janvier 2022











Le Miroir et l’écho de Mohammed Bakrim

 Quel est ce Maroc que les films transforment en récit, en sons et images ? Quel Maroc alors se dessine en filigrane à l’écran ? Quelle est cette société que les scénarii de notre cinéma ont dramatisée ?  Les films sont des véhicules de mythologies qui finissent par irriguer leurs propos et apparaissent comme des miroirs de la société qui les a vus naître. Au-delà du discours apparent, les films portent en filigrane des indices éloquents... Le professeur, la politologue Rahma Bourquia parle à propos du Maroc d’une « société sous-analysée ». Cela est juste, notamment du point de vue des grilles de lecture académiques traditionnelles, issues des sciences sociales. Il faudra alors voir ailleurs, partir à la recherche d’autres pistes. Du coté des écrans de notre imaginaire, par exemple. Le cinéma, en effet, constitue un corpus, riche et diversifié, offrant au regard observateur et attentif, tout un discours sur la société marocaine. Un discours derrière le discours, le dit du film et surtout son non-dit contribuent à établir une sorte de scanner d’une réalité du point de vue de son imaginaire. Le visible qui dévoile son invisible. Ces interrogations ont inspiré ce projet.

Ce n’est pas une histoire du cinéma marocain. Ce n’est pas non plus un essai de sociologie de cinéma. C’est une contribution qui souhaite croiser ou plutôt s’inspirer de ces deux disciplines prestigieuses –  l’histoire et la socilogie- qui ne cessent par ailleurs de dialoguer avec le cinéma. Il s‘agit d’un  montage de textes éléborés au gré de l’actualité et de mes différentes rencontres  avec les films, avec le cinéma. Des textes qui vont se révéler in fine nourris de ces soucis, de ces questionement presque après coup…Ces souscis étaient là tantôt en filigrane, tantôt explicitement. Et c’est au fur et à mesure de la restructuration de ces textes que je me suis aperçu qu’ils peuvent aspirer à cette double ambition, celle d’un bref rappel historique sur notre cinéma et celle de quelques interrogations sur les rapports ô combien problématiques  entre notre société et son cinéma.  

 

 









ركن الشعر 

مند القدم تبوء الشعر منزلة رفيعة لدى العرب لم تتبوئها الاصناف الأدبية الأخرى .و قد سماه أبو فراس الحمداني ديوان العرب وعنوان الأدب.

عرف العرب الشعر مند الجاهلية و جاءت المعلقات كدرر نفيسة تزين الكعبة و تُلقى في سوق عكاظ

تطور الشعر كما يتطور أي كائن حي في تفاعل تام مع بيئته. فالشعراء على إختلاف مشاربهم تطرقوا لكل المواضيع و التيمات التي تهم الإنسان و الحياة والوجود.... الخ  بأبعادها الفلسفيةو السياسيةو الدينية والانسانية.و الشعر بإعتباره ديوان العرب قد يكون أحد الاصناف   الأدبية  المنفتحة  على عدة علوم كالعلوم الإنسانية و الاجتماعية...إلخ  و القادر على مد جسور التواصل سعيا لترسيخ المشترك الانساني و السمو بالقيم الإنسانية  التي بدأت تتلاشى في زمن المحمول و الرقمنة

تتطور العلوم بفعل التراكمات و قد تأتي نظرية لتفند او تدعم أخرى أو لتفتح سبلا و افاقا جديدة من البحث. و الشعر لا يخرج على هذا السياق إذ عرف تطورا في شكله و مضمونه و أغراضه . ومن خاصيات قصائد الشعر انها لا تتقادم إلا تلك التي نسجت لتفي بغرض آني أو مناسباتي. و بالتالي، الشعر يلغي الزمان و المكان.فكم من قصيدة تعود إلى سنوات و قرون خلت لا زلنا نستظهرها، كاملة أو بعضا من أبياتها عن ظهر قلب، عبر هضاب و روابي الخريطة العربية و كأنها نظمت لتو

غير أن الشعر في الوقت الراهن فقد الكثير من توهجه و توارى الى الخلف لأسباب ربما للشعراء فيها قول و  نصيب

يأتي "ركن" الشعر كمساحة للشعر و الشعراء،إرتأت  المجلة المغربية للعلوم السياسية و الاجتماعية كخطوة منها  على الإنفتاح على الشعراء،   تخصيصه لنشر قصائد الشعراء على إختلاف مشاربهم و أطيافهم و تنوع إبداعاتهم من شعر موزون و حر و زجل  إيمانا بأهمية الشعر و المكانة التى  يجب ان يحضى بها و استحضارا لزمن مضى  كان الكل يتغنى بقصائد إليا أبو ماض و ابو القاسم الشابي و بدر شاكب السياب و فدوى طوقان.....الخ. و يبقى "ركن " الشعر في نفس الوقت نافدة يطل منها اهل الموزون و القافية على مجالات معرفية اجتماعية و إنسانية على سبيل المثال لا الحصر ، تشكل إضافة  إلى رصيدهم الثقافي و المعرفي الواسع

احمد شيكر .










ثمة أشياء! 
للشاعر احمد شيكر

ثمة أشياء تُروى
ثمة أشياء لا تُرى
ثمة غياب موجع 
ثمة حضورى لا يغير شيئا في المعنى 
ثمة  معادلات لا تحل
ثمة تفاصيل يحرسها الشيطان  
ثمة شاعر جن 
ثمة فيزيائي نقض وضوءه 
ثمة فقيه يرقص على رجل واحدة و يقبل فرج عاهرة 
ثمة كلام مُهلهل عن زورق لامبيدوزا و حرب الباسوس 
ثمة عاطل ينسج الغد من كلام عابر لسياسي عاجز.... جنسيا
ثمة عاشقة تنتظر فارسا على ص
هوة  الهشتاغ تُعيبه  سرعة  ألقذف  
المدينة حائرة تدور في فلك همومها 
تصلي خلف الشمس الغاربة 
ثمة أشياء لا تفهم 
الحياة خيول سباق في حلبة لا متناهية 
المقهى تعد كراسيها الفارغة
البحر يلجم احصنته الثائرة
المدينة تصلي لأجل السلام 
و لأجلك يا مدينة السلام أصلي 
قارئة الفنجان تعتلي  حصانا بلا قوائم 
تبكي عنوستها و تشرب بول الناقة 
ثمة  أشياء تُروى 
ثمة أشياء تُرى 
ما أكثر الحاضرون 
و ما أوجع الغياب 
ما أكثر الفرح 
حين تورق أشجار الخريف 
يعود الصبا 
تنفلت الحياة من مطرقة  السؤال 
و يظهر للسماء وجه أخر
ثمة أشياء لا تفهم 
ثمة أشياء لا ترى.
ثمة أدم و حواء. 

احمد شيكر 
يناير 2022




Avant-propos

 LE SYSTÈME POLITIQUE AU MAROC : UN SYSTÈME SUI GENERIS


Pr. Abdelmoughit B. Trédano,

Directeur de la Revue Marocaine de Sciences Politiques et Sociale

 Extrait de mon ouvrage

 CHRONIQUES POLITIQUES :

 Crises, réformes et désillusions

 BONNES FEUILLES N° 1

 Le système politique marocain est souvent considéré comme sui generis.

Il est spécifique et réfractaire à toute analyse fondée sur les canaux classiques de la science politique. En effet, Il serait difficile de le soumettre aux notions, concepts et critères des systèmes politiques dits démocratiques.

Comment, donc, peut-on le scanner et rendre compte de sa culture, de sa pratique et de ses attitudes erratiques ?

Nous avons toujours soutenu que les politologues, sociologues, les constitutionnalistes marocains sont invités à élaborer un arsenal conceptuel nouveau et adapté à un système ancré dans les entrailles de la psychologie individuelle et collective des Marocains .

La notion du Makhzen a été souvent sollicitée pour donner la clef d'accès à un système dont les coins, les recoins et les sentiers demeurent impénétrables.

La référence au modèle occidental n'a pas été pour autant totalement abandonnée. Pour la simple raison qu'il existe, et domine la littérature politique et donc s'impose à nous et ce quelles que soient les velléités d'autonomie conceptuelle et intellectuelle.

Le recueil de ces articles, chroniques et études s'inscrit dans cette démarche et dans cet esprit.

Le journaliste américain Thomas Friedman a dit à propos des régimes arabes :

« Le défi que pose la réforme des régimes politiques des vingt-deux Etats arabes se réduit à une question simple : comment les faire évoluer d'un système absolutiste ou militaire à l'instauration d'un gouvernement plus représentatif et ce sans aboutir à un régime théocratique à l'iranienne ou à la guerre civile algérienne » .

Le professeur Lahouari Addi, quant à lui, estimait que « …schématiquement, le monde arabe a eu deux réponses politiques pour s’opposer à la domination européenne : le nationalisme arabe radical (Michel Aflak, Nasser, Boumediene, Saddam…) et l’islamisme (Hassan al Banna, Qutb, al Qaida…).

Les deux ont échoué parce qu’ils n’ont pas perçu que l’avance de l’Occident n’est pas seulement matérielle, mais intellectuelle.

Les nationalistes pensaient rattraper le retard en industrialisant et les islamistes en faisant respecter la morale par la chari’a.

Les deux courants n’ont pas saisi l’importance de la révolution intellectuelle des 17e-18e siècles qui a séparé l’Europe du monde musulman ».

Quel est le rapport entre les extraits de ces deux auteurs et le régime marocain qui n'était ni panarabe, ni communiste ni socialiste ni dirigé par une junte militaire,

C'est justement cette particularité marocaine, ce système sui generis qui fait qu'il est rebelle à tout prisme fondé sur les canaux de la science politique classique.

Comment l'approcher ?

Ces textes proposés dans cet essai , n'ont pas la prétention démesurée de démêler ce système complexe et le rendre plus intelligible. Loin s'en faut.

Mais on ne peut s’empêcher de relever une dimension importante dans le fonctionnement du régime politique marocain.

A savoir que le but ultime du système c’est sa reproduction !

Faire le constat de son fonctionnement et proposer quelques éléments de la réforme.

Sans plus.














LA CRISE MAROCO-MAROCAINE

CHRONIQUES POLITIQUES

BONNES FEUILLES N° 2

Abdelmoughit Benmessaoud Tredano

Pr.de science politique et de géopolitique. Université Mohamed V.Rabat

On continue à procéder à la publication de quelques extraits de mon livre intitulé :

CHRONIQUES POLITIQUES

Crises, réformes et désillusions

À la recherche d'un système démocratique

désespérément….

**************

Des vertus qui reculent pour ne pas dire qu'elles ont presque disparu. Seul l'argent compte. La corruption érigée presque en règle de droit. Et l'exclusion qui rampe et se popularise. Puis, la confiance est devenue denrée rare et l'abattement qui gagne les plus optimistes et les plus réfractaires à l'ordre règnant. Le savoir est l'apanage d'une élite. L'ignorance et l'obscurantisme sont le lot de la multitude. Enfin, le politique, discrédité et déliquescent, est impuissant devant l'immensité et la complexité de la tâche et de l'œuvre à accomplir. Tels sont les points saillants d'une crise qui persiste et s'approfondit.

Au-delà des problèmes liés à l’adversité externe, la crise est aussi interne: maroco-marocaine.

À l'instar de la situation de la majorité des États du Tiers Monde, celle du Maroc relèverait-elle désormais, si ce n'est depuis quelque temps déjà, de l’ingérable ?

Que faire devant la dégénérescence d'une telle situation ?

C'est d'une rupture au niveau de la culture politique et des choix qu'il est question. C'est aussi de l'abandon de la politique d'accoutumance et des doses homéopathiques qu'il s'agit. Les défis externes n’autorisent plus les demi-mesures, les interventions par à-coups et encore moins un laisser-aller insouciant et dangereux.

Par ailleurs, continuer à ignorer le voisinage immédiat et lointain, c'est courir le risque d'une aventure aux conséquences incertaines. Se complaire dans un immobilisme ahurissant sous prétexte que le Maroc dispose d'atouts appréciables devant lui éviter l'itinéraire et le syndrome algérien, c'est faire preuve d'ignorance de la mobilité du fait social, de la rapidité de sa mutation. Tout peut naître et paître dans le pâturage et sur le terreau de la misère.

Une culture politique nouvelle et des options novatrices et mobilisatrices s'imposent plus que jamais. Elles deviennent urgentes et impératives car s'il est facile de changer l'homme, il n'est pas du tout aisé d'agir sur des mentalités, des habitudes et des comportements, qui se sont déjà solidement installés et incrustés.

Les rapports ayant marqué la politique, trois décennies durant, doivent être repensés et redéfinis. Ce qui a prévalu jusqu'à présent relève désormais de l'archéologie politique. Le monde a changé d'une manière abyssale. La société marocaine s'est aussi profondément métamorphosée. C'est commettre une grave erreur d'appréciation que de continuer à ignorer son temps.

Le travail qui nous attend tous c'est celui d'une profonde refonte et de reconstruction .

L’immensité de l’œuvre pourrait faire fi des clivages politiques. Le Maroc a besoin de tous ses fils. Au-delà du politique, il y a besoin d'un choix salvateur et identitaire.

Bref l'urgence est là. Il ne suffit plus de le dire mais aussi et surtout de le reconnaître. Et d'agir en conséquence.

Partant, il faut adopter les réformes de divers ordres pour répondre aux multiples défis. La transition ne sera pas facile, les déchirements sont prévisibles. Mais le salut est à ce prix.

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Il s’agit extrait d'un article écrit il y a presque 30 ans, publié le 18 Février 1992 . Al Bayane.












 

REVISITER LE CONSENSUS SUR LE CONSENSUS :

POUR UN CONSENSUS DE RUPTURE (1)

CHRONIQUES POLITIQUES

BONNES FEUILLES N° 3

Abdelmoughit Benmessaoud Tredano

Pr.de science politique et de géopolitique. Université Mohamed V. Rabat

On continue à procéder à la publication de quelques extraits de mon livre intitulé :

CHRONIQUES POLITIQUES

Crises, réformes et désillusions

À la recherche d'un système démocratique désespérément….

QUELQUES NOTIONS : LE CONSENSUS

Le consensus a été souvent sollicité par les acteurs politiques pour gérer le politique.

Son sens et sa fonction ont été souvent dévoyés.

Qu’en est-il ?

Démocratie et consensus

Après ces quelques développements sur des notions aussi diverses que complexes dont la nécessité de les rendre intelligibles est impérative, il importe de s’interroger sur une autre notion en l’occurrence le consensus.

Eu égard à la spécificité marocaine mais aussi à l’obligation de changer, cette formule de consensus est souvent sollicitée pour une meilleure approche du politique et de son évolution dans notre pays.

Qu’en est-il ? Est–elle pertinente ?

Constituerait-elle un mode de régulation politique permanent ou sera –t-elle uniquement l’instrument d’une étape de transition vers une articulation optimale entre l’évolution sociologique du pays et ses institutions politiques ?

Le professeur George Burdeau précise: « Pour que la notion de consensus soit valable il convient de l’accepter dans son ambigüité parce qu’il procède à la fois d’habitude et d’accoutumance au milieu d’une acceptation réfléchie du style des relations sociales » et à l’auteur de « l’Etat » d’ajouter opportunément d’ailleurs que l’ « on ne peut cependant fonder le consensus sur une multitude de passivités, car l’ordre établi n’est pas accepté seulement pour ce qu’il est mais aussi à raison de ce dont il est la promesse » (2).

Au Maroc, du moins jusqu’à présent et cela sans sous-estimer l’importance des réformes politiques, constitutionnelles et institutionnelles intervenues depuis quelques temps, le consensus est conçu et perçu à sens unique : autrement dit si au niveau formel, la notion du consensus est de plus en plus sollicitée, voire pratiquée pour certaines questions sacrées et sensibles, au niveau du vécu réel, le changement n’est pas encore très perceptible car il est inoculé à doses homéopathiques.

On peut résumer cette situation par le biais de cette série de corrélations et/ou d’oppositions :tradition/modernité ; immobilisme/ changement, conservatisme/audace.

En somme, l’évolution du politique au Maroc dépendrait largement de la manière dont serait approchée et résolue cette série d’équations.

Un observateur des questions marocaines disait qu’au Maroc c’est le politique qui a besoin d’un programme d’ajustement structurel.

Si cette formule lapidaire résume un tant soit peu la problématique politique marocaine, il importe de préciser que la réforme devrait concerner l’ensemble des acteurs politiques et devrait se traduire par un décloisonnement du débat, un dépoussiérage des mentalités et une véritable mutation au niveau du comportement politique; bref seule une nouvelle culture politique est à même d’instaurer la tradition de l’exemple, de décrisper le climat, de dissiper la suspicion et de recréer la confiance, conditions et préalable dont le pays a fortement besoin.

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Revisiter le consensus sur le consensus c’est d’abord une sorte de consensus de rupture dans l’approche de politique au niveau de sa conception et de sa pratique.

De prime abord, ces deux termes pourraient paraître antinomiques et pouvant former une équation difficilement soluble dans un champ politique réfractaire aux situations nouvelles, aux mutations profondes et aux démarches iconoclastes.

Et pourtant, rien n’est plus salutaire que de secouer le cocotier dans un monde politique qui s’installe dans un conformisme douillet, une léthargie anesthésiante et un unanimisme auto-balisé et mirobolant. Cette inflexion semble plus que jamais nécessaire, voire impératif car la nature des choses le commande et l’intérêt des pays l’exige.

En effet, le consensus, tel qu’il était conçu et pratiqué depuis plus d’une décennie, n’a pas permis une avancée considérable quant à l’évolution intrinsèque et d’essence du politique ; il est vrai que d’importantes réformes ont été, en effet, effectuées dans divers domaines mais elles ne se traduisent pas encore en mutations qualitatives au niveau des comportements, des mœurs et des attitudes des acteurs politiques.

Une culture de spectacle

Ainsi, la réforme intervient plus comme une culture de spectacle que comme un acte de transformation naturelle et puis normative de la chose politique et des rapports devant exister entre l’espace publique et les citoyen.

Cette notion de consensus de rupture est vitale pour toute société dans l’ambition est de jouer un rôle autre que se reproduire médiocrement et dont le souci est d’éviter de se morfondre dans la marginalité faute de projet attractif, motivant et engageant.

Par nature, les sociétés vivent et évoluent dans et par les conflits ; le politique, dans le cadre d’une expression démocratique, régule les rapports conflictuels en rapports organisés. Et qui dit rapports organisés ne signifie nullement harmonieux et encore moins imprégnés d’un unanimisme surréaliste.

De plus en plus, les rapports entre les acteurs politiques se réduisent à des liens de famille, de clan, de région et où la place des idées s’amenuise, où les projets se conjuguent au quotidien et l’urgence devient quasiment le seul paramètre de l’action publique.

Cette culture politique n’autorise aucune position hardie, audacieuse bousculant les habitudes et les rites d’un establishment qui se plait et se complait dans une attitude qui se réduit à cette formule : on fait comme si…

Ce type de rapport est dicté, en partie, par « l’étroitesse » de l’élite politique ; on se connait trop bien pour se permettre des critiques « désobligeantes ».

Le renouvellement et l’élargissement de l’élite pourrait être source de changement, d’enrichissement et d’engagement déterminé, tranchant avec un code de conduite essentiellement sur des règles de « convenance » politique et la propension à éviter de compromettre l’avenir. Or, le politique est une option à risques ; ce n’est pas un investissement toujours « productif » et suivant une vision rénovée il ne devrait pas se réduire à une dimension comptable ; le gouvernement de la cité ne devrait pas être assimilé à une gestion d’entreprise.

Un consensus de rupture

Vouloir ménager la chèvre et le chou en plaçant des pions partout ne pourrait contribuer à une évolution de la quintessence du politique.

Plaider pour un consensus de rupture serait une nouvelle approche d’aborder la chose politique au niveau de sa conception, de sa perception et de sa pratique ; cela devrait passer par un processus d’élaboration d’une culture politique nouvelle.

En second lieu, comme on l’a souvent soutenu, le politique est comme le religieux, il donne à croire ; renouveler et décrédibiliser la symbolique, délégitimer les mythes et recréer les rêves seraient nécessaires, voire impératifs pour intéresser le citoyen aux affaires de la cité et le faire revenir au champ politique. Cela est nécessaire, aussi, parce qu’après l’effondrement des valeurs et la disparition des référentiels, d’aucuns seraient tentés de réduire celui-ci à un supermarché ; on ne peut bâtir un champ politique essentiellement sur le clientélisme.

Certains acteurs n’ont pas hésité à franchir le Rubicon ; la chose politique devrait-elle être réduite uniquement à une source de distribution des titres, de prébendes et de privilèges ?

L’efficacité d’un parti devrait-elle se mesurer à l’aune de sa capacité à satisfaire une demande de plus en plus débordante ? Mais où serait la place des idées, des programmes et des projets ?

Quelles serait la ligne de partage entre les acteurs politiques ?

Se transformeraient-ils en "pourvoyeurs de fond " et distributeurs de biens et de services ? Si c’est le cas, il serait hasardeux de croire en un progrès réel du monde politique.

Pour ce faire il importe donc qu’une clarification politico-idéologique soit faite entre les acteurs politiques. Cette clarification est d’autant plus nécessaire que le clivage gauche/droite n’ait jamais été pertinent et ne pouvant ni expliquer ni traduire la réalité de la carte politique et la nature des rapports entre les composantes.

Elle est d’autant plus nécessaire que les différences de choix, de programmes et de projets se rétrécissent comme peau de chagrin ; les pertes de valeurs et la disparition d’un marqueur référentiel ont contribué à une telle évolution.

Par ailleurs, dans les conditions présentes, on ne peut réformer le politique en s’engouffrant dans le moule et de l’habit de la culture dominante.

En revanche, et eu égard à l’évolution historico-sociologique et aux contraintes du socio-économique, la recomposition du paysage politique s’impose plus que jamais ; elle est la seule à même de produire un système de représentation devant coller le plus et le mieux à cette nouvelle réalité.

Et comme le consensus sur le consensus, avec l’immobilisme et le conformisme ambiant qui lui sont inhérents, domine toujours le champ politique, il importe désormais de recréer les conditions d’une nouvelle approche du politique, tant au niveau de sa conception que de sa pratique, et ce pour en changer les termes et les valeurs.

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Notes

1. Cet article a été écrit en deux temps Al Bayane 20 mars et 13 Juillet 1999.

2. G. Burdeau, « l’Etat », Ed. Seuil, 1970, p.138.









LA DEMOCRATIE :

ENTRE LA SPECIFICITE ET L’UNIVERSALITE

BONNES FEUILLES N° 4

Extraits de mon ouvrage intitulé :

CHRONIQUES POLITIQUES

Crises, réformes et désillusions

Abdelmoughit Benmessaoud Tredano

Pr.de science politique et de géopolitique.

Université Mohamed V.Rabat

Directeur de la Revue Marocaine de Sciences Politiques et Sociales

(Article Publié sur Al Bayane, 20 mars 1995)

Avec l’effondrement de l’ex-empire soviétique est apparu « un nouvel ordre international » qui est encore en pleine gestation ; quatre grandes caractéristiques en ressortent : on a pu, en effet, observer une prépondérance américaine à la lumière de tous les conflits ayant marqué la société internationale durant ce premier lustre de la décennie 90. Comme on a pu le constater une intervention onusienne tous azimuts dans de nombreuses contrées de la planète.

L’organisation mondiale intervient, en effet, au nom d’un nouveau principe, en l’occurrence le devoir d’ingérence. L’objectif étant de faire respecter les droits de l’homme et la démocratie dans toutes les situations conflictuelles caractérisées par la déliquescence de l’Etat (Somalie, Rwanda, Haïti …) ou marquées par des régimes dictatoriaux ou « usurpateurs » (Irak, Haïti…).

C’est justement, cette exigence démocratique qui nous interpelle depuis le fameux sommet – symbole, à savoir la conférence franco-africaine de la Baule tenue en juin 1990.

Depuis, les Etats du Tiers-Monde et tout particulièrement africains sont sollicités pour apporter des réformes politiques et constitutionnelles à leur système de gouvernement. Chaque pays y est allé à sa manière ; de nombreux pays africains subsahariens ont, en effet, procédé par des conférences nationales avec des succès, somme toute relatifs.

Au Maghreb, la situation varie d’un pays à l’autre ; sur une toile de fond d’instabilité régionale, chacun a pris la voie que lui dicte sa spécificité.

Au Moyen-Orient et dans le Golfe, le vent démocratique ne semble pas avoir réussi à secouer des régimes politiques globalement monolithiques où on cherche à privilégier « la spécificité » sur l’universalité …

Dans d’autres contrées de l’Asie, et avec le même argument, nombreux sont les pays qui résistent encore à cette poussée démocratique.

L’Amérique latine s’étant débarrassée des régimes militaires durant la décennie 80 ou ayant mis fin aux guerres civiles, parvient avec plus ou moins de bonheur à se frayer son bonhomme de chemin vers des régimes pluralistes.

Il reste que durant toute cette période de nombreuses et lancinantes questions n’ont cessé de tarauder les esprits. Quel est le système démocratique qu’on cherche à proposer, voire à imposer à ces différents pays ?

Autrement dit, la démocratie occidentale a-t-elle une vocation à l’universalité en faisant fi des différences culturelles nationales ?

Peut-on vraiment réussir la transition démocratique sans une véritable option de développement ?

La démocratie devrait-elle s’accompagner obligatoirement d’une mutation laïcisante ?

Enfin, en plus de cette série de questions valables pour la quasi-totalité des Etats du Tiers-Monde, pour le cas marocain il importe de s’interroger sur la pertinence de la formule du consensus souvent avancée comme mode de régulation politique du moins pendant une période transitoire devant permettre une perfectibilité de la pratique démocratique.

LA DÉMOCRATIE : RÉFÉRENTIEL OCCIDENTAL ?

Mais au fait, qu’est-ce qu’un système démocratique ?

Sans remonter à l’antiquité grecque pour le définir, il est loisible de se contenter du référentiel occidental pour la simple raison qu’il s’agit du modèle présentement dominant. Et sans recourir à des constructions théoriques fastidieuses sur la question, il est possible de l’appréhender à travers ses ingrédients et ses composantes.

Suivant la pratique qui en est faite dans les pays occidentaux, un système politique est dit démocratique lorsqu’il répond aux considérations et conditions suivantes :

L’Etat de droit constitue le cadre nécessaire pour toute pratique démocratique. Le respect des libertés publiques individuelles et collectives, des élections libres et honnêtes, la possibilité d’alternance au pouvoir ouvert à tout parti ou groupement de partis, la séparation des pouvoirs devant caractériser les rapports entre eux ; tels sont grosso modo les conditions et les éléments constitutifs d’un régime considéré comme démocratique.

Mais comment les pays occidentaux ont pu élaborer et atteindre ce mode de gestion politique entre gouvernants et gouvernés ?

Sans faire un itinéraire historique long et lassant, il serait utile de rappeler quelques événements repères/symboles devant contribuer à la compréhension de l’art de gouvernement que connaissent actuellement les pays occidentaux développés.

La renaissance culturelle (XVe et XVIe) et la réforme religieuse (XVIe) et les révolutions politiques (anglaise, française et américaine) ont permis d’abord aux différentes monarchies européennes de se libérer de la tutelle papale, ensuite aux peuples et aux individus de s’émanciper de toute forme de pouvoir autoritaire et absolutiste.

La révolution agricole, puis industrielle, la découverte de l’Amérique et des nouvelles routes maritimes, le commerce triangulaire ont permis à l’Europe de s’enrichir et se développer , la découverte de l’imprimerie a aidé le livre à circuler et aux idées et courants de pensées de se répandre.

L’ensemble de ces facteurs conjugués ont contribué à faire évoluer progressivement les systèmes politiques à plus de liberté et de participation pour les citoyens et moins d’autorité pour les gouvernants et cela tout en faisant de l’Europe une puissance conquérante.

Entamée au 15e siècle, avec des possessions et des comptoirs, la colonisation par l’Europe d’une grande partie du monde s’est achevée au 19e siècle (à l’exception de l’Amérique Latine qui justement venait de se libérer du joug portugais et espagnol durant ce même siècle).

A travers cette expansion, l’Europe a transféré certains de ses concepts (l’Etat nation et son riche patrimoine juridique…) et ses valeurs politico-culturelles, à savoir une certaine forme de gestion de l’Etat.

Il ressort de ce bref rappel historique, que le monde occidental est ce qu’il est en matière de gouvernement grâce à une longe accumulation historique.

Le système est aussi le fruit d’une évolution interne propre à ce monde.

Aussi, la question qui vient tout de suite à l’esprit c’est de savoir si celui-ci peut prétendre à une quelconque universalité.

Est-il transposable sans heurts majeurs dans des contrées où on ne l’a pas vu naître ?

LES DIFFICULTÉS D’UNE GREFFE

Tout en précisant qu’explication ne signifie nullement justification on tentera d’apporter un certain éclairage sur la question démocratique du pouvoir dans la majorité des Etats du Tiers-monde.

Tout en sachant que la transition démocratique ne s’y pose avec les mêmes termes pour des raisons historiques et culturelles, une chose est certaine c’est que la question du pouvoir n’y est pas définitivement tranchée à la différence de la quasi-totalité des Etats du Nord développés.

Elle y est plus ou moins réglée dans la mesure où l’ensemble de leur population (à l’exception de quelques groupuscules terroristes qui ont contesté le pouvoir et l’Etat « bourgeois » durant les décennies 70 et 80 en Italie (brigades rouge), en France (action directe), en Belgique ( Cellule communistes combattantes)…) ayant accepté le système démocratique comme mode de régulation politique et l’Etat de droit comme cadre d’organisation des rapports entre gouvernants et gouvernés.

Sans aller jusqu’à dire qu’il y a quasi impossibilité d’un transfert du régime démocratique aux pays du Tiers-Monde, il faudrait, toutefois, préciser qu’il ne pourra se faire sans une nécessaire acclimatation ; cela exige du temps pour s’imposer et s’enraciner.

Et comme on l’a déjà mentionné, l’art de gouvernement, en tant que mode et niveau d’évolution politique, atteint par le Nord est le fruit d’une longue sédimentation et une grande accumulation. Cela a contribué à donner aux institutions une sorte de sacralité.

Le comportement des citoyens face au droit et aux institutions exprime le décalage qu’il y a entre le Nord et le Sud.

Au Nord, le citoyen se comporte naturellement avec les textes c'est-à-dire le respect ; ce comportement est rentré dans le subconscient collectif des citoyens, bref c’est une c’est une culture.

Au Sud, la règle c’est que le citoyen contourne la loi, chaque fois qu’il le peut, et cela pour deux raisons essentielles: l’absence d’une accumulation historico-institutionnelle et donc de sacralisation. C’est la cause première et la plus déterminante. En plus, dans leur écrasante majorité, les citoyens dans le Tiers-Monde ne se reconnaissent pas dans leurs droits et leurs institutions.

Cet handicap historique et la perversion des systèmes politiques post coloniaux sont l’expression édifiante de l’échec d’une greffe.

Qu’on en juge. L’Amérique Latine a une moyenne d’indépendance de 120 ans et pourtant des régimes démocratiques n’ont pas pu s’installer d’une manière définitive. La proximité américaine est en partie pour quelque chose dans ce retard mais elle n’explique pas tout.

Bref, la question du pouvoir dans la quasi-totalité des Etats du Tiers-Monde, certes avec une acuité différenciée, demeure donc encore posée.

DÉMOCRATIE ET ET DÉVELOPPEMENT

Autre question liée à la démocratie, et ce à la faveur d’une actualité récente c’est la problématique du développement.

Peut-on y arriver sans développement ?

D’aucuns estiment qu’il faut d’abord produire pour pouvoir répartir les richesses et cela ne peut se faire que sous un régime autoritaire ; la preuve est donnée par l’Espagne et les quatre dragons. Ces deux exemples ne peuvent constituer des références valables en tout temps et tout lieu et cela pour de nombreuses raisons.

D’abord l’Espagne est le deuxième pays en Europe à avoir unifié et constitué un territoire national bien avant la France. Ce n’est donc pas un pays qui sort du néant. Ensuite, le régime franquiste a permis l’éclosion d’une classe moyenne qui est une des illustrations de la mobilité sociale. Ce qui n’est pas le cas de la majorité des régimes dictatoriaux.

D’autre part, si les quatre dragons sont ce qu’ils sont actuellement, ce n’est pas seulement grâce à un régime autoritaire mais surtout et aussi pour d’autres facteurs (culture du travail, un taux d’épargne élevé et une géopolitique internationale favorable et un système éducatif performant).

Il est donc difficile de vouloir faire de ces expériences des modèles, surtout, qu’en plus de leur spécificité, ils ont eu lieu dans un contexte politique particulier (rivalité Est/ Ouest). Bref, aucune expérience n’est exportable et ne peut constituer un modèle à imiter, on ne peut qu’en tirer des leçons. Rien de plus.

DÉMOCRATIE ET MUTATION LAÏCISANTE

Eu égard à l’ébullition qui caractérise actuellement le monde arabo-musulman, cet aspect du champ politique y revêt une acuité toute particulière. D’ores et déjà, on peut dire qu’il est encore prématuré de prétendre apporter des réponses arrêtées sur une question aussi sensible que complexe.

Mais il est loisible de se poser les questions qui peuvent constituer autant de pistes d’investigation dans un domaine qui appelle à être défriché.

La démocratie peut-elle être réduite à une simple opération laïcisante ?

Celle-ci est –elle un préalable incontournable à toute forme de gouvernement démocratique ?

Et comme on peut le deviner, cette question est d’une actualité brulante dans le monde arabo-musulman.

Autant il est permis d’être réservé sur un transfert rapide et mimétique du schéma occidental autant on est enclin à penser que le religieux devrait, d’une manière ou d’une autre, connaître une forme de mutation permettant une modernisation politico-institutionnelle. Et cela dans la perspective de permettre d’enclencher un processus d’autonomisation de l’individu et de la société par rapport à toutes les sources et formes de pouvoir.

ISLAME ET DÉMOCRATIE

Le chroniqueur de l’hebdomadaire Le Point, Jean François Revel (regain démocratique) affirme que « l’islam est une réalité politique religieuse jusqu’à présent foncièrement totalitaire. » pour enfin se demander si « […] La résistance à la démocratie et au développement ne serait pas une maladie arabe au moins en tant qu’islamique » .

Plus nuancé et sans a priori est le propos d’Edgar Morin : « la laïcisation qui est le recul de la religion par rapport à l’Etat et à la vie permet seule la démocratisation. Mais dans les pays arabo-musulmans où il y eut de mouvements laïcisateurs puissants, la démocratie a semblé une solution faible par rapport à la révolution, qui permettait l’émancipation à la fois à l’égard du passé religieux et à l’égard de l’occident dominateur. Or la promesse de la révolution nationaliste comme celle de la révolution communiste était l’une et l’autre des promesses religieuses, l’une apportant la religion de l’Etat –Nation, l’autre du salut terrestre » .

La conclusion qu’on peut tirer de ces deux propos et de la pensée de ces deux auteurs c’est que la séparation du domaine religieux du champ politique est incontournable.

Comme pour le développement, le monde et les institutions démocratiques ne s’exportent pas.

Pour arriver à Rome, on peut emprunter plusieurs chemins. Chaque Etat peut pratiquer et acclimater le mode démocratique en fonction de sa spécificité. Mais on ne peut justifier l’immobilisme et l’absence de réformes sous prétexte de la spécificité.

En plus, la diversité des systèmes démocratiques occidentaux, du moins au niveau de l’application, montre - si besoin est- que le modèle ne pourrait et ne devrait être uniforme.

Dans un compte rendu d’un ouvrage récent on peut lire un paragraphe édifiant et cela tout en relativisant les termes et les conditions de la comparaison : « Pourquoi ce que les Anglais, au XVIIe siècle ont réussi, à savoir instaurer à l’issue d’une double révolution une monarchie parlementaire, les français, au XIXe siècle, au terme d’un processus analogue, ne l’ont pas pu ? Alors que tous les pays européens sont entrés dans la modernité institutionnelle et politique par la voie naturelle de la monarchie ... » .

Toutefois, il importe de préciser que la démocratie ne peut être réduite à la seule séparation entre instances religieuses et temporelles quand bien même on ne saurait nier le caractère incontournable d’une telle transition historique.

Le cas français ne peut constituer l’exemple à suivre parce qu’il est unique et d’ailleurs la séparation n’est intervenue qu’en 1905, alors qu’un profond et long mouvement, visant l’autonomisation des individus et des groupes par rapport à toutes les sources du pouvoir, consacrant l’individu et lui reconnaissant des droits, a joué un rôle déterminant dans la démocratisation des institutions politiques en Europe occidentale.

DÉMOCRATIE ET CONSENSUS

Après ces quelques développements sur des notions aussi diverses que complexes dont la nécessité de les rendre intelligibles est impérative, il importe de s’interroger sur une autre notion en l’occurrence le consensus. Eu égard à la spécificité marocaine mais aussi à l’obligation de changer, cette formule de consensus est souvent sollicitée pour une meilleure approche du politique et de son évolution dans notre pays.

Qu’en est-il ? Est–elle pertinente ?

Constituerait- elle un mode de régulation politique permanent ou sera –t-elle uniquement l’instrument d’une étape de transition vers une articulation optimale entre l’évolution sociologique du pays et ses Institutions politiques ?

Le professeur George Burdeau précise: « Pour que la notion de consensus soit valable il convient de l’accepter dans son ambigüité parce qu’il procède à la fois d’habitude et d’accoutumance au milieu d’une acceptation réfléchie du style des relations sociales » et à l’auteur de « l’Etat » d’ajouter opportunément d’ailleurs que l’ « on ne peut cependant fonder le consensus sur une multitude de passivité, car l’ordre établi n’est pas accepté seulement pour ce qu’il est mais aussi à raison de ce dont il est promesse » .

Au Maroc, du moins jusqu’à présent et cela sans sous-estimer l’importance des réformes politiques, constitutionnelles et institutionnelles intervenues depuis quelques temps, le consensus est conçu et perçu à sens unique: autrement dit si au niveau formel, la notion du consensus est de plus en plus sollicitée, voire pratiquée pour certaines questions sacrées et sensibles, au niveau du vécu réel, le changement n’est pas encore très perceptible car il est inoculé à doses homéopathiques.

On peut résumer cette situation par le biais de cette série de corrélations et/ou d’oppositions : tradition/modernité ; immobilisme/ changement, conservatisme/audace. En somme, l’évolution du politique au Maroc dépendrait largement de la manière dont serait approchée et résolue cette série d’équations.

Un observateur des questions marocaines disait qu’au Maroc c’est le politique qui a besoin d’un programme d’ajustement structurel.

Si cette formule lapidaire résume un tant soit peu la problématique politique marocaine, il importe de préciser que la réforme devrait concerner l’ensemble des acteurs politiques et devrait se traduire par un décloisonnement du débat, un dépoussiérage des mentalités et une véritable mutation au niveau du comportement politique; bref seule une nouvelle culture politique est à même d’instaurer la tradition de l’exemple, de décrisper le climat, de dissiper la suspicion et de recréer la confiance, conditions et préalable dont le pays a fortement besoin.


Cress Revue

{picture#http://store4.up-00.com/2017-07/149982714684611.jpg} Revue marocaine des sciences politiques et sociales, Dossier "Economie politique du Maroc", volume XIV, Hors série. Les auteurs du volume n'ont pas hésité ... {facebook#http://facebook.com} {twitter#http://twitter.com} {google#http://google.com} {pinterest#http://pinterest.com} {youtube#http://youtube.com} {instagram#http://instagram.com}

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