Privatisation de la Samir et libéralisation ... Pr. N. AKESBI







Privatisation de la Samir

et libéralisation du marché des hydrocarbures :

Entre cupidité et illégalité, l’immense gâchis

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Pr. Najib Akesbi[1]

 

 « La privatisation de la Samir était une grave erreur » : C’est Abdelilah Benkirane qui le reconnaît en 2016[2], alors qu’il est encore Chef de gouvernement, sans pour autant faire quoi que ce soit pour remédier à ce que, des années plus tôt, Abraham Serfaty pour sa part n’avait guère hésité à qualifier de « faute grave », et même de « crime politique »[3]. Quant à l’ONG ATTAC-Maroc, elle a considéré que cette privatisation de la Samir fut un véritable « crime économique de l’État »[4]. Même le très conventionnel « Centre marocain de conjoncture » en vient, bien tardivement, à reconnaître à propos de l’unique raffinerie du pays que « Les évènements récents semblent confirmer le sentiment, assez partagé, que sa privatisation a été inopportune …»[5]. Cette convergence d’appréciation de la part de sources aussi éloignées politiquement permet d’emblée de prendre la mesure de l’ampleur des dégâts en question ainsi que de la gravité des actes délictueux commis pour aboutir à  « la plus grande faillite de l’histoire du Maroc »[6], voire à « l’arnaque du siècle »[7].

Il faut en effet savoir que la Société anonyme marocaine italienne de raffinage (S.A.M.I.R, indiquée ici Samir) n’est pas seulement la seule raffinerie des produits pétroliers du pays, et l’une des principales raffineries d'Afrique, avec une capacité de raffinage de 10 millions de tonnes par an et une capacité de stockage supérieure à deux millions de m3, c’est également un millier de salariés, 5000 à 7000 emplois indirects et de sous-traitants. C’est l’entreprise majeure de la ville de Mohammedia où des quartiers entiers sont habités par ses salariés et leurs familles, dont l’activité du port était à 70% accaparée par celle de la raffinerie, où ont lieu de nombreuses activités sociales, culturelles, sportives, environnementales, financées et parrainées par l’entreprise, celle-là même officiellement déclarée en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce de Casablanca, le 21 mars 2016.

 

Nous commencerons par montrer comment la privatisation de la Samir est véritablement mal partie, c’est-à-dire dans un cadre combinant despotisme et népotisme (Section 1). Nous expliquerons ensuite comment l’entité privatisée a évolué avec un modèle économique calamiteux, comptant moins sur la compétence et la vision stratégique, que sur les passe-droits, les conflits d’intérêts, et la gabegie (Section 2). Ce qui suivra tout au long des dix dernières années de vie de l’entreprise ne sera qu’une lente descente aux enfers, accentuée par une gestion malencontreuse et une fuite en avant dans le surendettement suicidaire (Section 3). Nous saurons alors pourquoi la Samir finira fatalement par être mise en faillite en 2016, ouvrant alors la voie à un autre lobby, celui des distributeurs qui, conforté par une libéralisation insensée du marché, se révélera encore plus vorace que son prédécesseur (Section 4). Et alors que le « dossier de la Samir » s’enlise dans d’interminables procédures judiciaires, il nous faudra en dernier lieu nous interroger sur le comportement de l’Etat dans un processus de libéralisation largement contrôlé par de puissants lobbies, au point qu’il faudra bien, en guise de conclusion, se demander si la clé de voûte du blocage actuel ne réside pas dans une trop visible « main invisible » (Section 5).

 

1. Une privatisation mal partie : Despotique et népotique

Le début de l’affaire remonte au milieu des années 1990. Le pays vit alors une crise économique, sociale, politique grave, que Hassan II lui-même n’hésite guère à qualifier, devant les parlementaires, de « cardiaque ». Des issues sont désespérément recherchées et une parmi elles apparaît « vitale » parce qu’elle permet de parer au plus urgent en alimentant le Trésor public de ressources dont il manque tant, celle des privatisations. Une loi avait été adoptée à cette fin quelques années plus tôt, et un programme d’une centaine d’entreprises publiques candidates avait été arrêté.

Lorsque, début 1996, le nom de la Société anonyme marocaine de l'industrie du raffinage-Samir- sera annoncé, des questions légitimes se posent aussitôt[8] : Pourquoi cette entreprise précisément ? Une entreprise stratégique par excellence qui, avec la Société Chérifienne des Pétroles (SCP), permettait au pays de gérer plutôt souverainement ses approvisionnements en produits pétroliers, de maîtriser une partie non négligeable de la valeur ajoutée et par là-même d’amortir les chocs d’un marché mondial capricieux. De plus, une entreprise à l’époque considérée plutôt puissante, florissante (avec des profits annuels en moyenne de l’ordre d’un demi-milliard), avec des capacités productives et compétitives élevées, un corps d’ingénieurs et de techniciens de qualité, et qui, de surcroît venait de réaliser un programme d’investissement de 6.7 milliards de dirhams pour augmenter sa capacité de production, se moderniser, et se diversifier dans les sous-produits et produits dérivés… De surcroît, le moment ne semblait guère opportun puisque le marché mondial des produits pétroliers apparaissait assez pléthorique en ces années-là, et offrir Samir à la vente sur un marché qui n’en n’avait pas vraiment besoin revenait à coup sûr à se condamner à faire une mauvaise affaire. Enfin, même si on pouvait se résoudre à admettre l’idée de la privatisation, on pouvait légitimement se demander si, à tout le moins, celle-ci s’inscrivait dans une vision d’ensemble, une stratégie énergétique du pays, une doctrine qui pouvait donner au moins un sens politique à cette privatisation. Or, de toute évidence, rien de tout cela n’apparaissait dans les déclarations des responsables, obsédés seulement par le gain que cela pouvait rapporter à l’État, et… le « deal politique » qui en était à l’origine.

Car il ne fait pas de doute, au vu des faits qui ont suivi, que la dimension politique dans la décision de privatisation de la Samir a été prégnante[9]. En effet, dans le contexte politiquement lourd et financièrement tendu de l’époque, le pouvoir attendait beaucoup de l’Arabie Saoudite qui en retour, ne se gênait guère pour placer ses « pions »... Tout deviendra clair quand on apprendra le nom de l’heureux bénéficiaire : Le magnat Mohammed Al-Amoudi, proche de la famille royale saoudite. Dès lors, on ne s’embarrassera plus de formalités. Le ministre des privatisations d’alors, Abderrahmane Saïdi, va se sentir dispensé du recours à la procédure prévue par la loi (notamment à la Commission d’évaluation), voire d’engager le moindre débat au Parlement[10]. Pour la forme, un « appel à manifestation d’intérêt » fut publié, mais on ne se bouscula pas au portillon pour la simple raison que l’on savait bien que les dés étaient pipés. Un groupe canadien aurait offert 1 milliard de dollars en plus d’un programme d’investissement de 700 M$ sur 5 ans. Il ne sera pas pour autant retenu puisque la décision était prise : ce sera le groupe Corral, propriété d’Al-Amoudi, pour la somme de 380 millions de dollars ![11]

Les faveurs accordées à Corral n’allaient cependant pas se limiter au prix. Il faut d’abord savoir que, comme le soulignera plus tard le Rapport du « Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole », la privatisation de La Samir a dépassé le cadre de la cession d’un outil industriel, puisque « le transfert de la raffinerie nationale au groupe du cheikh Al-Amoudi a porté, également, sur la cession d’un patrimoine foncier et financier important qui n’avait rien à voir avec l’exploitation de l’entreprise »[12]. En tout cas, au-delà du prix tout à fait « préférentiel », Corral obtenait de plus la garantie de continuer à être protégé de toute concurrence étrangère pour une période de 5 années encore. Mieux : l’État s’engageait, après 2002, à étaler le démantèlement tarifaire sur 7 ans, reportant donc la libéralisation totale à 2009[13]. Comme, dans la foulée de cette privatisation, Corral allait par la suite également acquérir la SCP[14], il s’octroyait ainsi un véritable monopole, de surcroît protégé par l’État. En clair, l’État garantissait à l’heureux bénéficiaire une confortable rente, et ce, au moment même où l’idéologie néo-libérale ambiante nous racontait que les privatisations avaient entre autres avantages de « casser les monopoles », ouvrir les marchés à la libre et salutaire concurrence, en finir avec les rentes…

En contrepartie, Corral s’engageait tout de même à investir pour se mettre à niveau et se préparer à la libéralisation du marché après une période transitoire allant de 5 à 12 ans. A travers un programme d’investissement 1998-2002, il devait investir plus de 4 milliards de dirhams pour développer ses infrastructures, moderniser son appareil productif, améliorer la qualité de ses produits[15]… Là encore, on ne pouvait manquer de se poser bien des questions : Pourquoi privatiser alors ?! Pourquoi privatiser et aussitôt garantir un monopole doublé d’une rente pendant une période aussi longue ? A la limite et tant qu’à faire, ne pouvait-on obtenir à peu près le même résultat sans avoir à privatiser l’entreprise ? Des questions légitimes auxquelles l’expérience et les faits apporteront des réponses de plus en plus claires par la suite.

Alors que le Groupe Corral prend possession de ses acquisitions et met en place ses « hommes » pour les gérer, on apprend, en juillet 2001 -en plein gouvernement Youssoufi- une nouvelle qui en plonge plus d’un dans la consternation : Abderrahmane Saïdi, le ministre même qui avait privatisé la Samir, passait « de l’autre côté du miroir »[16], pour être nommé son Directeur général! Et on comprend encore mieux lorsque, quelques mois plus tard, c’est le même Saïdi qui, passé dans « l’autre camp », va défendre avec acharnement autant les défaillances que les privilèges du groupe qu’il avait privatisé.

Il a été précisé plus haut que le maintien de la protection quinquennale de la Samir privatisée était motivé par la nécessité de lui donner le temps de se mettre à niveau à travers les investissements promis, notamment quant à la question des spécifications des carburants. En effet, le niveau excessivement élevé de soufre contenu dans les produits de la Samir, avec son impact sur l’environnement et la santé humaine, était de plus en plus massivement condamné[17]. Or, à l’échéance, et alors que le gouvernement s’apprêtait à entamer la deuxième phase de démantèlement progressif des protections tarifaires, le groupe Corral avoue n’avoir réalisé que des investissements de 2.2 milliards de dirhams, soit à peine un peu plus de la moitié des investissements prévus. Puis au lieu de faire amende honorable, il se met aussitôt à faire pression sur l’État pour reporter l’échéance de la libéralisation[18]. C’est l’ex-ministre Saïdi lui-même qui défend bec et ongles le report du démantèlement tarifaire, la préservation de la subvention du raffinage, et le maintien du monopole avec la rente qui va avec[19]. Le management de la Samir fait même du chantage, allant jusqu’à annoncer que Corral pourrait bien se retirer du Maroc... De toute façon, fait-on savoir, Corral avait déjà récupéré son investissement initial. En effet, entre 1997 et 2002, la Samir avait remonté près d’un milliard de dollars de dividendes, soit plus du double de sa mise initiale[20]. Manifestement, les conditions de privatisation avaient persuadé les propriétaires qu’ils étaient bien protégés, et qu’ils pouvaient donc tout se permettre, à commencer par le non-respect du cahier des charges.

Il reste que dans l’opinion publique, cette arrogance couvrant autant d’abus passait mal. Abraham Serfaty avait demandé l’ouverture d’une enquête en nommant directement Abderrahmane Saïdi comme étant coupable de pratiques illégales[21]. Ailleurs, on commençait à se demander s’il ne devenait pas nécessaire de choisir entre deux alternatives bien distinctes : Racheter la Samir ou libéraliser les importations, mais pas les deux à la fois[22].

 

 2. Une lente descente aux enfers…

Alors que ce débat, fondamental pour le devenir de la Samir, prenait une certaine consistance, un évènement accidentel allait intervenir, en novembre 2002, précipitant l’entreprise dans une véritable descente aux enfers. Un incendie allait en effet ravager une bonne partie de la raffinerie, provoquant son arrêt pendant plusieurs mois. Face au risque de pénurie en une matière aussi névralgique pour l’économie, les autorités de tutelle levèrent momentanément les barrières douanières qui protégeaient la production locale, permettant ainsi aux compagnies de distribution d’importer directement les quantités de carburants nécessaires pour parer au déficit causé par l’arrêt de la production de la Samir.

En réalité, avec ce déplacement de la « sphère de la production » à celle de « la circulation », la porte était ouverte pour un autre abus de position dominante, de nature plus spéculative, et qui commençait à se constituer au niveau de la distribution[23]. D’autant plus que, toujours pour des considérations de sécurité d’approvisionnement, les nouveaux importateurs étaient autorisés et même fortement encouragés pour investir dans de nouvelles capacités de stockage, ce qui accroissait d’autant leurs capacités spéculatives[24]. D’une certaine manière, on avait introduit le loup dans la bergerie… Désormais directement connectés au marché mondial, les « loups » avaient pris goût aux supers profits du négoce international.

De sorte que, même lorsqu’elle reprendra son activité au cours de l’été 2003, et qu’elle finira par envisager les investissements dans le cadre d’un nouveau programme à réaliser à partir de 2005, la Samir fera quand même attention à montrer que ce dernier tend plus à améliorer la qualité de ses produits qu’à augmenter la capacité de sa production. Ce « redimensionnement » du programme d’investissement traduisait clairement la volonté de rassurer le lobby des distributeurs qui était désormais bien déterminé à ne plus se laisser privé d’une source de profits aussi juteuse[25].

La Samir quant à elle s’enfonce… Pourtant, en reprenant son activité, elle obtient aussi le rétablissement des droits de douane levés auparavant, et désormais garantissant à nouveau une protection jusqu’en 2009[26]. En contrepartie, elle se résout cette fois à négocier une nouvelle convention à travers laquelle elle s’engage à investir 6 milliards de dirhams. Le montage financier de ce programme mettra cependant deux ans pour être mis au point et, surtout, apparaîtra dépourvu de tout apport frais des propriétaires, et partant essentiellement fondé sur le recours aux crédits de banques et divers institutionnels marocains.

L’entreprise s’enfonce donc dans l’endettement, et la gabegie[27]. Pour le « management » de l’entreprise, la convention signée en 2004 va ouvrir toutes grandes les voies à tous les abus, alors que de toute évidence, l’État comme les banques font preuve de complaisance, si ce n’est de complicité coupable. Pour les travaux de réalisation des investissements, les dirigeants choisissent très curieusement de les réaliser par leurs propres moyens, « comme si, commente un observateur averti, les cadres de la société avaient passé leur vie à construire des raffineries ! »[28]. Ce choix permettra toutes les dérives, « le copinage plutôt que la compétence », le favoritisme, les passe-droits, la corruption… Résultat : Le coût final de l’investissement sera triplé, estimé entre 17 et 20 milliards, au lieu de 6 initialement prévus[29].

En 2008, avec la crise internationale, la Samir affiche une perte de 1.2 Mds de dirhams. Certes, une partie de cette perte pouvait être attribuée à la volatilité des cours du pétrole et à l’instabilité des marchés internationaux, mais aussi, reconnaîtra en 2015 un responsable gouvernemental, à « de très graves erreurs de gestion »[30]. Le Chef du gouvernement (A. Benkirane) pour sa part va plus loin en évoquant des opérations de fuite des capitaux[31]. En tout cas l’Office des changes engage une inspection mais dont les résultats ne seront jamais publiés. D’autres « affaires » seront par la suite pointées par la Justice, notamment d’incompréhensibles investissements dans l’hôtellerie, et dont quelques joyaux se retrouveront dans le patrimoine personnel des dirigeants[32] !

Il reste que le problème majeur se logeait bien au cœur du « modèle économique », celui qui procédait de cette confusion d’intérêts entre négoce international et valorisation locale. En permettant à un opérateur international de contrôler les conditions à la fois d’approvisionnement à partir du marché mondial, et de raffinage pour servir le marché locale, on livrait le pays pieds et mains liés à la cupidité et à la rapacité des uns et des autres. En contrôlant les sources d’approvisionnement du pétrole brut, explique un cadre de la Samir, Al-Amoudi pouvait facilement empocher 2 à 6 dollars par baril grâce à ses relations dans les milieux pétroliers, et ainsi, avec des marges de trading entre 100 et 300 millions de dollars par an, il pouvait très bien se passer des marges de raffinage et laisser l’entreprise entre les mains de Jamal Baamer qui « pouvait vendre comme il le voulait et se sucrer au passage à travers des rétro-commissions ou ses opérations en propre »[33]

 

3. Chronique d’une faillite annoncée…

Modèle économique calamiteux, népotisme et incompétence, conflit d’intérêts, trafic d’influence, détournement de fonds… tous les ingrédients sont réunis pour conduire un joyau de l’industrie nationale à la décadence. Chronique d’une faillite annoncée ? En effet, les dix dernières années d’activité de la Samir avant sa mise en liquidation judiciaire en 2015 ne sont qu’un sinistre feuilleton d’une gestion malavisée, ponctuée de pratiques mafieuses et d’actes délictueux, plus ou moins en connivence avec les principaux acteurs qui, en principe, auraient dû/pu tirer à temps la sonnette d’alarme.

Ayant dès le départ considéré Samir plus comme une « vache à lait » que comme une entreprise stratégique à développer, le bénéficiaire de sa privatisation n’avait manifestement d’autre objectif que d’en extraire le maximum de profits à court terme pour les envoyer vers d’autres horizons. Depuis sa privatisation et jusqu’à sa mise en faillite, non seulement l’entreprise n’a reçu aucun apport de fonds propres de son acquéreur, mais celui-ci s’arrangeait avec ses « experts » et autre cabinets d’audit pour maquiller les comptes et ainsi faire apparaître des bénéfices qu’il se pressait ensuite de transférer à l’étranger[34]. Et pour financer les quelques investissements qu’il fallait tout de même réaliser, voire seulement pour parer aux besoins en fonds de roulement de l’entreprise, on s’appliquait à allonger démesurément les délais de paiements des fournisseurs et autres créanciers et, surtout, à recourir aux emprunts, accordés par des banques pour une fois pas trop regardantes sur certains ratios de solvabilité[35]. Ayant néanmoins fini par épuiser ses différentes lignes de financement, la réponse depuis 2010 à ce qui n’est rien moins qu’une vraie crise d’endettement, est dans la fuite en avant. Car, comme l’explique un cadre de la Samir, la suite fut « une série d’acrobaties financières et comptables pour « bancabiliser » les bilans et s’enliser sur la voie du surendettement, avec l’aval des commissaires aux comptes »[36]. Ainsi, le Tribunal de commerce de Casablanca, qui a prononcé en 2016 la liquidation judiciaire de Samir, a relevé, outre de nombreuses et graves fautes de gestion, la distribution entre 2007 et 2014 de dividendes fictifs, puisque « totalement versés grâce aux facilités bancaires ». Plus grave, le Liquidateur évoque «des opérations incompréhensibles pour donner aux comptes une image particulière» et « une comptabilité qui ne donne pas une image fidèle de l’entreprise »[37].

Au total, comme le rappelle Transparency Maroc dans son communiqué du 16 avril 2016, « le jugement qui prononce la liquidation de la Samir retient à l’encontre de ses administrateurs et gestionnaires de nombreuses irrégularités qui mettent en cause la sincérité des écritures comptables, la distribution de dividendes fictifs et la diffusion d’informations inexactes », et d’ajouter : « Les experts désignés par le tribunal font état de fautes qui constituent légalement des infractions pénales et des défaillances répétées de la part des organes d'administration, de contrôle interne et de supervision, notamment du commissariat aux comptes, des autorités boursières et des administrations fiscales.  Alors que la mauvaise santé financière de la société était déclarée, elle a pu continuer à s’abstenir de toute reddition de compte au sujet de son cahier des charges, reporter sur plusieurs années l'acquittement de ses impôts et taxes et aggraver son endettement bancaire jusqu’à justifier sa liquidation judiciaire. »[38]

Finalement, ce qui devait arriver arriva, au cœur de l’été 2015 lorsque, étranglée de toute part et incapable d’honorer ses engagements, l’entreprise a dû arrêter tout net sa production. Face à une nouvelle aussi dramatique, curieusement, l’État à travers son Département ministériel concerné et le puissant lobby du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) s’étaient contentés de prendre acte de l’évènement et d’annoncer qu'ils avaient pris « toutes les mesures pour assurer l'approvisionnement normal du marché national en hydrocarbures »[39]. Le 21 mars 2016 est prononcé le jugement d’ouverture de la liquidation judiciaire, la nomination d’un premier Syndic, et officieusement de premières estimations d’une dette qui, comprise entre 40 et 45 milliards de dirhams, s’avère de toute façon abyssale. S’engage alors un véritable et interminable feuilleton judiciaire, avec un Al-Amoudi qui ose s’ériger en victime et traine le Maroc devant l’Instance de règlement des différends de la Banque mondiale[40], un premier Syndic qui s’avère de toute évidence inapte à régler quoique ce soit, au point d’être révoqué à la demande de l’un des gros créanciers, puis un second Syndic qui ne se révèle guère meilleur, des jugements étendant la responsabilité aux biens personnels de quelques dirigeants et se perdant ensuite dans les dédales des procédures…

 

Parallèlement s’engage aussi un étrange processus ponctué tout au long des cinq dernières années de coups bas, de faux-semblants et de faux espoirs, tels ces multiples « repreneurs » qui s’annoncent bruyamment puis disparaissent mystérieusement, ce Ministre de l’énergie qui commence par refuser de prendre la moindre initiative sous prétexte que « le dossier est entre les mains de la Justice », puis se met à insinuer « l’obsolescence de l’outil industriel »[41], alimentant un discours de certains « experts » qui colportent l’idée que « le coût de redémarrage et de mise à niveau de la raffinerie de Mohammedia serait nettement plus coûteux que l’approvisionnement extérieur », rejoignant ainsi la thèse « de plus en plus défendue par le lobby des hydrocarbures »[42], et pour finir par laisser entendre à Bloomberg  qu’il n'écartait pas « une fermeture définitive de la Samir »[43], et même déclarer au Parlement que « le gouvernement ne pourra, en aucun cas, intervenir pour sauver la Samir » »[44]. Enfin, ce projet de location des capacités de stockage de la raffinerie (sur lequel on reviendra ci-dessous, en section 4), validé par le gouvernement et même confié à l’ONHYM[45] pour sa mise en œuvre, puis dont plus personne n’entend parler ! Une situation véritablement ubuesque, au point que, après tant d’années de tergiversations, ce sont cette fois les salariés de l’entreprise et leurs représentants qui s’insurgent et crient « Basta ! »[46]. Ils accusent le Ministre de « sabotage » avec des déclarations qui « vont à l’encontre des efforts déployés par le tribunal »[47]. Ils lancent un énième cri d’alerte, assorti d’un ultimatum dont on peut deviner les conséquences économiques, sociales, voire politiques. Ils rappellent les cinq solutions proposées par le « Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole » pour une sortie de crise par le haut : la gestion libre, la cession aux tiers, la conversion des dettes en participations au capital, la nationalisation ou la cession à une société mixte[48]. Au final, affirment-ils, la situation de blocage qui perdure depuis cinq ans est attribuable autant à l’État qu’au Tribunal de commerce ou encore aux créanciers : Le premier, de la privatisation à la liquidation, s’est dérobé à ses responsabilités ; le second s’est montré impuissant dans la gestion de ce dossier ; quant aux créanciers, qui devaient normalement peser pour débloquer la situation dans l’intérêt de tous, se sont enlisés dans « des batailles juridiques pour qui tiendra son rang dans la course au paiement »[49].

 

4. Libéralisation du marché et guerre des lobbies

Il reste que, pendant que « l’affaire de la Samir » continue de sombrer dans les marécages des procédures judiciaires, la « réalité », celle du marché des hydrocarbures dans le pays, est pour le moins consternante. Nous avons déjà noté comment, après l’incendie de la raffinerie en 2002, l’autorisation données aux compagnies de distribution des hydrocarbures de s’approvisionner directement à partir du marché mondial, revenait d’une certaine manière, à introduire le loup dans la bergerie. Ayant pris goût aux profits énormes engendrés par les transactions directement effectuées sur le marché mondial, ces dernières n’avaient évidemment aucunement l’intention de renoncer à une activité aussi juteuse. Or, lorsque la Samir retrouva son activité normale de raffinage, elle chercha évidemment à retrouver par là-même son monopole. Et ce fut peut-être la première fois que le puissant lobby « Al-Amoudi » allait trouver en face de lui, encore plus puissant que lui : Le Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM). D’autant plus qu’à partir de 2007, ce lobby allait s’installer durablement au sein même du gouvernement, puisqu’un de ses plus illustres représentants allait y prendre en charge, sans interruption et jusqu’à ce jour, le Département de l’Agriculture, du développement rural, des pêches maritimes, des eaux et forêts[50]

Devant l’impossibilité de garder son monopole au niveau des importations, la Samir allait adopter en 2012 une nouvelle stratégie qui avait tout l’air d’être une sorte de « réponse du berger à la bergère » : A son tour, elle allait se lancer dans la distribution des hydrocarbures. Ainsi fut créée une nouvelle filiale appelée « Société de distribution de carburants et combustibles » (SDCC), avec pour objectif de déployer sur tout le territoire national pas moins de 150 stations-service en cinq ans[51]. Était-ce le pas à ne pas franchir ? Était-ce une déclaration de guerre contre l’omnipotent lobby des compagnies de distribution ? En tout cas, différents observateurs ont bien noté que cette décision de la Samir d’investir le terrain de la distribution a accentué les hostilités entre les principaux protagonistes, précipitant la crise de « la raffinerie » qui ne voulait plus s’en tenir à son cœur de métier[52].

Toujours est-il que l’arrêt de la Samir à partir de 2015 est « objectivement » une bonne nouvelle pour les compagnies de distribution des hydrocarbures. Désormais, ce sont elles qui héritent du monopole de la chaîne de valeur, du producteur à l’étranger jusqu’au consommateur au Maroc. Coalisées au sein de leur lobby, le groupement des pétroliers du Maroc, elles ne vont pas tarder à user et abuser de la nouvelle situation. D’autant plus que, étrangement, à partir du premier décembre 2015, soit quelques mois à peine après l’arrêt de la Samir, le gouvernement procédait à la libéralisation totale des prix des carburants, processus qu’il avait entamé un an plus tôt, en guise de « réforme » de la Caisse de compensation ![53] Est-ce un hasard ? Encore une fois, la question est pour le moins légitime. De surcroît, alors qu’il était déjà de notoriété publique que le secteur de la distribution de gros est largement oligopolistique (trois ou quatre compagnies s’accaparant près des trois quarts du marché), on se gardait bien d’activer une quelconque instance de régulation, notamment le Conseil de la concurrence qu’on maintiendra au congélateur jusqu’en novembre 2018.

Libérés de toute contrainte tant au niveau des approvisionnements que des prix, débarrassés de la seule raffinerie du pays, ainsi que d’une éventuelle Instance de régulation publique, les compagnies de distribution bénéficiaient ainsi d’une aubaine inouïe, dont elles n’allaient pas tarder à tirer des gains qui l’étaient tout autant. Ainsi, alors que depuis l’été 2014, les cours des produits pétroliers avaient considérablement baissé sur les marchés mondiaux, les prix intérieurs à la pompe avaient continué de se maintenir à des niveaux anormalement élevés. Ce « décalage », et le mécontentement qui en découlait, devenaient tels que, au printemps 2018, un appel anonyme à travers les réseaux sociaux pour le boycott de trois marques de grande consommation, dont celle du principal distributeur de produits pétroliers, allait être massivement suivi par la population[54]. Ce fut aussi un moment de vérité pour le gouvernement puisque, au lieu de prendre fait et cause pour un mouvement légitime, populaire et massif, plusieurs de ses membres ont publiquement pris la défense des entreprises boycottées, et ont même fustigé les partisans du boycott, les traitant d’« écervelés », d’irresponsables et même de saboteurs de l’économie nationale[55]. Chacun pouvait alors apprécier combien « le ver est dans le fruit », puisqu’il suffisait de voir la composition du gouvernement pour constater que le lobby des compagnies de distribution des hydrocarbures ne comptait pas moins de trois de ses membres les plus influents en son sein[56].

 

Par ailleurs, une commission parlementaire avait fini par être constituée pour faire la lumière sur un tel disfonctionnement[57]. Même si la version publiée de son rapport sera « allégée » de ses conclusions les plus accablantes, on y apprendra quand même l’existence de phénomènes systématiques d’entente et d’abus de position dominante, les compagnies entretenant entre elles une coordination permettant de maintenir les prix à la pompe à des niveaux nettement supérieurs à ceux qu’un marché « normal » aurait permis. Cette rente, sur une période d’une vingtaine de mois seulement, avait pu être évaluée à près de 17 milliards de dirhams, ainsi indûment extorqués aux citoyens marocains[58].

Pour sa part, le Conseil de la concurrence, avait fini par être réanimé en novembre 2018, avec la nomination d’un président et d’un nouveau Conseil. Aussitôt devenu opérationnel, il s’est attelé à prendre en charge l’épineux « dossier des hydrocarbures », après avoir été saisi par des syndicats du transport routier et des professionnels détaillants de la distribution (Stations-service), dont les plaintes sont chargées d’accusations d’entente sur les prix et d’abus de position dominante. Après avoir méticuleusement instruit le dossier sous tous ses aspects pendant près de 18 mois, le Conseil avait fini par prononcer en date du 22 juillet 2020 des sanctions relativement lourdes, notamment contre les trois sociétés leaders du marché[59]. Mais quelques jours plus tard (le 28 juillet), un communiqué du Palais royal annonçait que le Roi avait décidé de tout suspendre et ordonné « la constitution d’une commission ad-hoc chargée de mener les investigations nécessaires à la clarification de la situation et de soumettre à Sa Haute Attention un rapport circonstancié sur le sujet dans les meilleurs délais »[60]. Que s’est-il passé entre le 22 et le 28 juillet pour qu’une décision du Conseil de la concurrence, adoptée par 12 voix contre une, soit ainsi remise en cause ? Le Conseil de la Concurrence n’est-il pas une instance constitutionnelle indépendante ? Ses décisions peuvent-elles être contestées par un pouvoir autre que le pouvoir judiciaire, comme cela est prévu par la loi ? Quelle est la légitimité de la commission constituée pour « clarifier la situation » ? Quelle crédibilité aurait encore le Conseil si la « clarification » de ladite commission met en cause son processus décisionnel ? Dans tous les cas de figure, la crédibilité du Conseil de la concurrence n’est-elle pas déjà largement entamée, alors qu’il en était encore à sa première expérience mettant à l’épreuve son indépendance et sa notoriété ?

Toutes ces questions sont restées suspendues longtemps, car en fait de « meilleurs délais », la « Commission » n’a rendu son rapport au Chef de l’Etat que 8 mois plus tard, sans que l’opinion publique ait eu la possibilité d’en connaître la substance. Tout au plus a-t-on eu droit le 22 mars 2021 à un communiqué du Cabinet Royal, annonçant la nomination d’un nouveau président du Conseil de la Concurrence (Ahmed Rahhou), et indiquant que la commission « a conclu que le processus de traitement de cette affaire a été émaillé de nombreuses irrégularités de procédure. Elle a également relevé une nette détérioration du climat des délibérations ». A la suite de quoi, « le Souverain a ordonné la transmission au Chef du Gouvernement des recommandations de la Commission ad-hoc, à l’effet de remédier aux imprécisions du cadre légal actuel, renforcer l’impartialité et les capacités de cette institution constitutionnelle et conforter sa vocation d’instance indépendante contribuant au raffermissement de la bonne gouvernance, de l’État de droit dans le monde économique et de la protection du consommateur »[61].

 

Parallèlement aux péripéties du Conseil de la concurrence, un autre « épisode » significatif est intervenu à partir du mois de mars 2020 lorsque l’économie mondiale entrait en récession à la suite du déclenchement de la pandémie du Covid-19, et que les cours du pétrole sur le marché mondial s’effondraient à moins de 30 $/b. Ne fallait-il pas profiter d’une telle opportunité pour s’approvisionner massivement à si faible coût, et par là-même assurer pour une fois au pays le seuil de sécurité correspondant à 60 jours de consommation, lequel n’était plus respecté depuis bien longtemps ?[62] En tout cas, dès lors que cette idée de bon sens s’imposa, les regards se tournèrent vers la seule entreprise dans le pays disposant d’unités de stockage conséquentes : La Samir. Bien qu’en cessation d’activité, le personnel de celle-ci continuait en effet d’assurer la maintenance de bacs de stockage d’une capacité de deux millions de tonnes. Alors que des opérateurs privés semblent avoir demandé au Tribunal l’autorisation de location des capacités de stockage de la Samir, c’est l’État qui obtint cette possibilité en date du 14 mai 2020, à la suite d’une demande formelle effectuée par le Chef du gouvernement. L’initiative de l’État s’inscrit, expliquait-on, dans le contexte international de baisse exceptionnelle des prix du pétrole. L’idée était de « satisfaire les besoins du marché national » et d’assurer « la continuité d’un service public stratégique tout en garantissant la sécurité énergétique du pays », voire sa « souveraineté énergétique »[63].

De telles déclarations, d’une « source proche du dossier », autorisait un certain regain d’optimisme, beaucoup voyant dans ce geste au moins la reconnaissance du caractère stratégique des « capacités » de la Samir et de sa contribution décisive à la sécurité énergétique du pays[64]. Certains se mettaient même à imaginer désormais plausible le scénario d’une renationalisation de la Samir, d’autant plus que l’État s’est révélée être de loin le premier créancier de l’entreprise, ce qui est de nature à favoriser la réappropriation publique de son capital, notamment par la formule de la conversion de la dette en participation au capital[65]. En tout cas pour la Samir, et même à court terme, la location de ses capacités de stockage avait aussi pour avantage de lui procurer des revenus non négligeables au regard des circonstances[66]. Et puis l’on s’est mis à attendre les actes… Et le temps est passé, et il ne s’est rien passé ! Près d’un an après l’ordonnance du tribunal, le contrat de bail n’est toujours pas signé, et désormais, devant le silence troublant des autorités concernées, l’abandon pur et simple du projet n’est plus à écarter[67]. Le « contexte » aurait changé, notamment au niveau des prix qui ont augmenté depuis, mais surtout, le retour de l’État sur un marché dont on croyait l’avoir définitivement éjecté est très mal accueilli par les lobbies qui prospèrent depuis qu’ils en ont la parfaite maîtrise. « Si l’État intervient d’une manière ou d’une autre sur le marché, explique-t-on, il sera perçu comme un concurrent à l’heure où les opérateurs pâtissent déjà du recul de la consommation. L’aboutissement du projet ne sert pas les intérêts de la concurrence (…)  le projet d’exploitation des capacités de stockage de la Samir s’inscrit dans un objectif d’intérêt général, qui est de sécuriser l’approvisionnement du pays et fournir du carburant à bas prix pour protéger le pouvoir d’achat du citoyen. Pour l’État et contrairement aux opérateurs privés, le lucre n’est pas la finalité, ce qui en fait un concurrent particulièrement agressif »[68].

5. Une « main invisible » pour perpétuer le statu quo ?

S’il est possible de récapituler les principaux épisodes de cet incroyable feuilleton de la privatisation de Samir, on dira qu’il a commencé, il y a un quart de siècle, par une cession qui n’a respecté ni la loi ni l’éthique encadrant une telle opération, puis il s’est poursuivi dans le reniement et le non-respect des engagements pris dans le cahier de charges, s’est ensuite enlisé dans la falsification des comptes, le surendettement et la distribution de bénéfices réels ou fictifs, pour finir dans les marécages d’une liquidation judiciaire équivoque et laissant le champ libre à de « nouveaux maîtres du marché » encore plus voraces. En somme, une histoire qui commence dans le népotisme, le passe-droit et le conflit d’intérêt, puis s’enlise au fil du temps dans la prédation et la falsification, et finit comme elle a commencé dans l’arbitraire, la cupidité et l’illégalité… Cupidité et illégalité, deux qualificatifs qui apparaissent du reste être bien les deux mots-clés résumant toute cette sombre mésaventure. Une autre manière de montrer non seulement à quel point le politique et l’économique sont encore malencontreusement imbriqués dans l’économie marocaine[69], mais aussi donner la mesure des dégâts de ce mariage malsain entre les « affaires » et la politique.

Il reste que le blocage qui dure depuis une demi-décennie peut apparaître à certains « étrange, incompréhensible »[70], en tout cas défiant le bon sens, voire l’intérêt bien compris de l’État. On peut au fond « comprendre » la complicité des banques, de la douane, des « gendarmes de la Bourse », des cabinets d’audit et d’expertise comptable… Mais comment saisir le comportement actuel de l’Etat alors qu’il est bien le premier créancier (à travers les impôts dus et non acquittés), et donc le premier perdant d’une liquidation définitive de l’entreprise ? Ce comportement semble même relever d’une sorte de masochisme étrange. Après avoir bradé son joyau, il s’est fait le complice, actif ou passif, d’un travail de sape qui a fini par conduire l’entreprise à la liquidation judiciaire, ensuite il s’est appliqué à dissuader tous les repreneurs potentiels en leur refusant toute visibilité quant à l’avenir du secteur, il a balayé d’un revers de main toutes les solutions qui ont été proposées et qui auraient pu lui permettre de sauver sa créance tout en sauvegardant la Samir[71], et pour finir, il a il a rejeté catégoriquement pas moins de six propositions de lois dans les deux chambres du parlement et visant la renationalisation de la raffinerie de pétrole[72]. Ainsi, après avoir créé les conditions d’une véritable anarchie sur le marché des hydrocarbures, il s’applique à présent à assurer la pérennité de cette anarchie, et par là-même l’impunité de ceux qui en sont les acteurs majeurs…

Comportement incompréhensible… Vraiment ? A moins de méditer cette conclusion d’un observateur qui, après avoir rappelé « la multiplication des blocages dès lors que le marché des hydrocarbures est en jeu », en arrive à évoquer haut ce que tout le monde pense bas : l’existence « d'une main invisible qui empêche tout changement du statu quo »[73].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Economiste, enseignant-chercheur.

[2] M. Jaabouk, « Maroc : La privatisation de la Samir était une grave erreur, affirme Benkirane », Yabiladi, 13.1.2016(https://www.yabiladi.com/articles/details/41555/maroc-privatisation-samir-etait-grave.html;  A.B., « Benkirane reconnaît pour la première fois l’erreur de l’Etat dans la privatisation de la Samir », Akhbar AlYaoum, quotidien, Casablanca, 14.1.2016.

[3] Cité par M. Slaili, « La Samir, victime des deals politiques de l’Etat », Al Yassar Al Mouwahad, 6.10.2003.

[5] S.Es-siari., « La privatisation de la Samir était inopportune », Finances News Hebdo, Casablanca, 15.2.2018.

[6] C.A.H., « Le sort de la Samir est-il définitivement scellé ? », Challenge, hebdomadaire, Casablanca, 22.4.2016.

[7] M. Kabbaj, « La Samir, l'arnaque du siècle: l'État complice », Maroc Hebdo, 29.5.2019 (https://maroc-hebdo.press.ma/la-samir-arnaque-siecle-etat-complice).

[8] N. Akesbi, « Interrogations autour de la privatisation de la Samir : Pourquoi ? A quel prix ? et dans le cadre de quelle stratégie ? », Entretien, Attihad Al ichtiraki, quotidien, Casablanca, 16 mars 1996.

[9] Rédaction, « Comment Al-Amoudi a eu le Maroc », Dossier, Economie & Entreprise, mensuel, Casablanca, octobre 2015, pp.12-24.

[10] A.B., « Benkirane reconnaît pour la première fois… »,  Akhbar AlYaoum, 14.1.2016, op.cit.

[11] Il semble que le groupe marocain Afriquia aurait pour sa part proposé 2.5 milliard de dirhams. Éliminé, il attendait depuis, sa revanche… Hypothèse que la suite des évènements ne démentira pas. Cf . « Les raisons cachées derrière une crise incompréhensible du géant du raffinage du pétrole au Maroc », Dossier, Al Massae, quotidien, Casablanca, 14-16 Août 2015.

[12] Cf. Rapport du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, cdtpetrolemaroc@gmail.com (consulté le 30 octobre 2018).

[13] Extrait du Cahier des charges, In : M.B. Ndiaye, « Le plan de développement de la Samir sera-t-il remis en cause ? », Finances News Magazine, hebdomadaire, Casablanca, 1.5.2002.

[14] En fait, c’est pendant le gouvernement Youssoufi, en 1999, que Corral/Samir va absorber également la SCP, et partant, boucler son monopole absolu dans le secteur. Cf. O.D.B., « Un monopole de fait renforcé », La Vie éco, Hebdomadaire, Casablanca, 28.5.1999.

[15] Il était notamment prévu dans ce « plan de développement » la mise en place d’une unité d’HydroCracker, d’un projet d’hydro-désulfuration  et d’un dégoulettage, en plus de la formation et le maintien des ressources humaines. Dans l’offre de Corral, il était explicitement affirmé que « L’acheteur s’engage à mettre à exécution l’intégralité des mesures figurant dans le plan de développement produit à l’appui de cette offre… » (Extraits du Cahier des charges), Cf. Finances News Magazines, 1.5.2002, op.cit.

[16] Cf. Afrique Intelligence, 12.7.2001 (https://www.africaintelligence.fr ).

[17] En 2002, ce niveau atteignait encore 10000 PPM, alors que l’objectif était de le ramener à la norme internationale de 50 PPM. Cf. N.T., « Produits pétroliers : le calendrier de libéralisation respecté », La Vie éco, 5.7. 2002.

[18] S. Benmansour, « Investissements : la Samir pose ses conditions », La Vie éco, 9.7.2004 ; S. Benmansour, « Les conditions posées par la Samir suscitent des réactions défavorables », La Vie éco, 23.7.2004.

[19] H. Gharbaoui et Th. Savage, « Samir, Les causes d’une chute », TelQuel, hebdo, Casablanca, 4.9.2015.

[20] Entre dividendes exceptionnels et ceux issus de l’exploitation, l’actionnariat de la Samir avait pu, grâce à la liquidation des actifs financiers et mobiliers de Samir et de SCP, doubler en 5 ans sa mise de départ, soit les 488 M$ payés à l’État (120 pour SCP et 368 pour Samir). Cf. Gh. El Karmouni, « Samir : Comment AL-Amoudia eu le Maroc », Economie & Entreprise, octobre 2015. 

[21] Dossier, Al Massae, op.cit.,14-16.8.2015.    

[22] O. Elfetouaki, « Faut-il racheter la Samir ou libéraliser les importations ? », Libération, quotidien, Casablanca, 17.3.2003.

[23] M. Amine, « La Samir, un cas à méditer bien profondément », Challenge, hebdo, Casablanca, 5.10.2018.

[24] D. Al Andaloussi, « La Samir, en attendant le bout du tunnel », Challenge, 5.10.2018, op.cit.

[25] M.J., « La Samir toujours dans l’expectative », Le Journal hebdo, Casablanca, 20.3.2004.

[26] M. Chaoui, « La libéralisation sur les rails », L’Économiste, quotidien, Casablanca, 3.7.2002.

[27] A. Labied, « Samir: voici ce qui pourrait être reproché aux deux dirigeants AL-Amoudi et BaAmar », Le Boursier, 14.11.2017 (http://leboursier.ma/Actus/552/2017/11/14/Samir-voici-ce-qui-pourrait-etre-reproche-aux-deux-dirigeants-Al-Amoudi-et-Ba-Amar.html )

[28] Au lieu de lancer un Appel international et mettre en compétition des entreprises ayant du savoir-faire et de l’expérience dans le domaine, l’approche retenue pour les travaux a été celle dite EPCM (Engineering procurement, and construction managment), disons celle des « travaux faits par l’entreprise pour elle-même », selon la terminologie comptable. Cf. El Karmouni, « Samir : Comment AL-Amoudi a eu le Maroc », 2015, op.cit. 

[29] Des investissements ont été payés et n’ont jamais vu le jour, comme par exemple, le projet d’une unité de cogénération électrique ayant coûté près de 30 millions d’euros, payée, livrée, et jamais entrée en service, le projet TAS (Truck Automatization system) de chargement automatisé des camions citerne qui avait coûté plus de 200 millions de dirhams et qui n’avait pas non plus été mis en route… Ibid. 

[30] Lequel responsable ajoute : « … et je le dis ainsi pour être gentil ». Cf. Gharbaoui & Savage, « Samir : les causes d’une chute », 2015, op.cit.

[31] Ibid.

[32] Il s’agit notamment de l’Hôtelière Samir et Corral Hôtel Resort & Compagny, de la Société hôtelière d’Ifrane… Le Tribunal a décidé en 2018 d’étendre son jugement concernant le patrimoine personnel des dirigeants (notamment AL-Amoudi et Baamar) aux deux premières sociétés, « en raison de la confusion de patrimoines entre ces entités et le raffineur ». Cf. S.N., « Samir. Extension de la liquidation : Qui sont Hôtelière Samir et Coral Hôtel Resort & Compagny ? », Medias24, 5.11.2018 (https://www.medias24.com/MAROC/ECONOMIE/ENTREPRISES/187347-Samir.-Extension-de-la-liquidation-Qui-sont-Hoteliere-Samir-et-Corral-Hotel-Resort-Company.html ).

[33] El Karmouni, « Samir : Comment AL-Amoudi a eu le Maroc », 2015, op.cit. 

[34] S. Marzak, « Affaire Samir : Que peut faire Al-Amoudi ? », Les Eco Inspirations, quotidien, Casablanca, 13.8.2015 ; Gharbaoui & Savage, « Samir : les causes d’une chute », 2015, op.cit. ; M. Kabbaj, « La Samir, l'arnaque du siècle: l'État complice », Maroc Hebdo, 29.5.2019 (https://maroc-hebdo.press.ma/la-samir-arnaque-siecle-etat-complice. D’autre part, les comptes de la société font en effet apparaître, entre 2006 et 2013, et à la seule exception de l’année 2008, des bénéfices compris entre 320 et 836 millions de dirhams, soit une moyenne annuelle de 547 millions de dirhams. Cf. Document du « Front local pour le suivi de la crise de la Samir », Table ronde sur le thème de « l’avenir de l’industrie du raffinage du pétrole au Maroc », Mohammedia, 18.6.2016. 

[35] Par la suite, l’avocat des créanciers expliquera que, « au lieu d’injecter des fonds, les actionnaires ont préféré travailler avec l’argent de l’État, des banques et des fournisseurs». Cf. F. Faquihi, « Affaire Samir: Des créanciers exigent une reddition des comptes », L’Economiste, quotidien, Casablanca, 2.11.2018.

[36] « Aucun instrument n’a été épargné : crédit de trésorerie, pré-financement, leasing, affacturage, financement islamique, emprunt obligataire, même un crédit relais auprès de l’État, ont été négociés », témoigne un haut cadre financier de Samir. Cf. El Karmouni, « Samir : Comment Al-Amoudi a eu le Maroc », 2015, op.cit.

[37] A titre d’exemple, on a eu recours à une méthode de traitement comptable de la réévaluation des immobilisations non conforme aux lois en vigueur et qui « cache la situation réelle de l’entreprise ». Cf. C.A.H., « Le sort de la Samir… », 2016, op.cit. ; F. Faquihi, « Affaire Samir: Des créanciers… », L’Economiste, op.cit., 2.11.2018 ; A.Chentouf, « Liquidation de la Samir : Un vrai feuilleton judiciaire », Challenge, hebdo, Casablanca, 5.10.2018.

[38] Site de Transparency Maroc, consulté le 20.10.2020 (https://transparencymaroc.ma/communique-de-tm-au-sujet-de-laffaire-samir ).

[40] Il s’agit du Centre international pour le règlement des différends relatifs au investissements (CIRDI), affilié au groupe de la Banque mondiale. El Amoudi reproche à l’Etat marocain d’avoir refusé de rééchelonner ses dettes et réclame en conséquence des dommages et intérêts… Cf. A. Chentouf, « Liquidation de la Samir : Un vrai feuilleton judiciaire », 2018, op.cit.

[42] K. Filali, « L’Etat devrait annoncer la fermeture définitive de la Samir », Le Desk, 16.01.2018 (https://mobile.ledesk.ma/2018/01/16/letat-devrait-annoncer-la-fermeture-definitive-de-la-samir/ )

[43] Ibid.

[44] L. Hallaoui, « La Samir: Les propos de Rebbah fâchent le front de sauvegarde de la raffinerie », Huffpost Maghreb, 28.11.2018 ( https://m.huffpostmaghreb.com/)

[45] Office national des hydrocarbures et des Mines.

[46] A. El Hourri, « Crise de la Samir : Les salariés disent « ça suffit ! », Medias24, 17.11.2020 (https://www.medias24.com/crise-de-la-samir-les-salaries-disent-ca-suffit-14376.html).

[47] A. El Hourri, « Aziz Rabbah est-il en train de saboter le dossier de la cession de la Samir ? » Le Desk, 10.1.2019, https://www.medias24.com/MAROC/ECONOMIE/ENTREPRISES/189036-Propos-de-Rabbah-sur-la-Samir-Le-ministre-est-il-en-train-de-tirer-sur-les-finances-publiques.html.;

F. Faquihi,« Liquidation Samir: Le gouvernement accusé de «neutralité négative», L’Économiste, 14.3.2019 ( https://www.leconomiste.com/article/1042144-liquidation-samir-le-gouvernement-accuse-de-neutralite-negative); M. Bentak, « Samir : Qui bloque le redémarrage ? », LesEco.ma, 25.2.2019 ; Gh. El Karmouni, « Samir ou la lâcheté de l’Etat », Economie-Entreprises, décembre 2018.

[48] H. Makraoui, « Affaire la Samir: Un collectif monte au front et propose des solutions », L’Observateur, 17.9.2018 ( https://lobservateur.info/la-une/affaire-la-samir-un-collectif-monte-au-front-et-propose-des-solutions/); M. Benmoussa, « Pour la Samir, nulle solution sans l’engagement de l’État », Le Desk, 28.10.2018 https://mobile.ledesk.ma/enclair/mohammed-benmoussa-pour-la-samir-nulle-solution-sans-lengagement-de-letat/ ; N. Mzaghrani, « La nationalisation et la Régulation des prix…», 6.11.2019, op.cit.

[49] A. El Hourri, « Aziz Rabbah est-il en train de saboter le dossier de la cession de la Samir? », Le Desk, 10.1.2019, op.cit.

[50] N. Akesbi, « Les lobbies des hydrocarbures contrôlent le gouvernement », Akhbar AlYaoum, quotidien, Casablanca, 17.6.2017.

[51] IL. B., « Hydrocarbures - Samir investit officiellement la distribution », L'Economiste, 1.7.2013 (https://prod.leconomiste.com/article/908377-hydrocarburessamir-investit-officiellement-la-distribution).

[52] Depuis 2012 en particulier, il était de notoriété publique qu’une véritable guerre opposait Jamal Baamar, PDG de la Samir, et Aziz Akhennouch, patron de Afriquia, et ministre de l’Agriculture… Cf. « Les raisons cachées derrière une crise incompréhensible du géant du raffinage du pétrole au Maroc », Dossier, Al Massae, 14-16.8.2015.

[53] En 2012 et 2013, au cours du gouvernement « Benkirane 1 », ce qu’on entendait par « réforme de la Caisse de compensation » consistait certes en une libéralisation des prix, mais accompagnée d’une distribution de revenus directs à une partie de la population dont le pouvoir d’achat allait être affecté par la hausse des prix consécutive à la libéralisation. On sait que ce projet de réforme allait servir de prétexte pour provoquer une crise gouvernementale et conduire à la formation du gouvernement « Benkirane 2 », lequel se hâta d’enterrer le projet de réforme initial, pour n’en garder que la version qui se limitait à la libéralisation des prix. Depuis lors, seuls trois produits sont encore plus ou moins soutenus : la farine dite « nationale », le sucre et le gaz butane. Cf. N. Akesbi, « Gouvernement Benkirane : Quel bilan ? Quelles perspectives ? », Revue marocaine de sciences politiques et sociales, Rabat, juillet 2017.

[54] Les trois marques en cause étaient Afriquia (Carburants), Sidi Ali (Eaux minérales) et Danone (Produits laitiers). Pour une analyse de cette expérience, cf. Ch. Bozonnet, « Au Maroc, le boycott qui dérange les autorités », Le Monde, 10.6.2018 ; Maroc – « Les patrons de Sa Majesté » boycottés par le peuple, Orient XXI, 7.6.2018 (https://orientxxi.info/); « Boycott : La revanche du Maroc d’en bas », EconomieEntreprise, Dossier, juin 2018 ; « Moroccan rattles leaders with mass boycott over high prices », Associated Press – The new York Times, 6.6.2018.

[55] Ch. Bozonnet, « Au Maroc, le boycott qui dérange les autorités », Le Monde, 10.6.2018.

[56] Outre l’hyperpuissant Aziz Akhannouch, propriétaire d’Afriquia, et comme indiqué plus haut, Ministre depuis 2008, on comptait dans ce gouvernement également Mbarka Bouaida, Secrétaire d'État chargée de la Pêche maritime, dont la famille contrôle la compagnie Petrom, et Rkia Derham, Secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur, dont la famille est propriétaire de la première compagnie de distribution des hydrocarbures du sud du Maroc, Atlas Sahara. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_El_Otmani_I#Composition; « Akesbi : Les lobbies des hydrocarbures minent le gouvernement de l’intérieur » (article en arabe), 20.2.2019  (https://www.achkayen.com/106764.html ) . 

[57] F. Faquihi, « Concurrence/Carburants : Le contentieux de A à Z, explications et révélations », L’Économiste, 3.8.2020.

[58] Voir plusieurs passages de ce Rapport, cités in : M. Benmoussa, « Affaire Samir: « La horde », Le Desk, 15.11.2018 (https://mobile.ledesk.ma/2018/11/15/affaire-samir-la-horde-par-mohammed-benmoussa/). Par ailleurs, ce qu’il faut ajouter, alors que nous sommes en 2021, c’est que, comme rien de fondamental n’a changé pour parer aux multiples abus identifiés en 2018, les mêmes causes ont continué de produire les mêmes effets, de sorte que les 17 milliards du printemps 2018 ont évidemment sensiblement évolué depuis. Ainsi, selon étude réalisée par le « Front pour la sauvegarde de la Samir », sur la période 2016-2020, le montant en question s’élève  à 38,3 milliards de dirhams, Cf. L. Boumahrou, « Hydrocarbures : Les bénéfices sur les ventes s’élèvent à 38 MDS de DH », EcoActu, 7.12.2020 ( https://www.ecoactu.ma/hydrocarbures-libarealisation ).

[59] Les trois entreprises en question sont Afriquia SMDC, Vivo Energy et Total Maroc. Elles ont été condamnées à verser 9% de leurs chiffres d’affaires annuels réalisés au Maroc (le plafond autorisé par la loi est de 10% du chiffre d’affaires). Six autres entreprises ont été sanctionnées mais à des niveaux moindres. Cf. A. El Hourri, « Driss Guerraoui inflige une amende de 9% du chiffre d'affaires aux pétroliers », Medias24, 24 juillet 2020 (https://www.medias24.com/driss-guerraoui-inflige-une-amende-de-9-du-chiffre-d-affaires-contre-les-petroliers-12134.html).

[60] Rédaction et MAP, « Driss Guerraoui dessaisi du dossier des hydrocarbures par décision royale », Le Desk, 29 juillet 2020 (https://mobile.ledesk.ma/2020/07/29/driss-guerraoui-dessaisi-du-dossier-des-hydrocarbures-par-decision-royale/); Y. Majdi, « Conseil de la concurrence : un communiqué royal et beaucoup de questions », TelQuel, 31.7. 2020 (https://telquel.ma/2020/07/31/conseil-de-la-concurrence-un-communique-royal-et-beaucoup-de-questions_1692432 ).

[61] Rédaction et MAP « Abdennabaoui, Ahmed Rahhou, Zineb El Adaoui : Voici les dernières nominations royales », Medias24, 22.3.2021 ( https://www.medias24.com/mohamed-abdennabaoui-hassan-daki-voici-les-dernieres-nominations-royales-17555.html ).

[62] Dans son rapport de 2019, l’Agence internationale de l’énergie déplorait une capacité de stockage inférieure de moitié au minimum légal (soit l’équivalent de 30 jours de consommation contre la norme établie de 60 jours), situation attribuée notamment au "non-respect des distributeurs des produits pétroliers de leurs obligations de stockage en produit pétroliers pendant plusieurs années". Cf. A. El Hourri, « Sécurité énergétique du Maroc: l'AIE alerte sur la situation de la Samir », Medias24, 13.5.2019 (https://www.medias24.com/securite-energetique-le-cas-de-la-samir-cite-dans-un-rapport-international-2190.html.

[63] A. El Hourri, « Location des bacs de stockage de la Samir : Comment l'État justifie sa démarche », Medias24, 14.5.2020 (https://www.medias24.com/location-des-bacs-de-stockage-de-la-samir-comment-l-etat-justifie-sa-demarche-10307.html).

[64] D’autant plus que l’Agence internationale de l’énergie, dans le rapport cité plus haut, considérait que la fermeture de la Samir serait une « erreur » pour la sécurité énergétique du pays. Cf. Y. Saoury, “La fermeture de la SAMIR serait une erreur stratégique”, TelQuel, 14.5.2019 (https://telquel.ma/2019/05/14/la-fermeture-de-la-samir-serait-une-erreur-strategique-selon-lagence-internationale-de-lenergie_1638427); M. Erraji, « Akesbi : Samir garantit les bases de la sécurité énergétique du Maroc », Hespress, 20.6.2020 (https://www.hespress.com/economie/475450.html ).

 [65] J. Amdouri, « Akesbi : La privatisation de la Samir a été une faute et un scandale historique, et sa sauvegarde passe par la nationalisation », Al 3omk, 20.6.2020 ( https://m.al3omk.com/553781.html).

[66] Sur la base d’un loyer de 50 Dh par tonne stockée et par mois, les 2 millions de tonnes de capacités de stockage aurait rapporté à la Samir 1.2 milliard de dirhams par an. Cf. A. El Hourri, « Samir. Location des bacs de stockage : Craintes autour de l’abandon du projet », Medias24, 27.10.2020 (https://www.medias24.com/samir-location-des-bacs-de-stockage-craintes-autour-de-l-abandon-du-projet-13913.html ).

[67] A. El Hourri, « Samir. Location des bacs de stockage… », Medias24, 27.10.202, op.cit., (https://www.medias24.com/samir-location-des-bacs-de-stockage-craintes-autour-de-l-abandon-du-projet-13913.html ).

[68] Ibid.

[69] Pour de plus amples développements sur cette question, voir plusieurs contributions dans l’ouvrage collectif intitulé Economie politique du Maroc, Revue Marocaine de Sciences Politiques et Sociales, Hors série – vol. XIV, Rabat, avril 2017 ; Voir également :  M. Oubenal et A. Zeroual, « Qui dirige l’économie marocaine ? », Critique internationale, 2017. DOI : 10.3917/crii.074.009 (disponible aussi sur : http://tafra.ma/qui-dirige-leconomie-marocaine );  M. Mounjib, « Sur la relation entre le pouvoir, les affaires et la représentativité politique », Al Quods AlArabi (article en arabe), 22.6.2018 ; « Akesbi : le boycott est un cri contre le mariage incestueux entre les affaires et le pouvoir » (articles en arabe), Akhbar Al yaoum (11.5.2018) et AlYaoum24 (http://m.alyaoum24.com/ ) ; M. Benmoussa, « Pour la Samir, nulle solution sans l’engagement de l’État», Le Desk, 28.10.2018 (https://mobile.ledesk.ma/enclair/mohammed-benmoussa-pour-la-samir-nulle-solution-sans-lengagement-de-letat/)

[70] A. El Hourri, « Crise de la Samir : Les salariés disent « ça suffit ! », op.cit, 17.11.2020.

[71] A. Amar, « Affaire Samir: les dessous d’un complot d’Etat », Le Desk, 28.10.2018 (https://ledesk.ma/grandangle/affaire-samir-les-dessous-dun-complot-detat )

[72] Le gouvernement a refusé l’idée même de les soumettre au débat des parlementaires… Cf. J. Gatttioui, « Samir : Le gouvernement appelé à revoir sa position », Les inspirations Éco, 16.2.2021 (https://leseco.ma/maroc/samir-le-gouvernement-appele-a-revoir-sa-position.html).

[73] A. El Hourri, « Crise de la Samir… », op.cit, 17.11.2020.

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