 2003,188 p.

·         [19]On lira avec intérêt soutenu son ouvrage sur le déclin de l’empire américain. Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain. Ed. Gallimard, 2002, 233 p. Et surtout le premier  chapitre du livre appelé ouverture : pp.9-33.

·         [20] Sur cet aspect on peut consulter certaines références citées par Bernard Cassen, L’Europe est malade de l’atlantisme, Le Monde diplomatique, mai 2003 ; l’ensemble de ces analyses a mis mal le mythe de la super puissance américaine.

·         [21] Emmanuel Todd, op.cit. p.16.

·         [22] E. Todd, op.cit., pp. 20-21

·         [23] E. Todd; op.cit. p. 17

·         [24] Op. cit. p. 21.

·         [25] Les pages correspondantes

·         [26] R. Debray, op.cit. 10

·         [27] http://french.cri.cn/commentaire/2495/20190417/277110.html

·         [28]https://eljadidascoop.com/les-etats-unis-ont-ete-en-guerre-222-des-239-annees-de-son-existence/

·         [29] Idem.

·         [30] https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/lancien-president-americain-jimmy-carter-appelle-washington-et-pekin-a-cooperer-davantage-en-afrique_3126571.html

·         [31] https://www.un.org/press/fr/2017/cs13125.doc.htm

·         [32]https://www.france24.com/fr/20190621-global-hawk-rq4a-drone-americain-iran-espionnage

·         [33] https://www.europe1.fr/international/liran-frappe-une-base-americaine-en-irak-avec-plus-dune-douzaine-de-missiles-3941690

·         [34] https://youtu.be/kfh9iz7GzuQ

·         [35] Il s’agit d’un extrait d’un article écrit en 1999 sur le rêve maghrébin reproduit dans mon ouvrage sur l’Irak, ONU-Etats-Unis -Irak : de la mère des batailles à la guerre des faucons, Ed. Confluences, Rabat, 2003,188 p. Le peuple palestinien, à l’instar de tous les peuples occupés, ne peut que s’inspirer de ces exemples. 

 

 


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